Un historique de l'alpinisme de 1945 à nos jours en Europe et au Yosemite

 

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Un historique soulignant les principaux événements se rapportant à l'alpinisme - sans prétendre à l'exhaustivité - est proposé en plusieurs dossiers :

- L'alpinisme de 1492 à 1914.

- L'alpinisme de 1919 à 1939.

- L'alpinisme de 1945 à nos jours dans les montagnes d'Europe et au Yosemite.

- L'alpinisme de 1945 à nos jours dans les montagnes de l'Himalaya et du monde.

 

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L'alpinisme de 1945 à nos jours

dans les montagnes d'Europe et au Yosemite

 

Sommaire :

 

Au lendemain de la guerre

Les ascensions novatrices des années 1950-1970

L'alpinisme hivernal jusqu'en 1980

Le retour à l'escalade libre

L'équipement des alpinistes en 1970 et après

1978 - L'échelle des difficultés

Les voies rocheuses libérées 1970-1985

En 1972 - Une révolution technique pour l'escalade glaciaire

Les performances notables ou novatrices après 1970

Des repères dans le massif du Mont Blanc après 1970

Dans le massif des Écrins après 1970

Quelques repères dans les Alpes Valaisannes après 1980

Quelques repères dans l'Oberland Bernois après 1980

Quelques repères dans les Dolomites après 1980

Les Pyrénées après 1980

Dans le Yosemite après 1980

Grandes voies libérées après 1985

Les escalades solitaires

Les femmes sont bien présentes

Escalade artificielle

Le ski extrême

 

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AU LENDEMAIN DE LA GUERRE

 

  • Au lendemain de la guerre 1939-1945 et après le temps des conquêtes furieuses des années 1930, l'ambition des alpinistes sera pour un instant de répéter dans des conditions plus apaisées les itinéraires prestigieux obtenus précédemment au prix de nombreuses vies humaines...

 

En 1945, Édouard Frendo et Gaston Rébuffat réalisent la seconde ascension de l'Éperon nord de la pointe Walker des Grandes Jorasses dans le massif du Mont Blanc.

 

En 1947, Louis Lachenal et Lionel Terray effectuent la seconde ascension de l'Eigerwand dans l'Oberland Bernois...

 

Deux exploits notables, même s'ils n'étaient pas innovants...

Mais bientôt les désirs d'exploration et d'innovation reprendront leurs droits...

 

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L'ÉQUIPEMENT DES ALPINISTES DE 1945 À 1970

 

Dès l'immédiat après-guerre des progrès techniques importants vont intervenir...

 

La corde en polyamide

 

À la sortie de la guerre 1939-1940, deux initiatives parallèles sont poursuivies visant à améliorer la sécurité des cordes d'alpinisme.

Jusque-là, on grimpait avec comme seule protection la corde en chanvre, celle-ci cassait pour une chute libre d'un mètre sous une charge de 80 kg, la sécurité pour le premier de cordée était inexistante.

Les « cordes ordinaires » en chanvre étaient destinées à subir un effort de traction lent ou une charge statique, elles ne supportaient pas une charge dynamique, c'est-à-dire la chute du premier de cordée...

Avec le polyamide ( Nylon ), le progrès va être décisif...

Les « cordes spéciales » câblées voient le jour en Grande Bretagne à la fin de guerre, en conservant les méthodes de fabrication des cordes de marine... Elles seront les premières à offrir une résistance importante grâce à leur élasticité permettant de parer la chute d'un grimpeur progressant au-dessus d'un point d'ancrage...

En 1947, la corde moderne est mise au point, sur les conseils de Pierre Chevalier, par les établissements Joanny.

C'est une corde à fils parallèles constitués d'éléments multi-filamentaires de polyamide protégés par une gaine tressée.

 

C'est un progrès décisif...

 

À Grenoble, Maurice Doderot au sein de la Société des Touristes du Dauphiné commence l'étude systématique de la résistance des cordes.

En 1950, une Commission fédérale des cordes de montagne visant à définir un label est en place, conduite par Maurice Doderot et Pierre Henry. 

Ce label fixe les conditions que devront supporter les cordes pour être agréées. Ce sont les entreprises du bâtiment qui se montreront immédiatement intéressées, plus tardivement les fabricants de cordes d'alpinisme...

Et l'UIAA créera à la suite sa Commission internationale et son label

 

L'encordement

 

L'encordement se fait encore directement autour de la taille. En 1963, un baudrier est présenté par les équipementiers pour l'escalade artificielle, en effet dans les grandes escalades artificielles des Dolomites très surplombantes, les grimpeurs confectionnaient déjà un baudrier avec des sangles tubulaires américaines...

Ces harnachements pas encore bien adaptés étaient remisés en revenant à l'escalade libre...

Cet usage restera jusqu'en 1975...

 

Les crampons

 

La méthode de cramponnage imposée par Armand Charlet et présentée en France par l'ENSA comme la technique française sera fossilisée par l'article « Techniques actuelles de la neige et de la glace » d'André Contamine paru dans la revue Alpinisme de 1949.

C'est en fait une adaptation de la technique Eckenstein définie dès 1908, avec des crampons à dix pointes fabriqués à ce moment-là chez le forgeron Henri Grivel à Courmayeur, rebaptisée curieusement technique français.

Une méthode adaptée aux pentes classiques, mais beaucoup moins aux pentes plus importantes et aux progrès à venir.

Les meilleurs glaciairistes austro-allemands, suisses et italiens utilisaient depuis les années 1930 les crampons avec pointe avant - inventés par Henri Grivel dès 1929 - et pratiquaient le cramponnage frontal, comme notamment durant la première ascension de l'Eigerwand en 1938...

Mais en France personne n'osera contrarier les certitudes et les chevilles particulièrement souples du meilleur glaciairiste français du moment... et directeur technique de l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme...

 

Lire plus loin les péripéties de 1966 et 1969...  

 

Les chaussons

 

En 1948, et après une longue mise au point commencée en 1935, Pierre Allain met sur le marché dans son célèbre magasin de la rue St Sulpice à Paris, un chausson d'escalade à semelle caoutchouc de marque PA.

Le fameux chausson bleu sera immédiatement l'outil indispensable pour l'escalade à Fontainebleau.

En 1955, ces chaussons sont adoptés pour l'escalade des parois des Iles Britanniques...

Curieusement, ils resteront en France réservés, à quelques exceptions près, aux blocs de Fontainebleau pendant encore douze ans.

En 1962, apparaît un modèle concurrent : Varappe RD de Galibier.

Pierre Allain diffusera ses propre chaussons jusqu'en 1962. Il s'installera ensuite à Uriage en 1963, pour poursuivre le développement et la fabrication de ses mousquetons en alliage d'aluminium.

C'est dans ces années-là que le modèle d'origine échappera à son inventeur et sera récupéré par son fabriquant cordonnier Bourdonneau qui proposera le chausson bleu d'origine mais sous sa propre marque EB super-gratton.

En 1964, apparaît un modèle nouveau : Varappe PA Galibier, appelé « nouvelle PA ».

C'est en 1966, que le chausson d'origine figurera dans les publicités sous la marque : Super gratton EB, il restera pour encore quelques temps le modèle de référence.

Puis d'autres fabrications viendront...

En 1967, les chaussons font leurs apparitions dans les falaises calcaires et aussitôt dans les escalades rocheuses des Alpes... et, à partir de 1974, ils seront indispensables pour toute escalade difficile ou pas, en tous lieux.

 

Les mousquetons

 

C'est encore le mousqueton en acier qui est utilisé.

Déjà en 1938, le mousqueton léger en alliage d'aluminium ( Duralumin ) commençait à être proposé aux grimpeurs par Pierre Allain. Il devait être utilisé avec prudence essentiellement pour l'escalade artificielle, car il ne résistait pas à une chute même modeste.

En 1958, le mousqueton léger en alliage d'aluminium ( Zicral ) pour l'escalade libre est mis au point par Pierre Allain... Il résiste mieux aux chutes éventuelles des grimpeurs...

 

En 1966, le mousqueton en alliage léger, avec verrouillage du doigt d'ouverture, est présenté par Pierre Allain. C'est un véritable élément de sécurité.

 

Les piolets

 

En 1943, le marteau piolet permettant de travailler en terrain mixte et d'enfoncer les pitons et les broches à glace fait son apparition.

En 1950, en Écosse, les escalades hivernales se pratiquaient encore en chaussures à clous et taille de marches dans la glace, les crampons n'étaient pas acceptés comme moyen technique pour les ascensions...

Dès 1957 et ayant évolués et adoptés les crampons, les Écossais vont développer l'escalade glaciaire de haut niveau et chercher à améliorer le matériel.

La ligne Zero Gully sur le Ben Nevis par Tom Patey, Greame Nicol et Hamish MacInnes marque le début de cette révolution...

En 1964, un piolet à manche métallique est proposé sur le continent par un fabriquant anglais, mais les progrès de la technique glaciaire déjà constatés en Écosse devront attendre encore un peu dans les Alpes...

 

Les pitons américains

 

En1962, les pitons américains - en acier spécial raide et très élastique - traversent l'Atlantique, ils sont très bien adaptés au granite et sont facilement utilisables, réutilisables et récupérables.

Ils ont été inventés et utilisés par John Salathé pour l'ouverture de Lost Arrow dans le Yosemite en 1946. C'est l'apparition des Bongs, des Leepers, des Angles et autres Rurps... Les pitons classiques en acier malléable conservent cependant leurs avantages dans les parois calcaires...

 

Les broches à glace

 

Les pitons à glace inventés par Welzenbach dans les années 1930, de simples lames métalliques, se perfectionnent ; et dans les années mil neuf cent soixante des broches à glace tubulaires, des tiges coniques à épines sont proposées, toutes pénètrent la glace en étant frappées à l'aide du marteau-piolet.

Apparaissent également les modèles autrichiens en forme de tire-bouchons... Cette broche que l'on visse directement dans la glace est une tige d'acier de 5 mm avec une spirale matricée, sa première utilisation est une épreuve pour les nerfs, pourtant sa tenue à l'arrachage en glace dure est surprenante... La broche vissée va avoir un bel avenir...

 

Le casque d'escalade

 

Notons que des casques figurent dans l'équipement des deux ascensionnistes de l'Eigerwand Anderl Heckmair et Wiggerl Vörg en 1938...

Le casque est utilisé avec parcimonie dans les années 1950 ... et certains utilisaient un casque de chantier et parfois de moto... 

Il est adopté régulièrement par les grimpeurs austro-allemands dès les années 1950.

Mais en France, il rencontrera d'abord quelques réticences...

Jean Cousy et René Desmaison sont têtes libres dans la reprise de la voie directe de la face nord de la Cima Grande en 1958,  comme ceux de la directe française de la Cima Ovest de 1959... Pas casque non plus durant l'hivernale de mars 1960 de la paroi nord-ouest de l'Olan...

Ils apparaissent pour la première fois en France dans une répétition du pilier sud-ouest de la Croix de Fer, comme en atteste l'iconographie de la revue La Montagne & Alpinisme de juin 1960.

 

Pour cette protection essentielle, l'élément déclencheur sera la diffusion mondiale des splendides photographies relatant la première ascension hivernale de la face nord-ouest de l'Eiger du 6 au 12 mars 1961. Les Austro-allemands Walter Almberger, Toni Kinshofer, Anderl Mannhardt et Toni Hiebeler sont tous équipés de casques...

Le casque est proposé dans l'information sur le matériel d'alpinisme dans la revue La Montagne & Alpinisme de juin 1961.

Desmaison porte un casque au Pic de Bure en 1961.

En 1961, Gaston Rébuffat dans son livre d'initiation Neige et Roc est encore hésitant « son emploi peut-être se généralisera » et ne propose aucune photographie de grimpeur protégé. La casquette de guide reste encore populaire...

Le casque entre dans les m½urs et dans les catalogues des magasins français en 1965 et connaîtra de nombreux progrès...

 

Un label FFM concernant les casques pour alpiniste est instauré en 1967.

 

Les ancrages forés

 

Le forage d'un logement pour placer un ancrage a été longtemps l'arme interdite en escalade. Avoir recours un seul piton-gollot dans une paroi de 1000m vous exposait à l'équivalent d'une excommunication...

Déjà les gollots de la face ouest des Drus avaient été très critiqués en 1952...

En 1958, dans les parois du Yosemite, les Américains sont les premiers à pratiquer systématiquement des forages de la roche pour placer des pitons-gollots ; les ancêtres des « Spits » et autres...

Au même moment dans les Dolomites, on attaque les parois là où elles sont les plus surplombantes avec des longueurs de corde entièrement artificielles et utilisation de nombreux pitons-gollots.

Dans les gorges du Verdon en 1968, la voie des Enragés dans la paroi de Duc sera ouverte avec l'aide des mêmes artifices.

 

La remontée sur cordes fixes

 

En 1958, dans les parois du Yosemite, les grimpeurs américains utiliserons la technique de siège pour gravir les hautes parois en installant des cordes fixes remontées ensuite à l'aide de n½uds de Prusik ( et ses dérivés ) ou des singes mécaniques, avec la technique de l'auto-traction, la force développée par la jambe permettant la montée du grimpeur.

 

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1958 - La poignée Jumar

 

Deux grimpeurs suisses Adolf Jüsy et Walter Marti font la mise au point de la poignée automatique Jumar autobloquante facilitant la remontée des cordes fixes en paroi et en expédition classique, même utilisation que le singe mécanique déjà existant, mais d'une bien meilleure utilisation...

 

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1964 - Le label pour le matériel et des notions de mécanique

 

Le plus important progrès dans le matériel d'alpinisme aura été la mise au point de la corde moderne dès 1947 et depuis ses caractéristiques seront très améliorées et contrôlées par un label.

En 1964, un label UIAA va venir se substituer aux labels nationaux et qui est aujourd'hui le garant de la sécurité...

La même année, il sera mis en relief - auprès des utilisateurs - la notion fondamentale d'absorption d'énergie qui doit être prise en compte en cas de sollicitation du matériel de protection, plutôt que la simple résistance mécanique statique...

 

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1966 - La technique française de cramponnage

 

En 1966, après un colloque franco-allemand sur les techniques glaciaire, l'intervention d'André Contamine dans l'article de la revue La Montagne & Alpinisme : « La glace vingt ans après » annonce une timide évolution.

S'il consacre encore la technique française de cramponnage, il admet certains avantages des pointes avant « sollicitant l'appui par la pointe du pied, un peu comme en escalade rocheuse » et du cramponnage frontal dans les pentes raides.

Les crampons avec pointes avant sont qualifiés de matériels nouveaux... disponibles depuis 1929 à Courmayeur !

 

Il faudra continuer à aller acheter ses crampons à Genève ou à Courmayeur...

 

1969 - La technique de la glace

 

Pour faire avancer le débat qui existait en France sur la technique de cramponnage imposée par l'ENSA, la technique Eckenstein, rebaptisée curieusement technique française, Lucien Devies demanda l'avis de ses confrères autrichiens...

 

La réponse est sans appel : « La façon la plus naturelle, car correspondant le plus aux données anatomiques, la plus sûre et la plus économique au point de vue dépense d'énergie, est d'avancer sur la glace raide suivant la marche avec les pointes frontales de crampons à 12 pointes, dite la technique des pointes avant.

 

La preuve évidente en est que, après l'apparition des crampons à 12 pointes au milieu des années 1930, il se produisit une véritable ruée sur toutes les parois glaciaires et tous les temps de montée connus jusqu'alors furent considérablement améliorés parfois même réduits jusqu'à un tiers des meilleurs temps réalisés précédemment...

