Le Comité scientifique

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Cette présentation a été rédigée par Joan Decker, Jacques Malbos et Yves Peysson, membres du Comité Scientifique du Club Alpin Français. Quelques ajouts supplémentaires de détail ont été portés pour l'information des lecteurs.

 

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Sommaire :

 

Une approche scientifique des montagnes de France

1890-1920 - L'œuvre de Joseph et Henri VALLOT

1903 - La Commission de topographie

L'œuvre de Paul Helbronner

1923 - La Commission des Travaux scientifiques

1984 - Le Comité scientifique

Quelques repères significatifs

Topographie - Cartographie 1903-1929

Toponymie 1874-1914 et 1923-1929

Glaciologie 1874-1914

Spéléologie


 
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Une approche scientifique des montagnes de France

 

À la différence des associations sportives fondées sur une discipline ou un ensemble de disciplines relevant d'une même famille, le Club Alpin Français a pour objet un domaine : la montagne.

La vocation généraliste du CAF, bien que privilégiant les pratiques liées à l'alpinisme, intègre l'ensemble des domaines concernés par la montagne : sciences, culture, environnement.


Dès sa fondation en 1874 le Club Alpin Français a souhaité développer et promouvoir une approche scientifique des montagnes de France.


La Direction du Club confie alors à un géographe Adolphe Joanne la direction des Annuaires du Club Alpin Français ( 1874-1903 ).


Alors que l'alpinisme cherche ses marques, les Annuaires du Club Alpin Français constituent un outil de diffusion ouvert aux différents courants qui animent le milieu montagnard. De ce fait, la rubrique scientifique couvre un large spectre : Géologie, Géomorphologie, Glaciologie, Spéléologie, Orographie, Météorologie, Topographie et Cartographie...


La rubrique scientifique des Annuaires assure un double rôle de révélateur et de coordination, par la visibilité que confère la publication, et l'effet structurant qui y est associé.


Plus tard, la Commission de topographie, puis la Commission des travaux scientifiques, puiseront largement dans ce vivier. Aujourd'hui, la collection des Annuaires constitue pour le chercheur une source d'informations sur les mobiles et l'action des acteurs du moment, et l'état des connaissances dans ce dernier quart du XIXe siècle.

 

1890-1920 - L'œuvre de Joseph et Henri Vallot

 

Joseph Vallot ( 1854-1925 ) est un naturaliste passionné par les Sciences de la Terre, il est membre de la Direction centrale du Club Alpin, vice-président en 1886 et président en 1907.

 

 Henri Vallot ( 1853-1922 ) est ingénieur, il est membre de la Direction centrale du Club Alpin de 1886 jusqu'à sa mort, membre éminent de la Commission des refuges, il est secrétaire de la Commission de topographie.

 

Par leurs travaux concernant les études scientifiques se rapportant aux montagnes, les deux cousins - membres éminents de notre association - ont grandement apporté au rayonnement du Club Alpin....

 

En 1886, Joseph Vallot publie dans l'Annuaire « Excursion scientifique au Mont Blanc », c'est le début d'une vocation.

 

Ses nombreux écrits ponctueront son œuvre scientifique...

 

Il projette rapidement d'installer une plateforme scientifique sur les hauteurs du Mont Blanc.

 

Son cousin Henri Vallot l'accompagnera et l'assistera tout en réalisant sur le terrain les relevés du Réseau trigonométrique du massif du Mont Blanc et des altitudes des villages, chalets et lieux-dits, des cols, passages, brèches et fenêtres et de l'ensemble des sommets, aiguilles, clochers, gendarmes, pointes et tours...

 

En 1890, installation du premier Observatoire Vallot construit sur les fonds propres de Joseph Vallot, au niveau des Rochers Foudroyés à 4358m. Il servira aussi de refuge au profit des Guides de Chamonix, à la demande de la Municipalité.

 

En 1892, afin d'éviter la gêne provoquée par les touristes, Joseph Vallot fait construire un refuge - la cabane Vallot - qui accueillera Guides et ascensionnistes jusqu'en 1937.

 

L'observatoire est agrandi et achevé en 1898.

