FFCAM - Le Club Alpin Français de 1915 à 1940

 

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Un historique du Club Alpin Français - aujourd'hui Fédération Française des Clubs Alpins et de la Montagne - est proposé en plusieurs dossiers :

 

- Les origines du Club Alpin Français

- Le Club Alpin Français de 1874 à 1914

- Le Club Alpin Français de 1915 à 1940

- Le Club Alpin Français de 1941 à 1974

- Le Club Alpin Français de 1975 à 1994

- La Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne de 1995 à nos jours

 

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Le Club Alpin Français de 1915 à 1940

 

Sommaire :

 

- 1919 - Retrouver le chemin de la montagne

- Le Groupe de Haute Montagne

- 1920 - La fondation de l'UNAT

- 1920 à 1922 - Les refuges construits

- 1922 - Les activités principales du Club Alpin

- 1923 - L'essor du tourisme

- 1922-1923 - L'essor du ski

- 1924 - Création de la Fédération Française de Ski

- 1923 à 1925 - Les refuges construits

- Les femmes bien présentes

- 1924 - Le Club Alpin Français a cinquante ans

- 1925 - Les premiers guides Vallot

- 1926 - Une revue de qualité Alpinisme

- 1926 à 1928 - Les refuges construits

- 1929 à 1937 - Les refuges construits

- 1920-1939 - Le Secours en montagne

- 1930 - L'autonomie du GHM

- La politique du Club Alpin

- 1932 - Une Union Internationale

- 1933 - Vers les plus hauts sommets du monde

- 1934 - Le Manuel d'alpinisme du CAF

- 1935 - Une échelle des difficultés

- Des femmes autonomes et responsables

- 1936 - L'Hidden Peak tenté jusqu'à 7000m

- L'engouement pour le ski

- Entre 1936 et 1938 - Les derniers problèmes des Alpes

- Le développement du camping

- 1938 et 1939 - Les refuges construits

- L'histoire de l'Alpinisme et la polémique de l'Eiger

 - Les présidents du Club Alpin Français de 1915 à 1940

 

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Les années terribles

 

Pendant la Grande Guerre 1914-1918, la revue La Montagne assurera une édition réduite et de circonstance... en plus de la terrible rubrique « Le Club Alpin Français et la guerre »...

 

  • Cette rubrique est « le triste et lourd tribut que le Club Alpin a payé pour la défense de la Patrie ».

 

Une guerre qui avait pris ou handicapé parmi les plus valeureux jeunes montagnards de ces années-là, et pas seulement du côté des alliés vainqueurs...

 

La revue La Montagne de 1921 publiera le nom des membres du Club Alpin victimes de la Grande Guerre.

 

 

1919 - RETROUVER LE CHEMIN DE LA MONTAGNE


La France se remet lentement de cette grande tragédie. Le Club Alpin panse ses plaies... Son existence même était devenue précaire, il a perdu beaucoup de ses adhérents, de ses permanents ; et ses refuges ont subi d'importants dommages.

 

Le président Francisque Gabet lance un appel pour la reconstruction...

 

On va retrouver le chemin de la montagne, mais la guerre a laissé des traces profondes qui seront perceptibles encore longtemps.

 

Les grandes orientations

 

Les grandes orientations de notre organisation sont conservées, les Sections retrouvent plus régulièrement leurs sorties collectives et leurs activités d'été, des Sections sont créées dans nos deux provinces retrouvées, les Caravanes scolaires sont organisées, d'abord vers l'Alsace et la Lorraine redevenues françaises.

 

Les refuges ont souffert d'un manque d'entretien et des pillages, ils doivent être remis en état...

 

L'Association qui est restée figée au cours des années de guerre est dirigée par des personnalités qui auront d'abord des difficultés à se projeter vers l'avenir...

 

Il fallait pour le Club Alpin reconstituer ses forces vives, retrouver ses bénévoles et d'abord ses adhérents.

 

Il fallait aussi revitaliser l'organisation centrale constituée par son Comité de direction et de ses Commissions...

 

  • Fin 1918, il ne restait que 2 297 membres du club ; fin 1919, ils sont 5 000 ; et à la fin 1920, l'instance compte 7 110 adhérents...

 

Le siège central du Club Alpin est au 30, rue du Bac à Paris depuis 1883...