 

Par ailleurs c'est très certainement grâce à la technique des pointes avant, qu'au cours des années suivantes, jusqu'à la guerre et même après sa fin, que toutes les grandes parois glaciaires restées vierges furent escaladées et de nombreux parcours répétés... »

 

Le technicien autrichien qui ne connait pas la raison de la particularité française insiste :

 

« Même s'il y a quelques alpinistes qui emploient - en raison de conditions anatomiques particulières - la technique des pieds à plat, dite encore technique Eckenstein, consistant à maintenir avec la surface de la glace la totalité des pointes de crampons et exigeant une forte torsion des chevilles, dans la glace raide avec la même efficacité qu'en utilisant la technique des pointes avant, ceux-ci constituent une exception. Et c'est à notre avis une erreur de recommander - ou même d'imposer - à la grande masse des alpinistes une technique peu naturelle, plus difficile et moins efficace.

 

Et de longues observations dans le domaine de l'enseignement ont confirmé la supériorité de la technique des pointes avant par rapport à tout autre. Pour profiter au maximum des avantages de cette technique et l'utiliser au mieux, la structure des crampons à pointes frontales est très importante et doit être rigide sans articulation ».

 

Le débat sur la technique de cramponnage était nécessaire, car il concernait directement l'Enseignement Alpin...

 

Et au début des années 1970, les crampons pointes avant inventés par Henri Grivel dès 1929, utilisés par des grimpeurs austro-allemands, suisses et italiens depuis les années 1930 vont enfin être proposés à tous en France...

 

Des crampons quatre pointes avant sont mis au point et utilisés par des grimpeurs allemands dès 1969 et arriveront ensuite sur le marché....

 

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LES ASCENSIONS NOVATRICES DES ANNÉES 1950-1970

 

DANS LE YOSEMITE

 

  • Les années mille neuf cent cinquante sont l'époque des grandes voies technologiques réussies à l'aide systématique de l'escalade artificielle. La fin justifie les moyens...

 

<  En 1950, John Salathe et Allen Steck escaladent en cinq jours la face nord de Sentinel Rock, haute de 1000m, dans la vallée du Yosemite aux États-Unis. Cette face faisait l'objet de tentatives depuis 1936 et Steck avait l'expérience des grandes escalades calcaires des Alpes orientales. C'est la première voie d'envergure ouverte sur les parois du Yosemite, le premier « Big Wall » américain.

 

C'est l'exportation du savoir-faire des Alpes orientales vers le continent américain...

 

<  En 1958, ouverture par Warren Harding, Wayner Merry et George Whitmore, en technique de siège avec cordes fixes, de la voie du « Nose » sur El Capitan. La hauteur de la paroi est de 1000m, il faudra poser six cents mètres de cordes fixes et passer quarante-cinq jours en paroi, répartis sur une année. C'est l'itinéraire le plus célèbre des grandes parois nord-américaines. Il sera fait à Harding le reproche de ne pas s'être limité sur les moyens, pour réussir son objectif...

 

Les Américains sont les premiers à utiliser systématiquement pour la progression des forages dans la roche pour placer des ancrages.

 

C'est le paroxysme de ce que les grimpeurs du Yosemite appelleront l'« âge du fer »...

 

<  En 1961, Royal Robbins et deux compagnons escaladent « Salathe Wall » sur El Capitan. C'est encore un des itinéraires les plus caractéristiques des grandes parois nord-américaines qui est réussi ici.

 

Mais Robbins a voulu réaliser cet itinéraire nouveau en évitant une débauche de moyens...

 

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DANS LES ALPES ORIENTALES

 

<  En 1951, les Français dans le « sesto superiore ». Robert Gabriel et Georges Livanos escaladent le grand dièdre nord-ouest de la Cima Su Alto dans les Dolomites orientales. Le niveau technique et l'audace des grandes escalades d'avant la Seconde Guerre mondiale sont atteints pour la première fois par des grimpeurs venus de l'ouest.

 

En 1954, la Fédération Française de la Montagne encourage la présence de l'alpinisme français non seulement dans les massifs extra-européens, mais aussi dans les massifs éloignés des Alpes...  Robert Gabriel et Georges Livanos sont envoyés en mission d'exploration dans les Dolomites, pour reprendre les itinéraires les plus prestigieux et réaliser des ascensions nouvelles...

 

<  En 1957, Walter Phillip et Dietrich Flamm réalisent l'ascension du grand dièdre de la face nord-ouest de la Punta Tissi de la Civetta, marquant le retour de l'escalade libre dans les ambitions des grimpeurs... ( voir § : Le retour à l'escalade libre )

 

Pas pour tous, car nous sommes en plein dans l'« âge du fer » dans les Orientales...

 

<  En 1958, une voie directe est forcée sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo par Dietrich Hasse, Lothar Brandler, Jörg Lehne et Siegfried Löw. L'escalade artificielle atteint son apogée dans les Dolomites. On attaque les parois là où elles sont les plus surplombantes avec des longueurs de corde entièrement artificielles et utilisation de nombreux ancrages forés.

 

C'est le début des travaux en montagne, mais c'est aussi de grandes escalades réservant des impressions exceptionnelles...

 

<  Deux mois plus tard, Dietrich Hasse et Lothar Brandler inaugurent une autre voie technologique sur le grand mur de la Roda di Vaèl...

 

<  En 1959, René Desmaison et Pierre Mazeaud s'attaquent à la paroi nord de la Cima Ovest di Lavaredo. Il y a cinquante mètres de dévers, l'escalade est continuellement artificielle dans des zones entièrement surplombantes. Six jours pour forcer l'itinéraire, nombreux ancrages forés, relais sur planchette et bivouacs suspendus. Cette escalade dédiée à Jean Cousy marque une limite dans le domaine particulier de l'escalade artificielle...

 

  • En 1961, un exploit sans égal. Le Belge Claudio Barbier effectue, en escalade solitaire, sans aucune aide technique, ni assistance extérieure, l'ascension par leurs versants nord des cinq Cimes du Lavaredo dont les voies Cassin, Comici, Dulfer et Preuss. Une performance réussie dans une seule journée et qui reste aujourd'hui inégalée...

 

<  En 1965, une très belle escalade libre s'éloignant des itinéraires technologiques à la mode du moment est réalisée sur le pilier nord du Crozzon di Brenta par Jean Frehel et Dominique Leprince Ringuet. Elle se déroule à peu de distance d'une voie antérieure réalisée à grand renfort de pitons et d'escalade artificielle...

Une « Voie des Français » qui deviendra une des belles ascensions classiques du massif du Brenta...

 

Dans les années suivantes, certaines voies technologiques avec des sièges de plusieurs semaines conduiront à une impasse...

 

  • C'est un paroxysme de cet « âge du fer » dans les Orientales...

 

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 DANS LES ALPES OCCIDENTALES

 

Les grandes voies rocheuses

 

<  En 1947, Pierre Allain et Auguste Fix tracent un premier itinéraire extrêmement difficile sur la face ouest de l'Aiguille de Blaitiére, dans le massif du Mont Blanc, mais les éboulements de 1947 et 1952 enverront cette trace éphémère dans la vallée...

 

<  En 1950, ascension de la face nord du Pic Sans Nom, dans le massif des Écrins, par Lucien George et Victor Russenberger.

 

  • La face est du Grand Capucin et la face ouest des Drus semblaient impossibles à escalader, mais les moyens techniques auront réponse à tout...

 

<  En 1951, ascension en trois jours de la face est du Grand Capucin, dans le massif du Mont Blanc par Walter Bonatti et Luciano Ghigo. C'est la première grande application dans les Alpes occidentales des possibilités de l'escalade artificielle employée systématiquement, en s'inspirant de ce qui s'était fait dans le calcaire des Alpes orientales dès 1933....

 

<  En 1952, la face ouest des Drus, dans le massif du Mont Blanc, est gravie en deux fois par Lucien Berardini et ses compagnons. Premier itinéraire tracé sur la face rocheuse, la plus célèbre et la plus fameuse des Alpes occidentales, en ayant également recours à l'escalade artificielle...

 

  • Aucune paroi n'échappera à son exploration avec les moyens artificiels...

 

L'Aiguille Verte et devant les Drus avec ce qui reste de la face ouest

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Le retour des grimpeurs britanniques

 

Après la Seconde Guerre mondiale, les grimpeurs britanniques ont dû supporter longtemps les conséquences des privations provoquées par la  guerre, l'accès aux montagnes était difficile, voire impossible. Et le renouvellement des forces vives sera difficilement assuré...

 

Il y avait l'« Alpine Club » enfermé dans son passé glorieux d'avant 1914, en résistance contre tout progrès technique. Les crampons, les semelles Vibram, la corde nylon étaient regardés avec suspicion, les pitons et les outils de l'escalade artificielle étaient des instruments diaboliques et bannis. C'est la jeunesse qui créera un nouvel engagement.

 

<  En 1952, autour de Tom Bourdillon et Cym Smith, quelques  grimpeurs anglais fondent l'« Alpine Climbing Group » qui marquera le retour des Britanniques vers le haut niveau, après une éclipse de presque quarante ans.

 

Ils auront beaucoup évolués concernant l'usage des pitons et devant les escalades rocheuses où l'usage des ancrages est nécessaire...

 

<  En 1954, première sérieuse incursion dans les Alpes. Joe Brown et Don Whillans inaugurent un itinéraire difficile sur la face ouest de l'Aiguille de Blaitiére.

Cette ascension marque la réapparition de nos amis britanniques dans la course aux performances.

La fissure Brown va longtemps impressionner par l'audace de son premier varappeur, mais plus tard on apprendra - un peu tardivement - qu'un subtil artifice a été utilisé, le coincement de pierres dans la fissure qui seront ensuite retirées... Robert Paragot, sans information sur cette protection gardée confidentielle, réalisera plus tard l'escalade libre - sans protection - de cette fissure...

 

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Le Pilier Bonatti

 

<  En 1955, Walter Bonatti réussit seul la première ascension du pilier sud-ouest du Petit Dru, en cinq jours. Cette ascension constitue l'un des exploits les plus extraordinaires de l'escalade et de l'alpinisme.

Le « Pilier Bonatti » deviendra une ascension classique dès le début des années 1960 et l'une des plus belles escalade des Alpes...

Un pilier qui va disparaître complètement après plusieurs éboulements en 1997, surtout en 2005 et encore en 2011... L'épaule et l'ensemble des plaques constituant le pilier, ainsi qu'une grande partie de la face ouest... sont partis dans la vallée...

 

<  En 1956, ascension du 3 au 5 août de la face nord-ouest de l'Olan, dans le massif des Écrins, par Jean Couzy et René Desmaison sur la droite de la face...

 

<  En 1961, le pilier central de Frêney proposait une paroi impressionnante et vierge vers le point culminant des Alpes. En juillet, la tentative franco-italienne des Bonatti-Mazeaud se transforme en tragédie ( Voir ci-dessous  § : Deux drames de la montagne )...

 

<  Dès le mois d'août 1961, d'autres se précipitaient un peu vite pour ce pilier sorti de l'anonymat et la cordée anglo-polonaise de Chris Bonington réalisait la première ascension, suivie de près par la cordée franco-italienne de René Desmaison...

 

La directe de la face ouest des Drus et la face sud du Fou

 

<  En 1962, ascension en trois jours d'une voie directe dans la face ouest des Drus, par Garry Hemming et Royal Robbins, en ayant beaucoup recours à l'escalade artificielle.

 

C'est la première grande réussite dans les Alpes des grimpeurs américains qui apportent du Yosemite les progrès accomplis en escalade artificielle et les pitons en aciers spéciaux particulièrement adaptés au granite. C'est l'exportation du savoir-faire américain vers nos Alpes. Un juste retour des choses.

 

<  En 1963, escalade de la face sud de l'Aiguille du Fou dans le massif du Mont Blanc, en deux fois par les Américains John Harlin, Garry Hemming et Steve Fulton.

 

C'est encore une grande réussite réalisée à l'aide de l'escalade artificielle, la paroi sud posait jusque-là un problème insoluble aux ascensionnistes.

 

<  En 1965, la directissime des Drus. John Harlin et Royal Robbins ouvrent une voie directissime sur la face ouest des Drus. L'itinéraire est parcouru en escalade artificielle, c'est l'ascension rocheuse la plus difficile des Alpes. Elle a nécessité les techniques les plus raffinées de l'escalade artificielle mises au point au Yosemite.

 

  • C'est un paroxysme du tout artif dans les Occidentales...

 

<  En 1967, sur les parois granitiques de Norvège, une voie directe de grande ampleur et de haute difficulté est tracée par une équipe française sur l'une des plus hautes parois d'Europe, la face nord du Trollrygen réussie avec l'aide des pitons américains... Utilisation de cordes fixes, nombreux passages d'escalades libres et artificielles pour Yves Boussard, Jérôme Brunet, Patrick Cordier, Claude Deck et Jean Frehel...

 

<   En 1969, la cordée polonaise d'André Mroz et ses compagnons force une première ligne directe sur la face est du Grand Pilier d'Angle du Mont Blanc. Ce versant est du pilier sera le théâtre de nombreux exploits à venir...

 

<  En 1969, en face nord-ouest d'Ailefroide, dans le massif des Écrins,  la « voie des Plaques de Glace » est inaugurée par Jean-Claude Marmier et Jean-Louis Mercadié, les 17 et 18 juillet.

 

<  En 1969, sur le pilier NNW du Nez de Zmutt du Cervin dans le Valais, une voie difficile est inaugurée du 14 au 17 juillet par Leo Cerruti et Alessandro Cogna.

 

<  En 1971, la face sud de l'Aiguille du Fou est parcourue en trois jours par Simone Badier en tête de cordée. C'est un des faits marquants de l'escalade féminine de cette époque-là...

 

<  En 1975, Thomas Gros effectue une prouesse exceptionnelle du 20 avril au 8 mai en réalisant seul une voie nouvelle sur la face ouest des Drus, là aussi c'est encore l'âge du fer... avec de nombreux ancrages forés.

 

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Les grandes performances novatrices mixtes et autres

 

<  En 1953, l'arête de Peuterey intégrale du Mont Blanc en commençant par l'arête sud de l'Aiguille Noire est suivie par les Allemands Richard Hechtel et Günter Kittelmann. Cette façon de faire exceptionnelle est reprise en solitaire par René Desmaison en 1972, et durant l'hiver qui suivit par la cordée Louis Audoubert, Marc Galy et Yannick Seigneur...

 

<  En 1955, Philippe Cornuau et Maurice Davaille sont les premiers en six jours à forcer un itinéraire sur l'imposante face nord des Droites, seulement deux répétitions jusqu'en 1969, d'abord par Wolfgang Axt et Werner Gross en 1962, puis nos deux amis Patrice Bodin et Michel Lascar en 1966...

 

<  En 1956, ascension de la face nord du Liskamm ouest, dans les Alpes Valaisannes, par la cordée Diemberger- Stefan.

 

<  En mars 1961, la première ascension hivernale de l'Eigerwand, la face nord-ouest de l'Eiger du 6 au 12 mars par les Austro-allemands Walter Almberger, Toni Kinshofer, Anderl Mannhardt et Toni Hiebeler est un événement majeur dans l'histoire de l'alpinisme ( voir § : L'alpinisme hivernal jusqu'en 1980 ).

 

<  En 1961, deux mois après le drame du piler de Frêney et n'ayant peut-être pas vraiment apprécié la précipitation de la concurrence, Walter Bonatti revient avec Cosimo Zappelli dans le versant de Frêney pour réaliser une voie directe d'une belle élégance vers le Mont Blanc et la jonction des deux arêtes majeures de la montagne, les arêtes de Peuterey et de l'Innominata...

 

<  En 1961, dans les Alpes Valaisannes, ascension de la face nord du Liskamm ouest par la cordée Hiebeler-Pokorski.