 

L'œuvre de Joseph et Henri Vallot sera poursuivie par Charles Vallot - fils d'Henri - par la production en 1925 d'une encyclopédie consacrée à la partie française du massif du Mont Blanc. Une description précise, fidèle et complète de ces montagnes « dans quelque ordre d'idées que ce soit géographique, humain, historique, littéraire ».

 

 

1903 - La Commission de topographie

 

Au début du XXe siècle, l'État major des Armées et les montagnards partagent une préoccupation commune concernant les insuffisances voire les erreurs en matière de cartographie des Alpes ou des Pyrénées.

Les premières cartes représentant correctement la chaîne du Mont Blanc dans son ensemble ne datent que de 1865 et 1867. Voir un historique dans le dossier : Les cartes.

 

À l'initiative du lieutenant-colonel du Génie F. Prudent ( alors capitaine ) en charge de la carte au 1/50.000ème, un groupe de travail est constitué. Il rassemble des géodésiens et des alpinistes-topographes entre autres personnalités Joseph et Henri Vallot, Frantz Schrader, Paul Helbronner... L'objectif assigné est double : formation aux techniques des relevés en terrain difficile, amélioration des méthodes et des matériels de topographie en montagne.

 

À la suggestion d'Henri Vallot, cette entité intègre en 1903 le Club alpin français sous la dénomination de « Commission de topographie » ( 1903-1914 ).

 

« Malgré son titre un peu restrictif, cette Commission s'est occupée de la plupart des études scientifiques que l'on peut avoir à envisager pour la connaissance des régions montagneuses », note Léon Maury.

<  Voir : L'œuvre scientifique du Club alpin français ( 1874-1922 ) - Léon Maury - 1936.

<  Voir : Histoire d'une parenthèse cartographique - Nicolas Guilhot - 2005.

 

La désignation des lieux de montagne

 

À ce moment là, la toponymie alpine, la désignation des lieux de montagne, est dans un état chaotique : « dissémination des renseignements, désaccords fréquents entre les intéressés, difficultés d'interprétation provenant de l'imprécision des auteurs, erreur d'identification ».

 

Ce qui va conduire Henri Vallot à produire une contribution « Des noms nouveaux en haute montagne » dans la revue « La Montagne » de 1909, en lien direct ( et peut être plus ) avec les travaux de la Commission de topographie du Club Alpin.

 

« L'attribution aux sommets, cols et accidents divers d'un massif montagneux, de noms appropriés, qu'ils soient entièrement nouveaux ou seulement incertains ou contestés n'est pas pour le cartographe une tâche facile.

 

Le topographe par suite de son contact permanent et prolongé avec les habitants du pays devrait être mieux placé que quiconque pour attribuer à chaque objet le nom qui lui convient, c'est son opinion qui devrait prévaloir ».

 

De leur coté, les alpinistes ont proposé des noms qu'ils ont cru « pouvoir appliquer aux sommets dont ils ont les premiers (autant qu'on peut le savoir) foulé la cime, en n'étant pas toujours bien inspirés. Ces trouvailles, souvent hâtives et quelquefois fantaisistes sont alors d'autant plus fâcheuses que le grimpeur s'imagine, de très bonne foi du reste, être investi d'une sorte de droit de conquête et notamment de celui de baptiser à sa guise et impérativement le sommet dont il est le "vainqueur" ».

 

« Sans doute l'usage personnel qu'il fait de son vocable dans son récit de son ascension est parfaitement licite, mais tout aussi licite est l'opposition du spécialiste, topographe et cartographe, en même temps d'ailleurs qu'alpiniste, qui, se refusant à adopter ce vocable comme impropre et à le graver sur sa carte, lui en substitue un autre moins critiquable et mieux approprié.

 

Il n'est pas inutile de faire remarquer que le cartographe dispose d'une puissance avec laquelle il faut bien compter et qui assurera très probablement le triomphe définitif de sa nomenclature : cette puissance, c'est la carte, la carte que tout le monde possède, lit, ou consulte, que tout le monde copie ».

 

Déjà en 1906 dans les Pyrénées, une Commission de la Fédération des Sociétés Pyrénéennes est chargée de définir « pour chaque lieu la dénomination et l'orthographe de nom qu'il convient d'adopter et d'inscrire sur les cartes ».

