Un historique de l'alpinisme de 1945 à nos jours dans les montagnes de l'Himalaya et du monde

 

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Un historique soulignant les principaux événements se rapportant à l'alpinisme - sans prétendre à l'exhaustivité - est proposé en plusieurs dossiers :

- L'alpinisme de 1492 à 1914

- L'alpinisme de 1919 à 1939

- L'alpinisme de 1945 à nos jours dans les montagnes d'Europe

- L'alpinisme de 1945 à nos jours dans les montagnes de l'Himalaya et du monde.

 

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L'alpinisme de 1945 à nos jours

dans les montagnes de l'Himalaya et du monde

 

Sommaire :

 

Les montagnes de l'Himalaya

1950 -  Annapurna premier 8000

D'autres initiatives

1953 - Chomolangma-Everest

Le succès des Britanniques

Entre 1950 et 1960 - L'âge d'or

Le coup de tonnerre de l'Aconcagua

Chomolangma-Everest - Objectif majeur 1960-1963

1970 - Le versant sud de l'Annapurna

1971 - Le pilier ouest du Makalu

Chomolangma-Everest - Objectif majeur 1975-1984

1975 - Vers d'autres montagnes

1979 - La remise en question de la méthode française

1980 - Les temps modernes

Chomolangma-Everest - Objectif majeur 1984 à nos jours

Vers les autres sommets de 1982 à nos jours

La recherche de l'économie de moyen

Ascensions hivernales

Les quatorze huit mille

Les parois rocheuses des tours de Trango

Les grandes lignes de l'activité

 

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LES MONTAGNES DE L'HIMALAYA 

 

  • Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les regards se tournent de nouveau vers les montagnes lointaines, surtout celles de l'Himalaya...

 

Les principales nations possédant un alpinisme dynamique et actif ont créées des Comités pour l'exploration des montagnes lointaines notamment les plus hauts sommets de l'Himalaya...

 

Redisons encore une fois que l'organisation de pareilles expéditions nécessitait des compétences techniques, financières et diplomatiques très éloignées du savoir faire des alpinistes... Seul un comité d'organisation pouvait conduire un pareil projet...

 

Les Français se préparent...

 

Ils n'ont été présents qu'une seule fois, sur plus de cent expéditions déjà organisées, et les 8000 ont été tentés trente fois sans aucun résultat. ( Voir le dossier : Historique des Expéditions lointaines )

 

1950 - ANNAPURNA PREMIER 8000

 

En 1949, le Népal - jusque-là fermé aux étrangers - ouvre ses frontières, les ascensionnistes européens se précipitent, en premier lieu les Britanniques qui ont une longue expérience et une organisation solide, mais ont un seul vrai objectif l'Everest, qui se refuse à eux depuis trente ans...

 

En 1949, en France un comité d'organisation créé au sein de la FFM prendra le nom de « Comité de l'Himalaya ». Il a pour mission d'organiser, de préparer, de contrôler et de gérer une future expédition et des suivantes.

 

Il succède au « Comité français de l'Himalaya », structure indépendante organisatrice de l'expédition de 1936 qui accepte de passer la main...

 

Le cadre juridique de l'expédition est reconduit sur les mêmes bases que celui des années trente « préservant les produits de l'expédition, film, livre, articles, photographie et conférence, qui permettront d'organiser une seconde expédition et ainsi de suite ».

Cette Commission aura pour mission d'organiser, de préparer, de contrôler, de gérer les conséquences de la future expédition et des suivantes, « d'approuver une politique d'ensemble menée en faveur des expéditions hors d'Europe, dans le souci de l'unité d'action des alpinistes français ».

 

En 1950, un assaut rapide, léger et déterminé est décidé vers l'Annapurna 8091 mètres.


Souvenons-nous que l'équipe opère sans l'aide de l'oxygène respiratoire... Elle va devoir forcer la chance avant l'arrivée de la mousson...

 

Ce sera le formidable succès du 3 juin 1950.

 

Les deux du sommet - Maurice Herzog et Louis Lachenal - auront à subir de douloureuses amputations durant la marche du retour, sous les pluies de la mousson.

 

C'est le retour tragique et glorieux...

 

  • Les Français réalisaient la première ascension d'un sommet dépassant l'altitude mythique de 8000 mètres, l'engouement du grand public sera considérable et les confusions multiples... ( voir dossier : Historique des Expéditions lointaines ).

 

À propos de l'Annapurna

 

À la fin du XXe siècle et à l'approche du cinquantenaire de l'ascension de l'Annapurna, certains, hors contexte et utilisant des informations partielles et des « on-dit » ont voulu exploiter l'événement historique à des fins d'édition.

Un important travail de Jean-Jacques Prieur, publié dans la revue du Groupe de Haute Montagne permet de s'informer et de comprendre...

- Annapurna, une affaire de cordée ou de photos ? Cimes 2014.

- Annapurna, la conjuration du centenaire. Cimes 2015.

 

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D'AUTRES INITIATIVES

 

  • Déjà l'animation produite par le succès sur les pentes de l'Annapurna va suggérer en 1951 en France des initiatives vers les montagnes lointaines.


<  En 1951, une équipe lyonnaise avec une proposition, extrêmement audacieuse et novatrice se présente pour réaliser la traversée des deux sommets de la Nanda Devi 7816 et 7434m, distants de deux kilomètres. Le 29 juin 1951, Roger Duplat et Gilbert Vignes partent d'un camp vers 7200m pour cet objectif très risqué, et qui sera une traversée sans retour...

 

<  Presque au même moment, une équipe parisienne, renforcée par Lionel Terray, dirigée par René Ferlet, se rend en Patagonie pour tenter l'ascension du Fitz-roy, 3334m. De cette aventure, deux personnalités s'extraient nettement : Lionel Terray et Guido Magnone.

Le 2 février 1952, Terray et Magnone sont les premiers à atteindre le sommet de cette montagne.

 

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1953 - CHOMOLANGMA-EVEREST, 8850m

 

L'accès par le Népal


Dès la fin de la Seconde guerre mondiale, les Britanniques essayent sans succès d'obtenir une nouvelle autorisation pour le versant tibétain du Chomolangma- Everest, mais le Tibet  ferme ses portes aux étrangers, il restera fermé aux ascensionnistes jusqu'en 1979...

 

L'effort diplomatique britannique se porte vers Katmandou, capitale du Népal, afin de tenter l'ascension par le sud. À cette époque, le Népal commence à s'ouvrir aux visiteurs...

 

Les Britanniques ne lâchent pas l'Everest, ils obtiennent une autorisation pour une reconnaissance en 1951 afin d'envisager l'ascension par la seule faiblesse de la montagne par le Népal, le glacier de Khumbu et la cascade de glace donnant accès à la grande Combe Ouest au pied de la face sud de l'Everest.

 

En 1951, la mission d'exploration dirigée par Éric Shipton remonte la vallée du Khumbu, plusieurs reconnaissances sont poursuivies. La mission force la cascade de glace et prend pied dans la Combe Ouest...

 

  • Ainsi se terminait trente cinq années de tentatives, aux suivants allaient revenir la gloire du succès. De la suite seule l'histoire se souviendra...

 

La tentative suisse

 

Mais les Britanniques ne sont plus les maîtres du jeu...

 

Les Suisses lorgnent aussi vers l'Everest et les Français viennent de réussir le premier 8000, et avec les retombées financières qui en résultent, ils peuvent eux aussi prétendre tenter la grande montagne .

 

Après une conversation avec les Anglais, Lucien Devies président du Comité français de l'Himalaya indique : « Il fut admis qu'il était normal que les Anglais organisent les premiers une expédition d'assaut à l'Everest, les Anglais acceptant que les Français tentent à leur tour leur chance en cas d'échec ».

 

À ce moment-là, les deux parties ignoraient encore que les Suisses les avaient devancées...

 

Les Britanniques ne peuvent qu'assister de loin aux efforts de l'expédition suisse qui ouvre la voie du col Sud et de l'arête sud-est.

 

Mais le 28 mai 1952, Raymond Lambert et Norgay Tensing Sherpa échouent vers 8540m. Dès l'automne, ils se présentent de nouveau mais un peu trop tardivement, et c'est un nouvel échec.

 

Ils montrent pourtant aux suivants le bon itinéraire et les deux saisons favorables, les périodes de pré-mousson en mai et de post-mousson en octobre...

Le Chomolangma - Everest, le Lhotse, le Nuptse et la Combe ouest alimentant la cascade de glace

 

Le succès des Britanniques

 

  • En 1953, cette expédition était certainement la dernière chance pour les Britanniques de gravir les premiers le toit du monde, le Chomolangma-Everest 8850m. Ils n'allaient pas laisser passer leur chance en ne lésinant pas sur les moyens, car derrière les Français piaffaient.

 

Le Comité britannique de l'Everest désigne un chef ayant « la capacité et l'expérience d'un officier d'état-major », le colonel John Hunt, un alpiniste expérimenté.

On fait taire les critiques et on décide de l'utilisation très discutée de l'oxygène, mais à ce moment-là « la fin justifie les moyens »... L'itinéraire suivra celui reconnu par les Suisses...

 

Le 12 avril, l'expédition gagne le camp de base à 5400m. Le 21 mai, le col Sud est atteint.

 

Le 26 mai, appuyé par Hunt et le Sherpa Da Namgyal, la cordée Bourdillon et Evans parvient à l'antécime sud de l'Everest, 8754m. Les deux hommes en forme sont désignés pour le sommet : Edmund Hillary et Norgay Tensing...

 

Le 28 mai, l'équipe d'appui - Lowe, Gregory et le Sherpa Ang Nima - accompagne la cordée d'assaut; ils établissent le camp IX à 8500m et laissent Hillary et Tensing à leur destin.

 

Et le 29 mai 1953, 11h30, le « Toit du monde », 8850m est gravi par Edmund Hillary et Norgay Tensing Sherpa. Les deux du sommet entrent dans la légende...