 

<  En 1962, un premier itinéraire est forcé dans le versant nord-est du Grand Pilier d'Angle du Mont Blanc par Walter Bonatti et Cosimo Zappelli, une ascension de premier ordre qui ne sera reprise qu'après l'apparition du matériel moderne pour la technique glaciaire en 1975... et descendu en ski dès 1988...

 

<  Durant l'année 1963, avec un savoir faire acquis sur les parois écossaises, Joe Brown et Tom Patey inaugurent une voie mixte sur le flanc nord de l'Aiguille Sans Nom, dans le massif du Mont Blanc, elle ne sera reprise qu'avec la vulgarisation de ces progrès techniques en 1972...

 

<  Les 2 et 3 août 1963, première ascension solitaire de l'Eigerwand par Michel Darbellay en 18 heures.

 

<  En 1964, sur l'éperon nord de la pointe Whymper des Grandes Jorasses, Walter Bonatti et Michel Vaucher réalisent une voie très exposée aux chutes de pierre et de grande envergure, aujourd'hui connue comme la « Bonatti-Vaucher »...

 

<  En 1965, Walter Bonatti se présente seul au pied de la mythique face nord du Cervin pour inaugurer en solitaire et en hiver une voie nouvelle... Bonatti achevait ainsi à 35 ans, par cet ultime exploit - seul, en hiver sur un itinéraire vierge - une brillante carrière qui le situe parmi les alpinistes les plus remarquables toutes générations confondues...

 

<  En 1966, première ascension d'une directissime dans le versant nord-ouest de l'Eiger du 23 février au 25 mars par des équipes allemande, britannique et américaine réunies pour la circonstance, avec équipement de cordes fixes et technique himalayenne...

L'entreprise est endeuillée par la chute accidentelle de John Harlin. Le nom de ce grimpeur américain précurseur sera donné à cet itinéraire...

Il est curieux de constater que certains adeptes d'une escalade propre et d'une éthique exigeante participaient à ces travaux en montagne...

 

<  En janvier 1968, René Desmaison et Robert Flematti inaugurent un itinéraire parcourant les pentes du Linceul du versant nord des Grandes Jorasses, jusqu'à seulement atteindre l'arête ouest, en taillant continuellement la pente de glace en neuf jours...

Le mauvais temps les contraindra à redescendre par le même itinéraire... En juillet de la même année, les Tchèques Ond?ej Blecha, Ivan Bortel, Ivan Die¨ka et Valentin Kanyár réalisent l'ascension jusqu'au sommet de la pointe Walker des Grandes Jorasses.

Ils auraient pu normalement être crédités de la première ascension - selon les critères de l'époque - mais le guide Vallot a retenu curieusement la réalisation de la cordée Desmaison-Flematti... Une performance qualifiée d'exceptionnel exploit par le chroniqueur de l'époque, alors que certains voyaient un exploit certes, mais surtout une tentative inaboutie... 

Et l'histoire a presque oublié la performance de nos confrères tchèques... « Selon que vous soyez puissant ou misérable » aurait dit Jean de La Fontaine... On lira aussi l'article : La voie oubliée des Grandes Jorasses cinquante après de Piotr Packowski dans La Montagne & Alpinisme n°2/2016

 

Pour bien comprendre les évolutions futures, les pentes du Linceul seront bientôt remontées en solo en quelques heures et plus tard en 1995, descendues à skis pour ce qui est des pentes supérieures...

 

<  En 1969, première ascension solitaire de la face nord des Droites par Reinhold Messner, il étonne le monde alpin par son ascension solitaire en 8h30, avec un piolet et un poignard à glace comme outils à mains...

 

<  En 1970, nouvel itinéraire sur la face nord-ouest de l'Eiger, la voie des Japonais.

 

<  En 1972, le grand couloir central entre les pointes Walker et Whymper des Grandes Jorasses est parcouru par des Japonais avec cordes fixes.

 

<  En hiver 1973, ouverture d'une voie « Gousseault » sur le flanc nord-est de la pointe Walker des Grandes Jorasses par Giorgio Bertone, Michel Claret et René Desmaison du 10 au 17 janvier 1973.

Cette voie est dédiée à Serge Gousseault mort d'épuisement durant une ascension inachevée du 10 au 21 février 1971 en compagnie de René Desmaison.

 

<  En hiver 1974, ouverture d'une voie nouvelle sur l'éperon nord de la pointe Whymper des Grandes Jorasses, à gauche de la « Bonatti-Vaucher » dans la partie raide de la paroi en escalade artificielle par Louis Audoubert, Michel Feuillarade, Marc Galy et Yannick Seigneur... 1100m pour 350 pitons, là encore c'est le paroxysme de cet âge du fer évoqué précédemment et l'un des sérieux itinéraires tracés sur la grande face nord...

 

Dans les Pyrénées

 

<  En 1962, une voie directe sur la Pointe Chausenque du massif du Vignemale est gravie les 23 et 24 septembre par Patrice de Bellefon, Pierre Mirabal et Henri Paradis.

Le socle avec sortie par la diagonale à gauche avait été escaladé du 20 au 22 août 1961 par José-Antonio Bescos, Rafael Montaner et Julian Vicente.

 

Deux drames de la montagne

 

<  En hiver 1956-57, Walter Bonatti et Silvano Gheser et la cordée de Jean Vincendon et François Henry sont engagés pour une ascension hivernale sur l'éperon de la Brenva... Pris dans la tempête, Bonatti et son compagnon pourront rejoindre le refuge Vallot.

Pendant ce temps-là, Vincendon et Henry vont prendre la décision fatale de bivouaquer aux environs des Petits Rochers Rouges et de descendre directement dans les pentes nord, vers la vallée de Chamonix...

C'est le début de la tragédie de Jean Vincendon et François Henry, l'un des plus grands drames de l'histoire de l'alpinisme, il sera à l'origine de la création d'un service d'État pour le secours en montagne ( voir le dossier : Historique du Secours en montagne ).

 

<  En 1961, le pilier central de Frêney proposait une voie directe vers le point culminant des Alpes. En juillet, la cordée italienne de Walter Bonatti, Roberto Gallieni et Andreas Oggioni rencontrent fortuitement la cordée française de Robert Guillaume, Pierre Kohlman, Pierre Mazeaud et Antoine Vieille engagée sur le même projet.

Les deux cordées décident de faire cause commune...

Pendant leur tentative, ils seront surpris par une forte tempête. Durant leur retraite Antoine Vieille, Robert Guillaume, Pierre Kohlman puis Andreas Oggioni, tous épuisés perdront la vie durant ces terribles journées...

 

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L'ALPINISME HIVERNAL JUSQU'EN 1980

 

  • Gravir les montagnes en hiver a été une préoccupation des alpinistes dès le XIXe siècle. En 1869 déjà, Henry Russel et ses deux guides effectuent la première ascension hivernale du Vignemale. C'est une façon de faire en dehors des saisons favorables, très en avance sur son temps...

 

<  Avant et après la Grande Guerre de 1914-1918, la plupart des sommets sont gravis en hiver, puis les itinéraires les plus classiques sont repris ...

 

<  Dès l'après Seconde Guerre mondiale, les alpinistes voudront gravir en hiver les itinéraires les plus difficiles...

 

<  En mars 1961, la première ascension hivernale de l'Eigerwand, la face nord-ouest de l'Eiger du 6 au 12 mars par les Austro-allemands Walter Almberger, Toni Kinshofer, Anderl Mannhardt et Toni Hiebeler est un événement majeur dans l'histoire de l'alpinisme. Il fallait une grande audace et une grande détermination pour la cordée et deux leaders de première force...

 

  • C'est aussi le début d'un engouement certain de la presse à sensation pour l'alpinisme, jusque-là plutôt intéressée par les drames de la montagne... En complément à l'indiscutable exploit, il ne manquait pas une couverture médiatique particulièrement bien organisée et contrôlée par le promoteur de l'exploit Toni Hiebeler et une méthode évènementielle consistant à inscrire un exploit dans la durée, une méthode qui fera des émules...

 

<  En hiver 1962, Paul Etter et Hilti von Allmen escaladent la face nord du Cervin.

 

<  En janvier 1963, Walter Bonatti et Cosimo Zappelli étonnent le monde de la montagne par leur incroyable audace, en réalisant le premier parcourt hivernal de l'éperon Walker de la face nord des Grandes Jorasses, c'est au c½ur de hiver que la performance est tentée et réussie... Dix jours plus tard l'exploit est réédité par la cordée de René Desmaison et Jacques Batkin.

 

<  En 1966, première ascension d'une directissime dans le versant nord-ouest de l'Eiger du 23 février au 25 mars ( voir § : Les ascensions novatrices des années 1950-1970 ).

 

<  En janvier 1968, René Desmaison et Robert Flematti inaugurent un itinéraire parcourant les pentes du Linceul du versant nord des Grandes Jorasses ( voir § : Les ascensions novatrices des années 1950-1970 ).

 

<  En 1971, ascension hivernale de l'éperon Croz des Grandes Jorasses par la cordée Marmier-Nominé et en 1978 hivernale et solitaire par Ivan Ghirardini.

 

<  En 1973, ouverture en hiver d'une voie « Gousseault » sur le flanc nord-est de la pointe Walker des Grandes Jorasses par Giorgio Bertone, Michel Claret et René Desmaison, après la tentative tragique de février 1971 et la mort de Serge Gousseault...

 

  • Les alpinistes n'hésitent plus à se présenter en hiver pour ouvrir des voies nouvelles ou reprendre des itinéraires exceptionnels...

 

  • Depuis 1980, avec le matériel moderne à disposition et les progrès techniques, les alpinistes vont peu à peu constater que la saison hivernale est la plus favorable pour certains itinéraires mixtes et glaciaires...

 

  • Et le critère d'escalade hivernale sera complètement reconsidéré...

 

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LE RETOUR À L'ESCALADE LIBRE

 

Il faut avoir à l'esprit que le talent de beaucoup d'alpinistes de cette époque s'exprimait surtout en plantant des pitons et qu'ils oubliaient parfois de sortir les pieds des étriers, alors qu'il était pourtant possible de grimper proprement...

 

Le gain d'une première ascension et du sommet primaient aux yeux de beaucoup, sans trop se préoccuper de la façon de faire...

 

  • En 1957 déjà, Dieter Flamm et Walter Philipp avaient montré la voie vers un retour à l'escalade libre en parcourant en trois jours, avec une grande économie de moyens la paroi nord-ouest de la Punta Tissi de la Civetta dans les Dolomites orientales ( 800m, 40 pitons ).

 

Cette ascension du « dièdre Philipp-Flamm » est un des événements majeurs de l'histoire de l'escalade et de l'alpinisme, elle marque le retour du goût des grimpeurs pour l'escalade libre...

 

Jusque-là, les grandes parois étaient forcées à grand renfort de pitons, en ayant recours surtout à l'escalade artificielle... Ici la grande paroi est gravie en recherchant un cheminement permettant l'escalade libre... Mais il faudra encore du temps pour une prise de conscience généralisée...

 

L'économie de pitons

 

La recherche de l'escalade libre va se faire par l'économie de pitons. Le jeu va être de n'en utiliser qu'un minimum pour réaliser une escalade. Mais l'usage du piton est mal précisé, les trois fonctions sont confondues : assurage, aide et repos.

 

La propagande de Claudio Barbier

 

Claudio Barbier qui était l'un des meilleurs rochassiers de sa génération, sera le premier propagandiste en Europe continentale et occidentale d'une escalade libre et propre, il a parcouru l'ensemble des massifs d'escalade de l'Europe et connaît bien les règles sportives des écoles est-allemande et britannique, très critiques sur les moyens artificiels.

Rapidement convaincu que le paroxysme atteint par le règne du fer ne conduisait qu'à une impasse, il fera une diffusion discrète mais continue des idées venues de Grande Bretagne et des bords de l'Elbe. Et plus tard, il sera également très actif pour la diffusion des coinceurs.

 

Les falaises de l'Elbsandsteingebirge 

 

En 1966, Claudio Barbier fait paraître un article « L'Elbsandsteingebirge » d'Herbert Richter dans la revue La Montagne & Alpinisme. Ce sera une vraie stupéfaction pour beaucoup...

 

Une escalade la plus libre possible

 

<  En 1967, escalade la plus libre possible, durant la seconde ascension de la voie directe américaine de la face ouest des Drus par François Guillot et Jacques Kelle, les deux sont équipés de chaussons d'escalade . Au-delà de la performance remarquable, c'est le début des chaussons d'escalade en montagne, déjà utilisés depuis plusieurs années par les Britanniques.

 

<  En 1968, les frères Messner réalisent l'ascension du pilier central du Monte Cavallo dans les Dolomites, ils doivent forcer des passages qu'ils jugent comme sortant de l'échelle Welzenbach des difficultés... La répétition de l'itinéraire ne sera entreprise que onze années plus tard, la difficulté est classée 6c...

 

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1968 - Une découverte du Verdon

 

Signalons ici un événement qui sort du cadre de l'alpinisme pour rester dans celui de l'escalade, mais qui doit être gardé en mémoire...

 

Les parois des gorges du Verdon avaient été repérées depuis plusieurs années par les grimpeurs marseillais, mais leur intérêt s'était focalisé sur les falaises de Saint Maurin et de Mayreste, situées à l'entrée des célèbres gorges. Le plus brillant et entreprenant d'entre eux François Guillot avait encouragé Patrick Cordier et ses amis parisiens à visiter les lieux...

 

Ceux-ci, en août 1968 découvrent un rempart de plusieurs kilomètres de falaises inexplorées. Au lieu de tenter les lignes les plus prometteuses, ils s'arrêtent devant la face la plus haute et la plus incertaine, la paroi du Duc. La voie sera ouverte en technique de siège, corde fixe et tamponnoir par Patrick Cordier, Patrice Bodin, Lothar Moch et Patrick Richard.

 

La grande histoire de l'escalade dans les gorges du Verdon pouvait commencer... Et l'exploration pourra être reprise dans le bon sens par François Guillot et ses amis en commençant par les grandes lignes classiques ouvertes en bon style, avant que les ancrages forés ne viennent changer la donne...

 

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La fin des temps anciens

 

  • On peut dire que nous sommes ici à la fin des temps anciens, le matériel, l'état d'esprit des grimpeurs, l'entraînement et les nouveaux talents vont bientôt révolutionner l'alpinisme...

 

Dans ces temps anciens, beaucoup - mais pas tous - avaient recours au tout artif pour explorer les nouveaux itinéraires...

 

Et deux conceptions s'affrontaient, l'artificiel ou le libre très exposé, mais lorsqu'un point d'ancrage était posé ( presque toujours un piton, les coinceurs n'étaient pas encore inventés... ), il était souvent utilisé comme point d'aide.

 

Et pour les meilleurs, la différence se faisait dans l'exposition, rien dans le 4/5, un point de temps en temps dans le 5sup/6...

 

Dans le dièdre Philipp-Flamm de la Civetta - qui était une référence en 1963 - c'est un point pour les longueurs en 6a et deux points pour les longueurs en 6b, et cela dix ans avant l'usage des spits et coinceurs...

 

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L'ÉQUIPEMENT DES ALPINISTES DES ANNÉES 1970 ET APRÈS

 

 

1969 - L'apparition des coinceurs

 

En 1960, première utilisation des coinceurs - les nuts - par les grimpeurs britanniques sur les falaises du Snowdon, dans le Pays de Galles.

 

Les Britanniques qui s'interdisent le plus possible l'utilisation de pitons vont trouver une solution élégante pour l'assurage, en coinçant dans les fissures naturelles de la roche des pierres, puis des petites pièces de métal - d'abord des boulons - reliées à des anneaux de corde. Ils façonneront ensuite des outils plus adaptés, les coinceurs.

 

L'emploi de ce moyen de protection va se répandre... d'abord dans les Iles Britanniques.