 

C'est dans les Alpes que le nécessaire travail de recherche et de partage devait être poursuivi.

 

La Commission de topographie du Club Alpin et plus tard les rédacteurs des guides itinéraires des années 1920 à 1950, en lien avec les services de cartographie de l'État, apporteront de nécessaires stabilisations et cristallisations dans la désignation des noms des lieux de montagne...

 

Ensuite une fois la cartographie figée, il restera de n'introduire que le minimum de changements compatibles avec la vérité reconnue en tenant compte de l'état de choses créé par l'usage, car « en matière de toponymie, il y a des courants que l'on ne remonte pas ».

<  Voir : Les noms de lieux des montagnes françaises - Léon Maury - 1929.

 

L'œuvre de Paul Helbronner

 

Il faut souligner l'immense travail de Paul Helbronner ( 1871-1938 ) qui durant vingt-deux campagnes de relevés de 1903 à 1928 réalisera une modélisation géodésique de l'ensemble des Alpes françaises et de la Corse ; une tâche considérable doublée d'une série d'illustrations photographiques exceptionnelles et de panoramas des Alpes remarquables. Une œuvre que le géodésien-alpiniste-topographe-photographe - membre illustre du Club Alpin - réunira en 12 tomes dans sa « Description géométrique détaillée des Alpes Françaises ».

 

Le Club Alpin rappellera « l'énorme tâche entreprise, qui ne vise à rien moins qu'à procéder à une nouvelle triangulation des Alpes françaises. L'œuvre accomplie jadis par de nombreuses missions de notre corps d'état-major, M. Helbronner, armé de nouvelles méthodes, la reprend seul pour et à son compte : labeur effrayant, mais qu'il conduit avec ce bonheur qui ne favorise que les audacieux. Chaque été vous le voyez, loin des siens, campé sur nos cimes les plus ardues, debout dès l'aube, opérant des visées, prenant des photographies, employant les heures de pluie à avancer ses calculs et ne perdant jamais un instant de vue le but final ».

 

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La guerre de 1914-1918 interrompt les travaux de la Commission. Les principaux travaux de cartographie se poursuivront néanmoins, mais à titre individuel surtout avec Paul Helbronner, Joseph et Henri Vallot...

 

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1923 - La Commission des Travaux scientifiques

 

En 1920, à l'initiative du président Francisque Gabet, le Club Alpin organise un Congrès international d'alpinisme à Monaco dont l'un des objectifs prioritaire est la relance de la Commission de topographie. L'objet de la Commission est alors défini comme s'adressant à la « plupart des études scientifiques qu'on peut avoir à envisager pour la connaissance raisonnée des régions de montagne ». L'idée d'une université de la montagne transparaît tant au niveau de l'organisation que des conclusions des débats.

 

En 1921, le colonel Bellot s'adresse au Club Alpin et lui propose de « vérifier la toponymie » des feuilles des hautes régions des Alpes dont la réalisation est en cours ( Carte de France du Service géographique de l'Armée ). En 1923, le CAF répond positivement avec la création de la Commission des Travaux scientifiques. Un important travail est engagé sur les nomenclatures des feuilles remises par le Service géographique de l'Armée ( 1923-1929 ).

 

En 1929, à partir de travaux conduits souvent à titre personnel, le champ d'activité de la Commission va se diversifier. De nouvelles rubriques apparaissent ou se développent, l'astronomie, l'aérologie et la météorologie, la spéléologie, la géographie humaine, la zoologie ou la botanique... En 1936, la Commission réalise et édite un important ouvrage consacré à « L'œuvre scientifique du Club alpin français 1874-1922 ». Cette publication qui prend la forme d'un bilan, marque un tournant dans l'activité de la Commission. Le travail de recherche est de plus en plus le fait d'institutions spécialisées dotées de compétences et de moyens appropriés, les travaux entrepris à titre individuel se situant à la marge.

 

En 1939, le Dr Jeannel, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, prend la présidence de la Commission des travaux scientifiques du Club alpin ( 1939-1950 ). Profondément impliqué dans les développements de la spéléologie, il soutient un ensemble de travaux portant, outre la topographie, sur l'hydrologie, les climats souterrains, la géologie...

