L'Aménagement de la montagne et les REFUGES

 

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L'œuvre principale du Club Alpin - en dehors des activités culturelles et scientifiques se rapportant aux montagnes et de ses propositions pour une pratique sportive modérée - sera un indispensable aménagement de l'espace alpin pour que les hommes puissent aller parcourir les montagnes...

 

En particulier avec la construction des refuges et le tracé des sentiers...

 

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Sommaire :

 

D'abord des hôtelleries, des hospices et des monastères

Un temple de la nature 

1874 - Le Club Alpin aménageur de la montagne

La Commission des travaux en Montagne

1875 à 1892 - Les premiers refuges

1875 à 1914 - Les plus importants sentiers et chemins muletiers

L'essor du tourisme

1893 à 1914 - Les refuges construits

1909 - La politique d'aménagement de la montagne

1920 à 1922 -  Les refuges construits

1922 - Le Club Alpin bâtisseur émérite

1923 - Le développement du tourisme

1923 à 1928 -  Les refuges construits

1930 - Des refuges toujours accessibles

1929 à 1935 - Les refuges construits

1936 à 1939 - Les refuges construits

Les refuges pendant les années d'occupation

1945 à 1952 - La reconstruction des refuges

1947 à 1949 - Les refuges construits

1950 à 1959 - Les refuges construits

1960 à 1969 - Les refuges constuits

1970 à 1974 - Les refuges construits

1975 à 1979 - Les refuges construits

Au service de tous les montagnards

1978 - Des mesures pour les refuges

1980 à 1989 - Les refuges construits

1990 à 1999 - Les refuges construits

Une construction qui ne ressemble à rien d'autre 

En Italie

En Suisse

En Autriche

Aujourd'hui

 

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D'ABORD DES HÔTELLERIES, DES HOSPICES ET DES MONASTÈRES

 

Pendant des siècles, et en dehors des vallées, la montagne n'était ni parcourue, ni habitée en permanence. Seulement quelques audacieux bergers en quête d'alpages d'été, chasseurs de chamois, chercheurs de cristaux et autres contrebandiers se risqueront dans ces zones inconnues au-dessus des forêts en se protégeant sous des reliefs naturels ou de rudimentaires cabanes de pierres sèches...

 

Seuls les grands axes de communications, permettant de traverser les Alpes et les Pyrénées, verront pour la sécurité des voyageurs et dès l'antiquité, la construction en altitude d'abris de secours, puis les voies romaines franchiront les grands cols, avec des refuges aux passages cruciaux, remplacés par des hospices au Moyen âge.

 

Et ensuite à partir de la Renaissance, on verra l'édification d'hôtelleries, d'hospices et de monastères au niveau des grands cols : Mont Cenis, Grand et Petit Saint-Bernard, Simplon, Lautaret et autres...

 

Dès le milieu du XVIIIe siècle, c'est dans le massif du Mont Blanc que se produisit l'élan décisif qui aboutira en deux siècles à un véritable équipement de la montagne.

 

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UN TEMPLE DE LA NATURE 

 

En juin 1741, les Anglais Richard Pocok et William Windham visitent la vallée de Chamonix, et vont contribuer à faire connaître la vallée et ses glaciaires. De nombreux visiteurs suivront, et pour accompagner cette convergence, des auberges seront construites aux passages obligés des touristes venus admirer les « sublimes horreurs » : au col de Balme, à la Pierre Pointue, au col de Voza...

 

C'est au Montenvers, 1913m dominant le « glacier des Bois » qui deviendra la « Mer de glace », que le premier refuge en pierres sèches est construit, suite à un don de Charles Blair en 1779.

 

En 1794, à l'instigation de Marc-Théodore Bourrit, une construction en dur est édifiée au même endroit, « une habitation qui offrit aux savants, aux naturalistes, aux peintres aux voyageurs de toutes les classes, de toutes les nations un asile assuré ».

 

Ce refuge sera appelé communément « Temple de la nature » en référence à sa forme octogonale et à la dédicace inscrit sur son fronton « À la nature ».

 

La visite du site touristique du Montenvers était une excursion prisée dès le début du XIXe siècle.

 

En 1880, c'est un hôtel qui est construit, où les touristes sont conduits à dos de mulets et en chaises à porteurs.

 

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Les refuges Napoléon

 

Depuis Saint Hélène, l'ancien empereur Napoléon se souvenant des difficultés qu'il avait rencontré pour traverser les Alpes, va faire un legs pour l'édification de six refuges aux différents cols stratégiques des Alpes françaises.

Décidés en 1854, les refuges seront édifiés de 1856 à 1860 aux cols Agnel, Izoard, Lacroix, Manse, Noyer et Vars par l'administration départementale des Hautes-Alpes, ils seront gardés jusqu'à la fin XIXe siècle puis souffriront d'un manque de surveillance et seront livrés aux saccages. Le refuge d'Izoard est gardé jusqu'en 1894, dévasté, remis en ordre et gardé en 1907 pour quelques temps encore. Les refuges des cols Agnel en 1904 et Lacroix en 1906 seront transformés en postes de gendarmerie. Le refuge du col Lacroix sera gardé et entretenu encore quelques temps après la Grande Guerre avec l'aide du Touring Club.

 

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Le campement sous toile

 

Dès le milieu du XIXe siècle, ce moyen de bivouac sera peu à peu utilisé en montagne et au cours des explorations de terres inconnues. Pour s'approcher des montagnes à gravir, les ascensionnistes établiront des campements d'approche en les faisant transporter par des porteurs recrutés dans les villages voisins.

Le premier matériel spécialisé pour la montagne - une tente alpestre - est étudié et développé par Édouard Whymper dès 1862, les modèles antérieurs se révélant inutilisables en altitude ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1492 à 1914 - L'équipement des alpinistes en 1850 et avant - Le campement sous toile ).

Ensuite les refuges viendront simplifier les approches.

 

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Vers le Mont Blanc

 

C'est le Mont Blanc qui capte toutes les attentions...

 

Les diverses tentatives d'ascension font apparaître le besoin de disposer sur ses voies d'accès longues et exposées d'abris intermédiaires.

 

C'est ainsi que Bénédict de Saussure fait construire des cabanes rudimentaires au pied de l'Aiguille du Goûter dès 1785, puis au pied des ilots rocheux des Grands Mulets en 1786.

 

La cabane Saussure de 1786 puis un autre abri construit en 1813 ne sont que des gîtes précaires sur le seul itinéraire connu à l'époque, vers le plus haut sommet des Alpes.

 

1853 - Le premier refuge des Grands Mulets, 3050m

 

En 1853, inauguration du premier refuge des Grands Mulets, 3050m sur la voie d'ascension du Mont Blanc depuis Chamonix.

 

Et l'hébergement de 1853 deviendra vite trop petit et deux nouvelles constructions seront érigées, en 1866, par la Compagnie des Guides et en 1881 par la municipalité de Chamonix.

 

Il faudra attendre 1897 pour trouver une étape plus confortable pour l'ascension du plus haut sommet des Alpes qui va ainsi pouvoir se banaliser.

 

1858 - La première cabane de l'Aiguille du Goûter, 3817m

 

En 1858 est édifié le premier refuge de l'Aiguille du Goûter, 3817m sur la route du Mont Blanc depuis Saint-Gervais qui ne sera trouvée qu'en 1861... Place pour 4 personnes...

 

Cette initiative montre bien l'impérieuse nécessité de trouver un accès depuis Saint-Gervais pour accéder au Mont Blanc. La cabane devra être restaurée en 1882.

 

1863 - La cabane du col du Midi, 3555m

 

Les Guides de Courmayeur à la recherche d'un itinéraire vers le Mont Blanc, construisent une cabane en bois de 10 couchages au col du Midi vers 3555m. Un appui pour atteindre le sommet des Alpes depuis Courmayeur.

Le petit refuge sera ensuite cédé en 1896 au Club Alpin ( voir : 1896 - La cabane du col du Midi - Un point d'histoire ).

 

  • Le Mont Blanc est un attrait économique pour les trois communes du Mont Blanc et leurs Guides : Chamonix, Courmayeur et Saint-Gervais. Le refuge est l'équipement indispensable...

 

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L'intervention des Sociétés sportives d'alpinistes

 

Plus tard, après ces initiatives locales, va succéder l'action plus large et plus collective des Sociétés sportives d'alpinistes, c'est à dire essentiellement le Club Alpin et la Société des Touristes du Dauphiné.

 

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1874 - LA CRÉATION DU CLUB ALPIN

 

À sa création en 1874, le Club Alpin Français est une association qui aura pour objet non pas un sport, mais un domaine - la Montagne - ce qui rendra notre club, et encore aujourd'hui, très différent des associations sportives classiques...

 

C'est à ce moment-là : « Une société d'un caractère nouveau, sans exemple dans le passé ».

 

1874 - LE CLUB ALPIN AMÉNAGEUR DE LA MONTAGNE

 

En 1874, le Club Alpin dont le but général est « d'encourager et favoriser la connaissance de la montagne et sa fréquentation individuelle ou collective en toute saison » a inscrit dans ses statuts, parmi les moyens d'action qu'il se donne, « la construction, l'amélioration et l'entretien de refuges, chalets, abris et sentiers ».


Pour lui en effet, l'existence de tels équipements, à peu près inexistants dans les massifs français, conditionne la possibilité de les parcourir en vue de randonnées ou d'ascensions. Sans ces points de départ, de repos et de sécurité, il est inutile de vouloir développer des disciplines sportives liées aux hautes montagnes.

 

Un difficile équilibre

 

L'œuvre principale du Club Alpin sera de réussir le difficile équilibre entre une protection raisonnable du milieu naturel et un aménagement indispensable pour que les hommes puissent fréquenter les montagnes...

 

Dans notre association la Protection et l'Aménagement de la montagne resteront de tous temps intimement liés...

 

La Commission des travaux en Montagne

 

  • Dès sa création, le Club Alpin - par sa « Commission des travaux en Montagne » - sera un aménageur de la montagne, il va lui appartenir et à quelques rares autres associations de mener à bien un quadrillage cohérent et généralisé des constructions en montagne.

 

Parmi celles-ci, la Société des Touristes du Dauphiné qui proposera rapidement - dans son environnement régional - des constructions élaborées.

 

Les gîtes et cabanes déjà en place autour du Mont Blanc, permettront au Club Alpin de porter ses premiers efforts vers les autres zones de montagnes.

 

  • Il faut constater - là aussi - la justesse de vue des Fondateurs : « C'est aux Sections montagneuses, de voir et de dire quel refuge est à construire... au fond de leurs vallées, au sommet de leurs montagnes ou au pied de leurs glaciers. Elles seules peuvent sur ces questions édifier la Direction centrale, lui dire quelle est l'utilité des travaux à entreprendre, l'importance des dépenses, les ressources dont chaque section peut disposer et par suite le subside qui est nécessaire ».

 

À cette époque de centralisme triomphant, les Fondateurs offraient au Club Alpin une spécificité originale en matière d'équipement : tout ne viendra pas de Paris...

 

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1875 à 1892 - LES PREMIERS REFUGES

 

Et peu à peu, de constructions en rétrocessions, le Club Alpin deviendra un bâtisseur avisé et reconnu... Et la Section de Briançon se révélera rapidement un des acteurs les plus actifs....

 

Entre 1875 et 1914, quelques quarante refuges et chalets sont construits par le Club Alpin....

 

DANS LES ALPES

 

1875 - L'abri Puiseux

 

En 1875, dans la Briançonnaise installation d'un abri sous roche. La grotte de Soureillan - appelée l'abri Puiseux - sur le flan sud du Pelvoux à l'emplacement découvert en 1848 par Victor Puiseux et déjà utilisé par des bergers.

 

Dès cette année-là, les Sections de Chambéry, d'Aix les Bains, d'Auvergne et de Grenoble érigent quelques modestes abris et constructions...

 

1877 - Le gîte Tuckett

 

Aménagement de - l'hôtel Tuckett - en 1877 sous une roche du plateau inférieur du Glacier Blanc vers 2400m par la Section de Briançon du Club Alpin. Un bivouac utilisé par Francis Fox Tuckett en 1862 pour la traversée du col des Écrins.

 

1877 - Le refuge Cézanne, 1874m

 

En 1877 dans le Briançonnais, le refuge Cézanne est inauguré le 18 août au Pré de Madame Carle, vite ruiné par les avalanches hivernales, il devra plusieurs fois être déplacé et reconstruit pour un modèle suffisamment fiable, étudié par Joseph Lemercier en 1891.

 

1877 - Le refuge Provence, 2700m

 

Dans le Briançonnais, pour l'ascension du Pelvoux, le refuge Provence se substitue à l'abri Puiseux, il est construit plus haut à 2700m sur le plateau du Clos de l'Homme, il est inauguré le 18 août en même temps que le refuge Cézanne. Il sera remplacé par le refuge Lemercier en 1891.

Le refuge de Provence de 1877

 

1877 - Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2077m

 

La même année dans le Briançonnais un chalet d'alpage est aménagé sur le plateau de l'Alpe à 2077m.

 

<  L'aménagement de diverses constructions d'alpage sera une alternative que l'association utilisera de temps en temps, lorsque la situation et l'altitude seront  favorables.

 

1877 - Le refuge des Lyonnais, 2350m

 

Dès 1877, le Club Alpin aménage une construction pastorale qui deviendra le refuge des Lyonnais, vers 2350m donnant accès au col de la Traversette et au col de Valante, à la frontière italienne au fond du Queyras, au pied du magnifique Mont Viso.

Il est détruit par une avalanche, reconstruit et encore emporté en 1897.

Il sera remplacé par le refuge Viso en 1902 et 1976.

 

1877 - Le refuge de Bric-Bouchet

 

Le refuge de Bric-Bouchet est construit en pierre par la Section de Briançon au dessus d'Abries dans la Queyras, il est inauguré en août 1877, vite pillé il est emporté par une avalanche avant le fin du siècle.

 

1878 - La grotte du glacier de Bonne-Pierre

 

Dans le massif des Écrins, la grotte du glacier de Bonne-Pierre parfaitement sèche et utilisée par Moore-Whymper-Walker pour la première ascension des Écrins est aménagée et murée en 1878 par la Section de l'Isère pour offrir un gîte, elle deviendra rapidement une véritable fontaine inutilisable.

 

<  Cette expérience malheureuse et quelques autres vont conduire l'association à abandonner ces facilités naturelles.

 

1878 - Le refuge du col de la Vanoise, 2515m

 

En 1878, un premier refuge digne de ce nom est édifié par la Section de Tarentaise, le refuge du col de la Vanoise, 2515m dans le massif du même nom. Placé à un endroit stratégique et commode d'accès, il sera appelé à un grand avenir...

 

1879 - Le refuge de la Lauze, 2508m

 

En 1878 dans le massif des Écrins, dominant la vallée de la Romanche, le refuge de la Lauze est construit par la Section de Briançon, il est inauguré le 20 septembre 1879. Il est détruit par une avalanche en 1888 et sera reconstruit sur le modèle Lemercier en 1894, pour prendre le nom d'Évariste Chancel.

 

1880 - Deux  refuges éphémères : les refuges Joinville et Lombard

 

<  Le refuge Joinville est construit prés du lac de l'Eychauda dans le massif des Écrins, il est détruit par un ouragan en 1887.

<  Le refuge Lombard pour l'accès aux Aiguilles d'Arves, construit en 1880, il finira sous une avalanche.

 

1882 - Le refuge du Châtelleret, 2225m

 

En 1882 dans le massif des Écrins, le refuge du Châtelleret, 2225m est construit sous une dalle qui servait jusque-là de protection naturelle, il sera réaménagé en 1949, avec 16 couchages, et reconstruit en 1957, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin.

Le refuge du Chatelleret de 1882

 

1882 - Le refuge du Carrelet, 2048m

 

Dans le massif des Écrins, situé au-dessus du Plan du Carrelet à 2048m, ce refuge de 10 places est inauguré en 1882 dans le Vallon de la Pilatte. Il sera cédé à l'Administration des Eaux et Forêts, devenu inutile et peu pratique après la construction du refuge du Vallon, 2410m qui deviendra dès 1927 le refuge Temple-Écrins...

 

1884 - Un refuge éphémère : le refuge Vignet

 

Le refuge Vignet est creusé dans la roche au col des Portes vers 2900m pour l'ascension de Rochebrune. Inauguré le 11 août 1884, il devient vite insalubre comme les autres retranchements sous grottes.

 

1885 - Un refuge éphémère : le refuge Chancel

 

Le refuge Chancel est inauguré le 17 août 1885 dans le vallon du Trabuc, près du glacier du Monêtier dans le massif des Écrins. Construit dès 1880, il est déjà utilisé avant son inauguration, mais il sera plus tard délaissé et disparaîtra.

 

1885 - Le refuge du Mont Pourri, 2600m

 

En 1885 dans les Grandes Alpes de Savoie, le refuge du Mont Pourri vers 2600m est construit en pierre ; entre le lac Marlou et le Grand Col, il sera vite vandalisé et remplacé en 1927 par le refuge Regaud, puis en 1976 par le refuge du mont Pourri.

 

1886 - Le refuge Tuckett, 2438m

 

En 1886 dans le massif des Écrins, le refuge Tuckett, 2438m est une construction en dur, avec 12 couchages ; géré par la Section de l'Isère du Club Alpin, il est restauré en 1896. Il est placé à proximité de l'abri sous roche du plateau inférieur du Glacier Blanc - l'hôtel Tuckett - de 1877.

Il sera fermé après l'ouverture du refuge du Glacier Blanc en 1948, puis réaménagé en 1986 par le Parc des Écrins et le Club Alpin, pour proposer une reconstitution historique de l'aménagement intérieur d'un refuge de 1886...

 

1889 - Le refuge de La Pra, 2110m

 

C'est un chalet-refuge dans le massif de Belledonne inauguré le 28 juillet 1889, il est incendié et aussitôt reconstruit en 1919, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin.

 

1889 - Un refuge éphémère : le refuge de l'Aiguille, 1773m

 

Le refuge de l'Aiguille, 1773m est érigé au-dessus d'Embrun, sous le Mont Guillaume par la Section d'Embrun du Club Alpin. Il comprend une pièce pour les excursionnistes et un local pour les bergers. Il sera plus tard délaissé par les clubistes.

 

1890 - Le refuge-observatoire Vallot, 4347m

 

En 1890 sur les pentes du Mont Blanc, l'observatoire Vallot, 4358m est construit par Joseph Vallot sur ses fonds propres. Une plateforme scientifique qui devra servir aussi de refuge au profit des Guides de Chamonix, à la demande de la Municipalité.

Joseph Vallot va trois ans plus tard séparer l'observatoire du refuge pour la tranquillité des scientifiques.

Le premier refuge-observatoire Vallot de 1890

 

1891 - Le refuge Pelvoux-Lemercier, 2700m

 

En 1891 dans le massif des Écrins, le refuge Pelvoux-Lemercier, établi sur de meilleurs plans par Joseph Lemercier, vient remplacer le refuge de Provence de 1877 à 2700m. Il est construit en bois par la Section de Briançon du Club Alpin, place pour 27 personnes, il sera édifié en dur en 1962.