 

  • La stratégie et la tactique de Hunt et du Comité d'organisation britannique avaient triomphé.

 

  • Ce succès rehaussait le prestige britannique dans le monde entier, au moment des fêtes du couronnement de la reine Elisabeth II d'Angleterre.

 

  • Constatons que Hunt, en bon Britannique, n'avait pas hésité à choisir et imposer pour l'assaut un Néo-Zélandais et un Sherpa népalais ; les Britanniques devront encore patienter vingt ans pour être effectivement présents sur le Chomolangma...

 

Les Suisses ne sont pas oubliés ; le 17 juin, un télégramme parvenait à la « Fondation suisse pour l'Everest », il était signé par Hunt : « À vous autres une bonne moitié de la gloire ».

 

Un symbole et un mythe s'effaçaient

 

Pour les Français et le Comité de l'Himalaya, il faut revoir ses ambitions... et le Makalu figure en bonne place...

 

ENTRE 1950 et 1960 - L'ÂGE D'OR

 

L'Âge d'Or de la conquête ne va durer que quelques années, les cinq grands 8000 sont atteints de 1953 à 1956, les autres 8000 sont tous gravis, de 1950 à 1960...

 

En 1950, c'est l'Annapurna, 8091m par les Français.

En 1953, le Chomolangma - Everest, 8850m est atteint par les Britanniques.

En 1953, le Nanga-Parbat, 8125m est réussi par une expédition austro-allemande, ascension solitaire d'Hermann Buhl.

En 1954, le K2, 8611m est le succès d'une expédition italienne pour le second plus haut sommet.

En 1954, le Cho Oyu, 8201m pour une équipe autrichienne.

En 1955, c'est le Makalu, 8463m par les Français.

En 1955, les Britanniques peuvent escalader le Kangchenjunga, 8586m.

En 1956, le Lhotse, 8516m est gravi par les Suisses.

En 1956, c'est le Manaslu, 8163m par les Japonais.

En 1956, le Gasherbrum 2, 8035m est atteint par les Autrichiens.

En 1957, c'est le Broad Peak, 8047m pour une expédition légère autrichienne.

En 1958, le Gasherbrum 1, 8068m est visité par les Nord-Américains.

En 1960, le Dhaulagiri, 8167m est gravi par les Suisses.

 

Inaccessible pour des raisons politiques, le Shishapangma, 8013m devra patienter un peu plus, pour voir des hommes l'approcher et le gravir par des Tibéto-chinois en 1964...

 

1954 et 1955 - LE MAKALU, 8463m


En 1955, les Français qui voyaient leur chance anéantie de gravir les premiers le Chomolangma-Everest s'intéressent au Makalu 8463m encore jamais exploré.

 

Après une reconnaissance poussée en 1954, l'expédition du printemps 1955 en bénéficiant des meilleures conditions possibles au niveau des hommes, des moyens, du temps et de l'état du terrain, « va avoir la rigueur d'une démonstration » ( Voir le dossier : Historique des expéditions lointaines ).

 

Le Makalu, 8463m et au loin le Kangchenjunga

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DÈS 1954 - VERS D'AUTRES MONTAGNES 

 

Le coup de tonnerre de l'Aconcagua

 

En 1954, pendant la préparation d'une opération sur un grand 8000 par le comité de l'Himalaya, la nouvelle de l'ascension de la face sud de l'Aconcagua, 6959m à l'effet d'un coup de tonnerre.

 

C'est une expédition « de copains aussi fauchés qu'enthousiastes, sans billet de retour, avec un matériel minable et hétéroclite » dirigée par René Ferlet qui réalise l'exploit de forcer un itinéraire dans la formidable face sud de la plus haute montagne du continent américain.

 

Sommet le 25 février 1954 pour Lucien Bérardini, Adrien Dagory, Edmond Denis, Pierre Lesueur, Robert Paragot et Guy Poulet. La plupart des équipiers auront à subir malheureusement de douloureuses amputations.

 

L'exploit sera reconnu comme il se devait et restera un des hauts faits de l'ascensionnisme français. Pour la première fois, une grande paroi située en haute altitude est gravie...

 

La Tour de Mustagh, 7273m

 

En 1956, une expédition britannique réussie l'ascension de la Tour de Mustagh, 7273m située dans le Karakorum, cinq jour plus tard c'est une petite équipe française qui réussit ce sommet par un itinéraire différent...

Ces deux succès mobilisant des effectifs très limités passeront complètement inaperçus, malgré leurs conceptions novatrices...

 

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1959-1962 - LE JANNU, 7710m

 

En 1957, le Comité de l'Himalaya « décida de faire tenter » le Jannu, 7710m peut-on écrire en reprenant une expression de Lionel Terray. Après une reconnaissance en 1957, l'expédition est prévue pour le printemps 1959, mais va échouer vers 7400m.

En 1962 c'est un succès collectif complet ( Voir le dossier : Historique des expéditions lointaines ).

 

  • Il avait fallu pour l'organisation française trois opérations, dont deux très importantes, pour obtenir le succès d'où le titre de la relation : « Bataille pour le Jannu » ; mais c'était « ce qui avait été accompli de plus difficile et de plus audacieux dans l'Himalaya ».

 

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1962 - Le versant Diamir du Nanga Parbat, 8125m

 

En 1962, une expédition allemande avec Toni Kinshofer, Sigi Löw ( qui se tue durant la descente ) et Anderl Mannhardt réussit le Nanga Parbat, 8125m par le versant Diamir, c'est la première fois qu'un itinéraire difficile est gravi sur un sommet majeur en Himalaya...

 

1964 - Le Shishapangma, 8013m

 

En 1964, le dernier sommet dépassant 8000m situé en territoire Tibétain est gravi par une expédition chinoise, le Shishapangma, 8013m.

 

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LE CHOMOLANGMA-EVEREST - OBJECTIF MAJEUR 1960-1963

 

En 1960 - Les Chinois par l'arête nord

 

En 1960, les Chinois gravissent la montagne par le col Nord des tentatives britanniques, première ascension par le versant Tibet qui deviendra la voie classique depuis le Tibet.


L'expédition chinoise entreprend l'ascension par l'arête nord qui s'est refusée si longtemps aux Britanniques.

 

Depuis le col Nord, 7066m escalade par le rameau secondaire nord donnant accès à l'arête nord-est au niveau de l'épaule nord-est, 8380m.

Dans la partie supérieure, Chu Yin-hua, Kombu ( Gongpa ) et Wang Fu-chou parviennent à forcer un passage dans le Second Ressaut, ce qui leur ouvre l'accès au sommet le 24 mai.

 

Dans un contexte de guerre froide, les photographies publiées qui ne proviennent pas du pinacle animeront de belles polémiques et certains mettront un moment en doute la réalité de l'exploit.


Depuis, plusieurs mises au point et discussions directes avec l'un des protagonistes ont apaisé le débat.

 

Une preuve formelle a également été apportée, elle montre que les clichés photographiques provenaient de l'arête nord-est au-dessus du Second Ressaut, vers 8700m. On sait aujourd'hui que depuis ce point, plus aucun obstacle ne vient gêner la montée...

 

En 1963 - Les Américains par l'épaule ouest et le versant nord


En 1963, c'est une performance de grande valeur qui est réalisée par une expédition nord-américaine dirigée par Norman Dyhrenfurth.

 

Depuis la Combe Ouest, par les bandes neigeuses du versant sud-ouest, une partie du groupe équipe l'accès à l'épaule Ouest 7200m. Au-dessus, les difficultés de l'arête ouest sont évitées par une intrusion en versant nord. Un couloir caractéristique qui deviendra le Couloir Hornbein permet de rejoindre les pentes sommitales.

 

Sommet le 22 mai pour Thomas Hornbein et William Unsoeld, après trois camps placés depuis la Combe Ouest, un dernier vers 8300m. Pendant cette ascension, d'autres cordées - dont quatre grimpeurs gagneront la cime - équipent l'accès par le col Sud et l'arête sud-est.

 

Ce qui va permettre à la paire Hornbein-Unsoeld de redescendre en traversant dans le sens ouest-est pour une première fois la montagne.

 

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1970 - L'APOGÉE D'UNE METHODE

 

  • En 1970, pratiquement au même moment, la commission fédérale française et les instances britanniques jugent le moment opportun pour tenter une évolution décisive, vers des itinéraires d'intérêt sportif, sur un grand huit mille...


Organiser une opération, qui par son ampleur ne peut qu'appartenir à la technique des expéditions très structurées, telle est la seule issue légitime pour les deux structures.

 

1970 - Le versant sud de l'Annapurna, 8091m

 

<  Au printemps 1970, une expédition britannique réussi l'ascension par le versant sud de l'Annapurna, 8091m.

Le sommet est atteint le 27 mai 1970 par Dougal Haston et Don Whillans...

 

  • C'est le début des ascensions par les grands itinéraires sportifs sur les principaux sommets himalayens.

 

<  La même année, ascension du Lhotse-Shar,8400m satellite du Lhotse par une expédition autrichienne.


<  En 1970 encore, une expédition austro-allemande réussit un itinéraire depuis le versant Rupal du Nanga Parbat, 8125m.

Sommet par les frères Messner qui réalisent la traversée en revenant par le versant Diamir, mais Günther disparaît dans une avalanche seul Reinhold peut redescendre, et le jour suivant ascension par Felix Kuen et Peter Scholz qui reviennent par le versant Rupal...


En 1970, une équipe japonaise réalise la première ascension de l'arête sud-est du Makalu, 8463m après deux mois à batailler sur cette longue crête, en réalisant la seconde ascension de la montagne, après les français de 1955.

 

1971 - Le Pilier ouest du Makalu, 8463m


Pour les Français, le choix se porte sur le fabuleux pilier ouest du Makalu, 8463m.

 

Au printemps 1971, après un difficile siège de plusieurs semaines, le sommet est atteint le 23 mai 1971 par Bernard Mellet et Yannick Seigneur...