 

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l'autosuffisance, en compétences et en moyens techniques, comme en matière de financement, est de plus en plus difficile à réaliser, le modèle incarné par les Vallot, mécènes de leurs propres œuvres, est définitivement révolu. La Commission des travaux scientifiques doit assumer le passé prestigieux de la Commission de topographie et faire face à l'incertitude du présent.

 

En 1951, Paul Fallot ( géologue, professeur au Collège de France ) succède au Dr Jeannel, à la Présidence de la Commission des travaux scientifiques. Sensible aux cloisonnements qui brident la recherche, il prend des initiatives novatrices qui s'écartent du modèle hérité de la Commission de topographie.

 

Sous son impulsion, le Comité engage entre-autres un programme pluriannuel de mesures sur la Mer de Glace ( 1952-1960 ). Les objectifs s'inscrivant dans le droit fil des travaux exécutés par Joseph Vallot mais supposant des partenariats en moyens et financements pour être menés à bien...

 

En 1953, il obtient la présence d'un échelon scientifique aux expéditions françaises au Makalu de 1954-1955 ( avec P. Bordet, 1954-1955 et M. Latreille, 1955, deux géologues ). Novatrice, la Commission des travaux scientifiques assure une fonction d'interface entre les alpinistes et les chercheurs et entre les institutions concernées FFM, CAF et le CNRS et l'IGAL ( Institut de Géologie Albert de Lapparent ). L'expédition connait une double réussite. L'ensemble des alpinistes atteint le sommet. Les retombées scientifiques seront considérables et orienteront un ensemble de travaux en géologie et géomorphologie du Népal.

 

En 1962, les éditions du CNRS publient les Recherches géologiques de l'Himalaya du Népal, région du Makalu, ouvrage de l'Abbé Bordet qui constitue une référence.

 

Dissoute en 1965, la Commission sera réactivée, à titre conservatoire, entre 1970 et 1978.

 

Refondée en 1982-1983 par Jacques Malbos cette entité prendra, pour marquer sa spécificité, l'intitulé de Comité scientifique...

 

1984 - Le Comité scientifique

 

Le Comité d'abord présidé par Jacques Malbos de 1984 à 2002, puis par Yves Peysson de 2003 à 2008, et actuellement par François Valla, se définit alors comme un lieu de rencontre et d'initiative interdisciplinaire entre scientifiques et alpinistes. Un lieu de projets entre entités d'origines et de natures différentes...

 

La composition du Comité en terme de diversification des compétences et des appartenances institutionnelles constitue de ce fait un facteur essentiel pour mener à bien une politique qui privilégie les projets fondés sur le partenariat.

 

Quelques repères significatifs

 

Topographie, cartographie 1903-1929

 

Outre l'adaptation des méthodes et de l'instrumentation aux conditions de la haute montagne il convient de noter :

 

- D'importants travaux sur l'adaptation des cartes aux spécificités de la haute montagne.

- Carte des Pyrénées centrales de Franz Schrader ( six feuilles, 1869-1893 ).

- Triangulation des Alpes par P. Helbronner.

- Carte du massif du Mont-Blanc entreprise par J. et H. Vallot ( 1892 ), poursuivie par Ch. Vallot ( 1925-1940 )...

- Essai sur les représentations topographiques du Rocher de Franz Schrader ( 1911 ).

- L'examen critique de la feuille de Tignes ( nouvelle carte de France au 1:50 000ème du Service géographique de l'Armée ) constitue, de fait, un état des écarts entre moyens et besoins en matière de cartographie de la haute montagne ( 1912 ).

 

Toponymie 1874-1914 et 1923-1929

 

Dans un premier temps ( 1874-1914 ), les alpinistes-topographes s'intéressent aux dénominations. Ils le feront en associant deux regards, celui de la recherche étymologique ( érudition ) et celui de l'homme de terrain qui s'attache à la signification des mots et de leur usage et ce dans un contexte local, approche de nature quasi ethnographique.

 

À partir de 1903, la Commission de topographie normalise les initiatives des alpinistes en matière de dénominations.


Dans un second temps ( 1923-1929 ), la Commission s'attache, pour le compte du Service géographique de l'Armée, à définir la toponymie des feuilles ( Alpes ) de la nouvelle Carte de France au 1:50 000ème.