 

 1891 - Le refuge Cézanne, 1874m

 

En 1891 dans le Briançonnais, le nouveau refuge Cézanne est inauguré au Pré de Madame Carle, un modèle suffisamment fiable, étudié par Joseph Lemercier. La première construction de 1877 avait été vite ruinée par les avalanches hivernales et plusieurs fois déplacée.

Il sera transmis après la seconde guerre à la gestion privée.

 

1892 - Le refuge-hôtel de l'Alpe de Villar d'Arène, 2120m

 

En 1892 dans le massif des Écrins, le refuge-hôtel de l'Alpe de Villar d'Arène est édifié par le Club Alpin remplaçant la première initiative de 1877. Inauguration le 17 août 1892.

 

DANS LES PYRÉNÉES

 

  • Dans les Pyrénées dès 1877, le Club Alpin s'intéresse à la construction de protections qui permettent un hébergement aux excursionnistes. D'abord des abris sous roche, mais ce genre de point d'appui ne connaîtra comme dans les Alpes que des déboires.

 

1877 - Un gîte à vocation touristique

 

Cette année-là avec l'appui du Club Alpin, Henry Russel réalise au pied du Cylindre un gîte à vocation touristique et non plus pastorale.

 

1882 - La première grotte du Vignemale

 

 En 1882, Henry Russel aménage la première grotte du Vignemale.

 

1886 - Sous la dalle du lac d'Arrémoulit

 

En 1886, le Club Alpin construit un refuge sous une dalle surplombante près du lac d'Arrémoulit... Il sera remplacé en 1905.

 

1890 - Le refuge de Tuquerouye, 2666m

 

Le premier refuge au sens actuel du terme est celui de Tuquerouye, 2666m construit en 1890 pour l'ascension du Mont Perdu. Il est entièrement maçonné pour éviter tout ce qui peut être volé ou brulé.

Il sera agrandi en 1929, restauré en 1999 et en 2005. Géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin, il offre 12 couchages.

Le refuge de Tuquerouye de 1890, réaménagé en 1999

 

L'expérience reconnue de la Commission des travaux en montagne

 

Après quelques déconvenues qui ont fait abandonner les facilités naturelles, comme les abris sous grotte et les constructions adossées, des types d'aménagements rendus rapidement inutilisables par l'humidité résultante, l'association n'entreprendra plus que des constructions dégagées sur toutes leurs faces.

 

La « Commission des travaux en montagne » va rapidement acquérir une expérience reconnue. 

 

Elle deviendra une des principales structures du Club Alpin, chargée de gérer et de renforcer son patrimoine, ses refuges...

 

Des constructions réalisées sur les fonds propres de l'Association, et avec les donations et les participations de ses membres...

 

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Les engagements des Sections du Club Alpin

 

Conformément aux vœux des Fondateurs, ce sont les Sections de montagnes qui conduiront l'équipement de leurs vallées mitoyennes par le tracé de chemins et sentiers et l'édification de refuges.

Les Sections locales dans les Pyrénées ; la Section des Alpes Maritimes pour les vallées du Mercantour ; la Section de Briançon pour le massif des Écrins sud ; la Section de l'Isère pour le massif des Écrins nord ; les Sections de Savoie pour leurs montagnes environnantes.

 

Deux exceptions, la Haute Maurienne et le massif du Mont Blanc, dont les aménagements seront adossés respectivement aux Sections de Lyon et de Paris.

 

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1875 à 1914 - LES PLUS IMPORTANTS SENTIERS ET CHEMINS MULETIERS

 

Dès 1875, les Sections de Chambéry, d'Aix les Bains, d'Auvergne et de Grenoble organisent les premiers aménagements de sentiers permettant d'approcher les montagnes et d'accéder aux sites d'intérêt : grottes, cascades, sources, gorges, col et belvédères...

 

En 1878, le sentier de la Tête de la Maye, conduisant au belvédère remarquable, est achevé par la Section de l'Isère.

 

La Section d'Auvergne balise des accès amenant au Mont Dore et aux différents points de vue régionaux.

 

Dans la partie française du massif des Vosges, la Section d'Épinal inaugure entre 1879 et 1888 des itinéraires pédestres conduisant aux belvédères principaux : Ballon d'Alsace, Hohneck, Ormont, Drumont, Noirmont et Mont Avison.

 

La Section de l'Isère offre dans les massifs de la Chartreuse et d'Allevard une série d'itinéraires parcourant crêtes et plateaux.

 

Autour de Marseille et de Nice des sentiers font découvrir les collines de l'arrière pays.

 

Dans le Jura, la Chartreuse, en Tarentaise, en Savoie et dans le Massif Central, les accès aux principales curiosités naturelles sont aménagés : grottes, gorges, cascades et autres chaos rocheux.

 

Dans les Pyrénées, le Club Alpin participe au financement de divers chemins de montagne : autour de Cauterets en 1888 ; le chemin entre Gavarnie et Héas est praticable en 1891 ; aménagements pour relier Cauterets à Gavarnie par le col d'Ossoue et amélioration de l'accès au col de Campbiel en 1894 ; le franchissement du col d'Araillé est facilité en 1895 ; un chemin relie Barèges et la vallée de l'Aure par le col d'Aubert en 1898.

 

En 1888, il existe 350 kilomètres de chemins et sentiers ouverts aux excursionnistes et promeneurs...

 

 La politique de l'association est simple : attirer le promeneur, et l'empêché de s'égarer.

 

Les plus importants chemins muletiers et sentiers vont être aménagés, soit par notre Association, soit avec sa participation, comme l'important axe conduisant de Chamonix au Montenvers et rejoignant le Plan de l'Aiguille...

 

Et en 1906, le Club Alpin pose des panneaux indicateurs destinés à renseigner les touristes non accompagnés de Guides, mais « ils ne devront mentionner comme lieux de destination que ceux pouvant être atteints par des chemins ou sentiers... ».

 

En 1907, les sentiers des forêts domaniales de Lente et du Vercors sont balisés par des marques de peintures par la Section de la Drôme du Club Alpin.

 

En 1908, Henri Vallot publie une étude traitant la question de la pente la plus favorable à adopter pour le tracé des chemins de montagne.

 

En 1909, le sentier de la montagne de la Côte depuis Chamonix, pour l'ascension du Mont Blanc, est financé, il reprend l'approche adoptée par de Saussure, abandonnée depuis 1819.

 

En 1909 encore, dans le massif des Écrins, les sentiers menant et traversant le col du Clot des Cavales, 3128m et menant et traversant le col de la Temple, 3283m - reliant le Vénéon à la Vallouise - sont tracés par l'Association, avec l'aide des techniciens des Chemins de Fer de la Cie PLM...

 

Au même moment, la Société des Touristes du Dauphiné fait aménager plusieurs sentiers au départ de La Bérarde, participant pleinement à l'essor de cette vallée.

 

Bien que sa vocation soit la haute montagne, sinon la très haute montagne, le Club Alpin a toujours joué un rôle important dans la pratique de l'excursion pédestre, qui plus tard prendra le nom de randonnée...

 

Le Club Alpin sera - jusqu'au milieu du XXe siècle - le principal aménageur et créateur des sentiers et chemins muletiers dans les montagnes de France pour l'accès aux refuges, aux principaux cols, et pour atteindre certains belvédères remarquables.

 

C'est une œuvre considérable rarement mise en exergue...

Les sentiers du Queyras au col Agnel, carrefour de plusieurs chemins d'altitude

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Des contacts étroits avec les militaires

 

Le Club Alpin jusqu'à la Grande Guerre entretient une proximité importante avec les militaires, plusieurs personnalités de l'armée occuperont des responsabilités dans le club.

 

Des contacts étroits concerneront : la Topographie et la Cartographie ; l'exploration et la connaissance des montagnes ; et ensuite le développement du ski.

En retour, l'armée voyait arriver des appelés issus des Caravanes scolaires avec un rudiment de formation et une bonne préparation physique.

 

L'ouverture d'un réseau routier de montagne par les militaires de l'Armée des Alpes - les routes du col d'Allos, du col de la Cayolle, du col des Champs, du col du Galibier, du col de l'Izoard, du col de Vars, du col du Parpaillon, des Chapieux, des Rochilles, et du Sommet Bucher - fût saluée par le Club Alpin qui voyait ainsi beaucoup s'améliorer l'accès aux montagnes, dans la droite ligne de sa politique d'aménagement. C'est entre 1889 et 1893 que le général Henry Berge, Gouverneur militaire de Lyon ordonnera la plus grande partie de ces travaux.

À son décès en 1926, le Club Alpin fera paraître un article hommage dans la revue La Montagne de 1927 : Le Général Baron Berge ( 1828-1926 ).

 

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1875 à 1914 - Le développement économique

 

Jusqu'à la Grande Guerre, le Club Alpin sera l'artisan principal du développement économique des hautes vallées des montagnes de France.

 

Nous le répétons...

 

C'est lui le précurseur audacieux de la fin du XIXe siècle qui a voulu voir « se diriger vers nos vallées alpines ou pyrénéennes une immigration estivale comparable à celle que reçoivent les régions favorisées de la Suisse », et aussi qui a encouragé « la création pour les familles aisées de nouveaux centres de villégiature ».

 

Le précurseur avisé qui pensait qu'ainsi « pouvaient être conjurées les menaces de dépopulation et de ruine que la décadence de l'industrie pastorale avait fait naître » dans nos régions de montagne...

 

Le précurseur inspiré qui a ensuite accompagné l'essor du tourisme de montagne, qui a contribué au maintient et à la croissance de l'économie montagnarde et à une prospérité des populations - à l'époque très appauvries - des hautes vallées oubliées des montagnes de France...

 

Seule la Société des Touristes du Dauphiné dans certaines vallées du Dauphiné pourra mener des actions équivalentes dans son périmètre d'intérêt.

 

L'œuvre de la Section lyonnaise du Club Alpin

 

La mise en valeur touristique de la Haute Maurienne - par la Section lyonnaise - depuis la fin du XIXe siècle est exemplaire...

 

En 1895, le chalet-hôtel de Bonneval-sur-Arc est inauguré. Ensuite construction du refuge des Evettes en 1907, d'Avérole en 1920, du col de l'Iseran et du Carro en 1925...

 

Les Lyonnais sauront poursuivre leur effort en soutenant les orientations d'aménagement raisonnable de la Haute Maurienne de l'après Seconde Guerre mondiale, puis dès 1956 en conduisant le projet du Parc national de la Vanoise.

 

Ainsi le très long intérêt pour la Haute Maurienne de nos nos collègues lyonnais trouvait, avec la création du Parc national de la Vanoise en 1965, une solution pérenne d'aménagement et de protection...

 

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1890 - Création du Touring Club de France

 

Le Club Alpin se livre à une importante propagande pour un développement touristique des zones de montagne. Une orientation des activités de montagne venant en complément des pratiques culturelle et sportive...

 

Malgré des récriminations de quelques-uns voulant éviter les « hordes peu averties », le CAF sera très présent - omniprésent - dans la création du « Touring Club de France » dont l'objet est de promouvoir ce tourisme naissant...

 

Le Club Alpin a toujours pensé que son développement était lié à celui du tourisme, un loisir encore très peu répandu en France...

 

Dès ce moment, le Club Alpin sera l'aménageur de la haute montagne pour accueillir les alpinistes et les montagnards, et le Touring Club sera celui des vallées pour accueillir les touristes... jusqu'aux relais des initiatives locales plus tard.

 

Seuls les centres touristiques de Chamonix et de Gavarnie étaient déjà actifs et organisés, avec chacun leur site emblématique, le Mont Blanc et le Cirque de Gavarnie ...

 

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La pratique hivernale de la montagne

 

Dès 1884, au sein du Club Alpin et en parallèle avec les militaires des troupes de montagne, les alpinistes découvrent la montagne hivernale avec l'utilisation des raquettes à neige, puis après 1890 avec des skis.

 

Le ski va devenir une activité de loisir d'hiver et va connaitre un développement considérable ( Voir le dossier : La Pratique du ski en France ).

 

C'est le début de l'aménagement de la montagne d'hiver pour le ski et les sports de neige.

 

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L'essor du tourisme

 

L'approche des montagnes par le chemin de fer

 

 C'est le train surtout qui va conduire les touristes et les alpinistes de la plaine vers les montagnes. Les compagnies de chemins de fer, développant leurs réseaux, assisteront longtemps le Club Alpin dans ses actions de propagande pour la montagne.

 

- En 1858, Genève est relié à Paris par la voie ferrée...

 

Le train dans les Alpes du nord :

 

- Le 15 juin 1890, le chemin de fer PLM arrive à Cluses.

- En 1898, le tronçon Cluses-le Fayet du rail est ouvert.

- Le 12 juillet 1901, la ligne à voie métrique et électrifiée menant à Chamonix depuis le Fayet est inaugurée.

- Dès le 1er juillet 1908, la communication avec la vallée du Rhône, Martigny et le Simplon est possible, ce qui offre un développement exceptionnel pour la vallée de l'Arve.

- En 1856, la Maurienne est atteinte par le chemin de fer jusqu'à Saint-Jean-de-Maurienne, Modane le sera en 1868, le tunnel de Fréjus est percé en 1871 vers l'Italie.

- Le 3 août 1892, la Tarentaise est atteignable jusqu'à Moûtiers et en 1913 jusqu'à Bourg-Saint-Maurice.

- Le train desservira Chamonix en hiver dès 1907.

 

Le train dans les Alpes du sud :

 

- Le 15 septembre 1884, Briançon devient accessible par le rail.

- En 1908, la Compagnie des chemins de fer du Sud inaugure le tronçon Digne-Annot qui permet depuis Grenoble de rejoindre Nice et les montagnes des Alpes Maritimes.

 

Le train dans les Pyrénées viendra également rendre plus commodes l'accès des montagnes.

 

Les services automobiles

 

En 1835, il fallait encore 7 h de voyage pour parvenir à Chamonix depuis Sallanches, à dos de mulet ou en char à bancs, par un mauvais chemin. En 1867, la route nationale est accessible aux diligences.

En 1876, un service régulier de diligence relie Grenoble à Briançon en plus de 15h

Un autre service relie Gap à Briançon en 10h.

 

Dans les premières années du XXe siècle, c'est la substitution progressive des services automobiles à la traction à chevaux sur les routes de montagne qui sera achevée.

Des liaisons automobiles par autocars et voitures desservent peu à peu les vallées alpines, pyrénéennes et autres, depuis les gares des chemins de fer. 

Depuis la gare du Fayet, on va par un service d'été à Évian, Albertville, aux Contamines, à Thônes par le col des Aravis, correspondance pour Annecy.

En 1913, un service automobile permet d'atteindre le Grand-Bornand et la Clusaz depuis Thônes toute l'année.

Dans les Hautes Alpes, depuis Gap le col Bayard est franchit même en hiver par le service automobile pour desservir St Bonnet et Orcière. Gap est relié à Barcelonnette par un service régulier d'autocars.

Même croissance du service routier dans les Pyrénées.

 

L'accueil hôtelier

 

Depuis les dernières années du XIXe siècle, le Club Alpin a été le premier à encourager l'accueil hôtelier dans les zones de montagne, peu développé à part dans les stations thermales et les sites touristiques de Chamonix et Gavarnie, puis sont venus les Syndicats d'initiative des régions de tourisme. En 1904, le Congrès de l'Industrie Hôtelière recommande la création de petits hôtels de montagne et que les acteurs économiques « favorisent, appuient et provoquent la fondation de nouveaux hôtels dans les contrées où les sites sont particulièrement remarquables au point de vue du tourisme ».

Accompagnant un tourisme en développement et sur le modèle des Syndicats d'initiative de Savoie et Haute Savoie, le syndicat d'initiative des Pyrénées organise les déplacements entre Lourdes et Gavarnie.

 

1905 - Un Office du tourisme à Pralognan

 

Un Office du tourisme est créé à Pralognan, aidé par la société PLM et par le Club Alpin. C'est pour les touristes, un bureau de renseignements gratuits « indépendant des hôtels et des intérêts particuliers », car des concurrences hôtelières féroces divisaient et perturbaient certains centres alpins « au grand détriment du voyageur ».

L'Office sert aussi de bureau de correspondance du chemin de fer PLM arrivant à Moûtiers avec les services de cars.

C'est là que sont proposés les services des Guides et Porteurs et le service muletier conduisant vers les cols et sites remarquables....

Ce sera un modèle pour un développement raisonné des centres alpins...

 

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1893 à 1914 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1893 - Le refuge Vallot, 4362m

 

Le refuge Vallot situé sur la voie d'accès au Mont Blanc est un abri de sécurité particulièrement précieux et un raccourci de l'histoire des refuges.

En 1890, le refuge-observatoire Vallot est construit par Joseph Vallot.

En 1893, Joseph Vallot fait édifier un refuge pour les touristes à proximité de son observatoire, afin de ne pas gêner les scientifiques, il connaîtra trois agrandissements et accueillera Guides et ascensionnistes jusqu'en 1937.

En 1925, rétrocession par la municipalité de Chamonix du refuge au Club Alpin et en 1938, construction d'un nouveau refuge en alliage d'aluminium.

Le refuge Vallot, 4362m et en bas à gauche l'Obsevatoire Vallot, 4347m

 

1894 - Le refuge de l'Aigoual, 1555m

 

D'abord un simple refuge existe dès 1885, ensuite  le Club Alpin fait construire en 1894 un refuge-abri-restaurant au sommet du Mont Aigoual, jouxtant l'Observatoire de l'Aigoual, qui sera accessible par la route. Un point d'appui inestimable à la mauvaise saison.

En 1932, l'Administration des Eaux et Forêts louera un refuge bien aménagé à la Section des Causses et Cévennes du Club Alpin.

Il sera beaucoup plus tard transmis à la commune de Valleraugue et sera entièrement rénové en 2000.

 

1894 - Le refuge Évariste Chancel, 2508m

 

En 1894 dans le massif des Écrins, dominant la vallée de la Romanche, le refuge Évariste Chancel, 2508m remplace refuge de la Lauze de 1886, il est construit en bois, place pour 16 personnes, géré par la Section de Briançon du Club Alpin, il sera repris par une gestion privée après 1976.

 

1895 - Le chalet-hôtel de Bonneval-sur-Arc, 1810m

 

Le chalet-hôtel de Bonneval est inauguré le 15 août 1895 par la Section lyonnaise du Club Alpin qui œuvre pour la mise en valeur touristique de la Haute Maurienne. Le bâtiment sera vendu en 1954.

En 1961, la Section lyonnaise rachète un bâtiment de l'EDF qui servira de chalet-refuge jusqu'en 1980 où il est démoli pour des raisons de sécurité.

Un nouveau chalet-refuge est construit avec 14 couchages, inauguré le 4 août 1986...

 

1895 - Le refuge Packe, 2495m

 

Le refuge Packe, 2495m est construit dans le massif du Néouveille dans les Pyrénées, ouvert avec 8 couchages. De par sa position, il offre un panorama exceptionnel sur le versant nord du pic Long et sur la Brèche de Roland.