 

La jeunesse que l'âge avait préservée

 

La jeunesse, celle qui a pu revenir sans séquelles de l'enfer ou que l'âge avait préservée, va reprendre son engagement vers de nouvelles façons de faire en montagne, avec beaucoup plus de dynamisme que l'ensemble des populations épuisées par ces cinq années de conflit...

 

  • Le Club Alpin, dans son rôle historique de fédérateur des institutions de montagne, va être confronté aux évolutions suggérées par ses éléments les plus progressistes ; les tenants d'un alpinisme sportif, d'un alpinisme sans guide et autonome ; les adeptes d'une conception « aventureuse et sportive »... Confronté aussi aux orientations prônées par les partisans du ski de montagne et de compétition...

 

Un club qui doit composer avec ces avant-gardes, mais aussi avec toutes les réserves des tenants d'une pratique modérée et traditionnelle, aux prudentes ambitions d'action...

 

Des mises en garde sur les dangers de la montagne sont lancées vers la jeunesse par des alpinistes notoires comme Jean Escarra et Maurice Paillon, encore sans un regard sur ce qui se révélera être essentiel : l'Enseignement alpin.

 

Maurice Paillon, également rédacteur en chef de la revue La Montagne, en ce qui concerne l'alpinisme déclare : « Nous faisons un appel à tous pour qu'on pratique un plus lent apprentissage... avec tous les principes d'une technique précise et...avec des Guides ».

 

1919 - UN ALPINISME SPORTIF ORGANISÉ

 

Au lendemain du conflit mondial, « issus d'un petit groupe de grimpeurs formé à la veille de la guerre qui en a retardé l'essor », Jacques de Lépiney et Paul Chevalier sont à l'origine de la fondation du « Groupe de Haute Montagne »...

Il succédait au « Groupe des Rochassiers » petite structure informelle formée vers 1908 par les anciens des « Caravanes scolaires de la Section de Paris du Club Alpin » dans le but de s'initier et de s'entraîner à l'escalade dans les massifs de rochers de la forêt de Fontainebleau.

 

<  Malheureusement le plus ancien animateur du Groupe des Rochassiers, Jacques Wehrlin était tombé mortellement blessé durant la Grande Guerre en 1916 « en franchissant un formidable barrage devant lequel le courage de beaucoup avait faiblit ».

 

<  Paul Job qui participa avec Jacques de Lépiney et Paul Chevalier à la création du GHM se retirera définitivement avant l'assemblée constitutive...

 

À l'origine simple entité particulière au sein du Club Alpin, le Groupe de Haute Montagne veut réunir les tenants d'un alpinisme d'excellence...

 

Les statuts du Groupe sont publiés dans la revue La Montagne : « Il est fondé au sein du Club Alpin Français, un Groupe de Haute Montagne ayant pour but de réunir les alpinistes pratiquant régulièrement des course en haute montagne, avec ou sans guide... de développer et perfectionner ce sport et de centraliser les renseignements recueillis par ses membres sur les itinéraires et les horaires ». 

 

LE GROUPE DE HAUTE MONTAGNE

 

L'Assemblée constitutive du « Groupe de Haute Montagne du Club Alpin Français » a eu lieu le 22 décembre 1919...

 

Il y a 10 membres d'honneur, 28 membres actifs et 11 membres postulants ( voir le dossier : Les débuts du Groupe de Haute Montagne ).


Henry Bregeault, Paul Chevalier, Jacques de Lépiney, Robert et Victor Puiseux et Édouard Sauvage président d'honneur, composent le premier Comité de direction du petit groupe.

 

Pour ne pas créer de difficultés statutaires avec l'instance dirigeante du Club Alpin, la présidence du Groupe de Haute Montagne de Jacques de Lépiney n'est jamais écrite, ni dans les statuts, ni dans les publications, elle restera de fait... et reconnue seulement en 1930...

 

  • Pour intégrer le Groupe de Haute Montagne, il faut être membre d'une Section du Club Alpin et présenter une liste exigeante d'ascensions...

 

Dans les premières années, la relation de la petite organisation avec le Comité directeur du Club Alpin est patente.

Henry Bregeault secrétaire général « l'âme du CAF », Victor Puiseux et Édouard Sauvage appartiennent au Comité directeur du Club Alpin et également à celui du GHM...


Et en 1922, Jacques de Lépiney est nommé secrétaire général adjoint par le Comité directeur du Club Alpin, montrant pour le moins des liens de confiance...