 

L'ensemble de ces travaux est exposé dans l'ouvrage de Léon Maury : Les noms de lieux des montagnes françaises.

 

Glaciologie 1874-1914

 

Les articles publiés dans les Annuaires ( 1874-1883 ), alternent l'étude des grands mouvements glaciaires relevant de la paléoclimatologie, et des travaux plus ponctuels portant sur les mouvements ( avance ou recul) des glaciers.
Les séries de relevés de Joseph Vallot sur l'écoulement des glaciers du mont Blanc ( 1891-1899 ), demeurent exemplaires et constituent une base de données toujours en usage.


La Commission de topographie participe à la création de la Commission française des glaciers ( 1901 ). La présence à la tête de la Commission de deux membres de la Commission de topographie souligne l'engagement du Club alpin.

 

De 1901 à 1903, les Annuaires rendent compte des travaux de la Commission française des glaciers.

 

Spéléologie

 

Les Annuaires s'ouvrent aux explorations spéléologiques, un « alpinisme à rebours » selon la formule d'Édouard-Alfred Martel pionnier et fondateur de la spéléologie.


Ce dernier publie dans la revue du Club Alpin, entre 1888 et 1896, neuf articles sur ses campagnes ( France, Autriche, Irlande, Angleterre, Majorque et Catalogne ). Il étudie la formation des cavernes, grottes avens... et lève à la boussole et au baromètre les coupes des appareils souterrains. D'exploration, la spéléologie devient scientifique.

En 1939, le Dr Jeannel, soutient un ensemble de travaux portant, outre la topographie, sur l'hydrologie, les climats souterrains, la géologie...

 

Le Comité scientifique aujourd'hui

 

Lieu de rencontres et de projets entre scientifiques ( professeurs et chercheurs ) et pratiquants des sports de montagne ( alpinisme, ski-alpinisme, randonnée, etc. ), le Comité Scientifique mène de nombreuses actions au sein de la FFCAM.

 

Un résumé synthétique de celles réalisées depuis une petite dizaine d'années donne un aperçu non-exhaustif de son rôle au sein de la fédération.

 

Plaquettes

 

Dans le domaine éditorial, le Comité Scientifique publie les fameuses « plaquettes » traitant d'un sujet technique précis pouvant intéresser la communauté. Depuis 2003, un travail de fond a été mené pour assurer la jouvence des exemplaires existants.

 

Certaines plaquettes ont été rééditées sous forme papier, et toutes ont été mises en ligne. Elles peuvent donc être téléchargées gratuitement depuis les pages du Comité : www.ffcam.fr/comite_scientifique.html

 

Parmi les plus connues, on citera :

 

- Accidents de la foudre en montagne,

- L'orage en montagne,

- L'alimentation en montagne,

- Nutrition pour l'alpinisme,

- Reconnaître les petits traumatismes en montagne,

- Préparation physique à l'alpinisme.

 

Le Comité Scientifique édite également une série spéciale de « plaquettes » consacrées à la géologie autour des refuges ou dans certains lieux spécifiques. C'est un outil très pédagogique pour le grand public permettant de découvrir et de comprendre l'histoire d'un massif sur des millions d'années. Il s'agit d'un très long travail, qui est encore loin d'être achevé.

 

Parmi les sujets traités, on trouve :

 

- Un aperçu de la géologie autour du refuge du lac Blanc,

- Géologie autour du refuge des Evettes,

- Un aperçu de la géologie autour du refuge d'Avérole,

- Lauzière : anatomie d'un granite ; guide pour randonneur curieux,

- La Vanoise - Col de Chavière : anatomie d'un grand contact tectonique.

 

Journées d'études

 

Le Comité scientifique mène en parallèle une activité éditoriale importante en relation avec les journées d'études ou des symposiums, qu'il organise tous les deux ou trois ans.

 

Les thèmes abordés sont variés :

 

- la foudre et montagne, organisé conjointement avec la Société des Électriciens et des Électroniciens ( SEE ) et sous le patronage de l'UNESCO,

- l'usage du GPS,

- l'action de Lucien Devies,

- les glaciers alpins

- les innovations scientifiques et les évolutions des pratiques de la montagne.
 