 

Dès 1965, un constat inquiétant est fait aux USA concernant l'usage des pitons en acier spécial. Ils détériorent le rocher, certaines fissures du Yosemite sont irrémédiablement abimées... Nos collègues américains viendront en 1967 chercher une issue dans les Iles Britanniques, avec l'emploi des coinceurs... 

 

Claudio Barbier sera aussi l'un des premiers propagandistes pour ce nouvel outil en Europe continentale en inaugurant la voie du Dragon dans les Dolomites en 1969, avec l'assurage sur coinceurs.

L'année suivante, une cordée française reprend l'itinéraire en utilisant ces curieux objets - dont l'emploi a été suggéré par Barbier - achetés presque en catimini à Cortina d'Ampezzo...

 

Utilisés dans les Alpes dès 1969, les coinceurs verront leurs formes s'améliorer avec les fameux Hexentrics, Stoppers, Bicoins, Titons et autres Copperheads...

 

En plus de son élégance, ce moyen de protection permet souvent de réduire beaucoup l'exposition de l'escalade, mais en transformant certains grimpeurs en panoplie complète...

 

Il faudra attendre l'article de Patrick Cordier paru dans la revue La Montagne & Alpinisme n° 2/1974, puis l'article d'Henri Agresti dans le n° 2 /1977 pour que l'information soit complète en France, au regard des nombreux articles des revues anglo-saxonnes...

 

En 1975, l'usage des coinceurs se généralise peu à peu.

 

La revue reviendra sur l'aspect technique d'utilisation de ces outils d'assurage en 1978.

 

1973 - L'assurage

 

Dans un article consacré, notre revue montre encore l'assurage à l'épaule comme une solution, mais à proscrire dès qu'il y a risque de chute importante... Seul le demi-cabestan survivra aux progrès qui viendront... avec le baudrier d'encordement moderne et l'outil en forme de huit...

 

1974 - Les chaussons

 

En 1974, les chaussons d'escalade inventés par Pierre Alain - modèle PA puis EB - deviennent l'outil indispensable pour toutes escalades rocheuses difficiles ou pas, en tous lieux... Leur perfectionnement à venir viendra de l'escalade sportive ( Voir le dossier : Un historique de l'escalade ).

 

1975 - Le baudrier

 

Le premier baudrier d'encordement moderne est mis au point en 1970 par Don Whillans, en Grande-Bretagne.

 

La revue La Montagne & Alpinisme de 1975 consacre un article un peu trop technique sur la conception du baudrier en mettant l'accent sur un point essentiel l'appui pelvien, mais en oubliant de commencer par le début, c'est-à-dire de regarder ce qui est déjà utilisé par les grimpeurs...

 

Dès 1975, le baudrier Whillans est disponible et les fabricants du continent ne tarderont pas à proposer leurs modèles.

 

C'est la généralisation du baudrier moderne comme moyen de sécurité en escalade.

 

Jusque-là, les grimpeurs s'encordaient à la taille directement avec la corde, sauf dans les escalades artificielles pour lesquelles ils fabriquaient eux-mêmes un baudrier rudimentaire avec des sangles tubulaires américaines, ou dès 1963 en utilisant des harnais réservés à cet effet proposés par les fabricants...

 

1975 - L'outil en forme de huit

 

Ce sont les Écossais qui ont eu les premiers la bonne idée d'améliorer le descendeur Allain en forme de fourche, et dès 1968 l'outil en forme de huit, utilisable par tous était proposé pour les rappels.

 

En fermant la fourche du descendeur Allain, ils obtenaient une bien plus grande sécurité, petite modification, grande conséquence, mais l'instrument se révélera bien plus qu'un descendeur...

 

Il faudra quelques années pour que l'engin traverse la Manche.

 

En 1975, l'outil en forme de huit et le baudrier deviennent les éléments essentiels de la sécurité pour l'assurage et la descente en rappel...

 

Les méthodes d'assurage

 

Jusque là, l'assurage du compagnon se pratiquait en passant la corde derrière l'épaule « l'assurage à l'épaule » ou encore avec le n½ud de demi-cabestan, l'outil en forme de huit facilitera beaucoup les man½uvres de corde.

Mais plus tard avec le développement de l'escalade sportive de nombreux outils seront proposés améliorant la sécurité, avec le même objectif, permettre la libération rapide de la corde pour ne pas gêner le leader et être capable de parer efficacement une chute.    

 

Les rappels

 

Le rappel de corde restait une opération délicate et peu agréable avec la technique en S.

 

Très peu d'alpinistes utilisaient le descendeur Allain en forme de fourche, mais l'incorporation d'un frein intermédiaire entre l'homme et la corde était à l'esprit de tous.

 

Pour les descentes techniques, dans les années mil neuf cent soixante, les grimpeurs avertis utilisaient souvent un jeu de mousquetons croisés faisant office de frein et un baudrier de fortune, puis différents intermédiaires mécaniques plus ou moins adaptés existeront...

 

Avec le huit et le baudrier, les alpinistes peuvent envisager les rappels les plus vertigineux...

 

Le rappel - hier nécessitant des précautions techniques - devient un acte ordinaire de descente...

 

1975 - L'équipement moderne complet 

 

En 1975, avec l'équipement moderne complet : le baudrier, la corde, les mousquetons modernes et l'assurage au huit ou avec un demi-cabestan, les grimpeurs auront à leur disposition une chaîne de sécurité adaptée.

 

La chute du grimpeur - hier aux effets souvent désastreux - devient une conséquence plus acceptable et le développement de l'escalade sportive à venir la rendra presque banale...

 

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1978 - Les éléments de sécurité

 

1978 - Les coinceurs

 

Comme déjà souligné, après les articles de Patrick Cordier ( LM&A n°2/1974 ) et d'Henri Agresti ( LM&A n°2/1977 ), la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1978 revient sur l'aspect technique d'utilisation de ces nouveaux outils - les coinceurs - avec un article de Jean-Claude Droyer.

 

1978 - Un coinceur automatique à cames

 

Une invention importante est proposée par le Nord-américain Ray Jardine, un coinceur automatique et réglable reposant sur l'opposition de deux cames - le Friend - qui sera plusieurs fois amélioré, pour arriver aux merveilles de technologie que nous utilisons aujourd'hui...

 

1978 - Les dégaines

 

Au début de l'utilisation des pitons, certains se décordaient pour passer la corde dans l'anneau du piton, puis la connexion entre l'ancrage et la corde sera un mousqueton dès 1910, souvent avec un anneau de corde pour faciliter la circulation de la corde.

 

Jusqu'au milieu des années 1970, dans les voies nécessitant plusieurs pitons, les grimpeurs utilisaient des paires de mousquetons et des anneaux de corde pour rendre la liaison plus souple.

 

En 1978, apparaissent les « dégaines », un assemblage de deux mousquetons reliés par une sangle nouée, qui sera bientôt amélioré et proposé dans le commerce avec une sangle cousue...

 

Les cordes

 

Les améliorations dans la fabrication des cordes ont été constantes depuis 1950, dans la composition de la fibre synthétique, le perfectionnement de la fabrication des éléments filamentaires et de la gaine, la diminution du poids et du diamètre.

Le nombre de chutes acceptables pour une même corde a considérablement augmenté.

L'amortissement de la chute - banale à la fin du siècle - accompagne l'élasticité du produit, le diamètre proposé en simple brin ira de 12 mm jusqu'à moins de 9 mm pour les cordes les plus techniques du moment...

 

Les longueurs de corde entre les relais

 

Les longueurs de corde permises entre deux relais ont beaucoup augmenté avec les progrès du matériel, l'amélioration de la technique, les dégaines et surtout avec les ancrages forés qui limitent le frottement par leur positionnement réfléchi et la suppression des angles donnés à la corde.

 

De 15 m à 20 m dans les années mil neuf cent cinquante, les longueurs classiques possibles iront jusqu'à 40 m à la fin du siècle...

 

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1978 - L'ÉCHELLE DES DIFFICULTÉS

 

En 1966, l'Assemblée générale de l'Union Internationale des Associations d'Alpinisme ( UIAA ) avait proposé l'adoption générale du système Welzenbach de classification des difficultés en six degrés pour l'escalade rocheuse, en décidant en plus, et malheureusement, que le système a une limite, le VI supérieur.

 

C'est-à-dire qu'il est fermé, alors que depuis longtemps pour les escalades de blocs il existait un système qui, au-dessus du sixième degré, permettait de prendre en compte l'évolution de l'escalade.

 

En 1978, le Guide Vallot utilise la graduation « Fontainebleau » pour qualifier des passages d'escalade dépassant le sixième degré supérieur dans le massif du Mont Blanc, en utilisant un indice alphabétique pour indiquer des degrés supplémentaires ( VIb, VIc, VId, et jusqu'à VIh et plus pour le bloc ).

 

Le septième degré

 

En 1978, l'Assemblée générale de l'UIAA décide d'ouvrir le système Welzenbach de classification des difficultés pour l'escalade rocheuse de façon linéaire, après le VI vient le VII et ainsi de suite...

 

Mais le système se révélera trop inflationniste et restera peu employé...

 

Chaque zone d'influence continuera de proposer sa graduation.

 

En France, pour prendre en compte les progrès de l'escalade libre, les grimpeurs imposeront un système différent de l'UIAA, avec une graduation plus exigeante, l'utilisation des chiffres arabes et d'échelons intermédiaires a, b et c pour chaque degré.

 

Pour la haute difficulté, c'est-à-dire au-dessus du sixième degré, le système se trouvant encore trop inflationniste, on décide d'introduire une appréciation particulière entre les échelons intermédiaire. On rencontre donc le 7a limite supérieure, c'est-à-dire 7a+... un langage d'abord réservé aux initiés et aux usagers...

 

Et peu à peu cette cotation deviendra d'un usage général en France et dans certains pays voisins... ( voir le dossier : Historique de l'Escalade, §1978 - Équivalence des cotations ).

 

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Des noms suivant la fantaisie du moment

 

Dans les années mil neuf cent soixante-dix et quatre-vingt, en s'inspirant de ce qui se fait en falaise, la désignation des itinéraires nouveaux, par leur localisation géographique ou par une qualification logique, est souvent abandonnée au profit de noms choisis suivant la fantaisie des premiers ascensionnistes...

 

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UNE ÉTHIQUE PLUS PRÉCISE

 

Au début des années 1970, Claude Barbier avait fait beaucoup de propagande pour l'escalade libre et pour nettement séparer les points d'assurage des points de progression ( avec dans les falaises belges une peinture jaune sur certains encrages d'où l'expression jaunir une longueur ).

 

Cela va amener à la prise de conscience concernant les trois utilisations possibles d'un ancrage : point d'aide, point de repos et point d'assurage...

 

L'escalade libre impose le refus de tout point d'aide ou de repos, l'éthique devient plus rigoureuse.

 

La recherche d'une façon de faire plus précise sera favorisée par l'utilisation des coinceurs. L'assurage avec ce type de matériel permet une économie très grande de pitons et de pouvoir gérer son exposition.

 

Mais deux types de performances subsistent : l'escalade libre intégrale où il faut placer soi-même les points d'assurage et l'escalade libre sécurisée avec ancrages en place.

 

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LES VOIES ROCHEUSES LIBERÉES 1970 - 1985

 

En 1967, en visite en Angleterre, Royal Robbins se rend compte du progrès des Britanniques et ramène l'idée des coinceurs aux USA.

 

Le succès des petits coins de métal sera foudroyant. Les chaussons d'escalade inventés par Pierre Allain, très utilisés en Grande-Bretagne, traversent également l'Atlantique.

 

Après avoir beaucoup ferraillé à coup de pitons sur leurs grandes parois, les Américains du Yosemite, vont revenir dès 1972 à une escalade plus sportive et plus propre, et aussi à une économie de moyens avec l'utilisation des coinceurs.

 

  • Le coinceur va devenir un moyen classique d'assurage pour les grimpeurs et aussi un moyen de réduire beaucoup l'exposition d'une escalade.

 

Des pitons et coinceurs pour l'assurage seulement

 

<  En 1972, escalade libre au Yosemite. Steve Wunsh et ses compagnons réalisent l'ascension en escalade libre, c'est à dire sans utilisation de point d'aide, de la voie classique Steck-Salathe de Sentinel Rock dans le Yosemite, aux États-Unis.

 

<  En 1973, escalade sans marteau. La voie du « Nose » sur El Capitan est gravie sans marteau, en utilisant des coinceurs, et les pitons et les ancrages forés en place, par Bruce Carson et Yvon Chouinard. Au même moment, la voie « Half Dome » est gravie de la même façon...

 

<  En 1974, l'escalade libre fait des progrès, sur la face sud de l'Aiguille du Fou, on grimpe en chaussons en laissant les chaussures de montagne au pied de la paroi et en redescendant en rappel par l'arête sud-ouest.

 

<  En 1975, le « Nose » en une journée. Jim Bridwell, avec deux compagnons, réalisent en une seule journée la voie du « Nose » au Capitan dans le Yosemite...

 

<  Ensuite, après de nombreuses tentatives, parcours et repérages, cet itinéraire prestigieux sera l'objet d'une compétition de rapidité qui perdra beaucoup de son sens, hormis celui du dépassement du voisin...

 

<  En 1977, le Capucin en libre. Première tentative d'escalade libre sur la face est du Grand Capucin, dans le massif du Mont Blanc. Jean-Claude Droyer utilise neuf points d'aide ou de repos. La règle du jeu de l'escalade rocheuse appliquée d'abord en falaise, arrive sur les grandes parois rocheuses des Alpes...

 

<  En 1978, la voie Comici, sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo dans les Dolomites, est gravie en escalade libre par Jean Claude Droyer et Yves Tugayé. C'est-à-dire en utilisant les pitons en place et des coinceurs pour l'assurage seulement et non comme points d'aide ou de repos.

 

C'est le début de ce que l'on a appelé la « libération »  des grandes voies des Alpes.

 

<  La même année, ascension en escalade libre de la voie Vinatzer de 1936 de la Marmolada dans les Dolomites, par l'Autrichien Heinz Marischer.

 

<  Et l'année suivante, la voie Cassin de la face nord de la Cima Ovest di Lavaredo, dans les Dolomites, est réussie de la même façon par Droyer avec Martine Huck. Les difficultés de l'escalade sont estimées 6c.

 

<  En 1980, la voie directe de 1962 avec le dièdre de 90 m de la face ouest des Drus, dans la chaîne du Mont Blanc, est parcourue en escalade libre par Benoît Grison et un compagnon. Les difficultés de l'escalade sont estimées 6c.

 

<  En 1982, le piller Bonatti en libre. Le pilier sud-ouest des Drus, dans le massif du Mont Blanc est gravi en escalade libre par Marco Pedrini. Difficultés soutenues en 6a/b et un passage limite 6c/7a.

 

<  En 1983, Marco Pedrini et Sergio Vicari réussissent l'ascension en escalade libre de la directissime américaine de 1965 en face Ouest des Drus, en n'utilisant pour l'assurage que des coinceurs... Une escalade libre au vrai sens du terme. L'itinéraire avait été ouvert beaucoup, rappelons-le, en escalade artificielle.

 

<  En 1983, la face sud du Fou dans le massif du Mont Blanc en libre. Eric Escoffier et un compagnon gravissent en escalade libre la face sud de l'Aiguille du Fou. Le toit du 7 devient le passage d'escalade le plus difficile du massif avec la cotation dans l'échelle des difficultés de 7b+ qui en sera faite...

 

<   En 1983, le Grand Capucin en libre. David Chambre et Jean-Baptiste Tribout réalisent l'escalade libre de la voie Bonatti de la face est du Grand Capucin, dans le massif du Mont Blanc, objet d'une grande concurrence.