 

  • Ce succès, sur le pilier ouest du Makalu, marque l'apogée d'une certaine méthode pour l'ascension des hautes montagnes avec un comité - autorité morale - qui fixe un objectif, gère administrativement l'opération, « s'occupe des papiers », des finances, de la « diplomatie », désigne le chef d'expédition qui sera son représentant et son seul interlocuteur et aussi l'ensemble de l'équipe...

 

La méthode dite « française » est en fait la méthode Lucien Devies, avec un Comité de l'Himalaya qu'il anime et qu'il dirige depuis plus de vingt ans, une méthode très bien adaptée à l'exploration des plus hautes montagnes, dans les décennies 1950-1970...

 

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CHOMOLANGMA-EVEREST - OBJECTIF MAJEUR 1975-1984

 

En 1975 - Le versant sud-ouest

 

Tracer un itinéraire dans le versant sud-ouest du Chomolangma-Everest a été l'objectif majeur des grosses expéditions très structurées des années 1970.

 

L'obstacle principal était constitué par le Ressaut Rocheux Supérieur, que les premières expéditions tentèrent toutes de forcer par la droite, en vain. Les premiers furent les Japonais en 1969 et 1970, ils échouèrent vers 8000m. Puis une équipe internationale en 1971, des équipes allemande et britannique en 1972 et encore japonaise en 1973, elles abandonneront à leur tour vers 8350m.

 

La solution est apportée par une importante expédition britannique conduite par Chris Bonington. Elle parvient à trouver un cheminement possible par la gauche du Ressaut Rocheux Supérieur : un véritable « trou de souris » qui donne accès aux pentes supérieures. Ensuite une traversée vers la droite permettra de gagner d'abord le sommet Sud. Quatre camps ont été placés, le dernier vers 8200m au-dessus du Ressaut Rocheux Supérieur.

 

Le 24 septembre 1975, le sommet sera pour Dougal Haston et Doug Scott, et deux jours plus tard pour Peter Boardman, Pertemba Sherpa et Mick Burke qui disparaît, probablement pendant la descente.

 

C'est un paroxysme pour les expéditions lourdement structurées...

 

En 1975 - Premières féminines

 

Au printemps 1975, première féminine le 16 mai par la Japonaise Junko Tabei, accompagnée d'Ang Tsering Sherpa.

 

Au printemps 1975, seconde féminine par le Tibet par une expédition chinoise. Sommet le 27 mai, pour neuf Sino-Tibétains - surtout Tibétains - dont Mme Phanthong, elle est la seconde femme sur Chomolangma-Everest.

 

En 1978 - Sans oxygène

 

Au printemps 1978, première ascension sans oxygène le 8 mai, par Peter Habeler et Reinhold Messner.

 

La présence française

 

En automne 1978, c'est une équipe réunie par Pierre Mazeaud qui se présente pour l'Everest, l'objectif est  la voie classique d'ascension par le Népal. « La fascination de l'Everest faisait son ½uvre et il fallait un jour une réponse française » note Lucien Devies.

 

Sommet pour Jean Afanassieff, Nicolas Jaeger et Pierre Mazeaud, accompagnés de leur camarade autrichien Kurt Diemberger. L'expédition apportait une modeste mais réelle contribution française par la voie classique népalaise, sur cette montagne boudée par le Comité de l'Himalaya qui n'avait pas eu sa chance en 1954...

 

On fera - ici et là - la fine bouche sur cette ascension classique, mais il faudra attendre dix ans et la banalisation des accès par le Népal et le Tibet pour retrouver d'autres ascensionnistes français sur le toit du monde...

 

Le Tibet ouvert

 

Le 26 octobre 1978, l'agence de presse Chine Nouvelle annonce : « Feu vert aux étrangers pour huit sommets chinois », dont le Chomolangma-Everest.
En 1979, les autorités chinoises publient une première réglementation.

 

En 1979 - L'arête ouest

 

Au printemps 1979, première ascension intégrale de l'arête ouest par une expédition yougoslave. Sommet le13 mai pour Jernej Zaplotnik et Andrej Stremfelj et le lendemain pour Stane Belak, Stipe Bozik et Ang Phu Sherpa qui fera une chute mortelle durant la descente par la voie américaine de 1963.

 

En 1980 - Première hivernale

 

En 1980, le Népal autorise une saison d'ascension hivernale pour les ascensionnistes.

 

En hiver 1980, première hivernale pour une expédition polonaise dirigée par Andrzej Zawada par la voie népalaise du Chomolangma-Everest... Le 17 février, sommet pour Leszek Cichy et Krzysztof Wielicki, l'escalade étant menée à bien malgré des conditions climatiques difficiles : froid intense, vent et neige instable sur l'arête sud-est. Une très grande réalisation !

 

Au printemps 1980, la première équipe étrangère sur l'arête nord sera une équipe japonaise : sommet le 3 mai pour Yasuoh Kato. La réouverture du Tibet aux expéditions confèrera bientôt à l'arête nord le statut de « voie normale » du versant tibétain. Elle entraîne aussi une intense activité sur les immenses versants qui dominent les glaciers de Rongbuk et de Kangshung, ainsi que sur la démesurée arête nord-est.


 Au printemps 1980 - Couloir des Japonais, pilier sud et couloir Norton

 

Une expédition japonaise inaugure un premier itinéraire d'envergure en versant nord, dans la partie droite de la face. Depuis le glacier central de Rongbuk, cheminement original par un couloir bien marqué, puis remontée des bandes de neige médianes ( White Limbo ) pour rejoindre le Couloir Hornbein. Sommet le 10 mai pour Takashi Ozaki et Tsuneoh Shigehiro.

 

En mai 1980, ascension par le pilier sud  pour les Polonais Andrzej Czok et Jerzy Kukuczka.

 

  •  En été 1980, la face nord par le Couloir Norton, en solitaire et sans oxygène. C'est Reinhold Messner qui accomplit cet exploit extraordinaire ! Le sommet est atteint le 20 août après trois bivouacs. Il faudra encore deux jours pour revenir...

 

En 1982 - Les Soviétiques

 

Au printemps 1982, le Pilier Central sud-ouest. C'est un relief caractéristique, un peu à gauche dans la dépression centrale de la face sud-ouest où se déroule la voie britannique de 1975. Il aboutit à la crête ouest au niveau de l'épaule du Ressaut Supérieur, 8296m.

 

Les ascensionnistes soviétiques se préparaient depuis quelque temps déjà pour ce premier rendez-vous avec la grande montagne, et la démonstration de leur savoir-faire est impeccable. Depuis la Combe Ouest, quatre camps d'altitude sont placés, deux sur le pilier, les deux derniers à 8250 et 8500m. Le 4 mai, sommet d'abord pour Vladimir Balyberdin et Éduard Myslovsky, un peu plus tard pour sept autres équipiers.

 

En 1983 - Le versant Kangshung

 

En automne 1983, ascension par le versant de Kangshung. Ce gigantesque versant est sera la dernière face explorée de la montagne. L'ascension  est réussie  par une équipe américaine. L'itinéraire rejoint l'arête sud-est vers 8475m. Sommet le 8 octobre pour Carlos Buhler, Kim Momb et Lou Reichardt, et le lendemain pour trois autres compagnons...

 

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1975 - VERS D'AUTRES MONTAGNES

 

<  Au printemps 1975, une forte expédition lyonnaise inaugure un bel itinéraire original sur le Gasherbrum 2 avec ses 8035m, sommet le 18 juin pour Marc Batard et Yannick Seigneur, avec malheureusement la disparition le lendemain de Bernard Villaret.


<  Au printemps 1975, première ascension en technique alpine du Gasherbrum 1, 8068m par Peter Habeler et Reinhold Messner.


<  En 1976, ascension par le versant Rupal du Nanga Parbat, 8125m par une équipe de quatre autrichiens : Siegfried Gimpel, Robert Schauer, Hanns Schell et Hilmar Sturm. La voie Schell deviendra la voie classique d'ascension par le Rupal.


<  En 1976 encore, ascension du Changabang, 6863m par la face ouest pour Peter Boardman et Joe Tasker.


<  En 1977, seconde ascension du K2, 8611m par une expédition japonaise en reprenant l'itinéraire de l'éperon des Abruzzes.


<  En 1977, première ascension via l'éperon sud-ouest du Baintha Brakk, 7285m dans le Karakorum par Doug Scott et Chris Bonington. Retour terrible de Doug Scott - qui s'est cassé les deux jambes pendant la descente - et pourra revenir avec l'aide de ses équipiers et une volonté peu commune...


<  En 1978, ascension solitaire du Nanga Parbat par Reinhold Messner.

 

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1979 - LA REMISE EN QUESTION DE LA MÉTHODE FRANÇAISE

 

  • À la fin des années soixante dix, et après bien des hésitations, le Comité de l'Himalaya se décide pour un objectif novateur sur le K2, la seconde montagne du monde avec ses 8611m.

 

L'arête sud-ouest, haute et très redressée, est l'ambition de l'expédition française...

 

C'est une opération mammouth qui est montée, semblable par son gigantisme au modèle des Britanniques de 1975 mis en place dans le versant sud-ouest de l'Everest.

 

Le dernier ressaut, donnant accès aux pentes terminales de la montagne, ne pourra être forcé et il faudra déplorer la mort de deux assistants porteurs durant le déroulement de l'opération.

 

  • Cet échec en utilisant des moyens, une tactique et une éthique déjà discutées va provoquer la remise en question de la méthode française d'organisation et de gestion des expéditions, la responsabilité d'un comité parisien, des équipiers pas assez concernés, des moyens disproportionnés...

 

  • Cet échec et ses conséquences financières provoqueront une remise en question de l'organisation française. Le Comité de l'Himalaya ne sera plus organisateur d'expédition, c'est-à-dire d'être juge et partie, il aura dorénavant pour mission de seulement reconnaître et de favoriser les initiatives des individus ou des groupes issus de la vie associative....

 

C'est la fin d'une méthode et d'un style...