  • Ces journées, qui se déroulent à Paris mais aussi en province, sont l'occasion unique d'avoir un tour d'horizon complet d'un sujet, grâce aux interventions de nombreux spécialistes de renommées internationales.

 

Chaque journée d'étude donne lieu dans l'année qui suit en général, à la publication d'Actes sous forme d'une revue spéciale, ou d'un livre diffusé en librairie ou par la FFCAM elle-même. Un article de synthèse dans la revue LMA accompagne également la sortie de ces Actes, et le Comité Scientifique, à l'invitation des clubs alpins locaux, vient donner des conférences sur ces sujets.

 

Conférences

 

Chaque année, le Comité organise une conférence en partenariat avec la Société Française des Explorateurs, dans la salle de la Société Française de Géographie à Paris. Les sujets sont très variés, et intéressent un large public. Ils portent sur les expéditions lointaines comme celle au Cho Oyu par Claude Kogan, l'exploration spéléologique au Scarasson ( Alpes-Maritimes ) ou en Chine, la cartographie souterraine, la sismologie en Himalaya ou sur des aspects historiques comme l'action de Lucien Devies pour l'alpinisme français. Les orateurs viennent souvent du Comité lui-même, mais peuvent être extérieurs à celui-ci.

 

Le Comité Scientifique, par ses membres, donne de nombreuses conférences, et participe également à des cafés thématiques, comme le café-carto sur les volcans et glacier au Kamchatka et le colloque « Femmes et hommes en montagne : au delà des différences », qui a eu lieu sur trois jours au printemps 2008.

 

Actus-Sciences

 

En 2007, le Comité Scientifique a lancé la rubrique « Actus-Sciences » ( récemment renommée simplement « Sciences » ) dans la revue La Montagne & Alpinisme où un sujet scientifique est traité de manière pédagogique par un ou quelques spécialistes.

 

Les sujets traités sont très variés :

 

- Montagnes et réfraction de la lumière,

- Les glaciers sont aussi parfois sous terre ; Séismes en Himalaya,

- Petite histoire du cramponnage à la française,

- Une conquête de l'autonomie alpine chez les femmes,

- Aperçu de la flore du massif des Bauges, etc.

 

Collaborations

 

Dans le cadre d'accords de collaboration avec des universités ou des laboratoires de recherche, le Comité Scientifique apporte un soutien matériel et parfois financier à des sujets de thèse de doctorat qui peuvent être d'un grand intérêt pour les pratiquants de la montagne.

 

On peut citer l'étude de Cécile Ottogalli-Mazzocavalo sur la place des femmes en montagne effectuée à l'Université de Savoie, celle de Nicolas Cazenave sur la prise de risque par les femmes en montagne en partenariat avec l'Université Paris XI.

 

Mis à part le soutien au cas par cas à de jeunes chercheurs, le Comité Scientifique apporte également sa caution et une aide à des colloques organisés par des instances extérieures mais dont le sujet est d'intérêt pour la communauté.

 

On peut ainsi citer le colloque sur le thème : Genre, Montagne et Pratiques Sportives organisé par l'université Claude Bernard à Lyon.

 

Expertise et conseil

 

Le Comité Scientifique a été amené à exercer son expertise sur certains sujets précis, comme l'évaluation de documents techniques concernant le projet d'un nouveau refuge du Goûter sur le Mont Blanc, à la demande du bureau de la FFCAM.

 

En parallèle, il a apporté un soutien matériel et de conseil pour le musée de l'himalayisme à Pokhara ( Népal ), envoyant des livres pour enrichir le fond bibliographique, mais aussi des posters sur l'évolution des matériels et des techniques en montagne.

 

Un domaine très important dans lequel le Comité Scientifique apporte sa connaissance concerne l'archivage de documents, afin de mettre ceux-ci en ligne par Internet pour une meilleure diffusion de l'information. Il s'agit aujourd'hui d'une question stratégique majeure, et la Comité Scientifique a été pionnier sur ce sujet en organisant le scan complet des archives concernant Lucien Devies.

 

Récemment, dans le cadre d'une recherche, un partenariat universitaire a été noué dans lequel le Comité Scientifique apporte son expertise pour scanner les revues La Montagne. Un projet est également en vue pour la revue Alpinisme, dont il ne reste plus que quelques collections complètes.