Des rencontres d'un autre type

 

Deux événements vont donner l'occasion de s'interroger...

 

  • En 1982, Christophe Profit effectue l'ascension solitaire de la voie directe américaine 1962 de la face ouest des Drus en 3 h 10 du pied de la face ouest au sommet du Petit Dru. Dépose héliportée au pied de la montagne et récupération du grimpeur au sommet avec dépôt de vivres au bloc coincé. L'hélicoptère accompagne constamment le grimpeur avec photographes en action. La voie a été parcourue onze fois avant la performance, ce qui relativise l'exploit sportif.

 

On atteint le trop plein médiatique, sans effacer la prouesse inégalée de Claudio Barbier, vingt années plus tôt...

 

  • En 1985, Michel Piola avec Louis Muriel et Gérard Hopfgartner tracent une voie nouvelle et difficile sur la face nord-ouest du Peigne dans le massif du Mont Blanc.

 

Ils ont la surprise de croiser à peu de distance deux grimpeurs équipant par le haut en rappel à l'aide d'une perceuse portative... un itinéraire nouveau qui deviendra « Faut-il brûler les prophètes? ».

 

Piola et ses compagnons vont appeler leur itinéraire réussi en bon style « Sombre dimanche », le souvenir d'une mauvaise rencontre peut-être...

 

Déjà le recours aux ancrages artificiels en haute montagne était sérieusement critiqué, et l'équipement des lignes d'escalade par le haut - en dehors des falaises d'altitude - sera jugé inacceptable par pratiquement l'ensemble des alpinistes.

 

Ce sera une prise de conscience générale pour limiter drastiquement les forages de la roche en montagne...et les ancrages suggérés pour la protection resteront les pitons et les coinceurs et bien-sûr les reliefs naturels...

 

Les Aiguilles de Chamonix

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EN 1972 - UNE RÉVOLUTION TECHNIQUE POUR L'ESCALADE GLACIAIRE

 

Dès 1970, même si les alpinistes performants vont être de plus en plus des professionnels et des sportifs de haut niveau, c'est le matériel qui va apporter une véritable révolution technique... et une issue pour les novateurs. C'est d'abord en Écosse que les progrès apparaîtront...

 

Les  crampons

 

Au début des années 1970, les crampons pointes avant inventés par Henri Grivel dès 1929, utilisés par des grimpeurs allemands, suisses et italiens depuis les années 1930 sont enfin proposés à tous en France...

 

Des crampons quatre pointes avant sont mis au point et utilisés par des grimpeurs allemands dès 1969 et arriveront ensuite sur le marché....

 

Les piolets modernes

 

Au début des années 1970, le piolet moderne est peu à peu mis au point en Écosse. Hamish MacInnes est l'inventeur du premier modèle de piolet-traction, le « Terrordactyl » avec une lame très fortement inclinée, au même moment John Cunningham expérimente des marteaux à lame recourbée...

 

La modification de l'inclinaison de la lame de l'outil sera un progrès décisif. L'auto-verrouillage naturel de l'engin changeait complètement la façon de faire... Une petite modification pour de très grands progrès... Le piolet moderne sera ensuite perfectionné au fil du temps. Avec ces nouveaux outils, il devenait possible de franchir des passages rocheux recouverts de minces pellicules de glace où toute taille de marche était impossible... et bien plus un peu plus tard...

 

Le piolet-traction dans les Alpes

 

En 1972, Walter Cecchinel qui a développé une technique glaciaire s'inspirant de celle utilisée par les Écossais - qui ne sont presque jamais venus dans les Alpes exercer leurs talents - va faire connaître la technique du piolet-traction et va proposer cette technique dans les enseignements donnés à l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme en complément de la méthode classique.

 

C'est un événement qui bouleversait les habitudes de l'ENSA qui enseignait toujours une méthode française définie par Armand Charlet en restant aveugle aux perfectionnements proposés depuis trente-cinq ans...

 

Les fabricants continentaux ne tarderont pas à se montrer des plus créatifs pour faire évoluer ce matériel...

 

Sur les pentes glaciaires des Alpes, avec les crampons modernes à plusieurs pointes avant et le piolet moderne, un glaciériste à peine initié se trouvait souvent plus à l'aise que les plus chevronnés utilisant le matériel antérieur...

 

Les broches à glace vissées

 

Dans ces mêmes années soixante-dix, les broches à glace tubulaires vissées apportent une sécurité renforcée, ce matériel sera ensuite régulièrement perfectionné...

 

L'escalade des cascades de glace et des goulottes

 

Les progrès du matériel et des techniques venus d'Écosse au début des années 1970 vont transformer complètement les façons de faire des alpinistes.

 

Dès 1975, se développe en France, d'abord sur les parois du Cirque de Gavarnie, l'escalade des rideaux de glace à l'existence éphémère - les cascades de glace - et bientôt en haute montagne seront trouvés des cheminements nouveaux par des goulottes glaciaires.

 

- Voir également le dossier : Le matériel de l'alpiniste.

 

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LES PERFORMANCES NOTABLES OU NOVATRICES APRÈS 1970

 

C'est le début d'une nouvelle ère avec les progrès de l'escalade glaciaire et de l'escalade libre, les nouveaux matériels, l'entrainement sportif et les nouveaux talents...


Les alpinistes ont aussi constaté que la saison hivernale est la plus favorable pour certains itinéraires mixtes et glaciaires...

 

Beaucoup mieux armés, peu à peu mieux entrainés, les alpinistes vont montrer une intense activité.

 

Nous nous risquons à citer certaines des principales performances en étant certain d'en oublier quelques unes qui seront à ajouter à cette liste déjà très fournie...

 

 

DES REPÈRES DANS LE MASSIF DU MONT BLANC APRÈS 1970

 

C'est évidemment dans le massif de Mont Blanc que les progrès et les réalisations notables sont le plus facilement constatés... Mais partout dans les Alpes, les Pyrénées et autres montagnes d'Europe d'autres exploits novateurs peuvent être signalés...

 

<  En 1971, Walter Cecchinel et Claude Jager utilisent les nouveaux outils techniques pour les passages-clés en glace raide durant l'ascension du versant nord-est du Grand Pilier d'Angle au Mont Blanc, les prémices en France de la technique du piolet-traction.

 

<  L'année suivante, après avoir amélioré cette technique de progression en paroi glaciaire raide, Cecchinel réalise avec Claude Jager l'ascension du couloir Lagarde de l'Aiguille du Plan...

 

  • Rappelons ici que Jacques Lagarde en 1926 avec les pauvres moyens technique de son époque, piolet en bois et crampons dix pointes, avait forcé le passage contraint par les événements, un exploit réalisé sans moyen d'assurage et sans possibilité de retraite...

 

<  En 1973, c'est l'ascension fin décembre par Walter Cecchinel et Claude Jager du grand couloir nord-est des Drus qui marque le mieux cette évolution et ces progrès techniques...

 

  • Avec le nouveau matériel et l'audace renforcée des grimpeurs, le Grand Pilier d'Angle du Mont Blanc va être parcouru par plusieurs itinéraires mixtes de grande qualité, d'abord la cordée de Guy Dufour et Jean Fréhel en 1973, une cordée japonaise en 1974, John Bouchard seul en 1975, Richard Beaumont et un Américain en 1976, enfin une cordée belge en 1977...

 

<  En 1974, avec les nouvelles techniques glaciaires, les audaces se multiplient, notamment sur le flanc nord de l'Aiguille Sans Nom pour Jean-Marc Boivin et Patrick Vallençant, la ligne est équivalente en difficulté au grand couloir nord-est des Drus.

 

<  En cette année 1975, Nicolas Jaeger effectue un enchaînement exceptionnel en escaladant la voie Bonatti-Gobbi de 1957, en redescendant au col de Peuterey pour gagner le sommet du Mont Blanc par l'escalade du Pilier Central de Frêney...

 

<  En 1976, Nick Colton et Alex Mac Intyre inaugurent une voie difficile sur le flan droit de l'éperon Walker des Grandes Jorasses...C'est une performance de premier ordre réalisée avec ces  techniques nouvelles sur l'une des parois les plus sévères des Alpes...

 

<  En 1979, la voie « Rolling Stones » sur l'éperon nord de la pointe Walker des Grandes Jorasses était réussie par les Slovaques Kutil, Prochazka, Slechta et Svejda, du 24 au 29 juillet, elle est située entre la voie classique Cassin de 1938 et la voie « Gousseault » de 1973, elle deviendra un classique de la haute difficulté...

 

<  En 1982, Renato Casarotto réalise l'enchaînement le plus complet, en hiver, en solitaire, en 15 jours. D'abord la voie Ratti de la face ouest de l'Aiguille Noire de Peuterey, la voie Gervasutti en face sud-ouest de la pointe Gugliermina, puis le pilier Central de Frêney vers le sommet du Mont Blanc...

 

<  En 1983, les 18 et 19 août Éric Bellin, Jean-Marc Boivin et Martial Moïoli inauguraient un itinéraire de haut niveau en 19h dans la fade sud de l'Aiguille du Fou, pour une « Balade au clair de lune » ( 350m/ED Sup/A3-A4 ). La voie oppose des longueurs d'escalade artificielle, avec des passages extrêmement exposés sur crochet.

 

<  En 1984, les 16 et 17 février, Christophe Profit réussit l'intégral de Peuterey en solitaire...

 

<  En 1988, voie nouvelle sur la face sud de l'Aiguille du Fou, « Les Ailes du Désir », par Philippe Grenier et Pascal Colas du 19 au 21 juin.


Un réseau dense de voies difficiles versant italien du Mont Blanc

 

<  En 1982, la cordée Bardill-Piola-Steiner ouvre un itinéraire sur le pilier central de Frêney au Mont Blanc.

 

  • Entre les années 1982 et 1986 dans le versant italien, Patrick Gabarrou réalise une série d'itinéraires conduisant au Mont Blanc, souvent avec François Marsigny. Ils formeront la cordée la plus active de ces années-là...

 

- « Hyper Couloir », avec Pierre-Allain Steiner, en 1982,
- « Divine Providence », avec François Marsigny, en 1984,
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« Cascade Notre Dame », avec François Marsigny, en1984,
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« Freneysie Pascale », avec François Marsigny, en1984,
-
« Abominette », avec Christophe Profit et Sylviane Tavernier, en 1984,
-
« Fantomastic », avec François Marsigny, en 1985.

 

<  En 1989, sur les Piliers Rouge et de Droite du Brouillard au Mont Blanc, la cordée Anker - Piola trace deux lignes originales.

 

<  En 1991, du 11 au 13 août Jean-Christophe Lafaille inaugure « Un autre monde » sur le versant est du Grand Pilier d'Angle du Mont Blanc, pour poursuivre ensuite par un itinéraire en partie original sur le Pilier central de Frêney avec « L'écume des jours » durant les deux jours suivant...

 

<  Le versant sud-est du Mont Blanc est pourvu d'un réseau dense de voies difficiles...

 

Une ligne de référence : Divine providence

 

  • Le Grand Pilier d'Angle, simple épaule de l'arête de Peuterey vers le Mont Blanc, est un des lieux les plus fameux et des plus engagés de toutes les Alpes. Il est parcouru sur ses versants nord-est et est par de nombreux itinéraires difficiles. C'est Walter Bonatti avec Toni Gobbi en 1957 et Cosimo Zappelli en 1963 qui s'aventurèrent les premiers dans ce ressaut majeur du Mont Blanc, en suivant les lignes de faiblesse de la paroi.

 

<  Ensuite en 1969 des Polonais à gauche, et en 1976 des Slovaques plus directement, s'engageront vraiment dans les parois délimitant le pilier.

 

<  Du 5 au 8 juillet 1984, Patrick Gabarrou et François Marsigny réalisent une ascension qui force directement le grand ressaut rouge caractéristique du pilier. Une escalade de 900m de hauteur perdue dans l'immense versant est du Mont Blanc et aboutissant à 4308m au sommet du Pilier d'Angle où il faut encore sortir par l'arête de Peuterey.

 

Ce sera « Divine Providence » qui va devenir une ascension de référence avec ses difficultés d'escalade libre et artificielle.

 

<  En 1990, les 13 et 14 juillet, Alain Ghersen et Thierry Renaud réalisent une ascension le plus possible en escalade libre en concédant seulement trois points d'aide, 7c pour ce qui avait été franchi en escalade artificielle par les premiers ascensionnistes.

 

<  En 1990, les 4 et 5 août, parcours solitaire par Christophe Lafaille, auto-assurage dans les zones d'escalade artificielle.

 

<  En 1992, ascension hivernale du 5 au 8 janvier par nos voisins italiens Roberto Bressan, Saverio Occhi et Paolo Tamagnini...

 

< En 1993, du 10 au 14 février, exploit unique d'Alain Ghersen qui s'engage seul en hiver dans une telle paroi.

 

<  En 2000, l'ascension hivernale de « Divine Providence » demeure une performance de premier ordre, elle est rééditée, du 10 au 14 mars, par Patrice Glairon-Rappaz et Paul Robach.

 

<  Enfin durant l'été 2002, cette voie exceptionnelle est gravie entièrement en escalade libre par Denis Burdet. La voie est ainsi « libérée » durant une escalade « à vue » dans le jargon du monde de la grimpe.

 

  • C'est à dire intégralement en escalade libre, sans l'aide des points d'assurage et sans essai, ni tentative préalable, difficultés d'escalade libre jusqu'à 7c.


Une ligne de référence : Beyond Good and Evil

 

<  En 1992, Marc Twight et Andy Parkin réalisent en avril la voie « Beyond Good and Evil » sur la face nord de l'aiguille des Pèlerins. Cet itinéraire se signalait comme un itinéraire de référence avec les nouveaux moyens techniques adaptés à l'escalade mixte...

 

<  En 1995, la seconde ascension est réussie en automne par François Damilano et François Marsigny, rapidement suivis par deux autres cordées, et depuis cette voie est devenu un classique pour le haut niveau de l'escalade mixte...

 

<  En 2001, ascension solitaire par Bruno Sourzac en juin, un exploit de premier ordre effectué en solo intégral.

 

Un réseau dense de voies difficiles en face ouest du Petit Dru

 

<  En 1986, sur la face ouest des Drus, à gauche de la voie directe, Michel Piola et Pierre-Alain Steiner ouvrent en deux jours une voie nouvelle qu'ils appelleront « Passage cardiaque » avec passages obligatoires en 6c pour la difficulté.

 

<  En 1991, et en dix jours entre le pilier Bonatti et la voie Thomas Gross, Catherine Destivelle trace une nouvelle ligne originale en face ouest.

 

  • La face ouest des Drus est pourvue d'un réseau dense de voies difficiles... Mais les éboulements de 1997, de 2005 et de 2011 vont envoyer une grande partie de la face et le pilier SW dans la vallée...

 

Un réseau dense de voies difficiles en face est du Grand Capucin

 

<  En 1997, une voie extrême est trouvée et gravie en face est du Grand Capucin, par Arnaud Petit et Stéphanie Bodet. Une longueur de 40 m en 8b restait à franchir en escalade libre.

<  En 2005, la « voie Petit » est gravie en escalade libre par Alexander Huber.

 

  •  À la fin du XXe siècle, comme pour le Petit Dru et le Grand Capucin, toutes les parois rocheuses du massif du Mont Blanc, notamment l'Aiguille de Roc, le Peigne, la face ouest de Blaitière, vont se retrouver pourvues de réseaux denses de voies difficiles...

 

Un réseau dense de voies difficiles sur la face nord des Grandes Jorasses

 

<  En 1986, sur la face nord de la pointe Croz, la voie « No Siesta » est inaugurée par Stan Glejdura et Jan Porvaznik.