Une méthode économe en vies humaines

 

  • Ces systèmes très organisés d'expéditions qui vont, au début des années 1980, apparaître si lourds, si encombrants et si dépassés avaient pourtant permis la plupart des succès des années mil-neuf-cent-cinquante et mil-neuf-cent-soixante-dix sur les plus grandes montagnes.

 

C'était la réponse de ces hommes-là et à ce moment-là...

 

  • Ces systèmes très organisés étaient aussi, ne l'oublions pas, une méthode économe en vies humaines, ce que les partisans de l'économie de moyens sauront beaucoup moins bien faire...

 

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1980 - LES TEMPS MODERNES

 

La bonne méthode et le bon style

 

<  En 1978 déjà, une petite équipe de 4 grimpeurs britanniques Rab Carrington, Brian Hall, Roger Baxter-Jones et Alan Rouse réalise l'ascension du Jannu, 7710m en technique alpine, par la voie française de 1962.

 

<  En 1982, la face sud-ouest du Shishapangma, 8013m est gravie en style alpin.

 

C'est un bouleversement dans les méthodes d'ascension qui s'annonce. La technique alpine va devenir la référence pour envisager une ascension même sur les plus hautes montagnes du monde.

 

  • À ce moment-là, la bonne méthode et le bon style devenaient « de faire plus avec moins » selon les mots d'Alex MacIntyre, l'un de ces précurseurs des années mil neuf cent quatre-vingt.

 

La technique alpine

 

Cette nouvelle ambition  ne se trouvait que dans la solidarité, l'engagement et la motivation de la cordée ou du petit groupe autonome et responsable. Cette ambition imposait que les acteurs soient, comme dans nos Alpes, les décideurs de leur projet commun d'ascension et des moyens à mettre en ½uvre.

 

La technique alpine consiste à envisager et réussir une ascension en complète autonomie depuis un camp de base situé au pied d'un itinéraire, en opposition aux expéditions classiques, et à l'image de ce qui ce fait dans les Alpes et les montagnes d'Europe.

 

Devenaient obsolètes : la mise en place de l'énorme dispositif des expéditions structurées, l'oxygène, l'occupation systématique et pyramidale des itinéraires par des camps fixes, l'équipement de l'itinéraire par des cordes fixes et aussi les interventions extérieures organisant l'action.

 

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Quelques réalisations marquant l'entrée dans ces temps modernes

 

1980 - Le pilier ouest du Makalu, 8463m

 

<  En 1980, une petite équipe nord-américaine de quatre reprend, sans l'aide de l'oxygène et des assistants sherpas, la voie du pilier ouest du Makalu de l'expédition française de 1971. Sommet le 15 mai pour John Roskelley.

 

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1982 - La face sud-ouest du Shishapangma, 8013m en style alpin

 

<  Au printemps 1982, du 25 au 28 mai, la cordée Alex MacIntyre, Roger Baxter-Jones, Doug Scott réalise une voie nouvelle sur un 8000 en technique alpine et en quatre jours en parcourant la face sud-ouest du Shishapangma, 8013m haute de 2500 mètres, par le grand couloir central.

 

MacIntyre indiquera : « La face était l'ambition ; le style est l'obsession »... Pour la première fois un itinéraire est inauguré en style alpin sur un grand 8000.

Le versant sud-ouest du Shishapangma, 8013m en style alpin

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1986 - Le pilier sud-ouest du K2, 8611m

 

<  En 1986, une expédition polonaise réalise l'ascension du pilier sud-ouest du K2 dans une conception moderne et engagée, avec équipement jusqu'à 7700m. Les Polonais Przemyslaw Piasecki et Wojciech Wroz et le Slovaque Peter Bozik, en utilisant deux camps, vers 6900 et 7400m, et deux bivouacs vers 8000 et 8400m forcent l'itinéraire. Sommet le 3 août, avec malheureusement la chute mortelle de Wojciech Wroz durant la descente.

 

  • C'est une performance exceptionnelle, qui ruinait définitivement une méthode et un savoir faire mis en place depuis soixante ans, et qui n'avaient pas su assez rapidement évoluer et se remettre en question.

 

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CHOMOLANGMA-EVEREST - OBJECTIF MAJEUR DE 1984 À NOS JOURS

 

On constatera la forte activité de l'ascensionnisme russe et kazakh dans les itinéraires les plus audacieux et les obstacles les plus conséquents...

 

  • Bien sûr, des parois exceptionnelles vont encore nécessiter le recours aux cordes fixes et aux camps d'altitude, ce qui sera critiqué par les tenants d'une éthique rigoureuse...

 

Mais l'Everest à cause de son altitude demandera encore longtemps le recours à des moyens particuliers pour l'exploration des itinéraires exceptionnels, sauf pour des séjours très courts et rapides en très haute altitude...

 

Il faudra attendre l'ascension en technique alpine de ces colossaux itinéraires réalisés avec l'aide des cordes fixes, l'oxygène et des camps d'altitude pour que la démonstration rejoigne la critique...


En 1984 - Le Grand couloir nord 

 

<  L'accès direct au Couloir Norton depuis le glacier central de Rongbuk par le Grand couloir central médian nord restait à explorer. C'est une expédition australienne qui mène à bien cet exploit avec quatre camps d'altitude. Le 3 octobre, le sommet sera pour Greg Mortimer et Tim Mc Cartney-Snape. Performance majeure, c'est la première fois qu'une voie nouvelle est tracée sur le toit du monde sans l'aide de l'oxygène. Le chef d'expédition A. Henderson est monté jusqu'à 8800 mètres, ratant le bonheur pour quelque 50 misérables mètres...

 

<  En1986, les Suisses Erhard Loretan et Jean Troillet, d'abord par une variante d'attaque directe et ensuite par la voie japonaise de 1980, gravissent la face nord en quarante-cinq heures aller - retour, l'ascension étant menée principalement de nuit. Les deux n'avaient emporté ni tente, ni corde, ni baudrier et évidemment ni oxygène.

 

<  En 1986, l'ascension par l'épaule ouest et le couloir Horbein du versant nord reste un challenge souvent essayé, rarement mené à bien. Pour la première fois, une expédition se porte à la cime en partant depuis le Tibet, le glacier de Rongbuk offrant un accès plus commode. Le 20 mai, c'est une équipe canadienne avec D. Congdon et Mme Sharon Wood qui réalise la performance, depuis un dernier camp vers 8170 mètres.

Le versant nord de Chomolangma - Everest

 

En 1988 - Le versant du Kangshung

 

<  Au printemps 1988, sur versant tibétain du Kangshung, le pilier gauche donnant accès au col Sud est inauguré par une petite équipe comprenant les Américains Robert Anderson et Ed Webster, le Canadien Paul Teare et le Britannique Stephen Venables.

Depuis le glacier de Kangshung, l'itinéraire rejoint directement le Col Sud, pour suivre ensuite la voie normale népalaise. Stephen Venables atteint seul le sommet le 12 mai sans l'aide de l'oxygène, ses deux compagnons s'étant arrêtés à l'antécime Sud.

 

En 1991 - Le versant nord et le Couloir Norton

 

<  Depuis le glacier de Rongbuk et les pentes donnant accès au col Nord, une traversée ascendante rejoignant le Couloir Norton vers 7300 mètres est inaugurée par une équipe italienne. Le 17 mai, sommet pour Battista Bonali et le Tchécoslovaque Leopold Sulovsky depuis un dernier camp vers 8100m.

 

En 1995 - La monstrueuse arête nord-est

 

<  La monstrueuse arête nord-est a d'abord été tentée en 1982 par les Britanniques Peter Boardman et Joe Tasker, sans l'aide de l'oxygène et sans porteur d'altitude. Ils sont observés une dernière fois le 17 mai vers 8300m.

 

<  Deux autres tentatives britanniques ont lieu en 1985 et 1988. Durant la seconde, Russell Brice ( NZ ) et Harry Taylor parviennent à l'épaule nord-est, 8380m le 6 août1988. Ils font ainsi la jonction avec la voie classique tibétaine par laquelle ils redescendront, sans pouvoir lancer un assaut décisif vers la cime.

 

<  L'ascension intégrale de l'arête nord-est sera réussie par une forte équipe japonaise. Sommet le 11 mai 1995 pour Kiyoshi Furano, Shigeki Imoto, Lhakpa Nuru Sherpa, Dawa Tshering Sherpa, Nima Dorje Sherpa et Pasang Kami Sherpa.

 

En autonomie

 

<  En 1995, Alison Hargreaves réussie le sommet en autonomie, sans assistance et sans utiliser de l'oxygène respiratoire, un exploit réalisé par la voie classique tibétaine. Trois mois plus tard, elle est emportée par une avalanche durant l'ascension du K2.

 

En 1996 - La jonction des deux arêtes nord

 

<  En 1996, autre itinéraire original sur le versant tibétain par une expédition russe, la voie remonte la très raide facette nord séparant l'arête nord-est de son rameau nord, au-dessus du glacier oriental de Rongbuk. L'itinéraire est original jusqu'à la jonction des deux arêtes au niveau de l'épaule nord-est 8380m. Sommet le 20 mai pour Valeri Kokhanov, Pietr Kouznetsov et Grigori Semikolenov.

 

En 2000 - Descente en skis

 

Une descente intégrale à skis du Toit du monde par la voie classique népalaise du col Sud est réalisée par le Slovène Davo Karnicar. Le versant tibétain avait été partiellement skié depuis le sommet en 1996 par Kammerlander.

 

En 2001 - Descente en surf des neiges


<  Au printemps 2001, exploit extraordinaire de Marco Siffredi qui réussit le 23 mai, la descente de l'Everest par le Couloir Norton du versant nord et tibétain, sur un surf des neiges, en 2h30 pour déchausser à son camp de base avancé vers 6400m. Ascension préalable depuis un camp 4 vers 8300m, avec l'aide de l'oxygène respiratoire.

