Un historique du Secours en montagne

 

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Depuis que les hommes vont en montagne - d'abord pour les traversées - il a fallu porter assistance aux voyageurs égarés, à l'image des Moines de l'Hospice du Col du Grand Saint Bernard.

 

Et ce sont les premiers guides de voyageurs qui pourront aller chercher les disparus en montagne pendant des tentatives de franchissement des hauts cols...

 

Puis l'alpinisme est né...

 

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Sommaire :

 

- Un premier groupement de secouristes

- 1920-1939 - Des actions souvent improvisées 

- 1947 - La Commission des Secours en montagne

- L'intervention des corps constitués

- 1957 - La tragédie Vincendon et Henry

- La solidarité n'avait pas joué

- 1958 - Vers un Service public

- 1962-1972 - L'hélicoptère et le Service public

- L'hélicoptère pour l'ensemble des missions d'exécution

- 1980 - Les interventions médicalisées

- 1985 - Les Sapeurs-pompiers

 

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Un premier groupement de secouristes

 

En France, le premier groupement de secouristes date de 1897, il est fondé à Annemasse, « les Sauveteurs Volontaires du Salève » avec un rudiment d'administration, des volontaires répertoriés et un « tour de garde du dimanche » pour ce qui concerne le massif du Salève .

 

Ce sont surtout les Guides qui assureront une assistance, avec des moyens d'intervention dérisoires... souvent pour constater les dégâts.

 

En 1910, un « Comité de Secours en Montagne du Dauphiné » est fondé à l'initiative du Syndicat d'initiative de Grenoble avec un tour de rôle entre la Section de l'Isère du Club Alpin et la Fédération Alpine Dauphinoise.

 

Une problématique apparaîtra vite : « savoir faire accepter par tous, une discipline et une méthode ».

 

En 1911, après plusieurs accidents de montagne ayant connu des péripéties diverses, Th. Thomas produit dans la revue La Montagne un récit et une première critique sur les façons de faire et les insuffisances du Secours en montagne...

Chez les militaires alpins, un secours par traîneau sanitaire en 1906

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1920-1939 - Des actions souvent improvisées 

 

Jusqu'à la Seconde guerre mondiale, les interventions de secours étaient assurées par les montagnards eux-mêmes, principalement par les Guides dans leurs vallées de résidence, et par les volontaires bénévoles dans certains centres alpins.

 

Il n'existait aucun dispositif centralisé, le bénévolat était naturel au nom de la solidarité et de l'assistance. Des listes de volontaires étaient constituées, des systèmes d'alerte étaient prévus, « mais ce sont des efforts éparpillés, montés souvent au pied levé ».

 

Les petites structures existantes, « les  Sauveteurs Volontaires du Salève » et « le Comité de Secours en Montagne du Dauphiné », sont les exemples pour les initiatives à venir.

 

Une commission des Guides et Secours en Montagne existe dans la Direction Centrale du Club Alpin mais n'amènera pas de proposition probante, se contentant surtout de souligner les dévouements des Guides.

 

En 1928 création d'un « Comité Annécien de Secours en Montagne » mis en place par la Section d'Annecy du Club Alpin avec pour champ d'action les sommets voisins.

En 1929, une « Société Dauphinoise de Secours en Montagne » remplace la structure de 1910 avec principalement la Section de l'Isère du Club Alpin, la Société des Touristes du Dauphiné et la Fédération Alpine Dauphinoise. Une proposition d'organisation très personnelle est rédigée par Pierre Dalloz, elle a le mérite d'énoncer la situation dans la revue La Montagne de 1929.

En 1933, un « Comité de Secours en Montagne » est créé à Briançon, sous les auspices de la Section locale du Club Alpin, regroupant les volontaires. L'initiative couvrira les zones Lautaret, Izoard et Montgenèvre.

La Manuel d'alpinisme du Club Alpin publié de 1934 consacre un paragraphe aux secours en montagne qui montre surtout le manque d'organisation au niveau national.

En 1935, la « Société Nationale de Sauvetage » surtout spécialisée dans les interventions en mer organise à Chamonix un Congrès de sauvetage en montagne.

La Section d'Annecy du Club Alpin participera à la manifestation au sein du Comité Annécien de Secours en Montagne et présentera un brancard traineau adapté permettant de descendre d'un blessé en terrain accidenté et en paroi. Un modèle déjà utilisé par les Sauveteurs Volontaires du Salève. 

Participent à cette initiative : la Compagnie des Guides de Chamonix, l'École de Haute Montagne, les Guides de l'Oisans, la Société Dauphinoise de Secours en Montagne et le Comité Annécien de Secours en Montagne.