 

Le Comité Scientifique apporte donc une contribution majeure pour le plus grand intérêt de la communauté alpine.

 

Expéditions

 

Le Comité Scientifique a été partie prenante de plusieurs expéditions mêlant alpinisme de haut niveau et activité scientifique sur le terrain.

 

Dans le cadre du programme pluriannuel Biafo-Hispar, les missions d'exploration sur le glacier du Baltoro dans le Karakorum en 1984 et 1986, Yazghie Dom dans la même région en 1988 et Kula Kangri dans le Sud Tibet en 1993.

 

Avec l'ascension de l'Himlung Himal au Népal en 2001, le Comité a contribué à une meilleure connaissance de cette montagne exceptionnelle, dont la croissance est l'une des plus rapides au monde.

 

Par la collecte d'échantillons prélevés sur le terrain et analysés ultérieurement par des équipes du CNRS, et en menant l'ascension lui-même, il a appliqué sur le terrain la synthèse entre sciences et alpinisme.

 

Plus récemment, le Comité Scientifiques est parti visiter un des très rares lacs de lave existant sur Terre, celui de l'Erta Ale en Éthiopie.

 

Internet

 

Parmi les attributions du Comité Scientifique, celui-ci a la responsabilité du développement du site internet www.topoguides.com consacré à un topo d'alpinisme interactif pour le Mont Blanc prenant la suite du fameux guide Vallot.

 

Films

 

Le comité, par ses membres, réalise également quelques films vidéo sur des explorations ou des expéditions. 

 

En conclusion, les activités du Comité Scientifiques de la FFCAM sont multiples, à l'image de sa dimension pluridisciplinaire. Son rôle est d'être un pont entre des communautés très distinctes, ce qui permet un enrichissement mutuel.

 

Entité unique au sein d'un club alpin au niveau mondial, le Comité Scientifique maintient son indépendance quant aux sujets traités et aux méthodes de vulgarisation, pour l'intérêt premier des pratiquants des sports de montagne.

 

Sources documentaires

 

Cette présentation a été rédigée par les membres du Comité cités en début de dossier.

 

D'autres éléments historiques et documentaires concernant le Comité scientifique sont accessibles sur le site de wikipedia, par le lien suivant :


http://fr.wikipedia.org/wiki/Comité_scientifique_de_la_Fédération_française_des_clubs_alpins_et_de_montagne

 

 

CONSULTATION

 

Concernant les travaux des différentes commissions, voir les documents consultables...

 

Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris

 

Plus particulièrement :

 

- Annuaires du CAF, ( 1875-1904 )

- La Montagne, ( 1905-1954 ), résumé des Assemblées générales du Club.

- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955, résumé des AG du Club.

- Commission de topographie, 1903-1914. Notes de séances rédigées par Henri Vallot.

- L'œuvre scientifique du Club alpin français ( 1874-1922 ). Léon Maury.

- Les noms de lieux des montagnes françaises. Léon Maury.

- Rapport moral présenté aux Assemblées générales du Club alpin, ( Archives du CAF ).

 

CONSULTATION

 

L'ensemble des textes concernant l'histoire de la FFCAM et des autres dossiers proposés sont consultables au Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

Consultation de l'ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

 

CONSULTATION EN LIGNE


Vous pouvez consulter en ligne le catalogue du CND avec un accès aux références pour l'ensemble des articles des revues et pour les livres.

Il suffit de saisir un mot caractéristique ou un des mots-clés d'un ouvrage recherché, dans l'un des champs appropriés ( auteur, titre, sujet, année d'édition ) et vous aurez accès aux références de votre recherche.

Consultation en ligne de la revue Alpinisme numérisée sur le site du GHM.

Consultation des revues de la FFCAM numérisées en préparation, certains ouvrages sont déjà accessibles sur des sites extérieurs.

 

NUMÉRISATION

 

Une partie de la collection est numérisée, cela concerne l'Annuaire 1874-1904. Consulter www.archive.org et utiliser le mot-clé : club alpin français.
La numérisation de l'ensemble de la collection La Montagne et La Montagne & Alpinisme est prévue...