 

En 2004 - La face nord directe

 

<  Au printemps 2004, ascension de la face nord directe du Chomolangma-Everest entre les couloirs Norton et Hornbein par les ascensionnistes russes. Une vaste entreprise - qui se déroulera du 25 février au 9 juin - proportionnée au colossal objectif proposé. L'expédition est forte de treize ascensionnistes, chef Victor Kozlov. Cordes fixes et assistance de l'oxygène. Un camp 2, vers 7200m est équipé le 27 avril.

<  À la fin du mois d'avril - après déjà un mois de péripéties - l'altitude de 7500m est atteinte le 30 avril.

<  Ce qu'il faut bien appeler un combat va durer encore un nouveau mois.

<  Les difficultés rencontrées imposeront un dernier point d'appui, un camp 5 vers 8600m.

<  Sommet le 30 mai, pour Pavel Shabalin, Ilyas Tukhvatullin et Andrey Mariev, le 31 mai pour Peter Kuznetsov, Gleb Sokolov et Eugeny Vinogradsky et le 1er juin pour Victor Bobok et Victor Volodin.

<  C'est un succès d'une grande qualité - utilisant la technique himalayenne - qui complète l'exploration de versant nord de la montagne. C'est le plus difficile itinéraire réussi sur le plus haut sommet du monde.

 

En 2009 - Le versant sud-ouest

 

<  Au printemps 2009, une expédition coréenne inaugure un itinéraire sur la gauche du versant sud-ouest de la grande montagne. Cordes fixes, oxygène et quatre camps dans la face vers 7350, 7800, 8200 et 8350m, l'itinéraire rejoint dans la partie supérieure l'itinéraire russe de 1982. En place dès le 19 mars, l'équipe est au sommet le 20 mai avec Young-Seok Park, Jae-Chang Jin, Dong-Min Shin et Ki-Seok Kang.

 

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VERS LES AUTRES SOMMETS de 1983 à nos jours

 

  • On constatera comme pour l'Everest la forte activité de l'ascensionnisme russe et kazakh dans les itinéraires les plus audacieux et les obstacles les plus conséquents...


Certaines parois exceptionnelles vont encore nécessiter le recours aux cordes fixes et camps d'altitude, mais à part quelques itinéraires d'envergure, le style alpin va peu à peu prendre le pas sur les techniques traditionnelles et va désormais être la bonne façon de faire...

 

1982 - La face sud-ouest du Shishapangma, 8013m en technique alpine

 

<  Au printemps 1982, une voie nouvelle sur un 8000 en technique alpine et en quatre jours ( Voir §1980 - Les temps modernes ). Pour la première fois un itinéraire est inauguré en style alpin sur un grand 8000.

 

1982 - Le pilier sud-ouest du Bhagirathi III, 6454m

 

< En 1982, ascension du pilier sud-ouest du Bhagirathi III, 6454m situé dans les montagnes du Garhwal, par des Écossais Bob Barton et Allen Fyffe.

C'est le premier itinéraire difficile sur ce sommet qui retiendra beaucoup l'attention des ascensionnistes. Il avait été visité pour la première fois en 1933 par une expédition britannique. Sommet le 18 juin 1933 par Colin Kirkus et Charles Warren.

 

1983 - La face sud-ouest du mont McKinley-Denali, 6194m

 

<  En 1983, Bryan Becker et Rolf Graage réalisent en 17 jours l'ascension de Denali Diamond de la face sud-ouest du Mont McKinley-Denali, 6194m en Alaska. L'itinéraire rejoint dans le haut l'arête Cassin. Seulement neuf jours d'ascension avaient été possibles à cause des conditions météorologiques et les vivres avaient manqué durant la dernière semaine.

 

<  La voie ne sera reprise qu'en 2002 par les Britanniques Kenton Cool et Ian Parnell en cinq jours.

 

1984 - La face sud de l'Annapurna en technique alpine

 

<  En 1984, ascension d'une voie en face sud de l'Annapurna vers le sommet médian par la simple cordée catalane Nil Bohigas et Enric Lucas en 5 jours ...

 

Une performance de premier ordre réussie en technique alpine... 

 

1984 - Le pilier ouest du Bhagirathi III

 

<  En 1984, ascension du pilier ouest du Bhagirathi III, par des Espagnols Juan Aldeguer, Segio Martinez, José Moreno et Juan Tomas. Escalade en technique capsule en 12 jours, sommet le 24 mai.

 

« Estrella imposible » sur le pilier bordant la face ouest surplombante est une performance de premier ordre. Refaite en style alpin en 10 jours par les Canadiens David Lane et Scott Flavelle en octobre de la même année et par une cordée française l'année suivante en 10 jours également...

 

1984 - Annapurna, 8091m - arête est et traversée

 

<  En automne 1984, une expédition suisse parcourt la longue arête est de l'Annapurna, 8091m. Après préparation, ascension par Norbert Joos et Erhard Loretan du 21 au 26 octobre, en descendant par la voie française et en réalisant la première traversée de la montagne.

 

1985 - Nanga Parbat, 8125m - pilier est-sud-est

 

<  En 1985, le formidable pilier est-sud-est du Nanga Parbat est gravi par une expédition polonaise. Sommet pour Jerzy Kukuczka et trois compagnons.

 

<  En 1982, Ueli Buhler membre d'une expédition Herrrligkoffer avait atteint le sommet sud sans pouvoir rejoindre le sommet principal...

 

1986 - Le pilier sud-ouest du K2, 8611m

 

<   En 1986, une expédition polonaise réalise l'ascension du pilier sud-ouest du K2, dans une conception moderne et engagée ( Voir §1980 - Les temps modernes ).

 

1986 - L'année terrible

 

En 1986, c'est une année terrible pour les ascensionnistes sur le K2, 8611m ; le bilan sera de 13 morts, la descente de ce sommet est souvent un piège mortel pour les cordées en difficulté.

Les expéditions légères paient le prix élevé de leur faible autonomie.

Parmi eux, nos camarades Liliane et Maurice Barrard qui sont de très actifs himalayens.

Maurice Barrard était aussi le président du Comité de l'Himalaya et depuis longtemps très engagé au Club Alpin notamment dans l'Enseignement alpin.

 

1987 - La face nord-ouest du Spantik, 7027 m

 

<  En été 1987, la cordée Mick Fowler et Victor Saunders réussie la face nord-ouest du Spantik, 7027 m dans le Karakoram, sommet le 11 août.

 

1988 - Une traversée du Makalu, 8463m

 

<  En 1988, les 26 et 27 avril, aidé par quelques cordes fixes en place, Marc Batard escalade le pilier ouest du Makalu en 18 heures et retourne par l'itinéraire du versant nord, achevant une traversée de la montagne... Une performance époustouflante...

 

1988 - Le pilier sud-ouest du Dhaulagiri, 8167m

 

<  En 1988, une cordée tchécoslovaque réussie en style alpin l'ascension du pilier sud-ouest du Dhaulagiri en 9 jours et 4 pour redescendre.

 

1989 - Le versant sud du Makalu, 8463m

 

<  En 1989, du 3 au 6 octobre, Pierre Béghin réussit l'exploit exceptionnel de gravir, seul au dessus de 7200m, le versant sud du Makalu et en revenant par l'itinéraire du versant nord.

 

1989 - La traversée du Kangchenjunga, 8586m

 

<  En 1989, une forte expédition soviétique après l'ouverture de deux itinéraires originaux en avril, réalise la traversée du Kangchenjunga, depuis le Yalungkang, 8505m jusqu'au sommet Sud, 8474m en passant par le sommet Central, 8476m et le sommet Principal, 8586m pendant qu'une seconde équipe effectuait le parcours inverse au début mai, montrant un savoir faire exceptionnel.

 

1990 - La face sud du Lhotse, 8516m

 

<  En 1990, la face sud du Lhotse, 8516m est un objectif majeur de l'Himalaya et une aventure extraordinaire, une paroi mythique qui semblait impossible.

 

<  Première sérieuse incursion en mai 1981 par une équipe slovène avec Andrej Stremfelj, Pavel Podogornik et Nejc Zaplotnik qui vinrent échouer si près du Graal vers 8250m.

 

<  Une forte expédition russe de dix-sept ascensionnistes installe un siège en règle, cordes fixes jusqu'à 8000m et ascension par la grande côte caractéristique bordant le couloir central du versant sud.

 

Sommet le 16 octobre1990 pour Sergey Bershov et Gennadiy Karataev. Une grande performance individuelle et collective.

 

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Une nouvelle pratique

 

L'ouverture des pays d'accueil, les nouveaux moyens techniques, des accès et des transports facilités avaient déjà modifié les choses... La nouvelle façon de faire et un état d'esprit novateur avaient définitivement changé la donne...

 

A partir des années 1990, avec les nouvelles pratiques dérivées de la technique alpine et des frontières plus ouvertes, les projets d'ascension vers les montagnes lointaines ne nécessiteront - pour beaucoup - plus qu'une organisation presque banale, quasiment au niveau d'un projet alpin...

 

Mais avec l'approche et l'altitude en plus...

 

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Quelques ascensions extraordinaires

 

Cependant quelques ascensions extraordinaires nécessiteront encore des organisations expéditionnaires structurées :

 

1985 - Nanga Parbat, pilier est-sud-est.

1989 - La traversée du Kangchenjunga.

1990 - La face sud du Lhotse.

1993 - Le versant nord du Dhaulagiri.

1995 - L'arête nord-est de l'Everest.

2001 - La première ascension du Lhotse central.

2004 - La face nord directe de l'Everest.

2004 - La face nord du Jannu.

2007 - La face ouest directe du K2.

2007 - Le versant sud du Lhotse en hiver ( tentative ).

 

Évidement ces objectifs restent hors de portée des simples cordées, mais pour combien de temps encore...

 

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La recherche de l'économie de moyen

 

1990 - Le versant ouest du Bhagirathi III, 6454m

 

<  En été 1990, première sérieuse incursion dans les grands surplombs du versant ouest du Bhagirathi III, 6454m situé dans les montagnes du Garhwal par les Slovènes Silvo Karo et Jamez Jeglic. L'arête sud-ouest est rejointe vers 6250m. La face ouest de cette montagne avec sa zone surplombante caractéristique constitue un objectif de premier ordre.