En 1936, une Société de Secours en montagne est fondée à Pau par plusieurs associations sous l'impulsion du Groupe Pyrénéiste de Haute Montagne.

 

Mais durant l'Entre-deux-guerres, rien ne viendra pour aller vers « un savoir faire accepter par tous, une discipline et une méthode ».

 

Les Guides qui assurent naturellement « le devoir de porter assistance » demanderont en 1945 que soit inscrite cette exigence dans le nouveau règlement de leur profession...

 

Ce sont des dévouements et des bonnes volontés qui animent les petites entités existantes « mais ce sont des initiatives dispersées, des méthodes et des techniques disparates, des actions souvent improvisées ». Et aussi des suzerainetés et des petits pouvoirs qu'il faudra convaincre ou encore contourner ( voir l'ouvrage : Lucien Devies - La montagne pour vocation - L'organisation du secours en montagne - Édition l'Harmattan ).

 

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La descente du blessé avec un cacolet

 

 

1947 - LA COMMISSION DES SECOURS EN MONTAGNE

 

Au sortir de la guerre 1939-1945, les Associations de montagne vont proposer et mettre en œuvre - au sein de la Fédération Française de la Montagne ( FFM ) - une organisation générale des Secours en montagne.

 

 Une « Commission des Secours en montagne » est constituée, elle est chargée de rassembler les différentes initiatives et de proposer une unité d'organisation et d'action.

 

Les grandes lignes d'une opération de sauvetage sont clairement définies avec les trois niveaux : méthode - préparation - exécution. Ainsi que sont identifiées les différentes responsabilités : administrateur du plan d'action - directeur d'intervention - chefs de caravane - secouristes exécutants.

 

Dans la revue La Montagne d'octobre 1946, Lucien Devies signe, comme président de la Commission de Secours, l'article exposant « L'organisation des secours en montagne en France ». Il y évoque une première fois l'idée d'un Service public.

 

Le 11 octobre 1947, se tient la Réunion générale constitutive de la Commission fédérale regroupant les  « Sociétés de Secours en montagne », pour la plupart des Associations de type Loi de 1901.

 

Les préoccupations principales seront : la formation des secouristes, la fabrication de matériel moderne de sauvetage, les assurances, les récompenses, le recouvrement des frais de sauvetage, « ainsi que la très importante question de la coopération avec les Pouvoirs publics pour la recherche et le sauvetage des avions perdus en montagne ».

 

Le souci premier des représentants de l'État, présents à cette réunion, était d'aller chercher les morts dans les avions accidentés en montagne, pas les skieurs, ni les alpinistes en détresse...

 

La Commission fédérale regroupera l'ensemble des Sociétés de Secours en montagne réparties dans nos zones de montagne.

 

En 1948, une première grande opération de secours, dépassant la simple routine, se présente dans la face sud du Pavé dans le massif des Écrins.

 

Viendra ensuite l'intervention des Secours dans la face nord-est de l'Olan en 1949 et pour la catastrophe aérienne sur l'Obiou en 1950.

 

Ces interventions montreront les limites de l'organisation.

 

Les Sociétés de Secours auront beaucoup de difficulté à recruter des secouristes rapidement disponibles et souffriront d'un manque chronique de moyens.

 

En ces temps-là, les opérations de Secours se déroulaient par voie terrestre, les portages dans les zones escarpées se faisaient, bien entendu, à dos d'homme...

 

L'INTERVENTION DES CORPS CONSTITUÉS

 

Devant l'augmentation de la fréquentation de la montagne, le dispositif fédéral du Secours en montagne tend vers sa limite.

 

Malgré les dévouements, l'analyse de chaque opération souligne les fragilités de l'organisation bénévole.

 

La lecture des bulletins officiels de la FFM montre l'énorme implication de la Fédération et des Sociétés de secours...

 

Une FFM qui devra consacrer une grande partie de son activité et de son énergie à organiser le Secours en montagne en France, étant souvent abandonnée par les Administrations et par l'État...

 

Ce n'est qu'incidemment qu'une assistance se manifestera et qu'un début de solution apparaîtra. Elle viendra des Corps constitués, les « Compagnies Républicaines de Sécurité » d'abord, la « Gendarmerie Nationale » plus tard.

 

Les deux entités vont peu à peu s'intéresser aux opérations de Secours en montagne, au début par de simples participants dès 1950, puis en partenaires.

 

 

Et les dirigeants de ces institutions ne tarderont pas à prendre conscience de l'image très positive produite par ces initiatives individuelles.