Une cordée du Groupe de Haute Montagne au sommet de la Tour Ronde, devant le versant Brenva du Mont Blanc

 

La collecte et la diffusion de l'information

 

Dès sa création, le GHM est porteur d'un alpinisme d'excellence, d'un alpinisme sportif structuré et revendiqué, mais la petite instance soutient également une réclamation concernant la collecte et la diffusion de l'information qui vient aussi bousculer les habitudes.

 

Jusque-là, fidèle à sa doctrine d'une pratique modérée et d'un recours aux Guides professionnels pour être conduit en montagne, le Club Alpin n'a jamais ½uvré pour la rédaction d'ouvrages servant de guides-itinéraires en montagne et permettant de trouver sa voie, de devenir autonome... La recherche de l'itinéraire restait encore à ce moment-là dans la confidence des Guides...

 

La revue La Montagne excellait dans des textes plutôt littéraires, avec surtout des descriptifs topographiques et l'obligatoire tour d'horizon.


Et il n'existait alors que bien peu de guides-itinéraires ou alors complètement obsolètes et peu accessibles.

 

À ce moment-là - nous le rappelons - les seules documentations existantes sont :

 

<  Un premier petit guide pour les alpinistes « Zermatt Pocket-Book », édité à Londres en 1881 par Martin Conway, avec la collaboration de W. A. B. Coolidge.

 

<  Un premier ouvrage plus complet et vraiment précurseur, le « Guide du Haut Dauphiné » par W. A. B. Coolidge, Henry Duhamel et Félix Perrin, aux éditions Joanne en 1887 et 1890, édition anglaise 1892 et 1905, édition allemande en 1913 et italienne en 1917.

 

<  La série des « Climbers' Guides », éditée à Londres, date de 1891.

 

<  Le « Guide itinéraire de la chaîne du Mont Blanc », par le Suisse Louis Kurz, publié en 1892, augmenté en 1914 aux éditions Payot.

 

<  Le « Mont Blanc führer », de 1913 en langue allemande. Ce petit guide sera traduit en français par des membres du GHM en 1922...

 

<  Des « Guides pour l'alpiniste » commenceront à être proposés par Émile Gaillard en 1912 aux éditions Dardel, un travail de compilations, sans texte de première main, ni de sources authentiques, avec des erreurs que plus tard une lettre de Paul Gayet Tancrède dit Samivel dénoncera avec véhémence... Mais malgré les insuffisances, ces ouvrages ouvraient la voie à l'information alpine indispensable à ceux qui recherchaient l'autonomie...

 

Des sources les plus authentiques possibles

 

  • Cette collecte et la diffusion de renseignements, par des chroniques sur les itinéraires de montagne, d'après les sources les plus authentiques possibles - une première façon de passer du vague au défini - sont les bases des futurs guides-itinéraires modernes des montagnes de France qui seront proposés par le Groupe de Haute Montagne...

 

En 1921, une monographie des Aiguilles Rouges de Chamonix est publiée dans la revue La Montagne, par Henri Vallot pour la description topographique et par Jacques de Lépiney pour les itinéraires d'escalade ; c'est un travail précurseur de l'½uvre écrit du Groupe de Haute Montagne ( voir : L'½uvre écrit du GHM - Revue Cimes 2007 ).

 

Descriptions et évaluations....

 

Des réclamations et des demandes pour obtenir des descriptions et des évaluations précises sur les ascensions figurent dans la revue La Montagne : « Cela rendrait de grands services particulièrement aux sans guides ».

Et déjà apparaît des propositions pour instaurer une échelle de difficultés, destinée à obtenir une classification des ascensions, soutenue par une comparaison avec des itinéraires connus de référence.

Dans les descriptions d'itinéraires qui commenceront à être publiées, il apparaît un embarras certain pour situer la difficulté d'un itinéraire ou d'un passage d'escalade.

L'évaluation des difficultés se fait par des formules diverses et variées : difficulté suprême, supérieure, considérable, importante, appréciable, fatigante, sérieuse, insignifiante, etc.

 

La description des itinéraires et l'évaluation des difficultés seront les deux éléments principaux qui vont permettre l'essor de l'alpinisme sportif et autonome...

 

Le premier guide détaillant les itinéraires d'école d'escalade paraît en Grande Bretagne en 1923, il est signalé dans la revue du Club Alpin avec ce commentaire « Quand aurons-nous en France de petits guides pareils ».