 

1991 - Le pilier ouest du Makalu, 8463m en 33 heures

 

<  En automne 1991, les 1er et 2 octobre Erhard Loretan et Jean Trouillet escaladent le pilier ouest du Makalu, 8463m en 33 heures. Au retour ils font le commentaire suivant : « Ce pilier de difficulté sympathique et moyenne est indéniablement le plus beau sur un 8000 ».

On pense à la remarque ironique de Mummery, en la transposant au pilier ouest du Makalu : la plus difficile escalade de l'Himalaya en 1971, une voie classique dès 1988 et une escalade rapide et sympathique pour les deux de 1991...

 

1991 - La face nord du Thalay Sagar, 6904m

 

<  En été 1991, la face nord du Thalay Sagar, 6904m - beau sommet du Garhwal - est explorée par  les Hongrois Peter Dekany et Attila Ozsvath qui évitèrent le ressaut surplombant supérieur par la droite en 8 jours, sommet le 17 septembre.

 

1993 - Le versant nord du Dhaulagiri, 8167m

 

<  Au printemps 1993, ouverture d'un itinéraire direct dans le versant nord du Dhaulagiri, 8167m par une expédition russe et internationale. Depuis un dernier camp vers 7800m, sommet le 11 mai pour un Britannique et six Russes.

 

1993 - Le versant sud du Bhagirathi III, 6454m

 

Un itinéraire est forcé dans le versant sud de la montagne par les Tchèques Michalec et Slachta pour la ligne « Express Tchèques ».

 

1994 - La face ouest du Broad Peak, 8047m


<  En été1994, le Mexicain Carlos Carsalio trace une voie nouvelle en face ouest du Broad Peak, 8047m, à droite de la voie classique ascension en deux fois et sommet le 9 juillet.

Le Broad Peak, 8047m

 

1995 - Le versant Rathiot du Nanga Parbat, 8125m


<  En été 1995, voie nouvelle versant Rathiot du Nanga Parbat, 8125m, par une expédition japonaise, voie originale jusqu'au Silber Sattel vers 7400m pour rejoindre la voie de 1953. Sommet depuis un camp 4 vers 7400m pour trois ascensionnistes le 23 juillet.

 

1995 - L'arête sud-est du Makalu, 8463m

 

<  En automne 1995, l'arête sud-est du Makalu, 8463 m en style alpin. C'est une équipe comprenant les Britanniques Andrew Collins et Jonathan Pratt, le Russe A. Nikiforov et l'Américain Dan Mazur qui réalise l'ascension en style alpin de l'arête sud-est en cinq jours sommet le 9 octobre et deux pour revenir.

 

1996 - L'ascension de deux sommets de 8000


<  En été 1996, Jean Christophe Lafaille enchaîne l'ascension de deux sommets de 8000 en 4 jours, sommet du Gasherbrum II, 8025m le 28 juillet et sommet du Gasherbrum I, 8068m le 31 juillet.

 

1996 - L'arête nord-ouest de l'Annapurna, 8091m

 

<  En automne 1996, l'expédition polonaise de dix ascensionnistes réalise l'ascension de l'historique arête nord-ouest de l'Annapurna depuis un camp 5 vers 7100m. Sommet le 20 octobre pour Andrzej Marciniak et l'Ukrainien Vladyslav Terzyul.

 

1997 - La face nord du Changabang, 6864m


<  Au printemps 1997, deux cordées tentent l'ascension par la face nord du Changabang, 6864m  dans le Garhwal. Sommet le 1er juin pour Brendan Murphy et Andy Cave. Durant la descente Brendan Murphy est emporté par une avalanche, retour avec la seconde cordée pour Andy Cave, après un périple de seize jours.

 

1997 - En face ouest du Makalu, 8463 m


<  Au printemps 1997, une expédition russe réussie une incursion en face ouest du Makalu, 8463 m, en style alpin depuis 7300m et rejoint le pilier ouest vers 7600m. Sommet par la voie française de 1971 pour 5 ascensionnistes Alexei Bolotov, Yuri Ermachek, Dmitri Pavlenko, Igor Bugachevski et Nikolai Jiline, mort de deux compagnons Salavat Khabibulin et Igor Bugachevski durant le retour. La face ouest reste à explorer entiérement.

 

1997 - La face ouest du Latok II, 7108m

 

<  Durant l'été 1997, ascension de la face ouest du Latok II, 7108m dans le Karakoram.par une équipe allemande avec Toni Gutsh, Conrad Anker et les frères Huber, importantes difficultés rocheuses jusqu'à A3 et utilisation du portaledge pour un périple de 18 jours et le sommet le 19 juillet.

 

1997 - La face nord du Thalay Sagar, 6904m


<  En été 1997, sur la face nord du Thalay Sagar, 6904m du Garhwal, l'Australien Athol Whimp et le Néo Zélandais Andrew Lindblade proposeront une voie plus directe que celle de 1991 en forçant un passage à gauche du ressaut surplombant supérieur en 10 jours, sommet le 19 septembre.

 

1997 - La face ouest du sommet nord-ouest du Nuptse, 7742m

 

<  En automne 1997, performance de premier ordre réussie sur la face ouest du Nuptse en 5 jours, sommet nord-ouest, 7742m le 31 octobre pour Toma¸ Humar et Janez Jeclic, ce dernier fera une chute mortelle au début de la descente, son compagnon devra bivouaquer encore deux fois pour descendre les 2300m de la face...

 

1998 - La face sud du Bhagirathi III, 6454m

 

<  Au printemps 1998, voie nouvelle dans le versant sud du Bhagirathi III, par Arnaud Guillaume et Rémi Thivel en quatre jours du 15 au 19 mai en style alpin pour « Les temps sauvages », l'itinéraire rejoint pour le sommet la voie « Express Tchèques » de Michalec - Slachta de 1993 après les principales difficultés.

 

1998 - La face ouest du Bhagirathi III, 6454m

 

<  En automne 1998, performance de premier ordre réalisée par les Russes Vladimir Kachkov, Yuri Koshelenko et Igor Potankin dans la face ouest du Bhagirathi III, 6454m en forçant directement la zone surplombante ; à gauche de la voie Karo-Jeglic-1990. Ascension directe des 1500 m de la face ouest, en technique capsule, avec cinq camps et quinze jours dans la paroi. Sommet le 14 octobre et encore quatre jours pour redescendre.

 

1998 - La face nord du Changabang, 6864m

 

<  Au printemps 1998, voie nouvelle en face nord du Changabang, 6864m du Garhwal, à droite de la voie de 1997 par une équipe de 4 Russes et un Américain pour « Lighting route » après un périple de vingt jours.

 

1999 - La face nord Thalay Sagar, 6904m

 

<  En 1999, sur la face nord Thalay Sagar, 6904m du Garhwal, une forte équipe russe réussit en technique capsule avec portaledge une voie directe à droite du couloir central et droit dans le ressaut supérieur avec « High Tension » en 14 jours.

 

2000 - Le pilier nord-est direct du Shivling, 6543m


<  Au printemps 2000, ascension du pilier nord-est direct du Shivling, 6543 m du Garhwal par Thomas Huber et le Suisse Iwan Wolf du 29 au 31 mai. La partie originale du pilier direct, appelée « Shiva's line », comporte des difficultés importantes avec A4 et 6b.

 

 2000 - La face nord-ouest du Spantik, 7027m

 

<  Au printemps 2000, sur la face nord-ouest du Spantik, 7027m sommet  du Karakoram, reprise de la voie anglaise ( Fowler-Saunders-1987 ) par le Slovène Marko Prezelj, le Hongrois Attila Oszvath et les Français Emmanuel Guy et Emmanuel Pellissier en 5 jours, du 12 au 16 juin et en très bon style...


<  Appartenant à la même équipe, les Russes Alexander Klenov et Mikhail Devy réussissent un itinéraire nouveau de haute difficulté, à gauche de la voie anglaise sur le piler nord-ouest proprement dit du Spantik, en 13 jours, du 7 au 18 juin directement sans équipement préalable, hauteur 2000 m et difficulté jusqu'à 7a et A3. Une performance exceptionnelle...

 

2001 - Le pilier sud Baintha Brakk, 7285m

 

<  En 2001, ascension par Thomas Huber, Urs Stocker et Iwan Wolf du pilier sud Baintha Brakk, 7285m dans le Karakorum.

 

2001 - La première ascension du Lhotse Central, 8413m

 

<  Au printemps 2001, première ascension du Lhotse Central, 8413m. C'était l'un des objectifs majeurs de l'himalayisme de haut niveau de ces années-là.

La forte expédition russe comprenait onze ascensionnistes, chef Serguei Timofeev. Elle réussit la première ascension du dernier 8000 restant à gravir en procédant très astucieusement, via le col Sud de l'Everest et en contournant par le nord le sommet principal du Lhotse, 8516m. Sommet les 23, 24 et 25 mai pour dix ascensionnistes.

 

2002 - La face nord du Siguniang Shan, 6250m

 

<  Au printemps 2002, ascension du Siguniang Shan, 6250m, par la face nord pour les Britanniques Mike Fowler et Paul Ramsden en technique alpine ( ED+/Scottish VI ) et en 6 jours du 15 au 20 avril. Montagne située dans la province du Sichuan en Chine aux confins est de l'Himalaya. Après cette performance de premier ordre, il faudra encore deux jours pour revenir par l'arête nord jamais explorée jusque-là et bordant à gauche la face escaladée.

 

2003 - Le pilier sud-est du Nuptse, 7804m

 

<  En 2003, le pilier sud-est du Nuptse sera resté pendant plus de vingt ans l'ambition des himalayistes les plus actifs. Ce pilier soutient le sommet est du Nuptse, 7804 m encore vierge de présence humaine, ce qui ajoutait un intérêt supplémentaire au challenge. Les Russes Valéry Babanov et Youri Koshelenko réalisent l'ascension en 6 jours, sommet le 2 novembre, après l'installation d'un camp 2 vers 6900m et l'utilisation de cordes fixes jusque vers 6400m.