 

  • Sur ce versant nord des Grandes Jorasses de 1986 à 2008, Patrick Gabarrou est incontestablement le plus actif, il réalise là aussi une série remarquable d'itinéraires :

 

- Une voie directe vers la pointe Walker, avec Hervé Bouvard, en 1986.

- Une voie directe vers la pointe Margerita, avec Christian Appertet, en 1992.

- La ligne « Alexis » vers la pointe Whymper, avec Benoît Robert, en 1993.

- La voie « A Ley », entre les pointes Croz et Elena, avec Philippe Batoux et Benoît Robert, en 2003.

- La voie « Heidi », vers la pointe Marguerite, avec Philippe Batoux et Christophe Dumarest, en 2005.

- La voie « Hugues d'en haut », avec Michel Coranotte en 2008, elle s'achève sur l'arête des Hirondelles.

 

<  En 1991, du 7 au 9 juillet le Slovène Slavko Sveticic inaugure « Manitua », un itinéraire difficile directement dans le grand ressaut raide caractéristique de l'éperon nord de la Pointe Croz des Grandes Jorasses...C'est une prouesse de premier ordre réalisée en solitaire en trois jours de juillet.

 

<  En 1999, le Russe Valeri Babanov réussie en solitaire du 16 au 27 juillet une voie nouvelle « Eldorado » versant nord de la pointe Whymper.

 

<  En août 2005, nouvelle ligne sur le flanc gauche de l'éperon nord de la pointe Croz des Grandes Jorasses réussie par Bubu Bole et Mario Cortese en remontant entièrement la zone rocheuse raide du bastion central. La voie de 1300 m présente une quinzaine de longueurs rocheuses difficiles, quatre sections en 7 b et une longueur proposée jusqu'à 7c. Plusieurs tentatives, cordes fixes et sommet le 4 septembre. Située à droite de « No Siesta » et à proximité de « Manitua », l'itinéraire est appelé « Le Nez » par les protagonistes.

 

  • Le versant nord des Grandes Jorasses est pourvu d'un réseau dense de voies difficiles...

 

Une ligne de référence : No Siesta

 

<  En 1986, la voie « No Siesta » est inaugurée par Stan Glejdura et Jan Porvaznik.

<  En 2000, elle est parcourue en solitaire par Patrice Glairon-Rappaz du 27 au 29 juin.

<  En 2003, elle est gravie en libre par le Suisse Robert Jasper et l'Allemand Markus Stofer.

 

C'est l'une des escalades de référence pour le versant nord des Grandes Jorasses et pour le massif...

 

Une ligne de référence : La Serge Gousseault

 

<  En hiver 1973, ouverture d'une voie nouvelle sur le flanc nord-est de la pointe Walker des Grandes Jorasses par Giorgio Bertone, Michel Claret et René Desmaison du 10 au 17 janvier 1973. Cette voie est dédiée à Serge Gousseault mort d'épuisement durant une ascension inachevée du 10 au 21 février 1971 en compagnie de René Desmaison.

<  En 1977, répétition estivale et seconde par Gordon Smith et Tobin Sorenson en trois jours d'août.

<  En 2000, reprise dans les mêmes conditions hivernales que la première du 13 au 18 janvier par Stéphane Benoist et Patrice Glairon-Rappaz.

<  En 2003, reprise de la voie « Serge Gousseault » par Olivier Larios et François Marsigny du 19 au 22 mars.

 

L'enchaînement des plus grands itinéraires

 

  • L'enchaînement des plus grands itinéraires du versant sud-est du Mont Blanc ( à Chamonix, on dit l'envers du Mont Blanc ) a été inauguré par Nicolas Jaeger en août 1975, en escalade solitaire par la voie Bonatti-Gobbi du Pilier d'Angle et sortie par le pilier central de Frêney au Mont Blanc.

 

Depuis le challenge s'est perfectionné...

 

<  En 1982, Renato Casarotto achevait un parcourt époustouflant en parcourant seul et en hiver l'enchaînement le plus complet conduisant au Mont Blanc et en revenant après 15 jours d'errance ( voir le paragraphe précédent : Des repères dans le massif du mont blanc après 1970 ).

 

<  En 2003, le périple engagé, difficile et complexe est repris par Stéphane Benoist, Patrice Glairon-Rappaz et Patrick Pessi, attaque le 19 février et sommet du Mont Blanc le 28 février en sortant par la voie Gabarrou-Marsigny de 1984 « Frenesy Pascale ».

 

<  En 2003, le 9 février Patrick Bérault et Philippe Magnin montent au petit et haut perché refuge-bivouac Eccles pour réaliser une série d'ascensions dans les versants du Brouillard et de Frêney du Mont Blanc. En neuf jours, les deux vont reprendre les huit grands itinéraires mixtes inaugurés dans les années mil neuf cent soixante-dix et quatre-vingt avec Brouillard Givrant, Cascade Notre Dame, Hyper couloir et Hyper goulotte pour le versant Brouillard et Abominette, Fantomastic, Cascade du Frêney et Frenesy Pascale pour le versant de Frêney. Retour dans la vallée le 19 février.

 

<  Le 22 février, les deux se retrouvent à Eccles pour le second volet du périple envisagé. Bérault et Magnin vont successivement gravir les huit grandes voies des années mil neuf cent quarante à soixante, parcourant les différents piliers marquant des deux grands versants. D'abord les piliers Central, Dérobé et Sud de Frêney pour continuer par les quatre piliers - Central, de Droite, Rouge et de Gauche - du Brouillard. Le pilier nord de Frêney clôturera le challenge avec une sortie directe au sommet du culmen des Alpes le 5 mars.

 

Un savoir-faire, une maîtrise et deux belles santés.

 

L'enchaînement des grandes faces nord

 

Le challenge consistant à réaliser à la suite les unes des autres les ascensions des trois plus célèbres faces nord des Alpes - Grandes Jorasses, Eiger, Cervin - que l'on a appelé la trilogie des années trente a commencé à intéresser les alpinistes dans les années mil neuf cent soixante-dix...

 

En 1978, Ivan Ghirardini réussira le premier l'ascension solitaire en hiver des trois faces nord, durant la même saison hivernale, la face nord du Cervin voie de 1931 en décembre 1977 ; l'éperon Croz des Jorasses voie de 1935 en janvier 1978 ; et l'Eigerwand, voie de 1938 en mars 1978.

 

À la même époque, le Japonais Tuneo Hasegawa, réalise une trilogie idéale, en répartissant son effort sur trois années : la face nord du Cervin, voie de 1931 en février 1977 ; l'Eigerwand, voie de 1938, en mars 1978 ; et la plus belle voie, l'éperon Walker aux Jorasses, voie de 1938, en février et mars 1979.

 

En mars 1987, Christophe Profit enchaîne les trois grandes faces nord des Alpes par leurs voies historiques : l'éperon Croz des Grandes Jorasses, Eiger et Cervin en 42 heures, un parcours fabuleux réalisé avec l'assistance de l'hélicoptère pour l'approche et la descente.

En arrière plan, les Grandes Jorasses

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DANS LE MASSIF DES ÉCRINS APRÈS 1970

 

  • Seulement quelques repères :

 

<  En1975, voie directe en face nord du Pic sans Nom par Jean-Michel Cambon et Bernard Francou.

 

<  En 1976, voie directe sur la face nord du Pelvoux par Jean-Michel Cambon et Bernard Francou.

 

<  En1976, voie du grand couloir central en face nord du Pic sans Nom du 6 au 8 mai, par Jean-Marc Boivin, François Diaferia et Gérard Vionnet-Fuasset.

 

<  En 1977, la face nord-ouest de l'Olan compte parmi les plus importantes du massif avec ses 1100m de hauteur. Vingt ans après la première incursion par la cordée Couzy- Desmaison de 1956, un second itinéraire sur la gauche de la face est ouvert par Pierre Bouilloux et Pierre Wilmart, les 15 et 16 août en sortant par l'itinéraire de 1956 et par Jean-Michel Cambon et Bernard Francou les15 et 16  août 1981 en terminant par l'impressionnante fissure de sortie.

 

<  En 1980, Patrick Gabarrou et François Marsigny inaugurent une voie directe sur la face sud de la Barre des Écrins.

 

<  En 1981, voie directe en face nord d'Ailefroide centrale par Jean-Michel Cambon et Bernard Francou.

 

<  En 2000, un itinéraire nouveau « Buffet froid » est inauguré par Jérôme Blanc-Gras dans le versant nord du Râteau en février.

 

<  En 2003, nouvelle ligne dans le versant nord du Râteau appelée « La Valse des Adieux » à gauche de « Buffet froid »  est inaugurée par Sébastien Constant et Jérôme Mercadier au début d'avril.

 

<  En 2003, une voie nouvelle en face nord-ouest de l'Ailefroide occidentale est réussie les 18 et 19 mars par Arnaud Guillaume et Manu Pellissier. La voie se déroule d'abord à droite de la voie des « Plaques de Glace » de 1969, puis directement pour « la Croisée des Chemins »...

 

<  En 2011, en face nord-ouest de l'Olan, un nouvel itinéraire est réussi les 30 et 31 août par Mathieu Détrie et Pierre Labbre pour « Chauve qui peut ».... La ligne se faufile entre les deux itinéraires de 1956 et de 1981.

 

QUELQUES REPÈRES DANS LES ALPES VALAISANNES APRÈS 1980

 

  • Seulement quelques repères

 

<  En 1981, une directissime suisse forçant la paroi surplombante du « Nez de Zmutt » du Cervin est inaugurée par Pierre-Alain Steiner et Michel Piola.

 

<  En 1989, une directissime française sur le « Nez de Zmutt » est réussie par Patrick Gabarrou et François Marsigny.

 

<  En 1992, Lionel Daudet et Patrick Gabarrou ont ajouté sur le « Nez de Zmutt » une nouvelle ligne avec « Aux amis disparus » le 9 août...

 

<  En 2001, deux itinéraires supplémentaires s'ajoutaient encore sur le célèbre obstacle de l'arête nord-ouest du Cervin. Deux itinéraires forcément voisins des voies précitées.

 

<  En 2009, le Valaisan Jean Troillet et les Haut savoyards Martial Dumas et Jean-Yves Fredrickson ont inauguré une nouvelle voie sur la face nord du Cervin, entre la voie historique des frères Schmid de 1935, et la voie Bonatti de 1965.

 

<  En 2010, fin janvier en 4 jours, Patrice Glairon Rappaz et Cédric Périllat réalisent l'ascension hivernale de la voie « Aux amis disparus ». Première ascension complète de la voie et première ascension hivernale, une référence en matière de difficulté et d'engagement...

 

<  En 2011, une ligne directe est tracée sur la face sud du Pico Muzio 4191m, petite pointe isolée sur l'arête de Furggen sous l'épaule caractéristique de la célèbre arête du Cervin par Hervé Barmasse du 5 au 8 avril en solitaire. Une grande voie de 1200 mètres très engagée. Cet itinéraire franchit la partie raide de la face sud, contournée par la voie de Giuseppe Lanfranconi et Annibale Zucchi de 1965.

 

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QUELQUES REPÈRES DANS L'OBERLAND BERNOIS APRÈS 1980

 

La muraille nord-ouest de l'Eiger, 3974m

 

  • Seulement des repères sur l'Eiger qui a accaparé une partie importante de l'histoire de l'Alpinisme.

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La voie classique de la muraille nord-ouest

 

La muraille nord-ouest de cette montagne - le célèbre Eigerwand - compte parmi les parois les plus emblématiques et médiatiques du monde de l'alpinisme.

 

Sa voie classique nous montre les énormes progrès techniques et psychologiques qui ont été accomplis par les ascensionnistes, depuis les tentatives dramatiques et la première ascension de 1938 ( voir le dossier : Un historique de l'alpinisme 1919-1939 ).

 

Et aussi depuis la première ascension hivernale de 1961 ( voir § : L'alpinisme hivernal jusqu'en 1980 ).

 

<  En 1978, Tueno Hasegawa effectue le parcourt hivernal solitaire en six jour du 5 au 11 mars et Yvan Ghirardini dans le même temps, mais 24 heures plus tard...

 

<  En 1985, Christophe Profit réussit l'ascension hivernale en 10 heures et durant l'automne, Luc Jourjon et Jean- Noël Roche réalisent une ascension en deux jours avec une descente moins conventionnelle, en parapente et en 20 minutes...

 

<  En 1988, la Britannique Alison Hargreaves escalade la paroi en solitaire.

 

 <  En 1992, le 9 mars Catherine Destivelle réalise l'ascension solitaire et hivernale en 17h30, un exploit salué par le monde de la montagne.

 

<  En 2003, ascension en escalade solitaire par l'Italien Christoph Hainz, le 24 mars en 4h45.

 

<  Jusque-là, les horaires les plus rapides sont l'½uvre d'Ueli Bühler, 8h30 en 1981, de Francek Fnez, 6h en 1982 et de Thomas Bubendorfer en 4h50 en 1983.

 

<  Le 21 février 2007, le Suisse Ueli Steck parcours le même itinéraire en solitaire en 3h54. Une performance qui laissait déjà pantois...

 

  • Et nous pensions en avoir terminé avec la chronique de cet itinéraire historique et pourtant...

 

<  Le 21 février 2008, Ueli Steck s'élance pour un parcours encore plus rapide et ahurissant de 2h47...

 

<  Notre éminent voisin suisse enregistre son exploit depuis la plaque rendant hommage aux grimpeurs italiens Mario Mendi et Bartolo Sandri - tombés durant une tentative en 1938 - située au pied de la muraille jusqu'au sommet de la montagne, soit quelque 1800 mètres...C'est du 650 mètres à l'heure...

 

<  En 2011, l'exploit précédant qui paraîssait ahurissant est amélioré de près de 20 minutes par Dani Arnold...

 

Il n'y a rien à retirer de notre commentaire concernant l'information précédente, seulement ajouter : nouvel exploit qui laisse aussi pantois, attaque à 9h05, sommet 11h33, pour gravir cette paroi de près de 1800 mètres... soit 2h28
 

Les autres voies d'ascension

 

La face nord-ouest de la grande montagne dominant Grindelwald a été longtemps la paroi la plus chargée d'événements dramatiques de l'histoire de l'alpinisme, l'Eigerwand est aussi l'un des plus hauts versants des Alpes qui aujourd'hui se partage en deux zones bien spécialisées :

- Au centre, sous le sommet, les grands itinéraires mixtes.

- À droite, aboutissant à la crête, des lignes d'escalade rocheuse de haut niveau.

 

Dans les deux cas, les parois dominant la vallée de Lauterbrunnen intéressent les meilleurs du moment...

 

Quelques repères dans la partie droite de la face

 

<  En 1979, première incursion dans la partie droite de la face essentiellement rocheuse du 13 au 16 août par Gérard Hopfgartner et Michel Piola pour « les Portes du Chaos ».

 

<  En 1983, autre grande escalade rocheuse par René Ghilini et Michel Piola du 26 au 30 juillet.

 

<  En 1992, les 17 et 18 août, une voie nouvelle difficile est inaugurée par Daniel Anker et Michel Piola appelée « le Chant du Cygne » à droite de la voie de 1979...

 

<  En 2001, inauguration de « Deep Blue Sea », une voie nouvelle de haute difficulté dans la partie droite de la face nord-ouest jusqu'à 7b+ pour les Suisses Bernd Rathmayr et Reto Ruhstaller.

 

Quelques repères dans la partie centrale du versant nord-ouest

 

<  En 1991, une voie nouvelle « Metanoia » est inaugurée entre les voies japonaise de 1970 et « John Harlin » de 1966 en 7 jours, par Jeff Lowe en solitaire et en hiver...


<  En 1991, la voie « John Harlin » est reprise en solitaire et en hivernale en février par Slavko Sveticic.