 

1895 - Le refuge du Lac Noir, 2800m

 

Le refuge du Lac Noir est construit dans le massif des Écrins au dessus de Saint-Christophe à 2800m, proche de la brèche de la Mura, au pied occidental des glaciers du Mont de Lans avec 15 couchages par la Section de l'Isère du Club Alpin. Détruit par une tempête, il est reconstruit en 1922.

 

1896 - La cabane du col du Midi, 3555m

 

Le petit refuge du col du Midi vers 3555m est transmis au Club Alpin.

 

Un point d'histoire

 

Disposer d'une étape sur l'itinéraire dit des « trois monts blancs » a d'abord été une préoccupation des Guides de Courmayeur à la recherche d'un accès vers le Mont Blanc, avec la construction d'une cabane en bois de 10 couchages au col du Midi vers 3555m dès 1863.

Une cabane servant d'étape pour atteindre le sommet des Alpes depuis Courmayeur par le col du Géant. Cet itinéraire perdant de son intérêt après 1890 avec l'accès par le glacier du Dôme et l'arête des Bosses, le petit refuge sera abandonné par vos voisins italiens, restauré en 1895 par J. Vallot et P. Helbronner, il est cédé au Club Alpin en 1896, encore entretenu en 1923, mais souvent inutilisable car rempli de glace, il disparaîtra durant l'hiver 1929-1930 emporté par une avalanche.

Le nécessaire point d'appui pour les « trois monts blancs » sera remplacé en 1942 par le local technique du téléphérique du col du Midi vers 3593m, appelé cabane Simon qui offrira un abri occasionnel aux alpinistes, il sera laissé à l'abandon dans les années 1950.

Le refuge des Cosmiques, après 1946 accordera ensuite l'hospitalité aux alpinistes dans la limite des couchages disponibles et en fonction de l'humeur du gardien... Il est détruit accidentellement en 1984.

Jusqu'à une nouvelle construction moderne en 1991.

L'ancienne cabane Simon rénovée pour les ouvriers du refuge en construction devenant refuge d'hiver avec 10 couchages.

 

1896 - Le refuge Lyon-Républicain

 

Le refuge Lyon-Républicain est construit par le Club Alpin avec le concours de la presse en 1896, dans le massif des Aiguilles d'Arves, pour l'ascension des célébres aiguilles par le versant dauphinois.

Une opportunité suite au projet inabouti, à cause des difficultés de transport, pour un refuge d'accès à la Meije.

 

1897 - Le refuge des Grands Mulets, 3051m

 

Une grande et confortable construction vient remplacer les refuges de 1853, 1866 et 1881 construits sur différents emplacements.

Géré par la commune et les Guides de Chamonix, ce refuge peut accueillir une cinquantaine de personnes avec 4 chambres, salle à manger et cuisine au rez-de-chaussée et 4 chambres et un dortoir pour les Guides à l'étage. Il sera reconstruit en 1960.

 

1897 - Le refuge du Clot-Xavier Blanc, 1440m

 

Dans le massif des Écrins, c'est d'abord une location par la Section de Gap d'un bâtiment inutilisé, construit pour l'exploitation d'une mine de galène argentifère abandonnée, le refuge Xavier Blanc avec un équipement sommaire accueille 20 personnes. Il sera acquit en 1925, réaménagé en 1925 et en 1956.

 

1899 - Le refuge Sauvage, 2250m

 

Le refuge Sauvage, 2250m est construit en bois grâce à la générosité d'Édouard Sauvage. Inauguré le 12 septembre 1899, il est situé sous la Pointe Percée le sommet principal de la Chaîne des Aravis et est géré par la Section du Mont Blanc du Club Alpin. Place pour 12 couchages. Il sera emporté par une avalanche en 1914, il est reconstruit à proximité en 1928 devenant le refuge de la Pointe Percée.

 

1899 - Le refuge Durier, 3349m

 

Le refuge Durier, 3349m en bois avec 8 couchages est érigé au col du Miage. Il permet entre autres la traversée vers le Mont Blanc par l'arête de Bionnassay, géré par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin, il sera réaménagé en 1961, puis en 1974...

 

1899 - Le refuge César Durand, 2171m

 

En 1899 dans les Grande Alpes du Dauphiné, le refuge César Durand, 2171m est construit par la Section de Maurienne du Club Alpin à côté des chalets de la Balme, au dessus de Saint Sorlin d'Arves. Il permettait d'accéder au Pic de l'Étendard et à la partie nord du massif de la Grande Rousse, place pour 12 personnes.

Il est déjà délaissé en 1906 à cause d'un accès plus commode aux sommets qu'il devait desservir. Rénové en 1921, il sera en 1958 remis en état et loué par l'UNCM de Saint Sorlin d'Arves et par la suite abandonné.

 

1899 - Le refuge de Baysselance, 2651m

 

Le refuge de Bayssellance, 2651m dans les Pyrénées est placé sur le chemin de Gavarnie à Cauterets, il donne accès à la voie normale du Vignemale. Avec 25 couchages, il est géré par la Section de Bordeaux du Club Alpin. Il sera agrandi en 1939 et rénové en 2003.

 

1900 - Le refuge de la Lavey, 1780m

 

Dans le massif des Écrins, c'est d'abord l'achat de deux chalets-bergeries situés dans le vallon de la Lavey en 1880. Ils sont remplacés par le refuge de la Lavey construit en dur avec 20 couchages. Inauguré le 24 juin 1900, il sera réaménagé en 1949 et agrandi en 1968, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin.

Le refuge de la Lavey

 

1901 - Le refuge du Promontoire, 3092m

 

Le refuge du Promontoire, 3092m dans le massif des Écrins est édifié sur l'itinéraire d'ascension de la Meije, il est inauguré le 19 août 1901, et servira pendant plus de soixante ans « bien à cheval sur son arête exiguë ». Place pour 16 couchages, il est géré par la Section de l'Isère du Club Alpin. Il sera reconstruit en 1966.

 

1902 - Le refuge Nice, 2250m

 

Le refuge Nice, 2250m dans le massif du Mercantour est construit en dur avec 35 couchages. Il est inauguré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin le 14 juillet 1902. Il remplace la grotte-abri de la Barma.

 

1902 - Le refuge du col de la Vanoise, 2515m

 

Le premier refuge datait de 1878, au col de la Vanoise dans le massif homonyme.

En 1902, un refuge-hôtel en pierre de 24 places prendra le nom de Félix Faure en l'honneur d'un président de la République. Il est géré par les Sections de Maurienne et de Tarentaise du Club Alpin et connaîtra une extension par l'adjonction de deux bâtiments séparés en 1971, et retrouvera son nom d'origine.

 

1902 - Le refuge du Viso, 2460m

 

Après les péripéties survenues au refuge des Lyonnais de 1877, construction d'un nouveau bâtiment en 1902 par la Section de Briançon du Club Alpin, avec l'aide financière du Touring-Club de France, le refuge Ballif-Viso est inauguré le 24 août..

Il est placé une centaine de mètres au-dessus de l'ancienne construction pastorale, mieux abrité des avalanches à 2460m, avec 27 couchages. Il donne accès au col de la Traversette et au col de Valante, à la frontière italienne au fond du Queyras, au pied du Mont Viso. Il sera détruit totalement pendant la guerre en 1944 et remplacé en 1976.

 

1903 - Le refuge Caron, 3175m

 

Ancêtre du refuge des Écrins, dans le massif homonyme, le refuge Ernest Caron, est construit en 1903 par la Section de Briançon du Club Alpin, inauguré le 20 août 1903. Face au versant nord de la Barre des Écrins, au-dessus du glacier Blanc, cet abri de 20 couchages sera détruit par un incendie en 1921 et reconstruit en 1922...

C'est le refuge qui donne accès à la voie normale du Dôme et de la Barre des Écrins, les plus hauts sommets du massif... Il sera remplacé en 1969 par le refuge des Écrins.

 

1904 - Le premier refuge du Couvercle, 2687m

 

Dans le massif de Mont Blanc, le premier refuge du Couvercle viendra en 1904 remplacer un bivouac fréquenté sous le monolithe de la Pierre du Couvercle. C'est une première cabane de bois sous ce pittoresque auvent qui est construit par le Club Alpin pour 12 personnes...

Agrandissement en 1911, avec un gardiennage et 24 couchages.

 

1904 - Le refuge de la Charpoua, 2841m

 

Le refuge de la Charpoua appelé aussi refuge Charlet-Straton est construit en bois et avec 12 places par la Société des Sports Alpins de Chamonix, c'est l'accès classique vers les Drus, il sera confié à la gestion du Club Alpin dans les années 1960... Et plus tard administré par la Compagnie des Guides de Chamonix.

 

1905 - Le refuge  de Rabuons, 2540m

 

Le refuge de Rabuons, 2540m dans les Alpes Maritimes, avec 40 couchages est construit et inauguré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin.

 

1905 - Le refuge d'Arrémoulit, 2300m

 

En remplacement de l'historique abri de 1886 souvent inondé, un refuge avec 8 couchages est construit près du lac d'Arrémoulit par la Section de Pau du Club Alpin et la Société des Excursionnistes du Béarn. Il ne résistera pas aux tempêtes, disparaîtra en 1918 et sera remplacé en 1925.

 

1906 - Le refuge du Jardin d'Argentière, 2822m

 

Dans le massif de Mont Blanc, le premier refuge dans le cirque d'Argentière date de 1906, le refuge du Jardin d'Argentière. Il est construit par la Section de Chamonix du Club Alpin sur la moraine bordant le glacier des Améthystes sous l'arête sud de l'Aiguille d'Argentière, mais des malfaçons obligeront une reconstruction quelques mètres en dessous vers 2822m, il est conçu pour 12 personnes.

L'inauguration se fera en skis pendant l'hiver 1906-1907...

Le refuge sera déplacé à 2750m en 1922 et remplacé en 1933.

Le refuge du Jardin d'Argentière de 1906

 

1906 - La cabane de l'Aiguille du Goûter, 3817m

 

 

Construction en 1906 d'une cabane de 10 couchages, gérée par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin. Mieux située et mieux établie, elle remplace l'abri de 1882 souvent rempli de glace. Réception-inauguration le 4 septembre 1906. Elle doit beaucoup faciliter l'ascension de Mont Blanc depuis Saint-Gervais...

 

1907 - Le refuge des Évettes, 2590m

 

Le refuge des Évettes, 2590m en Haute Maurienne est inauguré le 15 août 1907, il peut accueillir jusqu'à 40 touristes et les Guides. Il s'intègre dans l'œuvre de la Section de Lyon du Club Alpin pour la mise en valeur touristique de la Haute Maurienne.

Il sera reconstruit en 1949, puis en 1970...

 

1910 - Le refuge de l'Aigle, 3450m

 

Ce refuge est situé dans le massif des Écrins, sur l'épaulement du rocher de l'Aigle, lieu de bivouac classique - l'hôtel de l'Aigle - pour l'ascension de la Meije orientale, à l'origine du glacier du Trébuchet. Il est  construit en bois par la section de Paris du Club Alpin et peut accueillir 20 personnes. Le bâtiment a été assemblé à Grenoble, puis ses éléments sont transportés à dos d'homme depuis la Grave. Sa gestion sera confiée plus tard à la Section de Briançon (ouvert hors gardiennage).

 

Un projet initial date de 1895, mais les difficultés de transport depuis la Grave firent abandonner l'édification prévue, les éléments préparés serviront à la construction du refuge Lyon-Républicain dans le massif des Aiguilles d'Arves avec le concours de la presse en 1896.

 

1911- Le chalet du Recoin, 1620m

 

Ouverture d'un refuge gardé pour skieur au Recoin de Chamrousse sur l'accès au sommet de la Croix de Chamrousse. Une initiative de la Commission des sports d'hiver du Club Alpin et des Sections de Paris et de l'Isère, un complément dans l'œuvre du Club Alpin en faveur du tourisme hivernal.

 

1913 - Le refuge de Péclet-Polset, 2500m

 

Le refuge de Péclet-Polset, 2500m dans le massif de la Vanoise est proche du col de Chavière, le passage principal entre la Maurienne et la Tarentaise. Il est construit en dur doublé bois par la Section de Tarentaise. Place pour 18 touristes, et pour 8 à 10 Guides. Il est inauguré le 4 septembre 1913.

 

1913 - Le refuge-hôtel du Glandon, 1912m

 

Le refuge-hôtel du Glandon construit par le Club Alpin et le Touring Club est proche de col homonyme à 1912m. Il est déjà transmis à la gestion privée en 1924 et vendu en 1937.

 

1914 - Le refuge de la Dent d'Oche, 2150m

 

Le refuge de la Dent d'Oche, 2150m dans le Chablais, est ouvert avec 27 couchages. Géré par la Section du Léman, il sera inauguré le 26 juin 1919 et agrandi en 1939.

 

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Des Aménagements pour parcourir la montagne

 

1907 - Le col de la Traversette

 

Le col de la Traversette était un passage important entre le Queyras et la haute vallée du Pô. Un tunnel sommaire a été creusé à l'initiative du marquis de Saluces en 1480, réparé en 1525 avec accès par un large sentier muletier.

Le tunnel abandonné et obstrué est remis en état par nos voisins italiens, ce sera l'occasion d'une réunion amicale le 25 août 1907 avec les associations nationales, Club Alpin, Touristes du Dauphiné et Excursionnistes Marseillais. Ce tunnel de 75m situé sous le col est très utile en cas de tourmente et d'enneigement.

Les cols de la Traversette et Lacroix faisant communiquer le Queyras avec les vallées piémontaises étaient pratiqués par les travailleurs saisonniers qui rejoignaient les fermes des vallées prospères pour louer leurs services.

 

1907 - Jalonnement des sentiers

 

Les sentiers des forêts domaniales de Lente et du Vercors sont balisés par des marques de peintures par la Section de la Drôme du Club Alpin en reprenant la technique de balisage du sylvain Claude-François Denecourt en forêt de Fontainebleau pour les sentiers parcourant les beaux chaos gréseux de la forêt, dès le début du XIXe siècle.

 

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Les refuges, des constructions placées sous la protection des montagnards

 

Dès les premières années de constructions en montagne, les refuges seront souvent fracturés, vandalisés, parfois pillés par certains visiteurs indésirables, et aussi par certains alpinistes et skieurs.

 

Pourtant certains bâtiments restent toujours ouverts, d'autres gardent un local d'hiver accessible.

 

En dehors des actes de cambriolage, le comportement des voyageurs soumis à l'altitude restera toujours étonnant, comme en atteste encore aujourd'hui l'état du refuge Vallot au Mont Blanc, le plus exposé aux égarements...

L'intérieur d'un refuge en 1906

 

1909 - La politique d'aménagement de la montagne

 

Le Club poursuit sa politique d'aménagement de la montagne :

 

<   En s'associant avec la Société des Touristes du Dauphiné et le Touring Club de France, pour une contribution importante concernant la route du Bourg d'Aru à La Bérarde, qui comblera la partie municipale du financement que la commune de Saint-Christophe-en-Oisans n'est pas en mesure d'assumer.

 

<  En s'engageant pour la réalisation d'une route qui franchirait le col Lacroix vers l'Italie par la haute vallée du Queyras, un projet qui s'enlisera et resurgira dans les années 1920... pour être finalement heureusement abandonné...

 

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1904 à 1909 - Des projets d'aménagements à tout va  

 

De toutes parts des projets d'aménagement voient le jour.

 

1904 - Le tramway du Mont Blanc

 

En 1904, une concession est accordée pour la construction d'un chemin de fer conduisant vers le Mont Blanc depuis le Fayet-Saint Gervais. Le Tramway du Mont Blanc ( TMB ) atteindra le col de Voza en 1909. La ligne s'arrêtera au Nid d'Aigle, 2372m en 1912. Le projet initial qui prévoyait d'accéder au Dôme du Goûter et au sommet de Mont Blanc sera abandonné.

 

1909 - Le train du Montenvers

 

La visite du site touristique du Montenvers, 1913m dominant le glacier des Bois - la Mer de Glace - était une excursion prisée dès le début du XIXe siècle. En 1880, inauguration du Grand Hôtel du Montenvers où les touristes sont conduits à dos de mulets et à chaises à porteurs...

Un projet de construction d'une voie ferrée pour atteindre le site remarquable est proposé en 1892 et rencontre l'opposition violente de la petite industrie constituée autour la visite du site, et de la population locale.

Il faudra la protection des Gendarmes pour permettre les travaux qui s'étaleront de 1906 à 1908.

En 1909, « Le train à vapeur sur la ligne à crémaillère conduit depuis Chamonix les touristes en 55 minutes jusqu'à l'hôtel et les merveilles de la Mer de Glace »...

Son électrification sera réalisée en 1954...

 

1909 - Un projet de téléphérique

 

Un premier projet de téléphérique, reliant Chamonix au col du Midi d'abord, et à l'Aiguille du Midi ensuite, voit un début de réalisation. Il n'entrera en service qu'en 1927, sans dépasser la station des Glaciers, 2414m.

Le col du Midi, vers 3593m ne sera atteint que par un câble de service en 1940, et les travaux seront ensuite abandonnés...

 

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1910 - Création de l'« Office National du Tourisme »

 

L'« Office National du Tourisme » sera l'organisme d'État chargé de contrôler les activités touristiques et d'encourager leurs développements. Il est créé le 8 avril 1910 et comprend les fonctionnaires des principales administrations publiques, les représentants des associations de tourisme, des compagnies de transports, les syndicats d'initiatives. C'est par lui que passera plus tard les incitations financières de l'État...

 

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L'assainissement dans les centres alpins

 

En 1910, le Club Alpin se livre à une propagande discrète mais régulière et appuyée pour la captation et l'adduction des eaux potables dans les Centres alpins. Ils offraient souvent une eau polluée par la proximité animale dans les villages et les pâturages.

C'est le début d'une longue croisade pour l'assainissement des villages de montagne. Au coté des interventions financières de l'État, la seule arme du club sera la menace de publier le nom des villages proposant une eau saine. Plusieurs lois ont été édictées imposant à tout projet municipal de captage d'eau potable, un examen préalable géologique et bactériologique d'eau nouvelle.

En haute montagne il fallait appeler à la vigilance. La contamination des hautes pelouses par les moutons était un risque permanent de pollutions des eaux de ruissellement et des émergences du pied des monts, une situation encore mal perçu, avec de grands risques d'affections typhiques et entérites pour les visiteurs pas naturellement protégés dès le plus jeune âge comme les autochtones.

 

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1911 - Des Instructions techniques

 

Dans l'intention de rationnaliser la construction des refuges, Henri Vallot publie le livret « Instructions techniques concernant la préparation des projets de refuges et de travaux en montagne ».

 

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1911- Une première prise en compte par l'État

 

Sur une proposition de Gaston Berge, président du Club Alpin, deux décisions montrent un début de prise en compte par l'État d'un intérêt pour la montagne.