 

2003-2004 - La face nord du Thalay Sagar                  

 

<  En automne 2003, la face nord du Thalay Sagar, 6904m. Ce beau sommet du Garhwal continue d'inspirer beaucoup de monde, Stéphane Benoist et Patrice Glairon-Rappaz explorent la partie gauche de la face avec « One way ticket ».

<  Au même moment les Bulgares Hristo Hristov et Nikola Levakov inaugurent « Between the light and the shadow » parcourant la partie droite de la face nord du Thalay Sagar.

 

<  En automne 2004, un sixième itinéraire de grande qualité et de grande difficulté est inauguré par les Suisses Denis Burdet, Thomas Senf, Stéphan Siegrist et Ralph Weber. La nouvelle voie remonte les deux imposants piliers limitant à droite la face nord pour rejoindre la crête nord-ouest. Encore à droite de la voie bulgare de 2003, avec 1500m, 6a/A3 et 5/M6, la ligne appelée « Harvest Moon ». Le sommet est atteint le 27 septembre après l'installation de deux camps vers 5800 et 6400 m et onze jours d'escalades effectives.

 

 2004 - La face nord du Jannu, 7710m

 

<  Au printemps 2004, la face nord du Jannu, 7710m est gravie en technique traditionnelle par une forte équipe russe de onze ascensionnistes, chef Alexander Odintsov.

C'est un des objectifs emblématiques de l'ascensionnisme qui est atteint...

Camp de base le 5 avril, vers 4600m. Les cordes fixes dès 5100m. La voie est explorée longueur après longueur, certains jours l'avancée n'est que de trente mètres, les grimpeurs devront franchir des obstacles considérables à pareil altitude avec 6b et A3. L'altitude de 7500m est atteinte le 17 mai. Un camp sur portaledge devra être encore placé le 19 mai vers l'altitude record de 7400m pour un pareil instrument. Les cordes fixes devront être placées jusqu'à plus de 7600m. La délivrance n'arrivera qu'avec le sommet le 26 mai pour Alexander Ruchkin et Dmitry Pavlenko. La paroi est haute de quelque deux-mille-cinq-cent mètres.

 

  • La réussite de cette exploration nécessitait - certainement - les considérables moyens utilisés par les Russes, le nombre et la qualité les grimpeurs, car toutes les équipes précédentes, plus légères, durent renoncer au pied des grosses difficultés du bouclier central. Les obstacles rencontrées dans la partie supérieure confirment l'importance de l'objectif et crédibilise certainement les moyens mis en ½uvre pour la réussite de l'opération.

 

 2007 - La face ouest directe du K2, 8611m

 

<  Été 2007, la face ouest directe du K2, 8611m. Après un siège long de deux mois et demi, une équipe russe a pu gravir la face ouest directe du K2, sommet le 22 août pour Andrey Mariev et Vadim Popovich, le lendemain pour neuf membres de l'équipe.

 

2007 -  Le pilier nord-est du Shipton Shire, 5885m

 

<  Durant l'été 2007, sur le pilier nord-est de Shipton Shire, 5885m l'alpiniste catalane Silvia Vidal a laissé une trace solitaire fantastique de 32 longueurs et 1300m de haut ( 870m extrêmes ) en vingt jours en style capsule et une semaine de mauvais temps, les difficultés techniques atteignent A4+ en escalade artificielle pour « La vie est couleur lilas ».

 

2009 - Le versant sud-est du Cho Oyu, 8201m

 

<  Au printemps 2009, voie nouvelle en impeccable style alpin pour les Kazakhs Boris Dedeshko et Denis Urubko dans le haut versant sud-est du Cho Oyu, 8201m. La nouvelle ligne très directe haute de 2800 mètres se déroule à gauche de la voie du pilier sud-est réussie par l'expédition polonaise de 1985. Cinq jours pour l'ascension, sommet le11 mai et trois bivouacs pour revenir... Denis Urubko en réalisant cette performance de premier ordre en termine d'une façon brillante avec son challenge de gravir les quatorze 8000...

 

2011 - Le spigolo est du Meru central, 6450m

 

<  En été 2011, depuis plusieurs années, le spigolo est du Meru central, 6450m dans le massif du Garhwal retient l'attention et est l'objet de nombreuses tentatives et convoitises... Un spigolo en forme d'aileron de requin, le « Shark Fin » très monolithique...

<  Après un échec en 2008 où leur tentative durera 19 jours, les Américains Conrad Anker, Jimmy Chin et Renan Ozturk réalisent l'ascension en style capsule avec portaledge du 21 septembre au 2 octobre pour 1400m/VI/6a/A4/M6. Grosses difficultés d'escalade artificielle A4 avec le raffinement nécessaire à ce genre d'exercice et escalade exposée avec progression sur crochets...

 

2011 - La face ouest du Latok III, 6949m

 

<  Au printemps 2011, le Latok III, 6949m est situé dans les montagnes du Karakoram, sa face ouest est réussie par une équipe russe du 10 au 25 juin avec 9 camps portaledges, quinze jours pour forcer un itinéraire ardu de 1700m pour Evgeny Dmitrienko, Ivan Dozhdev, Alexey Lonchinsky et Alexander Odintsov.

 

2012 - Le pilier nord-est de la tour de Muztagh, 7284m

 

<  Durant l'été 2012, durant un périple de 17 jours et malgré des conditions difficiles les Russes Dmitry Golovchenko, Alexander Lange et Sergey Nilov escaladent le pilier nord-est haut de quelque 2000m de la tour de Muztagh, 7284m dans le Karakorum.

 

2012 - Le versant sud Baintha Brakk, 7285m

<  Durant l'été 2012, ascension par la cordée nord américaine Kyle Dempster et Hayden Kennedy du 19 au 22 août du versant sud du Baintha Brakk, 7285m dans le Karakorum.

 

2012 - La face ouest du Kamet, 7756m

 

<  En automne 2012, la face ouest du Kamet, 7756m dans le Garhwal - est gravie par Sébastien Bohin, Didier Jourdain, Sébastien Moatti et Sébastien Ratel.

 

2012 - Le pilier nord-est de Shiva, 6142 m

 

<   En automne 2012, dans l'Himachal Pradesh, le magnifique pilier nord-est de Shiva 6142m : le « Prow of Shiva » - la proue de Shiva - est parcouru par la cordée de Mick Fowler et Paul Ramsden qui réalise l'exploit en sept jours, plus deux pour revenir par le flanc sud-est inexploré...

 

2012 - L'arête Mazeno du Nanga Parbat, 8125m

 

< L'arête ouest de Nanga Parbat, 8125m, dite « arête Mazeno », est célèbre pour son long développement de quelque dix kilomètres depuis le col Mazeno, elle est défendue par une succession de pointes individualisées proches ou dépassant les 7000m et séparées par de sensibles dépressions.

Les tentatives les plus notables datent de 1992 et 1995. Elles n'avaient pas dépassées le troisième sommet de l'arête ( Pointe 6970m ).

 

<  En 2004, la cordée nord-américaine composée de Doug Chacot et Steve Swenson réussissait le parcours de la crête inexplorée en 5 jours et s'avançait jusqu'à la jonction avec la voie Schell au col Ouest de la montagne, mais devait renoncer au sommet en redescendant par la voie Schell du versant Diamir.

 

<  En 2012, ascension par l'arête pour six ascensionnistes qui atteignent le col Ouest en 8 jours de traversée. Après une tentative vers le sommet la Sud-Africaine Cathy O'Dowd et trois assistants pakistanais renoncent et descendent par la voie Schell du versant Rupal. Les Britanniques Rick Allen et Sandy Allan décident de persévérer et réussissent le sommet et la première par cette fameuse arête Mazeno écrivant une belle page de l'histoire de l'alpinisme, retour par le versant Rupal de la voie Shell pour un périple de 18 jours...

 

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ASCENSIONS HIVERNALES


Depuis les années 1980, en réalisant l'essentiel des premières hivernales des grands 8000, les Polonais ont montré la voie.

Jerzy Kukuczka et Krzysztof Wielicki en étaient devenus de véritables spécialistes...


<  D'abord avec l'ascension du Chomolangma-Everest, le17 février 1980 par Leszek Cichy et Krzysztof Wielicki.

 

<  Sur les 11 grands 8000 déjà gravis, nos collègues polonais seront présents sur 9 d'entre eux...


- Le Manaslu, en 1984.

- Le Dhaulagiri et le Cho Oyu, en 1985.

- Le Kangchenjunga, en 1986.

- L'Annapurna, en 1987.

- Le Lhotse, le 31 décembre 1988.

- Le Gasherbrum 1, en 2012 sans l'assistance de l'oxygène respiratoire, conditions atmosphériques extrêmes, températures descendant à -35 degrés Celsius et vent soufflant parfois à plus de 100km/h...

- Le Shishapangma est gravi par Jean-Christophe Lafaille en solitaire sur un itinéraire original le 11 décembre 2004 et par une cordée Italo-polonaise en janvier 2005...

<  Le Makalu, en 2009 et le Gasherbrum 2, en 2011 échapperont aux Polonais devancés par l'Italien Simone Moro et le Kazakh Denis Urubko, avec Cory Richard pour le dernier sommet cité...
 

En 2012, il ne reste plus que trois sommets à ne pas avoir été visités en hiver, le Nanga Parbat, le K2 et le Broad Peak...


Il est à penser que l'ascension hivernale du K2, sérieusement tentée en 2003 par nos confrères polonais reste l'objectif majeur...

 

Le versant sud du Lhotse, 8516m - en hiver


Notons aussi la tentative dans le versant sud du Lhotse, 8516m en hiver par des grimpeurs japonais conduits par Osamu Tanabe. En décembre 2000, tentative jusqu'à 7600m en reprenant l'itinéraire slovène de mai 1981.