 

L'excellence alpine en moins de dix ans

 

Le GHM organise des réunions mensuelles concernant des récits de course, des descriptions d'itinéraires, des sujets de technique alpine et des études de monographies...

 

  • Rapidement les entreprises alpines des Lépiney, Chevalier et autres, renforcées un peu plus tard par celles des Jacques Lagarde, Henry de Ségogne et autres, vont conduire en peu de temps nos gens du Groupe de Haute Montagne au même niveau de performance que nos voisins austro-allemands, britanniques, italiens et suisses...

 

La conception « aventureuse et sportive » va évidemment provoquer des réactions chez les traditionnalistes, et l'activisme du Groupe de Haute Montagne occasionnera des débats animés dans l'instance fédérative qu'est le Club Alpin...

 

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1920 - L'organisation du tourisme et la fondation de l'UNAT


Le Club Alpin continue ses missions généralistes et sportives - et aussi touristiques - en participant avec le Touring Club de France et l'Automobile Club à la fondation de l'« Union Nationale des Associations de Tourisme » ( UNAT ) qui a pour objet de mettre en valeur le patrimoine national... et qui sera un solide interlocuteur en face de l'« Office National du Tourisme », l'organisme d'État contrôlant les activités touristiques.

 

Notre instance est bien consciente que son développement ne se fera qu'avec l'essor du tourisme en montagne d'été et d'hiver, avec le déploiement de l'accueil hôtelier dans les vallées et les facilités d'accès offertes par le chemin de fer et par la route... Ces commodités avaient été encouragées par le Club alpin dès la fin du XIXe siècle, et venaient compléter ses propres propositions concernant les sentiers de randonnée, les refuges d'altitude, les chalets-hôtel, et la propagande pour la montagne ; d'où des collaborations étroites avec les sociétés composant l'UNAT, les sociétés de chemin de fer et les syndicats d'initiatives et hôteliers...

 

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1920 - Les chalets hospitaliers

 

Déjà en 1920, sur une suggestion de Paul Helbronner, le Club Alpin avait inauguré le concept de chalets hospitaliers avec le signalement des 19 premiers gîtes où les alpinistes et les excursionnistes seront assurés d'être accueillis dans les régions dépourvues de refuges. Ils seront les précurseurs des Gîtes d'étape.

 

1920 - La signalisation des sentiers

 

La « Commission des travaux en montagne » recommande la signalisation des sentiers par des marques de peinture, car les poteaux directionnels sont trop souvent vandalisés ou récupérés...

On reprend la technique de balisage initiée en France par Denecourt et déjà utilisée dans les pays voisins pour permettre à tous de se diriger sur chemins et sentiers en pleine nature.

 La signalisation des sentiers est un élément essentiel au développement d'un excursionnisme plus populaire, sans l'obligation d'avoir recourt à un guide local qui conservait soigneusement pour lui ses circuits - et éventuellement pour ses confrères - et les cartes n'étaient pas d'un grand secours... ( voir le dossier : Randonnée et randonnée alpine ).

 

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1921 - La Section de Paris

La Section de Paris du Club Alpin a toujours été intégrée administrativement dans la structure du Siège Central moyennant une contribution financière, qui dans les temps difficiles de l'après guerre doit être estimée au plus juste. La participation de la Section de Paris dans les dépenses communes sera l'objet d'une convention réglant une compensation forfaitaire ajustable chaque année.

 

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1920 à 1922 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1920 - Le refuge d'Avérole, 2210m

1921 - Le refuge de La Pra, 2110m

1922 - Le refuge des Adus, 2180m

1922 - Le refuge d'Argentière, 2750m

1922 - Le refuge Caron, 3175m

1922 - Le refuge du Lac Noir, 2820m

 

 

<  Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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Les refuges des Vosges

 

Dans les Vosges, résultant de la fin de la Grande Guerre, un certain nombre de refuges sont remis en état et placés sous la surveillance des Sections Vosgienne et des Hautes Vosges du Club Alpin, comme les refuges de Rainkopf, Schneeberg, Ventron, Wichard, et du Ballon de Servance.

 

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1921 - Étendre sa propagande

 

L'instance intensifie sa communication et sa propagande par des conférences et des démarches vers les services publics. Le Club Alpin est reconnu comme « Société d'Éducation Physique et de Préparation Militaire » par le Ministère de la Guerre.