 

Plus tard, elles créeront des unités spécialisées et intégreront ce nouveau métier, qui s'écartant des missions classiques et austères de maintien de l'ordre, renforçait le prestige de ces formations.

 

La Société chamoniarde de Secours

 

Vivement réclamée, une « Société chamoniarde de Secours en montagne » s'était constituée en 1948.

 

C'est évidemment dans le massif du Mont Blanc que tout est plus compliqué, d'abord à cause d'une fréquentation de plus en plus intense de ces montagnes et du nombre important d'opérations de sauvetage.

 

À Chamonix, petite capitale de l'alpinisme, les interventions sont confiées à tour de rôle aux « Guides de la Compagnie », à l'« École Nationale de Ski et d'Alpinisme » et à l'« École Militaire de Haute Montagne ».

 

« Trois forteresses jalouses de leur indépendance », les seules capables de mobiliser non pas des hommes, mais leurs hommes, avec leurs règles et leurs hiérarchies pas toujours compatibles...

 

En été 1955, la Protection civile met à la disposition de la Société chamoniarde de Secours en montagne, un hélicoptère pour le repérage et le transport des blessés.

 

En 1956, un premier secours par un hélicoptère est organisé depuis le refuge Vallot, 4362m pour évacuer un blessé.

 

Un engagement décisif

 

En décembre 1956, installation à Chamonix d'un Centre National d'Entraînement à l'Alpinisme et au Ski des Compagnies Républicaines de Sécurité, c'est le début d'un engagement décisif...

 

1957 - LA TRAGÉDIE VINCENDON ET HENRY

 

C'est à ce moment que survient la tragédie Vincendon et Henry.

 

Le 28 décembre 1956, deux alpinistes François Henry et Jean Vincendon sont immobilisés dans les glaces du Grand Plateau sous le Mont Blanc vers 4000m. C'est leur quatrième bivouac, à une portée de jumelles de Chamonix...

 

L'opération de secours sera un fiasco...

 

Le 31 décembre, pour tenter une approche directe des malheureux naufragés, un hélicoptère Sikorski s'écrase en tentant l'atterrissage, la tragédie se transforme en catastrophe, désormais avant de penser à récupérer les alpinistes - déjà dans un état épouvantable - il faut sauver les secouristes sortis indemnes du crash...Les deux malheureux devront être abandonnés...

 

On sait tout de cette opération manquée, mal conduite et qui coûtera la vie aux deux naufragés et de graves amputations à l'un des secouristes.

 

De furieuses polémiques vont accompagner ces malheureux événements, divers partis vont vivement s'affronter et le monde de la montagne ne sortira pas grandi de cette tragédie ( voir : La tragédie Vincendon et Henry - La Montagne & Alpinisme n°3/1983 ).

Le versant nord du Mont Blanc, au centre de la photo sur le Grand Plateau vers 4000m, le lieu du calvaire de François Henry et Jean Vincendon

 

LA SOLIDARITÉ N'AVAIT PAS JOUÉ

 

L'analyse des résultats, compte tenu de toutes les malchances rencontrées, montrait les importantes faiblesses du dispositif.

 

La solidarité qui était la base de l'organisation n'avait pas joué. La Compagnie des Guides la plus prestigieuse avait refusé de s'engager.

 

L'inadmissible même apparaissait dans les mots très durs de Lionel Terray : « Je trouve normal que beaucoup de guides n'aient manifesté aucun enthousiasme à exposer leur vie, mais ce que je n'admets pas, c'est que l'on cherche à empêcher les volontaires d'agir... ».

 

La méthode utilisée par l'institution en charge de l'exécution du sauvetage, préférant un moyen aérien à une intervention terrestre, s'écartait totalement des dispositions et des techniques dûment validées par la Commission fédérale.

 

L'hélicoptère n'avait pas encore fait ses preuves, certains types de machines étaient mal adaptés et les pilotes n'avaient aucune expérience pour ce type d'intervention.

 

L'absence de caravanes terrestres - uniquement due à l'entêtement de certains - a été très critiquée, elle a sûrement coûté la vie aux deux garçons.

 

Enfin la Commission fédérale et les instances dirigeantes du Club Alpin et de la FFM n'avaient jamais été écoutées et se trouvèrent totalement dépossédées et mises dans l'incapacité d'intervenir...

 

C'était le premier échec subi par le Secours en montagne, mais il s'est produit là où se trouvaient réunis en France, les plus importants moyens en personnel et en matériel.

 

Un corps de sauveteurs amateurs

 

Arrivant après la bataille, le milieu parisien de la montagne veut organiser un petit corps d'alpinistes amateurs de haut niveau, destiné à intervenir dans les opérations de difficulté exceptionnelle, une initiative qui suscitera certaines réserves du coté de l'organisation fédérale et qui se heurtera rapidement aux réalités...