<  En 2003, on reprend la même voie jusqu'à un camp 3 vers 7850m. Osamu Tanabe décide d'une traversée descendante vers la droite pour rejoindre le grand couloir caractéristique au plein centre de la paroi séparant le sommet principal d'une antécime vers l'est. La tentative atteint 8250m.

 

<  En 2007, même itinéraire qu'en 2003. Le 27 décembre Osamu Tanabe, Takahiro Yamaguchi et Pemba Chorten Sherpa depuis un camp 3 vers 8000m font une tentative décisive, l'arête sommitale est atteinte vers 8475m quand les trois doivent renoncer si près du sommet...

 

Tout reste à refaire, mais ne doutons pas un instant de la ténacité et de la détermination de nos collègues japonais...

 

  • Cet objectif majeur de l'Himalaya dans des conditions hivernales est une aventure extraordinaire, une paroi mythique, la face sud du Lhotse qui n'a connu qu'un parcourt  en 1990 par l'arête située à droite du grand couloir, un itinéraire original dans la partie supérieure, une ligne complexe d'une rare élégance exécutée dans les rigoureuses contraintes et conditions hivernales, des ascensionnistes particulièrement motivés...

 

Une performance qui dans son état de provisoirement inachevé entre déjà dans la grande histoire de l'ascensionnisme...

 

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LES QUATORZE HUIT MILLE


L'enchaînement d'ascensions des quatorze sommets dépassant l'altitude de huit milles mètres est un challenge disputé et marquant pour les himalayistes.


<  En 1986, Messner termine un circuit qui semblait impossible lorsqu'il a été envisagé, gravir les quatorze 8000, d'une façon convaincante sans utiliser l'oxygène...


<  En 1987, Jerzy Kukuczka réussit le challenge des quatorze 8000 d'une façon encore plus achevée, en réalisant plusieurs itinéraires originaux ou ascensions hivernales...


<  En 2012, le périple est déjà réussi par 27 ascensionnistes...


<  C'est maintenant aux femmes ascensionnistes de se présenter.


<  En 2009, quatre avaient réussi douze ascensions dont l'Everest et le K2.


<  En 2009, la Sud-coréenne Oh Eun-Sun avait gravi le Kangchenjunga, le Dhaulagiri, le Nanga Parbat et le Gasherbrum I dans la même année...


<  Et le 27 avril 2010, Oh Eun-Sun termine sa ronde des 8000 par l'ascension de l'Annapurna... avec une forte organisation et assistance.


<  Le 17 mai, l'alpiniste espagnole basque Edurne Pasaban avec l'ascension du Shishapangma, 8027m réussit le même challenge...


<  Et l'année suivante pour l'Autrichienne Gerlinde Kaltenbrunner.

 

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Le massif de Trango

 

LES PAROIS ROCHEUSES DANS LES TOURS DE TRANGO


L'évolution des techniques du matériel et la qualité sportive des hommes s'apprécient également sur les grands monolithes du massif de Trango qui est situé dans les montagnes du Baltoro Mustagh du Karakorum. Des escalades presque entièrement rocheuses qui situent le niveau atteint en escalade au-dessus de 6000 mètres...


La Tour Sans Nom, 6240m

 

<  En 1976, la première ascension de la tour la plus caractéristique et la plus difficilement accessible la « Trango Nameless Tower » revient à l'équipe britannique des Anthoine-Boysen-Brown-Howells par le versant sud-est.

 

Depuis, une dizaine au-moins d'itinéraires, de quelque mille mètres de haut, parcourent les faces de ce puissant monolithe du  massif de Trango, sans aucun accès commode.


Eternal Flame Route

 

Parmi ces itinéraires, une ligne retient particulièrement l'attention des grimpeurs de haut niveau : « Eternal Flame Route » dans la face sud-est...

 

<  En 1989, Kurt Albert, Wolfgang Güllich, Christof Stiegler et Milan Sykora avaient réussi à forcer une ligne nouvelle dans la splendide paroi, entre la voie britannique 1976 et une ligne slovène de1987. La paroi ayant été reconnue l'année précédente, en libérant la voie slovène...

L'itinéraire haut de 800m avait été achevé au final par la cordée Kurt Albert et Wolfgang Güllich.

Avec des difficultés annoncées de 7b et A2, ces grimpeurs ouvraient la voie à l'escalade sportive dans l'Himalaya... 31 longueurs sont libérées, quatre seulement résistent et imposent l'aide de l'escalade artificielle...

 

Depuis, les meilleurs grimpeurs ont voulu apporter leur contribution pour un enchaînement intégral en libre.

 

<  En 2003, Toni Arbonès, Nicolas Zambetti et Denis Burdet avaient libéré la plus grande partie de l'itinéraire... mais le problème restait...

 

<  En 2005, une forte équipe française comprenant Stéphanie Bodet, Christophe Dumarest, Arnaud Petit et François Petit reprenait le challenge sans pouvoir conclure...

 

<  En 2005 toujours, les frères basques espagnols Iker et Eneko Pou découvrent une variante très dure, mais le mauvais temps les contraindra à renoncer, mais l'idée de contourner les zones monolithiques était dans l'air...

 

<  Durant l'été 2009, les frères Alexander et Thomas Huber se présentent, découvrent et inaugurent deux variantes permettant l'escalade libre et de réussir le challenge convoité ...

Escalade du 11 au 14 août, avec comme difficulté annoncée 7c+...


La Grande Tour de Trango, 6286m

 

La grande tour est gravie pour la première fois par Galen Rowell, John Roskelley, Kim Schmitz, Jim Morrissey et Dennis Hennek durant l'été 1977 par le versant ouest.

 

<  En 1984, inauguration d'une voie norvégienne par Hans Christian Doseth et Finn Dæhli dans la face est, mais le retour sera fatal aux deux protagonistes.

 

<  En 1992, Xaver Bongard et John Middendorf réalisent « Le Grand Voyage », une voie parallèle à la précédente.

 

<  En été 1999, sur le sommet ouest 6220m, deux itinéraires de très grandes envergures qui ont nécessité tous les raffinements de l'escalade libre et artificielle modernes, sont réalisés sur la face nord-ouest.

 

<  Une équipe nord-américaine réussit un itinéraire original en 36 jours avec A. Lowe, J. Ogden et M. Synnott pour une ligne de 2000m avec 6c et A4, les opérations d'escalade ont duré 5 semaines, attaque le 24 juin et sommet le 29 juillet, équipement de cordes fixes pour « Parallel worlds »...

 

<  Au même moment, les Russes Y. Koshelenko, A. Odintsov, I. Potankin et I. Samoilenko tracent une voie nouvelle contiguë et parallèle, du même calibre, un peu plus à droite, mêmes conditions et mêmes performances, en 23 jours et sommet le 10 août pour la « Russian route »....

 

Les deux équipes se rencontrent le 22 juillet sur une même vire et décident d'une très sympathique coopération pour ce double exploit.

 

<  En 2004, les Nord-américains Kelly Cordes et Josh Wharton réalisent la première ascension de la crête sud-ouest. L'itinéraire appelé « Azeem Ridge » est long de plus de 2000m de dénivellation avec des difficultés de 5.11/A2/M6. Ascension en cinq jours du 24 au 28 juillet et en technique alpine.

 

<  En 2005, les Slovaques Dodo Kopold et Gabo ?márik inaugurent une nouvelle voie dans le versant sud-est à droite d'Azeem Ridge. Très long itinéraire de plus de 2000m de dénivellation avec des difficultés de 5.11+ et A2 ( soit jusqu'à 6c+ ). Ascension en huit jours du 4 au 11 août et en technique alpine.

 

<  En été 2007, deux équipes de jeunes grimpeurs russes de Krasnoyarsk réalisent deux nouvelles voies extrêmes. La première à proximité de Russian route de1999 sur la face nord-ouest en 5 jours et pour la seconde dans la partie gauche de la face en onze jours. Il s'agit d'un très bel exploit montrant le dynamisme des grimpeurs russes.


La Chaire de Trango, 6050 m

 

<  En 2005, première ascension d'une ligne du type « big wall » sur Trango Pulpit comprenant une trentaine de longueurs avec plusieurs longueurs d'escalade artificielle A3/A3+. Dix-sept jours d'escalade en style capsule et utilisation du portaledge seront nécessaires à Sam Beaugey, Martial Dumas, Jean-Yves Frederiksen et Yann Mimet pour gagner dans le mauvais temps le sommet de l'itinéraire en renonçant à la crête sommitale.

 

La ligne est appelée « Azazel » par les auteurs de l'exploit et Sam Beaugey au seizième jour d'ascension a réalisé le « jump » de la paroi.

 

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LES GRANDES LIGNES DE L'ACTIVITÉ

 

Cette présentation n'est évidemment pas exhaustive, il n'est question ici que de proposer les grandes lignes de l'activité des ascensionnistes sur les plus hautes montagnes et cela demanderait évidemment à être complété ou revisité...

Il faudra donc aussi regarder en Patagonie, dans les Andes, dans les montagnes d'Alaska et du Canada, du Groenland et des montagnes d'Asie.

Dans chaque massif de montagne, il existe des itinéraires historiques ou de haut niveau qui méritent d'être soulignés, ici il n'est surtout question que des montagnes de l'Himalaya et du Karakoram...

 

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En guise de conclusion

 

  • La réflexion de Pierre Dalloz qu'il adressait dans les années 1930 aux générations successives : 

 

« Nous aussi nous avons étonné nos devanciers, nous leur avons donné aussi des regrets, en surmontant comme en se jouant certaines parois devant lesquelles ils avaient dû se récuser. La technique et l'entraînement en se perfectionnant toujours reculent les limites mais le registre humain lui ne change pas. Les auteurs des escalades d'hier ont eu le même mérite à oser passer outre que les champions de l'inaccessible du moment présent... »

 

CONSULTATION

 

L'ensemble des textes concernant l'histoire de la FFCAM et des autres dossiers proposés sont consultables au Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

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