 

1 - Une première circulaire ministétielle stipule : d'importants ouvrages tels que refuges, abris, poteaux indicateurs, tables d'orientation, jardins alpins, etc. ont été exécutés en montagne par divers associations, Club Alpin, Touring Club, Sociétés de tourisme, en vue de facilité les excursions dans les régions montagneuses. Il importe de seconder les efforts faits par ces associations. Ces ouvrages ont le caractère d'être affectés à l'utilité public.

 

2 - L'autre circulaire, par le canal d'un autre ministère, demande aux préfets des départements de montagne de se saisir de la question de la protection des animaux et des plantes alpestres.

 

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À ce moment-là en 1914

 

À ce moment-là en 1914, le Club Alpin Français a quarante ans d'existence.

Il compte 44 Sections et près de 8 500 membres...

Il a assuré le principal des aménagements de la montagne, la construction des refuges permettant d'approcher les cimes à gravir et le tracé des sentiers conduisant vers les refuges, ainsi qu'aux cols et sites remarquables.

 

Quelques quarante-quatre refuges ont été construits sur ses propres ressources...

 

 

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Elle allait prendre les meilleurs

 

Mais hélas, la plus grande catastrophe du vingtième siècle, la Grande Guerre de 1914-1918, allait arrêter les travaux des associations et prendre ou handicaper parmi les plus valeureux montagnards de ces années-là...

 

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1919 - Tout était à refaire

    

La France se remet lentement de la tragédie de la Grande Guerre.

 

Le Club Alpin pense ses plaies... Son existence même était devenue précaire, il a perdu beaucoup de ses adhérents, de ses permanents et ses refuges ont subi d'importants dommages. 

 

Le président du Club Alpin lance un appel pour la reconstruction et la réorganisation...

 

On va retrouver le chemin de la montagne, mais la guerre a laissé des traces profondes.

 

En 1919,  la très grande majorité des refuges a souffert d'un manque d'entretien et des pillages. Ils doivent être remis en état...

 

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1920 - Les chalets hospitaliers

 

Déjà en 1920, le Club Alpin avait inauguré le concept de chalets hospitaliers avec le signalement des 19 premiers gîtes où les alpinistes et les excursionnistes seront assurés d'être accueillis dans les régions dépourvues de refuges, sur une suggestion de Paul Helbronner. Ils seront les précurseurs des Gîtes d'étape.

 

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1920 - La signalisation des sentiers

 

La Commission des travaux en montagne recommande la signalisation des sentiers par des marques de peinture, car les poteaux directionnels sont trop souvent vandalisés ou récupérés...

 

La signalisation des sentiers est un élément essentiel du développement d'un excursionnisme plus populaire, sans l'obligation d'avoir recourt à un guide local qui conservait soigneusement pour lui - et éventuellement ses confrères - ses circuits, et les cartes n'étaient pas d'un grand secours...

 

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1920 à 1922 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1920 - Le refuge d'Avérole, 2210m

 

Poursuivant la mise en valeur touristique de la Haute Maurienne, la Section lyonnaise du Club Alpin inaugure, le 14 juillet 1920, le refuge d'Avérole, 2210m, place pour 20 touristes.

Ce refuge - financé par le Baron Gabet - avait été exposé au village alpin de l'exposition de Lyon de 1914 avant que les hostilités ne retardent sa mise en place définitive...

 

1921 - Le refuge de La Pra, 2110m

 

C'est un chalet-refuge dans le massif de Belledonne inauguré en 1889, il est détruit par un incendie en 1919 et reconstruit en 1921, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin.

 

1922 - Le refuge Caron, 3175m

 

Le premier refuge Ernest Caron dans le massif des Écrins, ancêtre du refuge des Écrins datait de 1903. Après un incendie en 1921, il est remplacé l'année suivante par une construction en bois plus spacieuse prévue pour 22 touristes... Le refuge Caron, 3175m est inauguré le 10 septembre 1922 et géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il sera remplacé en 1969 en prenant le nom de refuge des Écrins.

 

1922 - Le refuge d'Argentière, 2750m

 

Le refuge du Jardin d'Argentière de 1906 dans le massif de Mont Blanc est démonté et réutilisé pour la construction d'un nouveau refuge sur la moraine du glacier d'Argentière vers 2750m, place pour 12 à 14 touristes, il est géré par la Section de Chamonix du Club Alpin. Il portera un moment le nom de refuge Gallois en hommage au donateur. Il sera remplacé en 1933...

 

1922 - Le refuge du Lac Noir, 2800m

 

Le refuge du Lac Noir, 2800m érigé en 1895 proche de la brèche de la Mura, au pied occidental des glaciers du Mont de Lans, détruit par une tempête est reconstruit et inauguré le 20 août 1922 avec 15 couchages, il est géré par la Section de l'Isère du Club Alpin. Il est en très mauvais état en 1950.

 

1922 - Le refuge des Adus, 2180m

 

Le refuge des Adus, 2180m en Vésubie, vallon de Salèzes, encore en territoire italien est inauguré le 27 août 1922, c'est un ancien rendez-vous de chasse endommagé qui est agrandi, il est construit et géré par la Section des Alpes Maritimes, il sera plus tard transmis à la Société de chasse locale.

 

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Les refuges des Vosges

 

Dans les Vosges, résultant de la fin de la Grande Guerre, un certain nombre de refuges sont remis en état et  placés sous la surveillance des Sections Vosgienne et des Hautes Vosges du Club Alpin, comme les refuges de Rainkopf, Schneeberg, Ventron, Wichard et du Ballon de Servance.

 

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1922 - Le Club Alpin bâtisseur émérite

 

Le CAF à ce moment-là est propriétaire ou gestionnaire d'un patrimoine très étendu qui apparaîtra dans le temps comme un solide et inaliénable ancrage...

 

Sa Commission des Travaux en montagne assure l'entretient des refuges et les constructions nouvelles.

 

Un Club Alpin bâtisseur émérite, raillant parfois « ceux qui trouvent naturel que les refuges poussent tout seul au-dessus de 3 000 mètres comme les mélèzes un peu plus bas...».

 

Des règles strictes de financement sont énoncées par la Commission des Travaux en montagne qui exerce sa tutelle sur l'ensemble du patrimoine : spécialisation des crédits, contrôle de leurs emplois, sélection des demandes d'aide issues des Sections pour retenir celles « qui paraissent devoir servir le mieux l'intérêt général »...

 

Depuis 1920, l'État intervient enfin en apportant un début d'aide financière au Club Alpin et au Touring Club, pour que l'aménagement de la montagne se poursuive, un véritable Service au public qui commence à être reconnu.

 

En 1924, la Commission sera obligée de rappeler que seule l'Administration centrale du Club Alpin a la personnalité juridique qui permet d'acquérir, de vendre et de traiter tous contrats, les Sections n'étant que les mandataires de l'instance...

 

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  Les zones d'influence des Sections

 

Conformément aux vœux des Fondateurs, ce sont les Sections de montagne qui ont conduit le développement et l'aménagement des chemins de montagne et des refuges, chacune dans sa zone d'influence.

Deux exceptions, la Haute Maurienne et le massif du Mont Blanc, dont les aménagements ont été adossés respectivement aux Sections de Lyon et de Paris.

 

En 1924, il y aura quelques discutions concernant les zones d'influence des Sections, la Direction centrale saura apporter les assurances nécessaires, et les actions des Sections de Lyon et de Paris resteront reconnues et bienfaitrices. Des discutions que nous retrouverons en 1984 pour la proposition d'instituer des Sections à taille humaine...

 

Les Sections bâtisseuses

 

Les principaux promoteurs du bâti en altitude du Club Alpin sont les Sections de Briançon, de l'Isère, de Lyon, de Paris et des Alpes Maritimes.

Les autres initiatives viennent des Sections de Chamonix, d'Annecy, de Tarentaise et de Maurienne, de Gap, des Hautes Pyrénées et Pyrénées Orientales, du Sud-ouest, des Vosges et Hautes Vosges, du Haut Jura et des Causses et Cévennes.

 

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1920 et 1922 - La protection des sites


Le Club Alpin se préoccupe déjà de la protection des Sites, mais il est encore très enthousiasmé par les chemins de fer et les routes qui rapprochent des montagnes... et même qui les gravissent...

On va échapper au pire avec les projets heureusement inaboutis, de franchissement par la route du col Lacroix qui aurait sérieusement modifié l'atmosphère de la haute vallée du Queyras, et de chemin de fer conduisant au sommet du Mont Blanc, un projet porté par le très influant Henri Vallot...

 

1923 - Le développement du tourisme

 

Le Club Alpin n'oublie pas sa politique de développement des activités de montagne, non seulement tournée vers des pratiques sportive et culturelle, mais aussi vers un essor touristique des zones de montagne...

 

En 1923, le Club Alpin - avec ses refuges et ses sentiers qui quadrillent l'espace alpin et avec sa promotion pour le ski - continue de proposer des solutions pérennes de développement touristique des plus hautes vallées...

 

Même si d'autres organismes viennent peu à peu contribuer de façon prépondérante...

 

<  Comme l'« Union Nationale des Associations de Tourisme » ( UNAT ) qui est chargée de coordonner les efforts des grandes organisations : Club Alpins français, Touring Club de France et Automobile Club.

<  Comme l'« Union des Fédérations des Syndicats d'Initiative » devenu un acteur important dans le développement du tourisme de montagne.

<  Comme les différents syndicats hôteliers de montagne.

 

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L'essor du ski

 

En 1921, le développement de la pratique du ski comme sport et loisir est fulgurant et suscite bien des appétits...

 

Beaucoup de ces Sociétés n'ont qu'un objet, la compétition...

 

Et nombreux pensent sortir de la tutelle de notre association pluridisciplinaire.

 

Au sein du Club Alpin, pour certains avant d'être un sport, le ski est « un moyen d'accès à la montagne en hiver et c'est dans ce sens que l'action du CAF doit être étendue »...

 

En 1924, sous la pression des Sociétés affiliées, le Club Alpin doit passer la main. La Fédération Française de Ski est créée le 15 octobre 1924 ( voir le dossier : La pratique du ski en France ).

 

1924 - La commission du ski et de l'alpinisme hivernal

 

En 1924 dans notre instance, la « Commission du Ski et des Sports d'hiver » devient la « Commission du Ski et de l'Alpinisme hivernal ».

 

Elle conservera ce qui lie le ski à la pratique de la montagne, en perdant les adhérents plus attirés par la compétition que tournés vers l'esprit montagnard...

 

Le ski est un moyen de se déplacer en montagne et d'accéder aux montagnes, il concerne donc pleinement le Club Alpin ( voir le dossier : La pratique du ski en France ).

 

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1924 - CONTINUER À DÉVELOPPER ET À ENTRETENIR

 

Au moment de son cinquantenaire en 1924, l'aménagement de la montagne est une œuvre gigantesque que le Club Alpin continue à développer et à entretenir, il a équipé les montagnes françaises de 54 refuges d'altitude, il a tracé les chemins et sentiers d'accès aux refuges et à de nombreux cols et passages, signalé les itinéraires et jalonné les chemins...

Dans les collines provençales, des sentiers sont tracés et jalonnés dans les massifs du Mont Puget et de la Gardiole, le réseau de sentiers des massifs de la Sainte Baume et du Garlaban est réaménagé et jalonné, l'ensemble par la Section de Provence du Club Alpin.

 

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1923 à 1928 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1923 - Le refuge Vallot, 4362m

 

En 1923, rétrocession du refuge Vallot par la municipalité de Chamonix au Club Alpin Français, à la demande de Joseph Vallot.

Il devra subir des travaux d'entretien en 1929 et déjà les remarques sont faites sur l'attitude des touristes « qui jouent aux alpinistes » sur la voie classique du Mont Blanc en laissant le refuge dans un état déplorable, certaines caravanes « oublient » de nettoyer et de fermer la porte en quittant les lieux ...

En 1938, un nouveau refuge sera construit en alliage d'aluminium.

 

1923 - Le refuge de Font Turbat, 2194m

 

Le refuge de Font Turbat, 2194m dans le massif des Écrins est construit en dur avec 12 couchages, inauguré le 29 juillet 1923, il est géré par la Section de l'Isère du Club Alpin, il sera remplacé en 1962...

 

1923 - Le refuge du Baerenkopf, 1060m

 

En 1905, le refuge du Baerenkopf, 1060m à proximité du Ballon d'Alsace, est construit en bois, par le Touring Club de France avec 20 couchages.

En 1923, il est remis en état et confié en gestion à la Section de Belfort du Club Alpin. En 1947, il devra subir des réparations, les conséquences de la seconde guerre mondiale. Refuge non gardé et accessible sur réservation.

 

1924 - Le refuge Maïris, 2100m

 

Le refuge Maïris, 2100m en Vésubie, encore en territoire italien, est construit et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, il sera plus tard transmis à la Société de chasse locale.

 

1924 - Le refuge du Sélé, 2699m

 

Le refuge du Sélé, 2699m dans le massif des Écrins est construit en bois sous une avancée rocheuse, place pour 12 couchages.

Il sera écrasé par l'écroulement de l'avancée rocheuse en 1954 et sera reconstruit à quelque distance ( 700m à l'est ) en bois en 1956 à 2710m.

Il sera édifié en dur en 1983, il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin.

 

1924 - Le refuge de la Pilatte, 2572m

 

Le refuge de la Pilatte, 2572m dans le massif des Écrins est construit en bois en 1924, place pour 22 couchages.

Il sera édifié en dur en 1954, il est géré par la Section de l'Isère du Club Alpin.

 

1924 - Le refuge d'Entre-les-Aigues

 

Le refuge d'Entre-les-Aigues est un chalet d'alpage implanté dans le vaste replat de la vallée de la Gérendoine d'Entre-les-Aigues du vallon des Bans, aménagé et géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Il est totalement ruiné en 1946, remplacé par le refuge des Bans placé plus haut.

 

1925 - Le refuge d'Espingo, 1960m

 

Le refuge d'Espingo, 1960m, à l'entrée du cirque et proche du lac homonyme dans les Pyrénées est construit en dur pour 40 couchages, géré par la Section des Pyrénées centrales du Club Alpin. Il est détruit par une avalanche en 1934, reconstruit en 1937 sur un site plus favorable.

 

1925 - Le refuge d'Arrémoulit, 2300m

 

En remplacement des abris de 1886 et 1905 près du lac d'Arrémoulit, un refuge en dur est construit par la Section de Pau du Club Alpin, il est inauguré le 9 août 1925.

 

1925 - Le refuge du col de l'Iseran, 2770m

 

Le Touring Club et le Club Alpin ont construit en dur le refuge du col de l'Iseran, 2770m, il offre 36 couchages. Il est inauguré le 23 août 1925, avant le passage de la route reliant Bonneval-sur-Arc à Val d'Isère qui sera inaugurée en 1937... Le refuge sera vendu en 1936...

 

1925 - Le refuge du Carro, 2760m

 

La Section lyonnaise du Club Alpin a construit en dur le refuge du Carro, 2760m en Haute Maurienne à proximité de la Levanna Occidentale, au-dessus des sources de l'Arc. Inauguré le 22 août 1925, il permet 40 couchages... La Section Lyonnaise complète ainsi son beau réseau d'hébergements en Haute Maurienne...

 

1925 - Le refuge du Clot-Xavier Blanc, 1399m

 

Dans le massif des Écrins, d'abord une location par la Section de Gap d'un bâtiment inutilisé, construit pour l'exploitation d'une mine qui fut abandonnée, le refuge Xavier Blanc avec un équipement sommaire accueille les ascensionnistes dès 1897.

Il est acquit en 1925 par le Club Alpin qui améliore l'installation et propose 17 couchages dès 1927, il est appelé chalet-hôtel du Clot en Valgaudemar.

Après l'incendie du hameau du Clot en 1934, il deviendra inutilisé et ne sera remis en état qu'en 1956 et prendra le nom de refuge du Clot-Xavier Blanc.

 

1926 - Le refuge du Requin, 2516m

 

Le refuge du Requin, 2516m dans le massif de Mont Blanc, au pied des séracs du glacier du Géant, est construit en pierre et inauguré le 11 juillet 1926. Dominant la Mer de Glace, il peut accueillir 54 touristes... Géré par la Section de Chamonix.

 

1926 - Le refuge du Balaïtous-Ledormeur, 1917m

 

Le refuge du Balaïtous, 1917m est construit au pied du Glacier de Las Néous, sur la voie normale du Balaïtous dans les Pyrénées. Avec 18 couchages et non gardé, il est géré par la Section de Tarbes du Club Alpin. Il est construit sur le modèle du refuge de Tuquerouye et sera rebaptisé en hommage à son architecte.

 

1926 - Le refuge de Chaillol, 1780m

 

Le refuge de Chaillol, 1780m dans le massif des Écrins, au pied du Vieux Chaillol est loué à l'administration des Eaux et Forêts. Après aménagement, il est inauguré le 18 juillet 1926 et géré par la Section de Gap du Club Alpin.

 

1926 - Le refuge de Labassa, 1700m

 

Le refuge de Labassa dans le massif des Pyrénées, haute vallée d'Azun est inauguré le 26 septembre 1926 par la Section de Tarbes du Club Alpin.

 

1926 - Le refuge d'En Beys, 1950m

 

Le refuge d'En Beys en Ariège, est l'aménagement d'un bâtiment existant au bord du lac homonyme, il a été confié à la Section des Pyrénées Centrales et inauguré en août 1926, il sera plus tard transmis à la gestion privée.

 

1927 - Le refuge du Chambeyron, 2626m

 

Le refuge du Chambeyron, 2626m dans les Alpes de Haute Provence au pied du Brec de Chambeyron, est appelé aussi Jean Coste, il est construit en bois et prévu pour 22 touristes. Géré par la Section de Barcelonnette du Club Alpin.

 

1927 - Le refuge du Vallon / Temple-Écrin, 2410m

 

C'est d'abord le refuge du Vallon de la Pilatte qui est présenté durant une exposition à Grenoble. Il sera ensuite érigé à 2410m sur un emplacement stratégique dans le massif des Écrins pour l'approche des sommets voisins. Il rendait inutile le vieux et peu pratique refuge du Carrelet 2048m qui sera transmis à l'Administration des Eaux et Forêts en 1935.

Le refuge du Vallon devra rapidement changer de nom pour éviter les ambigüités avec le refuge de la Pilatte. Et c'est le refuge Temple-Écrins qui sera inauguré le 14 juillet 1927, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin, il sera emporté par une avalanche en 1938 et reconstruit en 1947 en semi-enterré...

 

1927 - Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2079m

 

Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2079m dans le massif des Écrins est construit en bois en 1927, place pour 36 personnes. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin et remplace l'hébergement de 1877.

 

1927 - Le refuge Lombard, 2420m

 

Le refuge Lombard, 2420m permet d'accéder à l'Aiguille Méridionale d'Arves et à l'Aiguille du Goléon, avec 20 couchages, il est inauguré le 7 août 1927 et est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, emporté par une avalanche l'hiver suivant, il sera relevé en 1929.

 

1928 - Le refuge Regaud, 2460m

 

Un premier refuge du Mont Pourri est construit en pierre, en 1885 vers 2600m entre le lac Marlou et le Grand Col. Il connaîtra des vols et des pillages durant la fin du XIXe siècle et sera inutilisable dès 1905, puis la porte fut brisée, le toit emporté et les murs se ruinèrent.  