 

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Descente avec le traîneau Mariner

 

 

VERS UN SERVICE PUBLIC

 

Le drame de François Henry et de Jean Vincendon allait faire prendre conscience aux autorités de l'État qu'il fallait une intervention forte.

 

Le 21 août 1958, une circulaire ministérielle le « plan ORSEC-montagne », réglemente le Secours en montagne qui devient un véritable Service public, sous la tutelle de ministère de l'Intérieur, par l'intermédiaire du service de la Protection civile.

 

Un plan d'intervention énumère les moyens - en personnel et en matériel - et les organismes chargés de l'exécution des secours, c'est-à-dire : les Sociétés locales de secours, les deux Écoles de haute montagne civile et militaire, les Groupements spécialisés des CRS et de la Gendarmerie.

 

Interviennent désormais officiellement - et non plus officieusement - les « Compagnies Républicaines de Sécurité » en place dès 1958 et la « Gendarmerie Nationale » trois ans plus tard.

 

Ces deux entités vont former un personnel très spécialisé et de haut niveau, et viendront peu à peu se substituer aux organisations bénévoles.

 

Les « Sociétés de Secours en montagne » étaient affiliées à la FFM et seront jusqu'à 22 associations réparties sur le territoire montagnard.

 

En 1961 - Le drame du pilier central de Frêney

 

En 1961, le pilier central de Frêney proposait une voie directe vers le point culminant des Alpes. En juillet, la cordée italienne de Walter Bonatti, Roberto Gallieni et Andreas Oggioni rencontrent fortuitement la cordée française de Robert Guillaume, Pierre Kohlman, Pierre Mazeaud et Antoine Vieille engagée sur le même projet.

 

Les deux équipes décident de faire cause commune...

 

Pendant leur tentative, ils seront surpris par une forte tempête. Durant leur retraite Antoine Vieille, Robert Guillaume, Pierre Kohlman puis Andreas Oggioni, tous épuisés perdront la vie durant ces terribles journées...

 

Cette catastrophe soulignait le peu d'organisation et les difficultés du Secours en montagne transfrontalier de l'époque.

 

En 1965 encore, le déplacement d'un hélicoptère français vers un blessé au Fauteuil des Allemands dans le versant italien du Mont Blanc était une affaire d'État, il avait été exceptionnellement accepté à cause de la présence des chefs d'État italien et français venus inaugurer le tunnel du Mont Blanc...

 

1962-1972 - L'HÉLICOPTÈRE ET LE SERVICE PUBLIC

 

L'emploi de l'hélicoptère

 

L'emploi de l'hélicoptère va permettre une extraordinaire avancée et rapidement bouleverser les techniques du Secours en montagne.

En 1960, deux hélicoptères, un appareil expérimental Alouette II et un prototype Alouette III, se posent au sommet du Mont Blanc, montrant les immenses possibilités.

En 1961, un premier colloque Air-Montagne réunissant l'ensemble des partenaires concernés par le Secours en montagne et par le développement des moyens aériens est organisé à l'ENSA de Chamonix. C'est « une nouvelle étape dans l'organisation du Secours en montagne en France »...

 

Mais le débat sera vif entre les avantages des actions terrestres et ceux des moyens aériens, la FFM continuera à développer un treuil léger de transport des blessés jusqu'en 1965...

 

Le bilan de 1962

 

Le bilan de 1962 du Secours en montagne fait apparaître 179 interventions de secours dont 98 opérations héliportées. La FFM a enregistré 2 363 journées-sauveteurs.

 

Parmi les journées-sauveteurs :

 

- 558 bénévoles FFM,

- 641 Gendarmes,

- 461 CRS,

- 575 ENSA, EHM, Militaires, Douaniers et Pompiers,

- 128 Guides professionnels.

 

Les secours ont ramené 117 blessés et 57 égarés.

Il y a eu à déplorer 59 morts...

 

En 1964, la FFM constate que « les résultats des interventions de la Société Chamoniarde de Secours en Montagne montrent une forte augmentation des opérations aériennes ».

 

Peu à peu l'hélicoptère va prendre une place importante, puis prépondérante...

 

 

L'hélicoptère pour l'ensemble des missions d'exécution des secours

 

De nouvelles machines très performantes, aux mains d'habiles pilotes, vont rapidement être capables d'aller porter assistance dans les endroits les plus inaccessibles des montagnes.

 

En 1965, une Circulaire interministérielle pour l'emploi de l'hélicoptère dans le Secours en montagne est publiée le 12 mai...