 

Les militaires ont longtemps encouragé les initiatives du CAF vers la jeunesse, c'était à leurs yeux une formation pour de futurs bons soldats...

 

La propagande se poursuit dans les provinces retrouvées. À Metz, les Caravanes scolaires réunissent 1 500 élèves et 150 et 200 d'entre eux participent aux excursions...

 

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1922 - Les crampons de fer

 

Les « crampons de fer » sont utilisés dès 1870 dans les Alpes orientales pour redescendre les raides parois des Dolomites et amarrer les rappels, puis pour l'assurage et la progression dès 1910.

L'ouvrage « Technique de l'alpinisme » du Club Alpin Suisse - Genève1918 - évoque l'usage des « crochets de muraille ».

En 1922, durant la première ascension de la Pierra Menta, le monolithe du Beaufortain, Jean-Paul Loustalot et Léon Zwingelstein s'équipent de « crampons de fer » appelés également « crampons légers » - les pitons d'aujourd'hui - et de coins de bois avec une hache pour les enfoncer...

Au cours de cette courte ascension, ils plantent dans des fissures de la roche ces crampons de fer pour assurer le premier de cordée en passant la corde directement dans l'anneau et pour assurer le relais. Pendant la descente, ils placent encore un crampon de fer pour poser un rappel.

 

L'année suivante, nouvelle ascension par le versant est, avec un piton trouvé en place pour l'assurage et un autre pour un rappel, et déjà les pitons sont trouvés leurs désignations usuelles définitives.

 

C'est le premier signalement dans la revue La Montagne de ces outils, utilisés clairement pour l'assurage, en usage depuis quelques temps déjà pour poser un rappel dans les Alpes occidentales.

 

D'abord d'une utilisation assez confidentielle, on peut dire qu'à partir de 1925 les pitons vont peu à peu devenir les éléments de sécurité dans les ascensions rocheuses des Alpes occidentales.

 

L'équipement des alpinistes de 1922 et après

 

Les outils de l'alpiniste sont la corde en chanvre, le piolet, les chaussures de montagne armés de tricounis ; l'encordement est direct à la taille... Pour les passages rocheux difficiles, le grimpeur chausse ses Manchons à semelles de feutre, ou des espadrilles à semelles de corde et plus tard des chaussons à semelle de crêpe

 

Les pitons et les mousquetons en acier vont peu à peu appartenir à l'équipement des alpinistes dans les ascensions rocheuses des Alpes occidentales, ils vont permettre de s'aventurer partout ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1919 à 1939 ).

 

La pratique du camping commence à se développer ( voir :  1929 - Camping ).

 

Le sac-tente Zdarsky

 

En 1923, le « sac-tente Zdarsky » est proposé aux grimpeurs allemands et autrichiens pour le bivouac dans les Alpes orientales, c'est un élément essentiel de sécurité, contre la pluie, la neige et le froid et c'est aussi un important confort moral. Il permettait l'engagement des cordées dans l'ascension des grandes voies où les bivouacs étaient probables ou obligés. Le « sac-tente Zdarsky » a contribué à sécuriser beaucoup des grandes entreprises du moment et à venir...

 

Il apparaît dans les Alpes occidentales en 1932, mais restera peu employé. La tenue individuelle de bivouac présentée par Pierre Allain ne contribuera pas sa diffusion, qui aurait pu empêcher de nombreux drames de la montagne...

 

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Un vocabulaire peu approprié

 

Notre langue française, si juste et si précise dans notre littérature a beaucoup de difficultés pour caractériser les activités et les acteurs de la montagne...

<  Les qualificatifs « ascensionniste » et « excursionniste » perdront au XXe siècle peu à peu leurs usages, ils restent très peu usités, voir pratiquement abandonnés.

<  Le terme « alpiniste » peu approprié dans les Pyrénées, les Andes et l'Himalaya est devenu courant malgré l'ambigüité...

<  Pourtant les « pyrénéistes », « andinistes » et autres « himalayistes » continuent de parcourir leurs montagnes, ce sont des « ascensionnistes » au vrai sens du mot...

<  Et plus tard le « randonneur » viendra remplacer l'« excursionniste »...

<  Le « montagnard » restant celui qui vit en montagne...