Le refuge Regaud, 2460m est édifié en dur en 1927 par la Section de Savoie du Club Alpin avec 20 couchages à un emplacement plus judicieux pour l'ascension du Mont Pourri. Il est nommé ainsi en l'honneur de Francisque Regaud, ancien président du Club Alpin et inauguré le 29 août 1928.

Ce refuge servira d'annexe après la construction du refuge du Mont Pourri, 2374m en 1976, il sera réhabilité en 2006 par le Parc national de la Vanoise pour servir de lieu d'exposition et de mémoire.

 

1928 - Le refuge du Mont Monnier, 2741m

 

Aménagement en refuge avec 20 couchages d'une construction dépendant de l'ancien observatoire par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Inauguration le 15 juillet 1928.

                                                                             

1928 - Le refuge de Crabioules, 2000m

 

Le refuge proche du cirque des Lys dans les Pyrénées est un baraquement industriel aménagé, place pour 20 couchages, géré par la Section des Pyrénées centrales du Club Alpin.

 

1928 - Le refuge-bivouac Paul Chevalier, 3450m

 

Le refuge-bivouac Paul Chevalier, 3450m est érigé proche de la brèche Puiseux sur l'arête des Périades dans le massif du Mont Blanc, avec 3 à 4 couchages, une initiative du GHM et un financement de Paul Chevalier. Il est inauguré le 10 juillet 1928 par Chevalier et Marcel Sauvage en route pour l'arête nord de la Calotte de Rochefort.

 

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1927 et 1929 - Les Refuges et la Commission des Travaux en Montagne

 

En 1927, la Commission des Travaux en montagne est dirigée directement par le président du Club Alpin, soulignant ainsi l'importance de cette instance.

 

La Commission doit vigoureusement intervenir auprès des Sections pour plus de discipline financière... Un contrat type avec les gardiens de refuge est rédigé et sera imposé pour éviter les égarements...

 

Il est rudement rappelé que l'équilibre financier dans la gestion des refuges dépend aussi de la subvention de l'Office National du Tourisme ( ONT ), c'est à dire de l'État, ce qui impose des règles à tous...

 

Les subventions nécessaires à l'entretien des refuges sont accordées par l'ONT, au titre de l'équipement de la montagne et du Service au public...

 

La Commission réorganise aussi les taxes demandées aux utilisateurs des refuges. Désormais, une « taxe d'entrée » est perçue auprès des seuls non-membres du CAF et une « taxe d'entretien » est payée par tous, membres et non-membres...

 

En 1929, il est constaté que les travaux d'entretien du domaine immobilier absorbent la presque totalité des sommes disponibles, rendant nécessaire la recherche de ressources nouvelles et une aide plus régulière de l'État pour ce Service public... 

 

 

1930 - Des refuges toujours accessibles

 

C'est à ce moment-là que la Commission de l'Alpinisme hivernal et du Ski du Club Alpin prévoit de construire des abris pour skieurs et de laisser certaines parties des refuges accessibles en hiver avec couvertures, approvisionnement en bois et en pétrole...

 

Jusque-là, certains refuges étaient toujours ouverts, d'autres ouverts en dehors du gardiennage et enfin d'autres restaient fermés hors gardiennage, avec un système de clés à demander.

 

Conserver un local ouvert toute l'année va peu à peu être réclamé et se généraliser....

 

Des Chalets et des Gîtes

 

Durant l'Entre-deux-guerres, le Club alpin pour accompagner les activités sportives et touristiques d'été et d'hiver va louer, aménager, valoriser et entretenir certains chalets d'alpages et de villages comme :

Arago, Béal, Beuil, Bousieyas, Brasses, Chavannes, Chioula, Cimoni-Vizzavona, Colmiane, Combemale, Combes du Lac, Cortalets, Dappes, Dent Parrachée, Dole, Espérou, Étendard, Fond d'Aussois, Gazon Martin, Gleysin, Haut Chitelet, Haute Planche, Jallorgue, Kneisseh, Lavoir, Mézenc, Mongie, Mont-Jovet, Mounier, Orsière, Palmento, Parmelan, Plain du Canon, Plat-Guilhem, Pralin-Mugnier, Pratlong, Rieu blanc, Sancy, Sannin, Sencours, Thabor, Tourmalet, Toussuire, Trêlatête, Tresberruy (Combe du Lac), Val de Court, Vogeallaz, Vuagère.

La plupart de ces gîtes auront une vie plus ou moins éphémère, notamment beaucoup de chalets-skieurs ne survivront pas aux événements à venir, au développement du ski de piste et aux remontées mécaniques.

 

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1929 à 1935 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1929 - Le refuge de la Pointe Percée, 2164m

 

Sous la Pointe Percée, le sommet principal de la Chaîne des Aravis, le nouveau refuge de la Pointe Percée, 2164m est construit en dur  à quelques distances de l'ancien refuge Sauvage de 1899 emporté par une avalanche en 1914. Place pour 25 couchages, il est géré par la Section d'Annecy du Club Alpin. Son financement est obtenu grâce au legs Gramusset, à une subvention ministérielle, une participation des communes voisines et au financement du Club Alpin.

Il est inauguré le 10 août 1929.

 

1929 - Le refuge du Pas de l'Olan, 2680m

 

Le 15 juillet 1929, inauguration du refuge du Pas de l'Olan 2680m, toujours ouvert, construction en bois avec 16 couchages, géré par la Section de Gap du Club Alpin. Il est fermé à cause des dangers de chute de pierres en 1955.

 

1929 - Le refuge de Tuquerouye, 2666m

 

Le refuge de Tuquerouye, 2666m construit en 1890 pour l'ascension du Mont Perdu était le premier refuge au sens actuel du terme dans les Pyrénées. Il est agrandi en 1929, restauré en 1999 et en 2005. Géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin, il offre 12 couchages.

 

1930 - Le refuge de Pombie, 2030m

 

Le refuge de Pombie, 2030m est construit en dur sur le modèle du refuge d'Arrémoulit, par la Section de Pau du Club Alpin, sur l'accès au pic du Midi d'Ossau. Il offre 12 couchages. Il sera remplacé en 1967.

 

1932 - Le refuge de l'Aigoual, 1555m

 

En 1932, l'Administration des Eaux et Forêts louera un refuge mitoyen de l'Observatoire de l'Aigoual bien aménagé à la Section des Causses et Cévennes du Club Alpin.

Il sera beaucoup plus tard transmis à la commune de Valleraugue et sera entièrement rénové en 2000.

 

1934 - Le refuge du Val de Bise, 1650 m

 

C'est le dernier de groupe des chalets de Bise situé au fond du vallon homonyme dans le massif du Chablais qui est aménagé par la Section du Léman du Club Alpin avec 16 couchages. Il est inauguré le 16 septembre 1934. Il est balayé par une avalanche en février 1942.

Reconstruction avec une partie communale en 1949, il est fermé et récupéré par la commune de Vacheresse en 2016.

 

1934 - Le refuge de Caillaouas, 2187m

 

Inauguration le 21 août 1934 du refuge de Caillaouas, 2187m dans les Pyrénées Centrales, une propriété de l'État, aménagée par la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin.

 

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L'aide de l'État

 

Sur la proposition de l'instance dirigeante, l'Assemblée générale du Club Alpin du 10 avril 1932 vote une résolution pour réclamer les subventions annuelles de l'Office National du Tourisme « qui ne sont plus versées depuis 1930 ».

En 1932, l'aide de l'État sera rétablie pour soutenir l'œuvre d'intérêt général accomplie par le Club Alpin. Elle couvrira, dans les meilleurs années, le quart de la dotation de la Commission des Travaux en Montagne, la moitié vient de la Caisse Centrale, c'est-à-dire des cotisations, le dernier quart provient des donations et des recettes...

Mais on notera que déjà en 1935, l'allocation fournie par le siège centrale du Club Alpin à la Commission des travaux en montagne s'élevait à 185 000 francs, à comparer avec la subvention de l'Office National du tourisme, c'est-à-dire l'État, de seulement 45 000 francs...

 

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Les refuges du massif du Mont Blanc

 

Un moment en retard dans l'équipement en refuges permettant l'accès au massif du Mont Blanc, le Club Alpin en bénéficiant de différents legs quadrille désormais convenablement le massif. Les refuges d'Argentière, de Tête Rousse et de Leschaux sont conçus par Paul Chevalier. Il publiera avec Pierre Tézenas du Moncel un travail d'information : « Quelques principes nouveaux concernant la construction des refuges » dans la revue La Montagne de 1935.

 

1930 - Le refuge de Leschaux, 2431m

 

Déjà en 1930, la Section de Paris du Club Alpin avait pu inaugurer - grâce à un legs - un premier refuge de Leschaux, 2431m. Il sera agrandi avec 30 couchages en 1934, suite à un autre legs. Il est détruit par une avalanche en 1954. Remplacé en 1968.

 

1930 - Le refuge Albert 1er, 2706m

 

En 1930, le refuge Albert 1er, au dessus du glacier du Tour, peut être construit suite au don du Club Alpin Belge, par la Section de Paris du Club Alpin avec 40 couchages... Il a reçu comme premier hôte, le roi des Belges et alpiniste Albert 1er, le 28 août pour son inauguration. Construction en bois et fibrociment, il sera agrandi en 1935 pour 48 couchages.

 

1930 - Le refuge de la Tour Rouge, 2822m

 

En 1930, construction d'une cabane de 8 couchages donnant accès au versant est de l'Aiguille du Grépon par le Club des Sports de Chamonix, elle est délabrée et abandonnée dans les années 1960.

 

1930 - Le refuge de Platé, 2032m

 

Le refuge de Platé, 2032m dans les Alpes de Savoie, est construit en 1930 à l'entrée du Désert de Platé, avec 25 couchages par la Section du Mont Blanc du Club Alpin. Il est inauguré le 14 septembre 1930 et sera rénové en 1957 et en 1975.

 

1932 - Le refuge du Couvercle, 2687m

 

Le nouveau refuge du Couvercle - suite à un autre legs - est construit à l'initiative de la Section de Chamonix du Club Alpin et inauguré le 29 août 1932. C'est un refuge en pierre de 120 couchages. Il remplace le refuge de 1904 sous son pittoresque auvent, agrandi en 1911. Il est réaménagé en 1949 et 1952.

 

1933 - Le refuge d'Argentière, 2771m

 

Ce refuge situé sur la rive droite du glacier d'Argentière est inauguré le 27 août 1933. Il vient remplacer un petit refuge du Jardin d'Argentière placé plus haut vers 2822m sur la moraine du glacier des Améthystes en 1906, puis déplacé et reconstruit en 1922.

Il est érigé par la Section de Paris du Club Alpin grâce à un don et à un legs d'adhérents. Les porteurs d'Argentière devront transporter 800 charges de 50 kg pour la construction de l'édifice conçu pour héberger 80 personnes.

 

1934 - Le refuge de Tête Rousse, 3167 m

 

Le refuge de Tête Rousse, 3167m est construit grâce à un legs en 1934 par la Section de Paris du Club Alpin avec 60 couchages, il est inauguré le 2 septembre 1934. Il est proche de l'ancien chalet-hôtel vétuste et abandonné.

 

1935 - Le refuge de la Fourche, 3679m

 

Merveilleusement placé au col de la Fourche de la Brenva, construit par le Club Alpin Académique Italien avec 8 à 10 couchages, le refuge de la Fourche, 3679m est le point d'appui vers les fabuleuses voies du versant Brenva du Mont Blanc...

 

1935 - Le refuge du Requin, 2516m

 

Le refuge du Requin, 2516m dans le massif de Mont Blanc, au pied des séracs du glacier du Géant, construit en 1926, est agrandi à 118 couchages ( réaménagement ultérieur avec 60 couchages ), 12 couchages hors gardiennage. Il est géré par la Section de Paris du Club Alpin.

 

1936 - Le refuge Orset de l'Aiguille du Goûter, 3817m

 

En 1936, construction du refuge Orset, 3817m au niveau de l'Aiguille du Goûter, proche de la cabane élevée en 1906, géré par la Section de Saint-Gervais au Club Alpin. Place pour 30 couchages, il sera racheté par le Club Alpin en 1942.

 

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1936 - La fin de l'Office National du Tourisme

 

L'État dans ces temps difficiles remplace l'Office National du Tourisme par un Centre National d'Expansion où le Club Alpin siégera comme membre adhérant. C'est un maillon essentiel pour l'obtention des aides de l'État, encore modestes, au titre du service public concernant les travaux en montagne et principalement les refuges.

 

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1937 - L'observatoire Vallot


L'observatoire Vallot, 4358m voisin immédiat du refuge homonyme devient une dépendance de l'Observatoire de Paris.

 

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1938 à 1939 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1938 - Le refuge Vallot, 4362m

 

En 1937, le Club Alpin construit un nouveau refuge moderne en duralumin destiné à la voie d'accès au Mont Blanc avec 12 couchages, en remplacement de l'ouvrage de 1893 construit par Joseph Vallot. Le refuge avait été prémonté au Centre rural de la Porte Dauphine à Paris, et présenté au Président de la République Albert Lebrun qui a procédé à une première inauguration...

 En juillet 1938, le nouveau refuge est édifié sur la plate-forme des Rochers Foudroyés, 4362m. Les matériaux ont été hissés par câble à l'Aiguille du Goûter, 3 865m ; les porteurs ont dû ensuite monter les charges jusqu'aux Rochers Foudroyés.

Un seul homme est capable de transporter les quatre pièces principales pesant 65 et 72 kg chacune, c'est Henry Blanc de la Chapelle d'Abondance, il fera cette remarque : « Ah ! S'il n'y avait que l'argent, on ne ferait pas ce métier-là. Il faut en avoir l'idée ».

Le 21 août, le nouveau refuge Vallot est officiellement inauguré, mais le mauvais temps oblige le ministre Jean Zay à le déclarer ouvert depuis... le glacier de Tête Rousse, 3228 m.

 

1939 - Le refuge d'Ambin, 2270m

 

Le refuge d'Ambin, 2270m est construit en Haute Maurienne avec une vingtaine de couchages, inauguré le 20 août 1939, ensuite réduit au statut de "baraque" pendant la guerre, il sera réaménagé en 1967 et agrandi en 1985 avec 30 couchages. Géré par la Section de Saint-Jean-de-Maurienne.

 

1939 - Le refuge de Baysselance, 2651m

 

Le refuge de Baysselance, 2651m dans les Pyrénées donne accès à la voie normale du Vignemale, géré par la Section de Bordeaux du Club Alpin. Créé en 1899, il est agrandi cette année-là et sera rénové en 2003 avec 58 places et 19 hors gardiennage.

 

1939 - Le refuge de la Dent d'Oche, 2150m

 

Le refuge de la Dent d'Oche, 2150m dans le Chablais construit en 1914 est réaménagé et agrandi. Il est inauguré le 20 juillet 1939, géré par la Section du Léman du Club Alpin, avec 45 couchages et 10 en refuge d'hiver.

 

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1938 - L'opposition aux refuges-bivouacs

 

En 1938, lorsque les refuges-bivouacs placés sur l'arête de Peuterey et sur l'arête de l'lnnominata allaient être construits dans le versant italien du Mont Blanc, Lucien Devies va beaucoup se manifester par des courriers argumentés auprès des responsables italiens contre les refuges-bivouacs « réducteurs d'aventure » construits sur les itinéraires de montagne. Un long combat sera livré et perdu...

 

Plus tard le constat sera sans appel : « Ce ne sont plus les mêmes courses, leur envergure est diminuée. Hier, c'était le Caucase en Italie. Ce ne l'est plus... ».

 

Au fil des guides Vallot le reproche sera sans cesse réitéré...

 

Le refuge-bivouac des Dames Anglaises « enlève de son envergure à cette course sans égale dans les Alpes qu'est l'arête de Peuterey au Mont Blanc ».

 

Le refuge-bivouac Eccles « humanise un lieu d'une sauvagerie unique dans les Alpes, ce qui est tout à fait regrettable »...

 

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Les refuges dans les années d'occupation

 

Alors que beaucoup de constructions seront pillées, vandalisées ou détruites, quelques refuges seront construits par le Service de l'Équipement de la montagne de l'État.

 

1941 - Construction de 3 refuges dans le massif des Écrins

 

En 1941, le Service de l'Équipement de la montagne décide la construction de trois refuges dans le massif des Écrins : les refuges des Bans, du Glacier Blanc et de Vallonpierre par les Services des Ponts et Chaussées. Achevés en 1944, ils seront inaugurés seulement en 1948 et prudemment confiés au Club Alpin pour leur gestion...

 

1942 - Le refuge de l'Aiguille du Goûter

 

En 1942, le Club Alpin acquière le refuge Orset, 3835m construit au niveau de l'Aiguille du Goûter en 1936, il avait succédé aux cabanes voisines élevées en 1858, 1882 et 1906.

Il deviendra - reconstruit en 1962 et en 2015 - le refuge de l'Aiguille du Goûter, le point d'appui essentiel sur la route du Mont Blanc depuis Saint-Gervais, une des deux voies classiques d'ascension depuis 1861...

 

1942 - Le refuge de Plan Glacier, 2538m

 

Le refuge Plan Glacier, 2538m dans le massif du Mont Blanc, sur la moraine droite du glacier de Miage est construit par la Section de Saint Gervais du Club Alpin. Avec 15 couchages, il est inauguré le 30 août 1942. Il sera plus tard transmis à la gestion privée.

 

1942 - La cabane du col du Midi, 3593m

 

Construction d'une cabane de service près du point d'amarrage de câble de service du téléphérique du col du Midi, vers 3593m. Elle est appelée la cabane Simon et offrira un gîte occasionnel aux alpinistes avec 12 couchages, elle sera laissée à l'abandon dans les années 1950.

Le refuge des Cosmiques proposera un relai plus confortable dès 1946. Il est détruit accidentellement en 1984. Jusqu'à une nouvelle construction moderne en 1991. L'ancienne cabane Simon rénovée pour les ouvriers du refuge en construction devenant refuge d'hiver avec 10 couchages ( voir : 1896 - La cabane du col du Midi - Un point d'histoire ).

 

1945 - Le refuge de l'Envers des Aiguilles, 2520m

 

En 1945, la construction du refuge de l'Envers des Aiguilles, 2520m dans le massif de Mont Blanc est entreprise par le Service de l'équipement de la montagne de l'État. Après bien des retards et des difficultés, le refuge sera inauguré en 1957 et confié au Club Alpin pour sa gestion...

 

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1946 - Le laboratoire des Cosmiques

 

Le 31 août 1946, inauguration du Laboratoire d'Étude des Rayons Cosmiques situé à proximité du col du Midi et bénéficiant de la benne de service du troisième tronçon du téléphérique du col du Midi encore en projet. Une étroite plateforme qui peut emporter 6 personnes depuis la station des Glaciers au départ du village des Pèlerins.

 

Le laboratoire comprend en plus du dispositif scientifique permettant l'étude des rayons cosmiques, une cuisine et un dortoir... Il accordera l'hospitalité aux alpinistes dans la limite des couchages disponibles et de l'humeur du gardien...