 

En 1965, il y a encore 196 caravanes terrestres pour 224 interventions aériennes.

 

Un peu plus tard, la puissance de l'Alouette III va autoriser un progrès décisif. L'appareil - équipé d'un treuil et d'un brancard adapté - va faire des merveilles en permettant le vol stationnaire directement au-dessus du lieu d'intervention.

Le blessé, installé sur le brancard, est remonté à l'aide d'un filin et du treuil pour être récupéré et immédiatement évacué.

Le 18 juillet 1967, un sauveteur est déposé à 3100 m dans la face est du Moine et les deux blessés enlevés.

Le 7 août, sur l'arête faîtière proche du Grand Gendarme de l'Aiguille du Grépon, un alpiniste en fâcheuse position est directement extrait.

 

Plus tard encore, un harnais en extrémité de filin permettra des opérations particulièrement acrobatiques et osées.

 

En 1972, la couverture des zones de montagne du territoire national par les groupes spécialisés de secours des CRS et de la Gendarmerie - disposant du monopole des moyens aériens - est complète...

 

Ils vont assurer l'ensemble des missions d'exécution des secours...

 

Le Secours en montagne sort du cadre juridique de la FFM

 

Au  Comité interministériel, les négociations pour l'organisation d'un Service public ont été longues et difficiles. Lucien Devies se sera beaucoup dépensé pour préserver les intérêts du monde de la montagne.

 

En 1969, il informe le Club Alpin et la FFM que le Secours en montagne va être entièrement pris en charge par l'État.

 

En 1972, Devies peut transmettre cette organisation sans état d'âme, au nom des valeurs qui lui étaient chères : l'intérêt général et le pragmatisme...

 

L'organisation française des Secours en montagne sortait du cadre juridique de la Fédération Française de la Montagne et se plaçait sous la responsabilité entière des Pouvoirs publics.

 

Devies pouvait constater avec satisfaction que les méthodes qu'il avait su proposer et faire appliquer au monde de la montagne étaient reprises par les autorités publiques... Que les adaptations nécessaires étaient elles-mêmes établies en tenant compte de ses propres suggestions...

 

Une « Commission des Secours en montagne » que Lucien Devies aura tenu à bout de bras pendant presque trente années...

 

1964-1967 - L'organisation et le secours aux skieurs

 

Longtemps le secours aux skieurs est resté dans le domaine du flou artistique. De fait, pour le ski de piste, c'était le personnel des stations qui assurait ce service mal défini.

 

Les deux destinations, la piste et le hors-piste seront précisées :

 

« L'organisation des secours dans le domaine des sports de montagne se subdivise en deux branches, le secours aux skieurs sur piste, le secours en montagne ».

 

Depuis 1964, une instruction interministérielle impose aux maires de prendre un arrêté instituant une commission chargée du service de sécurité sur les pistes de ski de leur commune. Mais, on va longtemps ergoter sur la définition d'une piste de ski et même sur la largeur de celle-ci.

 

En 1967, on arrivera à la notion de domaine skiable « qui séparait convenablement les domaines de la montagne et du ski de piste ».

 

1980 - Les interventions médicalisées

 

La présence d'un médecin dans l'équipe d'intervention se généralisera en 1980.

 

1985 - Les Sapeurs-pompiers

 

En 1985 enfin, la structure nationale recevra l'appui d'un troisième corps, les Sapeurs-pompiers par l'intermédiaire de « Groupes de Recherche et d'Intervention en Milieu Périlleux ».

 

Il était en effet étonnant que cette organisation liée directement au Service de la Protection Civile ne soit pas concernée par ces missions d'assistance.

 

Aujourd'hui

 

Les groupes spécialisés de secours des Compagnies Républicaines de Sécurité, de la Gendarmerie Nationale et des différents corps de Pompiers assurent l'ensemble des missions d'exécution des secours sur le territoire national.

 

Références

 

- L'organisation du secours en montagne 1945-1975. Article intégré à l'ouvrage coordonné par Olivier Hoibian : Lucien Devies, La montagne pour vocation. Édition L'Harmattan.

- Secours en montagne hier et aujourd'hui par Raymond Mollaret. La Montagne & Alpinisme n°2/1993.

- La tragédie Vincendon et Henry - La Montagne & Alpinisme 3/1983.

- Également les différents articles proposés dans les revues, dont La Montagne & Alpinisme et les ouvrages consacrés...

 

CONSULTATION

 

L'ensemble des textes concernant l'histoire de la FFCAM et des autres dossiers proposés sont consultables au Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

Consultation de l'ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

 

CONSULTATION EN LIGNE


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