 

<  En octobre 2001, après plusieurs tentatives, les Suisses Stefan Siegrist et Ueli Steck inaugurent un nouvel itinéraire proche de la voie « John Harlin ». La voie remonte l'un des systèmes de goulottes conduisant à l'Araignée, le névé supérieur caractéristique de la zone centrale de la face nord-ouest. L'itinéraire « The Young Spider » a nécessité l'utilisation des techniques glaciaires, rocheuses et mixtes les plus modernes, y compris le « dry tooling » avec comme difficulté 7a/A2/M7.

 

<  En 2006, Ueli Steck qui est un des auteurs de « The Young Spider » et un familier de cette paroi mythique, décide de reprendre l'itinéraire seul, en hiver et d'une seule traite, ascension en cinq jours du 7 au 11 janvier. Un exploit exceptionnel.

 

  • Il est bien sûr impossible de proposer ici l'historique complet de l'important massif alpin de l'Oberland Bernois...

 

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QUELQUES REPÈRES DANS LES DOLOMITES APRÈS 1980

 

<  En 1981, la cordée Koller-Sustor réalise « la voie du Poisson » sur le versant sud de la Marmolada, point culminant du massif des Dolomites. Cette ligne devient l'itinéraire de référence dans les Dolomites.

 

<  En 1989, les Tchécoslovaques  Miroslav et Michael Coubal inaugurent, sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, un itinéraire en escalade libre avec 5 bivouacs du 5 au 10 août entre la voie classique Comici- Dimaï-1933 et la voie Kauschke-Siegert-Uhner-1963, datant de l'âge du fer...

 

<  En 1990, le grimpeur italien Maurizio Giordani escalade pour la première fois en solitaire « la voie du Poisson » en face sud de la Marmolada, en s'auto-assurant sur neuf longueurs.

 

<  En 1999, durant l'été, Mauro Bole effectue l'ascension en escalade libre de la voie de référence « Jean Cousy » ( Desmaison-Mazeaud-1959 ) de la Cima Ovest di Lavaredo qui franchit directement la zone surplombante de la face nord.

 

<  En 1999, les 25 et 26 juin, Christine Destivelle en solo escalade la voie Brandler-Hasse-Lehne-Löw-1958, sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, seulement réussie deux fois par des solitaires masculins...

 

<  En 2000, sur la face nord de la Cima Ovest di Lavaredo, Alexander Huber inaugure durant l'hiver, en escalade solitaire avec 7b+ et A4, une voie nouvelle dans les grands surplombs de la face nord entre la voie italo-suisse de 1959 et la directe allemande des grands toits de 1968. C'est la voie « Bellavista »...

 

<  En 2001, il revient en été pour tenter d'améliorer son ½uvre et libérer « Bellavista », et avec cette fois-ci un compagnon pour l'assurage. Succès le 18 juillet et après travail, avec quatre longueurs dans le 7, une longueur de 8a et une autre de 8c, un itinéraire qui aboutit à la vire de la traversée Cassin de la fameuse face nord.

 

<  En 2003, reprise en escalade libre de la voie de référence « Jean Cousy » de la Cima Ovest di Lavaredo par l'Autrichien Michael Mayr, puis un peu plus tard par le Slovène Marko Lukic en ajustant légèrement la cotation proposée 8a+, 500m.

 

<  En 2003, autre voie de l'âge du fer « Camillotto Pellissier » de 1967 sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, est gravie en escalade libre par Mauro Bole, elle est proposée 8a+, 350m, répétition féminine par Inès Papert en 2006.

 

<  En 2006, l'Autrichien Hansjorg Auer parcourt en escalade solitaire intégrale la voie « les Temps Modernes », en face sud de la Marmolada difficulté 7b.

 

<  En 2007, exploit exceptionnel de la part du grimpeur autrichien Hansjorg Auer qui réalise en solo intégral, sans corde, l'ascension de la mythique  « voie du Poisson » en face sud de la Marmolada, haute de 850 mètres, dont la difficulté technique atteint le 7c+, engagement extrême requis pour cet itinéraire de 37 longueurs parcouru en seulement 3 heures.

 

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LES PYRÉNÉES APRÈS 1980

 

  • Quelques repères aussi qui demandent à être améliorés...

 

<  En 1984, ascension hivernale de la voie de 1962 de la Pointe Chausenque, les 10 et 11 mars par Jean Pierre Bréards et Y. Lecouadou qui réalisèrent en 16 h, une performance de premier ordre.

 

<  En 1993, sur le Vignemale, première ascension solitaire du couloir en Y par Yan Raulet en novembre.

 

<  En 1994, Benoît Dandonneau, Christian Ravier et Rémi Thivel inaugurent « Les Délinquants de l'inutile » en face nord du Vignemale le 24 mars, une ligne qui fera date dans l'histoire du pyrénéisme.

 

<  En 1994, ascension solitaire hivernale du pilier de l'Embarradère par Rémi Thivel les 17 et 18 mars 94 sur le Pic du midi d'Ossau.

 

<  En 2000, nouvelle ascension hivernale de la voie de 1962 de la Pointe Chausenque , les 13 et 14 mars par Cyrille Dupouy et Rémi Thivel en 20h. Magnifique voie mixte très complète : artif, placages, libre, goulottes, neige, renfougnes. Rocher « exotique » dans le socle, quelques blocs enchâssés et profusion de mousse, il devient excellent dans la partie supérieure.

 

<  En 2003, ascension solitaire le 25 mars, par Jérôme Thinières de la difficile voie « Les Délinquants de l'inutile » ( Dandonneau-Ravier-Thivel-1994 ) en 12h30.

 

<  En 2003, le 13 mars, Jérôme Thinières et Romain Wagner inaugurent en 8h une voie nouvelle en face nord de la pointe Chausenque, difficulté ED inf. à droite du couloir de Gaube. La ligne nouvelle rejoint la voie originale de la face nord à mi-hauteur pour un total de 800m.

 

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DANS LE YOSEMITE APRÈS 1980

 

Les grandes parois américaines n'échappent pas aux immenses progrès de l'escalade libre et les nombreuses performances réalisées sortent de notre travail de présentation.

 

Notons seulement ceci :

 

<  En 1993, Lynn Hill libère les dernières longueurs d'artificiel de la voie du Nose sur El Capitan dans le Yosemite, notamment les passages du Great Roof et de Changing Corners ( 8c ).

 

<  En 1994, Lynn Hill enchaînera l'itinéraire en moins de 24 heures. Elle a ensuite déclaré ironique : « Ce qu'un homme n'a pas pu faire, une femme peut le faire ». Les répétitions en libre de son exploit attendront 1998 et 2005... Lynn Hill montrera dans plusieurs ascensions qu'elle était au moins au même niveau sportif et technique que les meilleurs des grimpeurs masculins...

 

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GRANDES VOIES LIBÉRÉES APRÈS 1985

 

Quelques repères

 

<  En 1999, durant l'été, Mauro Bole réalise l'ascension en escalade libre de la voie de référence « Jean Cousy » ( Desmaison-Mazeaud-1959 ) de la Cima Ovest di Lavaredo.

<  En 2002, « Divine Providence » qui force directement le grand ressaut rouge du versant est du Grand Pilier d'Angle, la voie de référence du massif du Mont Blanc, est réalisée intégralement en escalade libre, niveau 7c, en été par Denis Burdet et un compagnon.

<  En 2003, nouvelle ascension de « Divine Providence » de cette façon durant l'été par les Slovènes Marko Lukic et Andrej Grmovsek.

<  En 2003, autre voie de l'âge du fer « Camillotto Pellissier », sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, est gravie en escalade libre par Mauro Bole, elle est proposée 8a+, 350m, répétition féminine par Inès Papert en 2006.

<  En 2003, la voie « Phantom der Zinne » sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo est gravie en escalade libre par Marko Lukic, elle est proposée 7c+, 500m.

<  En 2003, la voie « Akut route » tracée sur la face nord de la Cima Ovest di Lavaredo est gravie en escalade libre par Marko Lukic, elle est proposée 8a, 500m.

<  En 2003, reprise en escalade libre de la voie de référence « Jean Cousy » de la Cima Ovest di Lavaredo par l'Autrichien Michael Mayr, puis un peu plus tard par le Slovène Marko Lukic en ajustant légèrement la cotation proposée 8a+, 500m.

 

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Le dry tooling

 

Au début de notre siècle, des itinéraires rocheux parcourus jusqu'alors avec l'aide de l'escalade artificielle pourront être gravi en « dry tooling » par les meilleurs... Une technique de verrouillage des piolets modernes et des crampons adaptables à une ou plusieurs lames avant permettent de franchir des obstacles rocheux avec ces outils...

 

Les ascensions de cette façon, en plus du talent et de l'engagement des protagonistes, nécessitent l'utilisation de matériels modernes très adaptés, piolet moderne à lame utilisant des alliages élaborés et des formes les plus performantes et aussi des crampons sophistiqués permettant de modifier l'attaque des pointes avant ( ou de la seule pointe avant )...

 

  • Des outils qui - s'ils les voyaient - feraient se retourner dans leurs tombes les experts écossais du début du siècle dernier...

 

En hiver 2014, la voie « Rolling Stones » de1979 ( Kutil, Prochazka, Slechta et Svejda ) sur l'éperon nord de la pointe Walker, le sommet principal des Grandes Jorasses est parcourue - sans recours à l'escalade artificielle - en dry tooling par les Slovénes Luka Lindi? et Luka Krajnc du 12 au 15 mars, difficultés M8 pour la longueur la plus difficile, trois longueurs de M7, et plusieurs longueurs cotés M6...

 

  • Sans le recours à l'escalade artificielle conventionnelle voulons-nous dire...

 

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LES ESCALADE SOLITAIRES

 

  • Si les escalades solitaires de Paul Preuss laissent rêveurs encore aujourd'hui, ceux qui ont pris la peine ou le plaisir de grimper dans ses traces... avec l'assurance de la corde... plusieurs performances en escalade solitaire marquent l'histoire de l'alpinisme...

 

Nous avons déjà cité dans le dossier précédant Emilio Comici qui en 1937, a gravi en escalade solitaire la face nord de la Cima Grande di Lavaredo par la voie de 1933.

 

  • Il y a lieu de bien faire la différence entre une escalade solitaire avec auto-assurage et une escalade en solitaire intégral. De toutes les façons, ces entreprises restent dans le domaine de l'exceptionnel et demandent de bien connaître et accepter certaines éventuelles conséquences...

 

<  En 1955, Walter Bonatti réussit seul la première ascension du pilier sud-ouest du Petit Dru, dans le massif du Mont Blanc, en cinq jours. Cette ascension constitue l'un des exploits les plus extraordinaires de l'escalade et de l'alpinisme.

 

<  En 1961, un autre exploit sans égal. Le Belge Claudio Barbier effectue, sans aucune aide technique, ni assistance extérieure, l'ascension par leurs versants nord des cinq cimes du Lavaredo dont les voies Cassin, Comici, Dulfer et Preuss. Une prouesse réussie dans une seule journée et qui reste aujourd'hui inégalée...

 

<  En cette année 1963, Michel Darbellay gravit la voie classique de l'Eigerwand en solitaire.

 

<  En 1965, Walter Bonatti se présente seul au pied de la mythique face nord du Cervin pour inaugurer en hiver une voie nouvelle...

 

<  En 1969, première ascension solitaire de la face nord des Droites par Reinhold Messner, il étonne le monde alpin par son ascension en 8h30, avec un piolet et un poignard à glace comme outils à mains...

 

<  En 1972, l'arête de Peuterey intégrale en commençant par l'arête sud de l'Aiguille Noire est reprise par René Desmaison.

 

<  En 1975, Thomas Gros opère un périple exceptionnel du 20 avril au 8 mai, en réalisant seul une voie nouvelle sur la face ouest des Drus, là aussi c'est encore l'âge du fer... avec de nombreux ancrages forés.

 

<  En 1975, en août Nicolas Jaeger réalise un enchaînement par la voie Bonatti-Gobbi du Grand Pilier d'Angle et sortie par le pilier central de Frêney au Mont Blanc.

 

<  En 1978, Ivan Ghirardini réussira le premier l'ascension solitaire en hiver des trois faces nord, durant la même saison hivernale, la face nord du Cervin voie de 1931 en décembre 1977 ; l'éperon Croz des Jorasses voie de 1935 en janvier 1978 ; et l'Eigerwand, voie de 1938 en mars 1978.

 

<  À la même époque, le Japonais Tuneo Hasegawa, réalise une trilogie idéale, en répartissant son effort sur trois années : la face nord du Cervin, voie de 1931 en février 1977 ; l'Eigerwand, voie de 1938, en mars 1978 ; et la plus belle voie, l'éperon Walker aux Jorasses, voie de 1938, en février et mars 1979.

 

<  En 1978, Jean-Marc Boivin effectue le 28 août l'ascension de la voie Bonatti-Zappelli de 1962 du versant nord-est du Grand Pilier d'Angle du Mont Blanc.

 

<  En 1982, Christophe Profit réussit l'ascension de la voie directe de la face ouest des Drus en 3 h 10 du pied de la face au sommet du Petit Dru.

 

<  En 1982, Renato Casarotto réussit l'enchaînement le plus complet, en hiver, en 15 jours. D'abord la voie Ratti de la face ouest de l'Aiguille Noire de Peuterey, la voie Gervasutti en face sud-ouest de la pointe Gugliermina, puis le pilier Central de Frêney...

 

<  En 1984, les 16 et 17 février, Christophe Profit réussit l'intégral de Peuterey...

 

<  En mars 1987, Christophe Profit enchaîne les trois grandes faces nord des Alpes par leurs voies historiques : l'éperon Croz des Grandes Jorasses, Eiger et Cervin en 42 heures, un parcours fabuleux avec assistance de l'hélicoptère pour l'approche et la descente.

 

<  En 1989, Christophe Moulin escalade en hivernale la voie Cousy-Desmaison-1956 de l'Olan.

 

<  En 1990, les 4 et 5 août, parcours par Christophe Lafaille de la voie « Divine Providence » du Grand Pilier d'Angle au Mont Blanc, auto-assurage dans les zones d'escalade artificielle.

 

<  En 1990, le pilier Bonatti de l'Aiguille des Drus est gravi par Catherine Destivelle.

 

<  En 1990, le grimpeur italien Maurizio Giordani escalade « la voie du Poisson » , haute de 850 mètres sur la face sud de la Marmolada en dix heures, en s'auto-assurant sur neuf longueurs.

 

<  En 1991, la voie « John Harlin » de 1966 du versant nord-ouest de l'Eiger est reprise en hivernale en février par Slavko Sveticic.

 

<  En 1991, une voie nouvelle est inaugurée en hiver entre les voies japonaise et « John Harlin » en 7 jours, sommet en mars par Jeff Lowe.

 

<  En 1991, le Slovène Slavko Sveticic inaugure « Manitua » un itinéraire difficile directement dans le grand ressaut raide caractéristique de l'éperon nord de la Pointe Croz des Grandes Jorasses...C'est une performance de premier ordre réalisée en trois jours de juillet.

 

<  En 1992, le 9 mars Catherine Destivelle réussit l'ascension hivernale de la voie classique de la face nord-ouest de l'Eiger en 17h30, un exploit salué par le monde de la montagne...

 

<  En 1993, du 10 au 14 février, exploit unique d'Alain Ghersen qui s'engage seul en hiver dans de la voie « Divine Providence » du Grand Pilier d'Angle au Mont Blanc.

 

<  En 1993, sur le Vignemale, première ascension du couloir en Y par Yan Raulet en novembre.

 

<  En 1993, du 8 au 10 février, Catherine Destivelle réalise l'ascension hivernale de l'éperon Walker des Grandes Jorasses.