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1945 à 1952 - LA RECONSTRUCTION DES REFUGES

 

En 1945 au sortir de la guerre, les refuges sont - pour la plupart - délabrés faute d'entretien, et certain sont pillés ou vandalisés. Ils sont à ce moment-là, pour la très grande majorité en France, des créations et des propriétés du Club Alpin ou encore des lieux d'accueil confiés à sa gestion...

 

À la tête de la Commission des Travaux en montagne, Lucien Devies sera le concepteur d'une vaste stratégie et d'une politique à long terme. Un véritable plan d'aménagement du territoire permettant l'accès aux montagnes, tout en préservant certains sites. De 1947 pour Temple-Écrins, jusqu'en 1974 pour celui d'Argentière, il sera présent aux 36 inaugurations de nos refuges de haute montagne, pour lesquels il aura été l'un des principaux artisans et décideurs... Seul le refuge de l'Envers des Aiguilles échappera - par suite d'un malencontreux accident - à cette exceptionnelle assiduité.

 

Nous retrouvons l'homme dans une note de la fin des années soixante :

 

« Les problèmes de construction qui se posent ne sont pas philosophiques mais pratiques. Depuis vingt ans, aucun esprit de système n'a présidé aux choix des solutions retenues et leur diversité le montre bien. Pour des constructions érigées dans un milieu souvent très rude et laissées à elles-mêmes pendant de longs mois, le souci de la fiabilité est naturellement et nécessairement primordial ».

 

Yves Letort précise :

 

« À la fin de la guerre beaucoup de refuges sont dans un état alarmant. Nombre d'entre eux avaient par force manqué d'entretien, certains avaient été pillés, « vandalisés » par des troupes d'occupation - pas toujours étrangères - ou même par des alpinistes peu scrupuleux. 

Lucien Devies va s'attacher à relever ce délabrement, il y sera aidé par le dévouement des membres du Club qui vont jusqu'à monter eux-mêmes du ciment dans leurs sacs de montagne. Il déploie personnellement une intense activité, d'une part pour galvaniser l'action des sections du CAF, des gardiens et gérants de refuge, d'autre part pour obtenir des Pouvoirs publics autorisations de reconstructions, subventions, dommages de guerre, et plus prosaïquement : monnaie - matière sans laquelle ne peut être obtenu aucun matériau ».

 

En 1948, l'État transmet la gestion de plusieurs refuges qu'il est incapable d'administrer convenablement au CAF et lui proposera la concession des refuges italiens, maintenant sur le territoire national...

 

Au fil du temps, le Club Alpin restera l'une des rares associations disposant de l'organisation et les adhérents pour construire et entretenir des refuges de haute montagne...

 

Depuis 1943, la Fédération Française de la Montagne est l'interlocuteur des Pouvoirs publics pour ce qui intéresse les activités sportives en montagne, mais une ambiguïté demeurera concernant les associations ayant un but généraliste - plus étendu que sportif - comme l'œuvre bâti, les œuvres scientifique et culturelle...

 

En ce qui concerne les refuges de montagne, la FFM ne fera que transmettre au Club Alpin la prise en charge effective et la réalisation comme maître d'œuvre des projets de constructions du bâti en altitude...

 

En 1948 - nouveau président du Club Alpin - Lucien Devies publie dans La Montagne l'article Nos refuges une synthèse concernant les constructions d'altitude...

 

Le président Devies - par ailleurs président de la FFM - prend bien le soin de signer son éditorial comme président du Club Alpin pour bien situer les implications.

 

Le financement des refuges

 

Avant la Grande Guerre, les refuges avaient été construits sur les propres ressources de l'Association et en recevant legs et donations de certains de ses membres.

 

Dans l'entre-deux-guerres, l'aide de l'État avait été sollicitée et obtenue partiellement en 1924, mais c'étaient encore les propres ressources du Club et les legs et donations des adhérents qui permettaient principalement le financement des refuges. Cependant s'ajoutaient parfois quelques participations financières de certaines municipalités qui avaient déjà compris l'intérêt de ces points d'appuis pour le développement du tourisme local.

 

Après la seconde guerre mondiale, le Club Alpin saura définitivement convaincre l'Administration, l'État et plus tard les Collectivités locales de l'utilité publique de ces équipements et de participer plus largement aux financements....

 

Poursuivre l'œuvre bâtie

 

Les premières constructions nouvelles en montagne depuis la dernière guerre mondiale sont inaugurées et marquent l'ambition du Club Alpin à poursuivre son œuvre bâtie... D'autres constructions suivront malgré les difficultés économiques de l'époque.

 

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1947 à 1949 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1947 - Le refuge de la Vallée Étroite, 1780m

 

Avec le traité de Paris, le massif du Thabor est entièrement sur le territoire national. Le refuge de la Vallée Étroite est confié à la Section de Briançon du Club Alpin, il sera rétrocédé en 1970 à la Section de Turin du Club Alpin Italien...

 

1947 - Le refuge de Temple-Écrins, 2410m

 

Le refuge de Temple-Écrins, 2410m dans le massif des Écrins est reconstruit en 1947 en dur et semi enterré, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin, avec 88 couchages. Inauguré le 24 août 1947, il remplace une première construction de 1927, appelée un moment refuge du Vallon, il changera vite de nom pour éviter les ambigüités avec le refuge de la Pilatte et sera emporté par une avalanche en 1938. Quarante huit couchages pour le refuge toujours ouvert.

 

1948 - Le refuge des Bans, 2083m

 

Le refuge des Bans, 2083m dans le massif des Écrins, a été construit par les services des Ponts et Chaussées. Confié à notre association, il sera géré par la Section de Briançon du Club Alpin avec 26 couchages, ouvert hors gardiennage. Il est inauguré le 29 août 1948, en même temps que le refuge du Glacier Blanc.

 

1948 - Le refuge du Glacier Blanc, 2542m

 

Le refuge du Glacier Blanc, 2542m dans le massif des Écrins, a été construit par les services des Ponts et Chaussées. Confié à notre association et inauguré le 29 août 1948, il sera géré par la Section de Briançon du Club Alpin avec 135 couchages et 35 places pour le refuge d'hiver toujours ouvert. 

 

1948 - Le refuge de Vallonpierre, 2271m

 

Le refuge de Vallonpierre, 2271m, dans le massif des Écrins, a été construit par les services des Ponts et Chaussées. Confié à notre association il sera géré par la Section de Gap du Club Alpin avec 23 couchages. Ouvert hors gardiennage. Il remplace l'ancienne cabane de Vallonpierre. Il est inauguré le 29 août 1948, en même temps que le refuge du Glacier Blanc.

 

Le refuge de Vallonpierre

1949 - Le refuge des Évettes, 2590m

 

Le refuge des Évettes, 2590m en Haute Maurienne de 1907 avait brulé dans un incendie en 1940, il est reconstruit en bois pour 25 à 30 couchages et inauguré le 15 juillet 1949. Il est géré par la Section lyonnaise du Club Alpin.

 

1949 - Le refuge de la Lavey, 1797m

 

Le refuge de la Lavey, 1797m dans le massif des Écrins, près des chalets de la Lavey, date de 1900. Il est réaménagé avec 24 couchages et sera agrandi en 1968, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin.

 

1949 - Le refuge des Merveilles, 2100m

 

Le refuge des Merveilles, un bâtiment acheté aux Domaines par le Club Alpin est reconstruit. Inauguré 31 juillet 1949, il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, avec 24 couchages.

 

1949 -  Le refuge de la Madone de Fenestre, 1903m

 

Situé sous souveraineté italienne, un refuge était en 1928 entretenu avec 10 couchages et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, en dehors de l'ouverture l'été de l'hôtel voisin. En zone frontière, il sera complètement détruit pendant la guerre. Le versant dominant la Vésubie devenant territoire national depuis le traité de Paris de 1947, le Club Alpin réaménagera un nouveau refuge de la Madone de Fenestre. Il est inauguré le 3 juillet 1949 et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Place pour 50 couchages.

 

1949 - Le refuge de Chastillon, 2034m

 

Dans la vallée de Chastillon, le refuge homonyme situé à 2034m est inauguré le 4 septembre 1949 et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin.

 

1949 - Le refuge de Chastellar, 1697m

 

Dans la vallée de Chastillon, le refuge de Chastellar situé à 1697m est inauguré le 4 septembre 1949 dans un ancien bâtiment militaire. Il est géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin.

 

1949 - Le refuge des Trois Fours, 1200m

 

Entre le Hohneck et le col de la Schlucht, le refuge des Trois Fours est construit en maçonnerie et bois, il est inauguré le 13 novembre 1949, géré par la Section vosgienne du Club Alpin. Place pour 50 couchages.

 

1949 - Le refuge du Saussois

 

Depuis les ruines d'une construction des troupes d'occupation de la Seconde guerre, un refuge est construit au dessus des rives de l'Yonne et des falaises du Saussois par les bénévoles de la Section de Paris du Club Alpin et inauguré le 19 juin 1949. Il sera malheureusement souvent malmené et disparaîtra dans les années mil neuf cent soixante dix...

 

1949 - Le refuge de Bise, 1506 m

 

Le premier refuge du Val de Bise au fond du vallon homonyme date de 1934, il est balayé par une avalanche en février 1942.

Le refuge de Bise, 1506 m sera reconstruit avec une partie communale et inauguré le 26 juin 1949. Il est géré par la Section Léman du Club Alpin. Il sera fermé et récupéré par la commune de Vacheresse en 2016.

 

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1952 - Des tarifs réduits dans les refuges

 

Dans sa fonction de coordination, la FFM va proposer aux Clubs affiliés un règlement uniforme de gestion, pour l'ensemble des refuges... et demander un tarif préférentiel pour ses adhérents...

 

La FFM qui ne dispose pas, comme les autres Fédérations sportives, des compétitions pour s'imposer et montrer un lien fort unissant ses membres - un lien unificateur visible - demande et obtient des tarifs réduits dans les refuges des associations affiliées.

 

Une contrepartie pour l'entretien des refuges sera versée aux organismes gestionnaires - le Club Alpin et la STD - sous la forme d'indemnités forfaitaires, et dès 1952 pour le Club Alpin sous la forme d'une cotisation réduite.

 

En 1956, un texte amendé de la contrepartie à verser pour l'entretien des refuges au CAF et à la STD est adopté par la FFM... « Il tient compte dans la cotisation des efforts faits par chaque club pour l'équipement de la montagne sur les cotisations de ses membres ».

 

  • Nous sommes-là dans le fameux « nuage de fumée de la cohésion montagnarde »... avec un Club Alpin qui doit affilier l'ensemble de ses membres, avrc certains groupes qui ne cotisent que pour 50 licences ; des clubs gestionnaires de refuges qui bénéficient d'une cotisation réduite...

 

  • Toute dissipation de ce nuage de fumée entraînerait vers des querelles sans issues...

 

1952 - Un programme de construction

 

Un programme de construction, d'agrandissement, de reconstruction des refuges au titre de l'équipement sportif est proposé par l'État, avec son aide financière. Ce programme concernera surtout l'œuvre bâtie du Club Alpin...

 

En sachant réunir au niveau national les compétences et les hommes, en conservant une ligne d'actions initiée dès 1874 par sa « Commission des travaux en montagne », notre association demeure sans égal dans les constructions et l'entretien du bâti en altitude...

 

En 1952, le président du CAF Georges Descourt souligne l'effort immense de construction et d'entretien des refuges et des chalets skieurs de l'association sur l'ensemble du territoire. Ces installations sont les étapes indispensables pour les alpinistes, les skieurs et les montagnards, et encore souvent les seuls points d'accueil à leur disposition...

 

1952 - Les noms des refuges

 

Longtemps le Club Alpin avait honoré des personnalités, en désignant de leurs noms certains refuges. Il est décidé de n'appeler les refuges que par leur seule situation géographique...

 

1954 - La gestion des refuges

 

Le club compte à ce moment-là 32 400 membres, gère 123 refuges dont 118 lui appartiennent. Le CAF consacre plus de la moitié de son budget à la construction et à l'entretien de ses refuges...

La fréquentation des refuges est de 45 000 nuitées dont 9 900 pour le massif du Mont Blanc et 7 200 pour le Briançonnais.

 

1954-1960 - Des Chalets-skieurs

 

Le Club Alpin reprend ses intentions d'avant guerre en érigeant ou aménageant des Chalets-Skieurs pour répondre à l'engouement de l'époque pour le ski et au manque d'hébergements adaptés... 

 

Les chalets-skieurs et refuges mis en avant par l'association dès 1954 sont les chalets des Allues, du Mont d'Arbois, du Recoin de Chamrousse et des Tuffes ; les refuges de Bise et du Haut Folin.

 

Puis viendront de 1956 à 60 : Servages sur Arâches, Auron, la Clusaz, Courchevel, la Minière, Piagrette, Tignes, Trois Fours.

Certains de ces ébergements seront ultérieurement transmis à la gestion privée.

 

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1950 à 1959 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1951 - Le refuge de la Valmasque, 2233m

 

Construit sur des ruines anciennes en territoire italien avant la Seconde guerre, le refuge de la Valmasque, 2233m est situé dans le haut du vallon de la Valmasque. Il offre 26 couchages, inauguré le 9 septembre 1951 et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin. Il sera rénové et agrandi en 1984.

 

1952 - Le refuge du Couvercle, 2687m

 

L'emblématique refuge du Couvercle, 2687m dans le massif de Mont Blanc montre l'évolution. D'abord un bivouac sous le monolithe de la Pierre du Couvercle, puis une première cabane de bois sous ce pittoresque auvent est construit par le Club Alpin en 1904 pour 12 personnes... Agrandissement en 1911, avec un gardiennage et 24 couchages. En 1932, construction d'un refuge en pierre de 108 couchages.

Et en 1952, le refuge géré par la Section de Paris-Chamonix du Club Alpin est entièrement modernisé pour offrir 137 couchages repartis en 7 dortoirs... À l'occasion de l'inauguration du 10 août 1952, le président Georges Descours précisera que le nouveau refuge du Couvercle est édifié suivant les formules de confort et d'esthétisme que le Club Alpin veut désormais s'imposer

 

Le refuge de 1904 remis en état sert d'annexe et reste accessible hors gardiennage avec 30 couchages.

 

1953 - Le refuge du Grand Ventron, 1150m

 

Le refuge du Grand Ventron est édifié avant 1914 sur la crête reliant le Hohneck au Ballon d'Alsace, dévasté pendant la Grande Guerre, il est remis en état agrandi en 1930. De nouveau détruit durant les combats de 1944-1945, .il sera rebâtit et inauguré le 27 septembre 1953. Géré par la Section des Hautes Vosges avec 22 couchages.

 

1954 - Le refuge de la Pilatte, 2572m

 

Le refuge de la Pilatte, 2572m dans le massif des Écrins est construit en dur en 1954. Inauguré le 24 septembre 1954 avec 80 couchages, il sera agrandi en 1995 avec 120 couchages.

Il est géré par la section de l'Isère du Club Alpin.

La cabane de 1924 sert de refuge d'hiver avec 32 couchages.

 

1956 - Le refuge du Clot-Xavier Blanc, 1399m

 

Le refuge du Clot-Xavier Blanc, 1399m dans le massif des Écrins est un bâtiment loué en 1897, acquit par le Club Alpin en 1925 et aménagé en 1927 pour s'appeler chalet-hôtel du Clot en Valgaudemar, devenu inutilisé après l'incendie du hameau du Clot en 1934. Rénové en 1956, le bâtiment en dur offre 54 couchages, il est géré par la Section de Gap du Club Alpin ( 10 couchages hors gardiennage ).

 

1956 - Le refuge de la Brèche de Roland - Les Sarradets, 2587m

 

Le refuge de la Brèche de Roland - Les Sarradets, 2587m est inauguré le 21 octobre 1956 et devint « le plus moderne des Pyrénées » pour cette époque. Le refuge offre 42 couchages et 4 places pour le local toujours ouvert. Il est géré par la section de Tarbes du Club Alpin et sera réaménager en 1970.

 

1956 - Le refuge du Sélé, 2710m  

 

Dans le massif des Écrins, le refuge du Sélé de 1924, écrasé en 1954 par l'écroulement de la dalle rocheuse qui le surplombait, est reconstruit à quelque distance (700m à l'est) en bois à 2710m avec 30 couchages et inauguré le 23 septembre 1956, ouvert hors gardiennage. Il sera édifié en dur en 1983, il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin.

 

1957 - Le refuge de l'Envers des Aiguilles, 2520m

 

Le refuge de l'Envers des Aiguilles, 2520m dans le massif de Mont Blanc est aménagé et inauguré le 7 juillet 1957 par le Club Alpin, concessionnaire de cette construction d'État gérée par la Section Paris-Chamonix du Club Alpin. Place pour 50 personnes ( 12 couchages hors gardiennage ).

 

1957 - Le refuge de l'Olan, 2344m

 

Le refuge de l'Olan, 2344m dans le massif des Écrins est construit en dur. Inauguré le 20 octobre 1957 avec 44 couchages, il remplace le refuge du Pas de l'Olan, exposé aux chutes de pierres et fermé en 1955. Il est géré par la Section de Gap du Club Alpin. Il sera emporté par une avalanche en 1959. Reconstruction en 1966.

 

1957 - Le refuge du Soreiller, 2719m

 

La Société des Touristes du Dauphiné fait construire le refuge du Soreiller au pied de l'aiguille Dibona avec 40 couchages. Inauguration le 22 septembre 1957.

 

1958 - Le refuge de Larribet, 2072m

 

Le refuge de Larribet, 2072m dans les Pyrénées desservant les massifs Balaïtous- Frondellas-Pallas est construit et géré par la Section de Lourdes, il offre 30 couchages et 8 couchages toujours accessibles. Inauguration le 26 octobre 1958.

 

1959 - Le refuge du Châtelleret, 2232m

 

Le refuge du Châtelleret, 2232m dans le massif des Écrins est bâtit en pierre, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin, il remplace avec 60 couchages la construction de 1882. Inauguration le 5 juillet 1959.

Agrandi en 1985 avec 70 couchages ( 62 couchages hors gardiennage ).

 

1959 - Le refuge Albert 1er, 2702m

 

Construction du nouveau refuge Albert 1er, 2702m dans le massif de Mont Blanc, proche de la cabane de 1930 qui servira d'annexe. Il est géré par la Section Paris-Chamonix du Club Alpin.. Il est inauguré le 12 juillet 1959. Place pour 130 personnes ( 20 couchages hors gardiennage ).

 

Pour la première fois, l'hélicoptère sera utilisé pour le transport des matériaux de construction des refuges Albert 1er et des Grands Mulets.

 

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1960 à 1969 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1960 - Le refuge des Grands Mulets, 3051m

 

Un nouveau refuge des Grands Mulets, 3051m dans le massif de Mont Blanc est érigé sur l'emplacement du refuge de 1897, il peut accueillir 70 personnes. Construit par les services de l'État et géré par la Section de Paris du Club Alpin, il est inauguré le 8 août 1960, une renaissance après déjà 107 ans de bons et loyaux services de l'ancien bâtiment.... Vingt places de couchage hors gardiennage.