<  Le grimpeur autonome est affublé de la connotation un peu négative de « sans guide » qui restera longtemps en usage...

Et les « crampons de fer » deviendront des « pitons »...

 

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1922 - LES ACTIVITÉS PRINCIPALES DU CLUB ALPIN


Dans les Sections

 

Les Sections du Club Alpin sont les cellules de base de l'association qui assurent un lien direct avec les adhérents. Elles leurs proposent des activités sportives, organisées sous la forme d'excursions et d'ascensions collectives d'été, d'excursions et de courses collectives à skis l'hiver, de sorties du dimanche et de Caravanes scolaires.

Les Sections organisent des voyages dans les différents massifs de montagne.

Elles entreprennent les aménagements de sentiers et les constructions de refuges. Les assemblées, conférences, congrès et banquets règlent et animent la vie associative des petits groupements locaux. 

Pour communiquer, les bulletins de Section complèteront les publications nationales... Certains de ces périodiques - comme nous l'avons déjà fait remarquer - sont de haut niveau comme la « Revue Alpine ».


Les Sections qui sont les bases solides de l'institution...

 

Voulant éviter l'isolement de certaines petites Sections, la Direction centrale encourage le lien régulier avec le siège central, mais également des liaisons latérales entre Sections. Une suggestion qui réapparaîtra plus tard, à partir de 1950, avec les réunions Inter-Sections.

 

Au niveau national


Les activités nationales sont les Congrès annuels, les réunions sportives, les conférences, le Concours annuel de ski et la Fête annuelle de l'Alpe en été - conjointement avec le Touring Club de France - et les inévitables banquets.


Les Travaux en montagne


L'autre activité primordiale concerne les « Travaux en montagne » avec l'entretien des refuges et les constructions nouvelles. Le CAF à ce moment-là est propriétaire ou gestionnaire d'un patrimoine très étendu qui apparaîtra dans le temps comme un solide et inaliénable ancrage...

 

  • Un Club Alpin bâtisseur émérite, raillant parfois « ceux qui trouvent naturel que les refuges poussent tout seul au-dessus de 3000 mètres comme les mélèzes un peu plus bas ».

 

Des règles strictes de financement sont énoncées par la « Commission des Travaux en montagne » qui exerce sa tutelle sur l'ensemble du patrimoine, avec la spécialisation des crédits, le contrôle de leurs emplois, la sélection des demandes d'aide issues des Sections pour retenir celles « qui paraissent devoir servir le mieux l'intérêt général ».

 

Depuis 1920, l'État intervient enfin en apportant son aide financière au Club Alpin et au Touring Club, pour que l'aménagement de la montagne se poursuive, un véritable service au public qui commence à être reconnu.

 

En 1924, la Commission sera obligée de rappeler que seule l'Administration centrale du Club Alpin a la personnalité juridique qui permet d'acquérir, de vendre et de traiter tous contrats, les Sections n'étant que les mandataires de l'instance...

 

Les zones d'influence des Sections

 

Conformément aux v½ux des Fondateurs, ce sont les Sections de montagnes qui ont conduit le développement et l'aménagement des chemins de montagne et des refuges, chacune dans sa zone d'influence.

Deux exceptions, la Haute Maurienne et le massif du Mont Blanc, dont les aménagements ont été adossés respectivement aux Sections de Lyon et de Paris.

 

En 1924, il y aura quelques discutions concernant les zones d'influence des Sections, la Direction centrale saura apporter les assurances nécessaires et les actions des Sections de Lyon et de Paris resteront reconnues et bienfaitrices. Des discutions que nous retrouverons en 1984, avec la proposition d'instituer des Sections à taille humaine...

 

Les Sections bâtisseuses

 

Les principaux promoteurs du bâti en altitude sont les Sections de Briançon, de l'Isère, de Lyon, de Paris et des Alpes Maritimes.

Les autres initiatives viennent des Sections de Chamonix, d'Annecy, de Tarentaise et de Maurienne, de Gap, des Hautes Pyrénées et Pyrénées Orientales, du Sud-ouest, des Vosges et Hautes Vosges, du Haut Jura et des Causses et Cévennes.

 

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Une évolution sensible


L'évolution dans l'orientation politique du Club Alpin est sensible, il est constaté « que l'alpinisme individuel même familial, avec porteurs et guides n'est pas précisément à la portée de toutes les bourses. En nous regroupant et en répartissant les frais nous rendons les grandes courses accessibles aux bourses modestes, l'avenir est aux courses collectives ».