 

<  En 1993, Alison Hargreaves entreprend et réussie une série époustouflante d'ascensions dans les Alpes : le Cervin par la voie des frères Schmid, la face nord-ouest classique de l'Eiger, la face nord du Petit Dru, la voie Cassin du Piz Badile, l'Éperon Walker des Grandes Jorasses et la voie Brandler-Hasse de la Cima Grande di Lavaredo...

 

<  En 1994, du 8 au 11 mars, Catherine Destivelle réalise l'ascension  hivernale de la face nord du Cervin par la voie Bonatti.

 

<  En 1994, ascension hivernale du Pilier de l'Embarradère par Remi Thivel les 17 et 18 mars sur le Pic du midi d'Ossau.

 

<  En 1999, Christine Destivelle  escalade les 25 et 26 juin la voie Brandler-Hasse-Lehne-Löw de 1958, sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, seulement réussie deux fois par des solitaires masculins...

 

<  En 1999, le Russe Valeri Babanov réussit du 16 au 27 juillet une voie nouvelle « Eldorado » versant nord de la pointe Whymper des Grandes Jorasses.

 

<  En 2000, sur la face nord de la pointe Croz des Grandes Jorasses, la voie « No Siesta » est parcourue par Patrice Glairon Rappaz.

 

<  En 2000, sur la face nord de la Cima Ovest di Lavaredo, Alexander Huber inaugure durant l'hiver une voie nouvelle avec 7b+ et A4, dans les grands surplombs de la face nord entre la voie italo-suisse de 1959 et la directe allemande des grands toits de 1968. C'est la voie « Bellavista ».

 

<  En 2001, ascension de la voie « Beyond Good and Evil » sur la face nord de l'Aiguille des Pèlerins, par Bruno Sourzac en juin, performance de premier ordre en solo intégral.

 

<  En 2003, ascension le 25 mars, par Jérôme Thinières de la difficile voie « Les Délinquants de l'inutile » en 12h30.

 

<  En 2003, Philippe Batoux réussit le 19 mars l'ascension de « l'Hypercouloir du Brouillard » en solo intégral, une ligne majeure d'accès au Mont Blanc.

 

<  En 2006, Ueli Steck qui est un des auteurs de « The Young Spider » sur la paroi nord-ouest de l'Eiger et un familier de cette paroi mythique, décide de reprendre l'itinéraire seul, en hiver et d'une seule traite. Ascension en cinq jours du 7 au 11 janvier. Un exploit exceptionnel.

 

<  En 2006, sur la Marmolada le sommet principal des Dolomites, l'Autrichien Hans Jorg Auer escalade en solitaire intégral la voie des « Temps Modernes », 850m, 7b.

 

<  En 2007, sur la Marmolada, Hans Jorg Auer escalade en solitaire intégral « la voie du Poisson », 850m, 7c+, sans corde. Il s'agit d'une des ascensions solitaires les plus extraordinaires, compte tenu de l'engagement extrême requis par cet itinéraire de 37 longueurs parcouru en seulement 3 heures....

 

<  En 2008, le 21 février, Ueli Steck escalade la voie classique de la face nord-ouest de l'Eiger en 2h47.

 

<  En 2008, le 28 décembre, la voie Colton-McIntyre de 1976 sur le flan droit de l'éperon Walker des Grandes Jorasses est reprise en 2h21 par Ueli Steck...

 

<  En 2009, le 13 janvier, Ueli Steck escalade la voie classique de la face nord du Cervin des frère Schmid en 1h56...

 

<  En 2011, la voie de l'Eigerwand est reprise par Dani Arnold en 2 heures et 28 minutes, le 20 avril !

 

<  En 2011, une nouvelle ligne est tracée sur la face sud du Pico Muzio 4191m, petite pointe isolée sur l'arête de Furggen du Cervin sous l'épaule caractéristique de la célèbre arête par Hervé Barmasse du 5 au 8 avril. Une grande voie de 1200 mètres très engagée...

 

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LES FEMMES SONT BIEN PRÉSENTES

 

Nous avons signalé dans nos différents chapitres les performances de l'alpinisme féminin, en voici un recueil...

 

<  En 1971, la face sud de l'Aiguille du Fou est parcourue en trois jours par Simone Badier en tête de cordée. C'est un des faits marquants non seulement de l'ascensionniste au féminin, mais aussi de l'alpinisme en général... Simone Badier est la seule femme de cette époque à s'engager dans les ascensions extrêmement difficiles, avec un compagnon toujours ravi d'être conduit dans de pareilles aventures...

 

Depuis, non seulement nos femmes alpinistes vont s'attaquer aux itinéraires les plus difficiles mais aussi à des lignes originales, et à des itinéraires prestigieux en solitaire...

 

Et là, même si elles ne sont pas nombreuses, elles ont atteints le meilleur niveau de leurs collègues masculins, ce qui est une particularité de l'alpinisme et de l'escalade...

 

<  En 1988, la Britannique Alison Hargreaves escalade en solitaire la face nord-ouest de l'Eiger.

<  En 1990, le pilier Bonatti des Drus est gravi en solitaire par Catherine Destivelle.

<  En 1991, et en dix jours entre le pilier Bonatti et la voie Thomas Gross de la face ouest des Drus, notre éminente cons½ur trouve une ligne originale.

<  En 1992, le 9 mars la même Catherine Destivelle escalade en solitaire et en hiver la voie classique de la face nord-ouest de l'Eiger en 17h30, un exploit salué par le monde de la montagne...

< En 1993, du 8 au 10 février, pour Catherine Destivelle encore, c'est le parcourt solitaire et hivernal de l'éperon Walker des Grandes Jorasses, une ascension déjà jugé d'une audace inouïe lorsque les Bonatti et Desmaison l'ont abordée dans des cordées constituées en 1963...

< En 1993, Alison Hargreaves entreprend et réussie une série époustouflante d'ascensions solitaires dans les Alpes : le Cervin par la voie des frères Schmid, la face nord-ouest classique de l'Eiger, la face nord du Petit Dru, la voie Cassin du Piz Badile, l'Éperon Walker des Grandes Jorasses et la voie Brandler-Hasse de la Cima Grande di Lavaredo...

<  En 1993, Lynn Hill libère les dernières longueurs d'artificiel de la voie du Nose sur El Capitan dans le Yosemite, notamment les passages du Great Roof et de Changing Corners ( coté aujourd'hui 8c ).

<  En 1994, Lynn Hill enchaînera l'itinéraire en moins de 24 heures. Elle a ensuite déclaré ironique : « Ce qu'un homme n'a pas pu faire, une femme peut le faire ». Les répétitions en libre de son exploit attendront 1998 et 2005...

Lynn Hill montrera dans plusieurs ascensions qu'elle était au moins au même niveau sportif et technique que les meilleurs des grimpeurs masculins...

<  Le 9 mars 1994, Françoise Aubert seule parcourt la face nord des Droite par la goulotte Ginat.

<  En 1999, les 25 et 26 juin, Catherine Destivelle escalade en solitaire la voie Brandler-Hasse-Lehne-Löw-1958, sur la face nord de la Cima Grande di Lavaredo, seulement réussie deux fois par des solitaires masculins...

 

Destivelle et Hill ont également été les meilleures du monde en compétition d'escalade...

 

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ESCALADE ARTIFICIELLE

 

  • Il reste heureusement quelques irréductibles pour l'escalade artificielle. Une technique qui ne peut concerner que quelques adeptes, la roche ne résisterait pas aux pitonnages et dépitonnages successifs... Ce sont des travaux en montagne diront les détracteurs...

 

<  Le Bouclier du Gerbier est la haute paroi surplombante bien connue à gauche de la Fissure en Arc de Cercle dans le Vercors.

<   En 1964, une équipe franco-suisse achevait une première incursion dans ce monde de surplombs...

<  En 2005, un itinéraire de haut niveau est parcouru sur la partie gauche du bouclier du Gerbier, utilisant toutes les ressources de l'escalade artificielle et sans avoir recours aux ancrages forés d'assurage ou d'aide dans les longueurs.

La ligne passe par « l'Afrique du bouclier », un ancien éboulement qui a formé une énorme écaille ressemblant au continent africain. L'ouverture s'est déroulée entre le 4 et 14 août.

Elle est l'½uvre de Leslie Fucsko et Daniel Solymari. Les deux premières longueurs ont été explorées en novembre 2004 par Fucsko et Sylvain Conche. Difficultés ABO avec A5 et 6a, hauteur 350 mètres.

 

Escalade en style capsule continu, sans corde fixe, et sans ancrages forés hormis les relais. Au total 160 kilos de matériel au départ dont 60 litres d'eau, 2 cordes, 100 pitons, 50 plombs, 10 birdbeaks, beaucoup de crochets, stoppers, offsets, deux jeux de friends, alliens, ball nuts, cale de bois, portaledge avec tente pour les bivouacs... Deux longueurs assez dures proposées A5 R ( R comme "risqued" pour danger important en cas de chute ) dont une où Fucsko a passé neuf heures à l'ouverture...

 

  • Les commentaires de Leslie Fucsko : « 10 jours dans la paroi dont un pour monter le matos avec l'aide d'un copain et ses deux ânes, un jour bloqué sous la tente du portaledge à cause de la pluie, 7 jours d'ouverture, et le dernier pour tout redescendre sous une pluie battante. La météo a été exécrable, froid, vent, brouillard, deux jours de soleil en tout. Dans la longueur L3, il y a un potentiel important de chute sur dalle inclinée et vire. Dans L5, vol avec pendule contre le mur situé dessous le toit. Ce toit se passe exclusivement sur crochets gouttes d'eau et sur environ 20 mètres, il n'y a aucun point d'assurage et aucun point fixe autre que les crochets ».

 

Pour information : 20m sans assurage, c'est 40m de chute éventuelle...

 

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LE SKI EXTRÊME

 

  •  C'est une discipline complètement liée à l'alpinisme et pratiquée par des alpinistes skieurs... Ski extrême ou ski de pentes extrêmes, le qualificatif est encore fluctuant...

 

<  En 1935 déjà, les Autrichiens Fritz Krügler et Peter Schintlmeister avaient skié la face nord du Hoher Tenn, 3317m ( Hochtenn ), puis avec E. Schlager la face nord de la Fuscherkarkopf, 3331m dans les Alpes Orientales.

 

<  Et en 1941, Émile Allais et André Tournier avaient descendu à ski la face nord du Dôme du Goûter.

 

  • Mais aux yeux de tous, cela restait du ski sur des pentes anonymes...

 

<  En septembre 1967, lorsque le Suisse Sylvain Saudan se lance à ski dans la descente du couloir Spencer de l'Aiguille de Blaitiére, ce fut la stupeur : en skis dans des pentes remontées en crampons par les alpinistes...

 

  • Il n'était pas le premier à s'élancer dans les pentes raides, mais le premier à le faire savoir et à inaugurer des couloirs célèbres offrant déjà des obstacles sérieux aux alpinistes.

 

  • Aussitôt en Autriche, dans les Alpes orientales et occidentales des initiatives apparaissent. Mais c'est dans le Massif du Mont Blanc que les performances les plus notables seront réalisées, car empruntant les itinéraires les plus fameux de l'histoire de l'alpinisme...

 

<  L'année suivante en 1968, c'est le couloir Whymper de l'Aiguille Verte et le couloir Gervasutti du Mont Blanc du Tacul qui sont skiés par Saudan... Et en 1969, la face nord ouest de Bionnassay...

 

<  Dans les Alpes orientales, les faces nord du Hochferner, du Sonnblick en 1968, du Wiesbachhorn en 1969 et du Gross Glockner par le couloir Pallavicini en 1971 sont descendues...

 

<  Dans le massif du Mont Blanc, bientôt Serge Cachat-Rosset suivra les traces du précurseur... puis Anselme Baud et Patrick Vallençant...

 

<  En 1973, descente du couloir Couturier de l'Aiguille Verte par Serge Cachat-Rosset et une semaine plus tard par Anselme Baud et Patrick Vallençant, avec ascension préalable qui se révélera une précaution raisonnable.

 

<  En 1974, la face nord du Lyskamm Ouest est skiée par l'Autrichien Heini Holzer en empruntant la voie Lendorff-Teves de 1925 en bordure de la face grande paroi nord, l'hypothèse d'une descente de la grande paroi était posée... Il faudra attendre encore un bon moment...

 

<  En 1976, le couloir du Diable par Daniel Chauchefoin.

 

<  En 1977, le couloir Cordier de l'Aiguille Verte par Yves Détry, l'éperon Frendo de l'Aiguille du Midi et la face nord du Plan sont descendus par Jean-Marc Boivin et Laurent Giacomini.

 

<  En 1979, l'Italien Stefano de Benedetti s'élance dans le versant Macugnaga de la pointe Gnifetti du Mont Rose et sur la voie Major du Mont Blanc.

 

<  En 1988, la voie Bonatti-Zappelli en face nord du Grand Pilier d'Angle du Mont Blanc est skiée par Pierre Tardivel.

 

<  En 1989, Jean-Marc Boivin descend le versant Nant Blanc de l'Aiguille Verte, c'est un exploit exceptionnel...

 

  • C'est dans ces années-là, dès 1990, que le Snow board, le surf des neiges vient s'ajouter aux skis comme moyen de descente des pentes raides.

 

<  En 1995, le Linceul des Grandes Jorasses est descendu à ski par Samuel Beaugey et en surf  par Jérôme Ruby et quelques jours plus tard repris à ski par Emmanuel Ballot.

 

<  En 1995, en surf des neiges Arnaud Boudet descend le couloir Lagarde des Droites.

 

<  En 1997, en mars Emmanuel Ballot skie la pente nord des Grands Charmoz, le couloir Lagarde des Droites, le couloir en Y de l'Aiguille Verte, branche de gauche et la pente nord-est des Droites.

 

<  En 1999, au printemps Marc Siffredi descend en surf  le versant Nant Blanc de l'Aiguille Verte, la première de cette façon.

 

<  En 2007 et 2008, Rémy Lécluse entreprend une exploration des versants skiables des montagnes de l'Oberland Bernois. Une série époustouflante de descentes des pentes du versant est du Balmhorn, nord-est du Ferdenrothorn, sud du Rinderhorn, sud-est de la Wissy Frau, ouest et sud-ouest de Breithorn de Lauterbrunnen...

 

<  En 2009, Pierre Tardivel et Stéphane Brosse réalisent la descente sans aide d'un rappel du versant Nant Blanc de l'Aiguille Verte...

 

  • La face nord du Liskamm a d'abord été un obstacle sérieux pour les alpinistes et abordée très tardivement vers la fin des années 50, avec - il faut s'en souvenir - de pauvres outils techniques pour l'escalade glaciaire de l'époque.

 

  • L'idée de la descente à skis d'une pareille paroi n'effleurait même pas les esprits à ce moment-là, puis les skieurs alpinistes ont commencé à regarder, à admirer puis à y songer... En juillet 1974, Heini Holzer s'était déjà approché par la voie Lendorff-Teves de 1925 en bordure de la face...

 

<  Le 23 juin 2010, Eric Saint Bonnet et Pierre Tardivel se présentent pour l'ascension de l'itinéraire central Hiebeler-Pokorski de 1961, et s'élancerons pour réussir la première et fabuleuse descente à ski de l'itinéraire.

 

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  • Cette présentation n'est évidemment pas exhaustive, et demande certainement à être complétée... Dans chaque massif de montagne, il existe des itinéraires historiques ou de haut niveau qui méritent d'être soulignés, ici il n'est surtout question que des montagnes des Alpes et de quelques-unes des Pyrénées... Les berceaux de l'Alpinisme...

 

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Lire la suite dans le dossier suivant :

 

- L'alpinisme de 1945 à nos jours dans les montagnes de l'Himalaya et du monde.

 

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Notamment :

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- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

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