 

1960 - Le refuge de la Charpoua, 2841m

 

Construit en 1904 en bois et avec 12 couchages par le Club des sports de Chamonix, le refuge de la Charpoua, 2861m dans le massif de Mont Blanc est confié au Club Alpin garant d'un savoir faire...

Il sera repris plus tard en gestion par la Compagnie des Guides de Chamonix, ouvert hors gardiennage.

 

1962 - Le refuge de l'Aiguille du Goûter, 3835m

 

Le refuge de l'Aiguille du Goûter, 3835m est entièrement reconstruit et agrandi avec 76 couchages, 20 places hors période de gardiennage dans l'annexe.

C'est le point d'appui essentiel sur la route du Mont Blanc depuis Saint-Gervais, une des deux voies classiques d'ascension depuis 1861...

Il est géré par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin. Reconstruction en 2015.

 

1962 - Le refuge du Pelvoux, 2700m

 

Le refuge du Pelvoux, 2700m dans le massif des Écrins est construit en dur en 1962. Il remplace le refuge Lemercier de 1891. Place pour 60 personnes, il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin. Vingt couchages pour la partie toujours ouverte...

 

1962 - Le refuge de Font Turbat, 2169m

 

Le refuge de Font Turbat, 2169m dans le massif des Écrins est construit en préfabriqué en 1962, géré par la Section de l'Isère du Club Alpin avec 50 couchages ( 12 couchages hors gardiennage ) L'ancien refuge, 2194m sert d'annexe.

 

1964 - Le refuge des Oulettes de Gaube, 2150m

 

Inauguration du refuge des Oulettes de Gaube, 2150m dans la chaîne des Pyrénées, au pied du Vignemale le 26 juillet 1964 avec 50 couchages ( plus tard 85 couchages, 30 hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin.

 

1966 - Le refuge du Promontoire, 3092m

 

Le nouveau refuge du Promontoire, 3092m dans le massif des Écrins est inauguré le 26 juin 1966, place pour 36 personnes. Il remplace le premier refuge édifié en 1901 sur l'itinéraire d'ascension de la Meije. Il est géré par la Section de l'Isère du Club Alpin ( ouvert hors gardiennage ).

 

1966 - Le refuge de l'Olan, 2344m

 

Le refuge de l'Olan, 2344m dans le massif des Écrins est construit en dur en 1966 avec 20 couchages et sera agrandi en 1979 avec 70 couchages, 20 couchages hors gardiennage. Il remplace la construction de 1957 emportée par une avalanche. Il est géré par la Section de Gap du Club Alpin.

 

1966 - Le refuge de la Cougourde, 2090m

 

Le refuge de la Cougourde, 2090m dans les Alpes Maritimes avec 40 couchages, est inauguré et géré par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin ( sept couchages hors gardiennage ).

 

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1966 - L'opposition aux refuges-bivouacs

 

Au fil du temps Lucien Devies luttera constamment contre l'installation de refuges-bivouacs « réducteurs d'aventure » sur les itinéraires de montagne.

 

Déjà en 1938 quand les refuges-bivouacs placés sur l'arête de Peuterey et sur l'arête de l'lnnominata, allaient être construits dans le versant italien du Mont Blanc, un long combat sera livré et perdu.

 

Il ne lâchera rien dans sa lettre du 22 mars 1966 à ses collègues italiens :

 

« Vous avez demandé un avis sur l'opportunité de placer un refuge-bivouac sur le versant est du Mont Rose. À mon sens, c'est une bonne chose que de faciliter l'accès à la montagne, afin de permettre à quiconque de pratiquer l'alpinisme s'il en a le désir et la volonté. Mais c'est une erreur que de faciliter les courses elles-mêmes.

Le devoir dans ce domaine n'est pas de diminuer la difficulté, mais bien de la maintenir pour que les Alpes puissent continuer à répondre aux aspirations des alpinistes.

Or, les Alpes ont des courses qui ont l'ampleur de celles du Caucase. Ne diminuons pas cette échelle.

Il me semble qu'il serait tout à fait dommage de répéter la même erreur au Mont Rose ( que celle commise dans le versant sud du Mont Blanc ).

Depuis la cabane Marinelli, la Dufour et la Nordend se font commodément, dans la matinée ou dans la journée. Rien ne devrait être placé entre la cabane Marinelli et les sommets ni près des sommets eux-mêmes.

Quant à la Gnifetti, aucun refuge-bivouac ne devrait être placé à moins de deux heures de la rimaye située au point le plus bas de la paroi. Il faut laisser cette face merveilleuse et sa proximité vierges de tout équipement.

Tel est l'avis, que je voulais vous exprimer. Il est dicté par une réflexion profonde sur l'équilibre à maintenir entre un équipement d'approche et la sauvegarde d'une zone de haute montagne ».

 

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1967 à 1969 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

En 1967 et 1968, le Club Alpin inaugure plusieurs chalets-skieurs et construit ou reconstruit les refuges d'Ambin, de Pombie et du lac de Presset...

 

En 1968, le Club Alpin Italien installe le refuge Ghiglione au col du Trident de la Brenva qui doublera le refuge de la Fourche pour l'accès aux exceptionnels itinéraires du versant Brenva du Mont Blanc...

 

1967 - Le refuge du Pigeonnier, 2423m

 

Le refuge du Pigeonnier, 2423m dans le massif des Écrins est construit en bois en 1967, géré par la Section de Gap du Club Alpin, avec 44 couchages. Son toit s'effondre sous le poids de la neige durant l'hiver 1969-1970, il est restauré l'été suivant ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

1968 - Le refuge de Leschaux, 2450m

 

L'ancien refuge de Leschaux, 2431m dans le massif de Mont Blanc, datant de 1930, avait été écrasé par une avalanche en 1954.

Le Club Alpin Belge va offrir à notre association un nouveau refuge moderne préfabriqué, initialement destiné à remplacer le refuge Solvay de l'arête du Hornli du Cervin, ainsi que son installation à 2450m...

Géré par la Section de Paris-Chamonix du Club Alpin avec 12 couchages ( ouvert hors gardiennage ). Il est inauguré le 21 septembre 1968.

 

1968 - Le refuge-bivouac des Conscrits, 2730m

 

Le refuge-bivouac des Conscrits est le réaménagement d'une baraque construite il y a de nombreuses années, par une équipe de conscrits et qui n'était pratiquement plus utilisable. Situé sur la rive droite du glacier de Trélatête à 2730m, il est géré par la Section de Lyon-Saint-Gervais avec 15 couchages, et est inauguré le 21 juillet 1968.

 

1968 - Le refuge de la Lavey 1797m

 

Le refuge de la Lavey 1797m, dans le massif des Écrins, près des chalets de la Lavey, date de 1900. Il est réaménagé en 1949 et agrandi en 1968 avec 45 couchages ( 15 couchages hors gardiennage ), géré par la Section de l'Isère du Club Alpin.

 

1969 - Le refuge des Écrins, 3175m

 

Dans le massif des Écrins, les premiers refuges datent de 1903 et 1922 et portent le nom d'Ernest Caron, à la mémoire d'un ancien président du Club Alpin.

Un refuge en maçonnerie proposant 120 couchages vient améliorer l'accueil pour ce point d'appui situé sur l'accès à la Barre et au Dôme des Écrins. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, inauguré le 14 septembre 1969 et prendra le nom de refuge des Écrins. Trente cinq couchages pour l'espace toujours ouvert.

 

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1970 à 1974 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1970 - Le refuge des Évettes, 2590m

 

Le refuge des Évettes, 2590m en Haute Maurienne avait brulé dans un incendie en 1940, il était reconstruit en bois pour 25 à 30 couchages et inauguré le 15 juillet 1949.

En 1970, une construction moderne et adaptée avec 64 couchages vient remplacer cet accueil qui existe depuis 1907 à l'initiative de la Section de Lyon du Club Alpin ( 20 couchages hors gardiennage ).

 

1970 - Le refuge de Chabourdéou, 2020m

 

Le refuge de Chabournéou, 2020m est érigé en préfabriqué, inauguré le 26 septembre 1970 dans le massif des Écrins, en Valgaudemar, gardé avec 32 puis 44 couchages ( 20 hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Gap du Club Alpin.

 

1970 - Le refuge de la Dent Parrachée,  2500m

 

En 1970, inauguration du refuge de la Dent Parrachée, 2500m en Haute Maurienne avec 25 couchages ( 45 couchages plus tard et 30 hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Savoie du Club Alpin.

 

1970 - Le refuge de la Vallée Étroite, 1780m

 

Le refuge de la Vallée Étroite est situé dans le massif du Thabor sur le territoire national depuis le traité de Paris de 1947, confié à la Section de Briançon du Club Alpin, il est rétrocédé en 1970 à la Section de Turin du Club Alpin Italien...

 

1970 - Le refuge de la Brèche de Roland, 2587m

 

Le refuge de la Brèche de Roland, géré par la Section de Tarbes du Club Alpin, est aménagé pour offrir 57 couchages ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

1971 - Le refuge du col de la Vanoise, 2515m

 

En 1902, un vaste refuge-hôtel en pierre prenait le nom de refuge Félix Faure, il remplaçait le premier refuge de 1878 du massif de la Vanoise.

En 1971, une extension par l'adjonction de deux bâtiments séparés viendra proposer 100 couchages ( 28 couchages hors gardiennage ) pour ce refuge géré par la Section de la Tarentaise du Club Alpin qui retrouvera son nom d'origine.

 

1971 - Le refuge Campana de Cloutou, 2225m

 

Le refuge Campana de Cloutou, 2225m dans la chaîne des Pyrénées est inauguré le 10 octobre 1971, géré par la Section de Bagnères-de-Bigorre du Club Alpin, avec 25 couchages ( ouvert hors gardiennage ).

 

1972 - Le refuge du Pavé, 2841m

 

Le refuge du lac du Pavé, 2841m dans le massif des Écrins est aménagé en 1972 dans l'ancienne construction de chantier, car le refuge en construction se trouvait emporté par une avalanche. Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin avec 26 couchages ( 16 couchages hors gardiennage ).

 

1972 - Le refuge des Souffles, 1975m

 

Dans le massif des Écrins, inauguration le 16 septembre 1972 du refuge des Souffles, 1975m avec 20 couchages ( puis 30 et 18 couchages hors gardiennage ), géré par la Section de Gap du Club Alpin.

 

1972 - Le refuge de Chalange, 2250m

 

Dans le massif des Écrins, inauguration le 16 septembre 1972 du refuge de Chalange, 2250m non gardé avec 12 couchages, géré par la section de Gap du Club Alpin.

 

1973 - Le refuge du Fond d'Aussois, 2350m

 

En 1973, inauguration du refuge du Fond d'Aussois, 2350m en Haute Maurienne, avec 36 couchages ( plus tard aménagé avec 52 hébergements ) et 19 couchages hors gardiennage. Géré par la Section de Savoie du Club Alpin.

 

1974 - Le refuge d'Argentière, 2771m

 

Le nouveau refuge d'Argentière, 2771m dans le massif de Mont Blanc est inauguré le 7 septembre 1974 géré par la Section de Paris-Chamonix du Club Alpin, place pour 140 personnes ( réaménagement ultérieur à 91 couchages, 16 couchages hors gardiennage ).

Il venait remplacer le petit refuge du Jardin d'Argentière, 2822m de 1906 et une première construction plus importante de 1933...

 

1974 - Le refuge des Merveilles, 2100m

 

Le refuge des Merveilles, 2100 m dans Alpes Maritimes, avec 100 couchages est inauguré en octobre 1974 par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin, il remplace l'ancienne construction de 1949.

 

1974 - Le refuge des Drayères, 2180m

 

Le refuge des Drayères, 2180m dans la haute vallée de la Clarée avec 32 couchages, est inauguré en 1974 par la Section de Briançon du Club Alpin.

 

1974 - Le refuge Durier, 3349m

 

Le refuge Durier, 3349m avec 8 couchages est érigé depuis 1899 au col du Miage.

Il permet la traversée vers le Mont Blanc par l'arête de Bionnassay, géré par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin, il est réaménagé en 1961 et en 1974...

 

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1973 - Le Centre alpin de la Bérarde

 

Le Centre alpin de la Bérarde dans le massif des Écrins est édifié, il s'inscrit dans un programme national qui inclura les installations de même nature du Tour et de Gavarnie. Géré par la Section de l'Isère du Club Alpin, il offre 120 couchages.

 

Répondant à la vocation d'enseignement et de formation du Club Alpin, les Centres alpins seront ouverts en priorité aux activités des Sections et des grandes Commissions pour l'ensemble des disciplines de montagne. Ils ont été pensés comme des lieux d'enseignement et d'hébergement des différents stages organisés par l'association.

 

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1974 - Bilan à l'occasion du centenaire du Club Alpin

 

Au moment de son centenaire, le Club Alpin a assuré le principal des aménagements de la montagne, les constructions des refuges et les créations des sentiers conduisant vers les cols et sites remarquables des montagnes du territoire national.

 

<  Rappelons encore une fois qu'avant la Grande Guerre, les refuges avaient été construits sur les propres ressources de l'association et en recevant legs et donations de certains de ses membres.

 

<  Dans l'entre-deux-guerres, l'aide de l'État avait été sollicitée et obtenue partiellement en 1924, mais c'étaient encore les propres ressources de l'association qui permettaient principalement le financement.

 

<  Après la Seconde Guerre mondiale, le Club Alpin saura définitivement convaincre l'État et l'Administration, et plus tard les Collectivités locales de l'utilité publique de ces équipements et de participer plus largement aux financements....

 

En 1974, il gère et entretien 130 refuges dont 60 sont gardés et aussi 20 installations de vallée.

 

Depuis 1965, concernant l'équipement du territoire national, les Parcs nationaux et régionaux qui rénovent et construisent leurs propres refuges - dans les zones qui les concernent -  viennent désormais renforcer les effort de notre association...

 

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1974 - Un Syndicat des gardiens de refuges

 

Un Syndicat des gardiens de refuges et de gîtes d'étapes ( SNGRGE ) est créé réunissant les gérants des installations d'altitude, il deviendra un des interlocuteurs du Club dans la gestion des refuges...

Les gardiens de refuges sont les garants d'un accueil de qualité et leur engagement professionnel doit être considéré avec la plus grande attention par notre association.

Le gardien - soumis à une vie rude, essentiellement due à l'absence de confort, à la promiscuité, aux horaires de travail incontrôlables et à l'absence de vie personnelle en période d'affluence - est lié au Club Alpin par un contrat de mandat de gardiennage, qui deviendra avec la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne un contrat de mandat d'intérêt commun.

Par sa fonction d'accueil, le gardien de refuge permet la fréquentation de la haute et moyenne montagne à bon nombre d'excursionnistes, de randonneurs et de promeneurs.

 

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1975 à 1979 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1975 - Le refuge du Chambeyron, 2626m

 

Le refuge du Chambeyron, 2626m avec 56 couchages, dans les Alpes de Haute Provence, est inauguré le 22 juin 1975 par la Section Ubaye et Haute Provence du Club Alpin. Il est construit au coté de l'ancien refuge datant de 1927. Vingt couchages hors gardiennage.

 

1975 - Le refuge des Aiguilles d'Arves, 2260m

 

Le refuge des Aiguilles d'Arves, 2260m dans les Alpes de Savoie avec 39 couchages ( 24 couchages hors gardiennage ) est édifié par les Sections de Maurienne et de Savoie du Club Alpin.

 

1975 - Le refuge de Platé, 2032m

 

Le refuge de Platé, 2032m dans les Alpes de Savoie est construit en 1930 à l'entrée du Désert de Platé, remis en état en 1957, il est rénové avec 35 couchages par la Section du Mont Blanc. Il sera géré par la Section de Chedde-Passy du Club Alpin ( 5 couchages hors gardiennage ).

 

1975 - Le refuge du Ruitor, 2030m

 

Le refuge du Ruitor, 2030m dans les Alpes de Savoie, est construit par la Section d'Albertville du Club Alpin avec 16 couchages. Il sera confié plus tard à la gestion privée.

 

1975 - Le refuge du Grand Bec, 2400m

 

Le refuge du Grand Bec, 2400m avec 45 couchages dans le massif de la Vanoise est construit par la Section de Vanoise-Tarentaise du Club Alpin ( 12 couchages hors gardiennage ).

 

1976 - Le refuge du Mont Pourri, 2370m

 

Le refuge du Mont Pourri, 2370m avec 56 couchages dans les Alpes de Savoie, est construit en 1976 sous l'ancien refuge Regaud ( édifié en 1927 et qui servira d'annexe puis de lieu d'exposition ). Il est géré par la Section de Savoie du Club Alpin et a reçu la participation financière du Club Alpin Hollandais pour son édification ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

1976 - Le refuge d'Avérole, 2210m

 

Le nouveau refuge d'Avérole, 2210m en Haute Maurienne, est construit avec 88 couchages, par la Section lyonnaise du Club Alpin ( 12 couchages hors gardiennage ). Il remplace la construction de 1920.

 

1976 - Le refuge de l'Étang d'Araing, 1965m

 

Le refuge de l'Étang d'Araing, 1965m dans la chaîne des Pyrénées est construit avec 54 couchages par la Section ariégeoise du Club Alpin ( 12 couchages hors gardiennage ).

 

1976 - Le refuge des lacs de Vens, 2380m

 

Le refuge des lacs de Vens, 2380m dans les Alpes Maritimes est rénové avec 45 couchages, par la Section des Alpes Maritimes du Club Alpin ( 26 couchages hors gardiennage ).

 

1976 - Le refuge du Viso, 2460m

 

Construction du nouveau refuge du Viso, 2460m à la frontière italienne au fond du Queyras au pied du magnifique Mont Viso, en bénéficiant sur le tard d'un financement au titre des dommages de guerre. Une construction en bois préfabriquée qui peut accueillir 40 personnes ( 17 couchages hors gardiennage ). Il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin.

Dès 1877, le Club Alpin décidait la construction du refuge des Lyonnais vers 2350m donnant accès au col de la Traversette et au col de Valante, il est détruit par une avalanche, remplacé et encore emporté en 1897.

Un refuge placé une centaine de mètres au-dessus de l'ancienne construction pastorale, mieux protégé des avalanches, était édifié en 1902 par la Section de Briançon du Club Alpin avec l'aide financière du Touring-Club de France. Il fut détruit totalement pendant la guerre en 1944.

 

1978 - Le refuge du Carro, 2760m

 

La Section de Lyon du Club Alpin a construit le refuge du Carro, 2760m en Haute Maurienne en 1927.

Son agrandissement est décidé en 1976 avec 61 couchages en période de gardiennage et 18 couchages en refuge d'hiver. Il est inauguré le 18 juin 1978. 

 

1979 - Le refuge de l'Olan, 2344m

 

Le refuge de l'Olan, 2344m dans le massif des Écrins construit en 1966 est réaménagé et agrandi ( une première construction en 1957 était emportée par une avalanche en 1959 ). Inauguré le 17 juin 1979, il est géré par la Section de Gap du Club Alpin avec 70 couchages ( 20 couchages hors gardiennage ).

 

 

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L'inauguration d'un refuge une occasion protocolaire et amicale

 

Chaque inauguration de refuge est l'occasion d'une manifestation protocolaire et amicale.

 

En 1978, concernant le refuge de Carro - au coté des responsables du Club Alpin - assistent les autres artisans de la réalisation : Ministère de la Jeunesse et des Sports, Conseil général de Savoie, Parc de la Vanoise, Municipalité de Bonneval-sur-Arc ; et en présence de l'architecte, de l'entrepreneur, d'un représentant de la FFM et d'une délégation du Club Alpin Italien.

 

L'occasion pour François Sénéchal, président de la Section de Lyon du Club Alpin de déclarer :

 

« Que le refuge soit avant tout un lien permanent d'amitié et d'enrichissement mutuel entre les citadins épris de nature sauvage et les habitants de ces beaux villages de montagne que nous ne remercierons jamais assez d'avoir su, par leur courage et leur détermination, conserver à leur cadre de vie, cette beauté naturelle qui prend aujourd'hui une valeur inestimable ».

 

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Au service de tous les montagnards

 

Longtemps seulement un point d'appui pour les alpinistes projetant l'ascension de sommets voisins et souhaitant souvent conserver l'austérité des temps anciens, le refuge est devenu aussi un élément important dans la proposition touristique des vallées alpines et pyrénéennes, c'est souvent un objectif pour les promeneurs et un gîte d'étape pour les randonneurs qui réclament des éléments de confort.

 

Le dortoir commun où le ronfleur fait la loi a vécu...

 

Le refuge devient un lieu d'accueil ouvert à tous les montagnards... 

 

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1978 - Des mesures pour les refuges 

 

Certaines remarques fondées vont pousser notre instance à plus d'attention en ce qui concerne ses refuges.

Les refuges sont des points obligés de rencontre des pratiquants de la montagne, ils concentrent de multiples problèmes liés à l'environnement.

En ce qui le concerne, le Club Alpin va accentuer ses efforts dans ce secteur qu'il maîtrise entièrement, avec les améliorations nécessaires dans le traitement des détritus et des eaux usées, et la recherche du meilleur procédé d'assainissement en altitude.

Des efforts importants sont demandés à la Commission des travaux en montagne, aux gestionnaires des refuges et aux usagers ; une assistance des Services du ministère de l'Environnement sera sollicitée et obtenue...

 

Principales actions :

 

<  Adaptation des refuges aux exigences nouvelles.

<  Distribution de sacs plastiques pour que les usagers redescendent leurs déchets dans les vallées.

<  Recommandations publiées dans la revue à destination des adhérents.

<  Commande d'une affiche de grande diffusion au dessinateur-écrivain Samivel : Gardez-la intacte. Son financement sera obtenu grâce au concours financier d'une agence de l'État.

 

Et ce sera l'occasion pour le Club Alpin de préciser sa politique :

 

<  Pour les équipements existants, adaptation aux normes de sécurité.

<  Pour les projets nouveaux, la nécessité de maintenir en l'état de nature certaines zones montagneuses est réaffirmée, et la question de la capacité écologique d'accueil de nouveaux sites éventuels devra être posée.

 

1978 - Inauguration du centre alpin du Tour

 

Le Centre alpin du Tour est inauguré la 14 janvier 1978, il s'inscrit dans un programme national qui inclut les installations de la Bérarde, de Gavarnie et de Tignes. Géré par la section de Paris du Club Alpin, il offre 76 couchages.

 

Les Centres alpins sont ouverts en priorité aux activités des Sections et des grandes Commissions du Club Alpin pour l'ensemble des disciplines de montagne.

 

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1980 - 1989 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1980 - Le refuge du Thabor, 2502m

 

Le refuge du Thabor, 2502m en Maurienne est construit en 1979, il est géré par la Section de Maurienne, et inauguré le 22 juin 1980, place pour 40 puis 46 personnes ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

1980 - Le refuge du Pré de la Chaumette, 1805m

 

Le refuge du Pré de la Chaumette, 1805m dans le massif des Écrins, date de 1979. Construit en dur, il est inauguré le 5 juillet 1980 et gardé avec 60 couchages ( 12 hors gardiennage ). Géré par la Section de Gap du Club Alpin.

 

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1982 - Le syndicat des gardiens de refuges et gites d'étape

 

Le Syndicat des gardiens de refuges et de gîtes d'étapes ( SNGRGE ) était créé en 1974 réunissant les gérants des installations d'altitude, il est réactivé en 1982... Plusieurs réunions d'information seront nécessaires pour rétablir des relations constructives...

 

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1983 - Le refuge du Sélé, 2504m

 

Le refuge du Sélé, 2504m est construit en dur, il est géré par la Section de Briançon du Club Alpin, place pour 76 personnes. Il remplace les refuges en bois de 1924 et 1956. L'ancienne cabane de 1956 à bonne distance sert de refuge d'hiver avec 20 couchages.

 

1983 - Le chalet-refuge du Chauffaud, 1100m

 

Le chalet-refuge du Chauffaud - Les Tavaillons, 1100m est situé dans le Jura, il est géré par la Section du Pays de Montbéliard du Club Alpin avec 50 couchages.

 

1984 - Le refuge des Bouillouses, 2005m

 

Le refuge des Bouillouses, 2005m est reconstruit sur l'emplacement de l'ancien refuge Combaleran dans les Pyrénées orientales. Il est géré par la Section de Perpignan du Club Alpin avec 60 couchages ( 12 couchages hors gardiennage ).

 

1984 - Le refuge du Pigeonnier, 2423m

 

Le refuge du Pigeonnier, 2423m dans le massif des Écrins est construit en bois en 1967, géré par la Section de Gap du Club Alpin, avec 44 couchages. Après l'effondrement de sa toiture sous le poids de la neige pendant l'hiver 1969-1970, il avait été restauré l'été suivant.

En 1984 agrandissement avec 52 couchages ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

1984 - Le Chalet de la Maline, 900m

 

Le Chalet de la Maline, 900m dans les gorges du Verdon est racheté au défunt Touring Club, il sera géré pour un temps par la Section d'Aix en Provence, puis par le Comité départemental du Var du Club Alpin.

 

1984 - Le chalet-refuge du Sancy, 1270m

 

Après l'incendie de l'ancien chalet en 1977, la Section d'Auvergne du Club Alpin construit un nouveau chalet du Sancy, 1270m près de la route d'accès au Mont-Dore.

 

1984 - Le refuge des Trois Fours, 1200m

 

Le refuge des Trois Fours, 1200m dans les Vosges est réaménagé par la Section Nancy-Lorraine du Club Alpin, avec 40 couchages.

 

1984 - Le chalet-refuge du Ratou, 1200m

 

Le chalet-refuge du Ratou, 1200m situé dans le Jura, sous le Crêt de la neige, est réaménagé. Il est géré par la Section de Bourg-en-Bresse du Club Alpin avec 40 couchages.

 

1986 - Le chalet-refuge de Bonneval-sur-Arc, 1810m

 

Le premier chalet-refuge de Bonneval-sur-Arc en Haute Maurienne datait de 1895, il est vendu en 1954.

En 1961, la Section lyonnaise rachète le bâtiment de l'EDF qui servira de chalet-refuge jusqu'en 1980 où il est démoli pour des raisons de sécurité.

Un nouveau chalet-refuge est construit avec 14 couchages et inauguré le 4 août 1986...

 

1986 - Le refuge d'Ambin, 2270m

 

Construit en Haute Maurienne avec une vingtaine de couchages en 1939, le refuge d'Ambin, 2270m est réaménagé en 1967 et agrandi en 1985 avec 30 couchages. Géré par la Section de Saint-Jean-de-Maurienne du Club Alpin ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

1989 - Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2079m

 

Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2079m dans le massif des Écrins est construit en dur, inauguré le 23 septembre 1989 et géré par la Section de Briancon du Club Alpin, avec 94 couchages. Vingt couchages pour le refuge d'hiver toujours ouvert. Il remplace les hébergements de 1877 et 1927.

 

1989 - Le refuge Durier, 3349m

 

Construction d'un second refuge de 15 couchages, par les bénévoles de la Section de Saint-Gervais du Club Alpin. La première cabane date de 1899...

 

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1990 - Les refuges du Club Alpin

 

La revue La Montagne & Alpinisme consacre une édition spéciale sur les refuges du Club Alpin.

L'éditorial du président met en garde sur les diverses tentatives visant le domaine bâti du Club Alpin... encore... comme en 1942...

 

Dénigrés par les uns pour leurs vétustés, critiqués par d'autres pour les améliorations visant le confort, les refuges sont l'objet de bien des critiques, de bien des avis tranchés et opposés, et de quelques appétences extérieures...

 

En cette année 1990, le Club Alpin propose et entretien 84 refuges d'altitude répartis en 22 départements et 46 sections, et aussi 41 chalets d'activités de plus basse montagne, 5 chalets skieurs et deux centres alpins.

 

Un plan-programme de 5 ans conduit la rénovation du domaine bâti...

 

Nos gardiens de refuges

 

Dans les différents débats entourant les refuges de montagnes, les gardiens réunis dans un syndicat montrent des avis parfois divergents.

Une chartre de qualité sera introduite dans le contrat de mandat de gardiennage.

 

Redisons que les gardiens de refuges sont les garants d'un accueil de qualité et leur engagement professionnel doit être considéré avec la plus grande attention par notre association.

Le gardien - soumis à une vie rude, essentiellement due à l'absence de confort, à la promiscuité, aux horaires de travail incontrôlables et à l'absence de vie personnelle en période d'affluence - est lié au Club Alpin par un contrat de mandat de gardiennage, qui deviendra avec la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne un contrat de mandat d'intérêt commun.

 

Par sa fonction d'accueil, le gardien de refuge permet la fréquentation de la haute et moyenne montagne à bon nombre d'excursionnistes, de randonneurs et de promeneurs.

 

1991 - La Commission des refuges

 

Déjà le 9 novembre 1990, un Colloque national sur les refuges avait réuni près de 150 spécialistes pour débattre de la situation des abris de montagne répartis sur le territoire national, le CAF est gestionnaire de 40% de l'ensemble et couvre les 2/3 du coût de ses propres installations, qui assurent un véritable Service public.

 

Du fait de l'autonomie juridique de ses Sections, le Club Alpin se réorganise, les Commission des travaux en montagne et de la gestion des refuges sont rassemblées dans la « Commission des refuges » qui est chargée de construire, de rénover et de gérer le patrimoine de l'association, c'est un élément structurant essentiel à ce moment crucial touchant l'avenir du Club Alpin...

 

Cette Commission unifiée « possède une puissance de persuasion certaine auprès des partenaires, elle est un atout pour la politique que le Club Alpin mène concernant son domaine construit et sa rénovation »...

 

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1990 - 1999 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1991 - L'annexe du refuge de l'Aiguille du Goûter, 3835m

 

Construit à l'emplacement de refuge de 1906, une nouvelle annexe du refuge de l'Aiguille du Goûter porte les places d'accueil à 120 pour les candidats à l'ascension du Mont Blanc.

 

1991 - Le refuge des Cosmiques reconstruit, 3613m

 

Inauguration du nouveau refuge des Cosmiques, 3613m érigé par la commune de Chamonix, la Compagnie des Guides et le CNRS avec 130 couchages, sur le site du refuge-laboratoire de 1946 détruit le 24 décembre 1984, après une explosion suivie d'un incendie.

C'est une étape importante pour un accès au sommet des Alpes ( voir : 1896 - La cabane du col du Midi - Un point d'histoire ).

L'ancienne cabane Simon rénovée pour les ouvriers du refuge en construction devient refuge d'hiver avec 10 couchages.

 

1992 - Le refuge des Conscrits, 2580m

 

Le nouveau refuge des Conscrits est construit à 2580m, situé sur la rive droite du glacier de Trélatête dans le massif du Mont Blanc, il est gardé et géré par la Section de Saint-Gervais du Club Alpin avec 82 couchettes ( 12 couchages hors gardiennage ). Il remplace le refuge-bivouac de 1968, trop vétuste et étroit qui était placé plus haut à 2730m.

 

1992 - Le refuge de la Croix-du-Bonhomme, 2443m

 

Sur le passage historique du col de la Croix-du-Bonhomme, pratiqué depuis les temps les plus reculés, au carrefour du Val-Montjoie, du Beaufortain, et de la vallée des Glaciers sur le circuit du Tour du Mont Blanc, c'est d'abord le Touring Club de France qui a construit un premier refuge en 1924 avec 30 couchages. Bombardé pendant la guerre de 1939-1940, le refuge est en ruine et abandonné jusqu'en 1965. Reconstruits par des bénévoles, il accueillera les randonneurs dès 1968, géré par le Club Alpin en 1983, il est racheté en 1987.

Un nouveau refuge est édifié en conservant le bâti initial, il est inauguré en 1992 avec 115 couchages, il est géré par la Section d'Albertville du Club Alpin ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

1992 - Le refuge de Larribet, 2072m

 

Le refuge de Larribet, 2072m dans les Pyrénées, datant de 1958 et desservant les massifs Balaïtous-Frondellas-Pallas est agrandi et reconstruit en 1992 pour 60 couchages, c'est un petit refuge bien placé au pied du Balaïtous, il est géré par la Section de Lourdes-Cauterets du Club Alpin ( 32 couchages hors gardiennage ).

 

1993 - Le chalet-refuge du Marcadau, 1865m

 

Dans la vallée du Marcadau au cœur du Parc national des Pyrénées, c'est d'abord le Touring Club de France qui a construit le refuge Wallon en 1912 avec 35 couchages, puis adjoint le chalet du Marcadau dans les années 1930.

À la suite de la liquidation du TCF, l'ensemble est confié en gestion au Club Alpin Français en 1984.

Après une longue procédure, le chalet-refuge du Marcadau, 1865m reprend un service normal en 1993.

Avec 125 couchages, il est géré par la Section de Tarbes Club Alpin, puis par la Fédération Aragonnaise de Montagne. ( 30 couchages hors gardiennage ).

 

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UNE CONSTRUCTION QUI NE RESSEMBLE À RIEN D'AUTRE 

 

L'édification d'un refuge en haute montagne ne ressemble à rien d'autre : des études préalables poussées, une architecture spécialisée, l'altitude et un climat particulièrement rude freinant les travaux, le temps très court pendant lesquels ceux-ci peuvent être exécutés, l'éloignement des bases nécessitant le transport des matériaux, jadis à dos d'homme, maintenant en hélicoptère, rendent une telle entreprise difficile et onéreuse...

 

  • Nos anciens avaient travaillé avec leurs seules ressources avant la guerre de 1914-1918 mais, par la suite, le Club Alpin ne pouvait suffire à la tâche écrasante qu'il s'était imposée pour répondre aux besoins nationaux et internationaux ; aussi l'État, par ses divers ministères, lui a accordé son aide financière.

 

Les régions, les départements, les communes elles-mêmes le soutiennent régulièrement.

 

Au titre de sa fonction d'intérêt général d'abri, le refuge dispose en permanence d'un espace ouvert au public.

 

  • Maître d'ouvrage, le Club Alpin remplit-là un véritable Service public, pour lequel il s'est spécialisé. Son expérience, plus que centenaire, est inégalable.

 

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EN ITALIE

 

Le premier refuge est construit en 1866 pour faciliter l'accès au Mont Viso. En 1893, la cabane Margherita est inaugurée à 4556m, elle est la plus élevée des Alpes...et au début du XXIe siècle, on compte de l'ordre de 200 refuges-bivouacs et plus de 400 refuges...

 

 

EN SUISSE

 

La première cabane est celle du Grünhorn en 1863.

Elle contribuera - avec ses huit couchages - à faire du Tödi une montagne à la mode...

Dans le Valais et l'Oberland, la plupart des cabanes suisses sont construites durant les dix dernières années du XIXe siècle, elles seront agrandies au fil du temps... et au début du XXIe siècle, on compte de l'ordre de 150 cabanes...

 

 

EN AUTRICHE

 

L'Autriche offre plus de 150 refuges aux alpinistes et randonneurs, c'est un nombre élevé de refuges qui parsèment le Tyrol, il s'explique en partie par le nombre important de bâtiments construits et gérés par le Club alpin allemand ( ÖAV, 270 refuges ; DAV 150 ; et NF 180 ).

 

À l'inverse de la France qui a construit en haute altitude à l'usage des alpinistes et des randonneurs alpins à proximité des sommets à atteindre, les refuges tyroliens sont souvent situés à moyenne altitude pour le plus grand nombre d'excursionnistes.

 

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Vocabulaire

 

On appelle refuge, tout bâtiment dont l'accès n'est pas possible par la route. Un chalet, lui est accessible par la route ou un chemin forestier. Certains bâtiments, chalet l'été, se retrouvent refuges l'hiver, coupés de la route par la neige...

 

 

AUJOURD'HUI

 

  • Aujourd'hui, la FFCAM possède et entretient 128 refuges, chalets et centres de montagne qui constituent un patrimoine exceptionnel.

 

 Ils sont devenus parties intégrantes du paysage, les témoins et acteurs de l'histoire de la montagne.

 

Portes d'entrée de la montagne, ils doivent être entretenus, rénovés et parfois même reconstruits pour encore mieux accueillir un public de plus en plus diversifié.

 

Notons encore qu'il existe d'autres organismes bâtisseurs de refuges, les Parcs nationaux, qui sont des établissements publics créés dans la seconde partie du XXe siècle dernier, quelques autres associations et certaines initiatives privées.

 

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CONSULTATION

 

L'ensemble des textes concernant l'histoire de la FFCAM et des autres dossiers proposés sont consultables au Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

Consultation de l'ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

 

Plus particulièrement :


<  Les Annuaires 1874 - 75 - 80 et 89,

<  Le rapport 1933-34 de la Commission des Travaux en Montagne,

<  Le CAF et les Refuges - Article de Claude Maillard - La Montagne & Alpinisme 1/1974,

<  Les sociétés sportives d'alpinistes et les refuges de montagne dans les Alpes françaises depuis 1874 - Article de Marcel Jail - Revue de géographie 1975,

<  Un patrimoine en constante évolution - Article de Pierre Gauly et Edmond Martin - La Montagne & Alpinisme 1/1990, numéro spécial consacré aux refuges,

<  La politique de développement des refuges -  Article intégré à l'ouvrage coordonné par Olivier Hoibian : Lucien Devies, La montagne pour vocation - Édition L'Harmattan. 2004.

 

CONSULTATION EN LIGNE


Vous pouvez consulter en ligne le catalogue du CND avec un accès aux références pour l'ensemble des articles des revues et pour les livres.

Il suffit de saisir un mot caractéristique ou un des mots-clés d'un ouvrage recherché, dans l'un des champs appropriés ( auteur, titre, sujet, année d'édition ) et vous aurez accès aux références de votre recherche.

Consultation en ligne de la revue Alpinisme numérisée sur le site du GHM.

Consultation des revues de la FFCAM numérisées en préparation, certains ouvrages sont déjà accessibles sur des sites extérieurs.