 

Il est demandé au Groupe de Haute Montagne des actions bienfaisantes pour favoriser les courses sans guide « qui donnent les pleines joies de sport », et d'être les « servants de l'avenir ».

 

Le groupe est encouragé dans « l'organisation de courses collectives auxquelles peuvent prendre part tous les alpinistes dignes de ce nom ».


1922 - L'Enseignement alpin

 

L'Enseignement alpin se propose de délivrer l'ensemble les informations nécessaires pour pratiquer la montagne et rendre les ascensionnistes et les excursionnistes autonomes et responsables.


L'Enseignement alpin longtemps critiqué est enfin reconnu, il « rendra la montagne accessible à tous ceux qu'elle tente ».

 

La Section grenobloise du Club Alpin sera la première à organiser l'éducation alpine, des conférences sont proposées avec des démonstrations pratiques.

 

  • Développer et encourager cette éducation n'est pas un simple v½u, mais une déclaration officielle du Club Alpin contenue dans le rapport annuel de 1922.

 

Des cessions présenteront l'équipement et matériel de l'alpiniste, l'usage du piolet et des crampons, les techniques de l'escalade rocheuse, la marche de la cordée et les méthodes d'assurage encore bien archaïques.

La préparation sportive et l'indispensable entraînement physique hors saison commenceront à être suggérés.

Un livre « Entraînement sportif à l'Alpinisme » est proposé.

 

Un certain clivage sociologique


S'il veut continuer à croître, le Club Alpin doit attirer d'autres couches sociales de la société que celles des milieux cultivés et aisés.

 

Vue de la Section de Paris - réunissant l'effectif le plus nombreux - la pratique de la montagne restait réservée aux classes sociales aisées, car elles seules disposaient des loisirs pour pratiquer l'excursionnisme et l'ascensionnisme et pouvaient supporter les coûts de transports et des hébergements encore inaccessibles à beaucoup...

 

  • Il n'en était pas de même dans les villes voisines des montagnes où les différents clubs locaux et les Sections du Club Alpin s'ouvraient à un plus grand nombre... D'où l'apparition de certains clivages sociologiques...

 

L'instance se préoccupe naturellement beaucoup de ses effectifs, car « avec la prospérité numérique » c'est l'assurance de finances saines...

 

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Les Guides professionnels

 

Le Club Alpin n'oublie pas qu'il est depuis 1904 l'organisateur et le tuteur de la profession des Guides qu'il contrôle et dont il fixe les règles, il restera le délégataire des pouvoirs publics jusqu'en 1940.

 

En 1920 déjà, le Club Alpin avait créé une « Commission des Guides » entièrement consacrée, tant les discussions et pourparlers étaient complexes et difficiles, dans chaque vallée entre les Groupements de Guides, les Sections locales et les autres Sociétés alpines...

 

Cela nécessitait d'importants débats et mobilisait beaucoup d'énergie pour obtenir une organisation compatible avec des intérêts souvent divergents...  

 

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DES TENDANCES CONTRADICTOIRES

 

  • À ce moment-là, il apparaît une ambigüité criante entre une pratique de la montagne encadrée par des Guides, prônée par le Club Alpin ; et sa volonté d'aller vers le plus grand nombre, à quoi s'ajoute la propagande du Groupe de Haute Montagne pour l'alpinisme autonome...

 

Le Club Alpin devra composer avec ces tendances contradictoires - être ou ne pas être dépendant des Guides pour aller en montagne - parmi lesquelles l'instance se gardera bien de faire un choix... et sera contrainte de faire le grand écart entre ces modèles de pratique...


En haute montagne :


<  Continuer de prôner l'ascensionnisme avec l'encadrement de Guides alpins, en gardant ainsi la main sur cette profession que le club contrôle depuis 1904...

 

<  Ou bien encourager une pratique autonome, en développant l'Enseignement alpin, en publiant les informations utiles sur les itinéraires et les approches, en situant les difficultés rencontrées et en créant des manuels de formation...

 

En moyenne montagne :


<  Perpétuer les recours aux Accompagnateurs-guides locaux pour s'avancer sur les sentiers de moyenne montagne.


<  Ou bien, favoriser une certaine autonomie en développant le balisage des sentiers, en publiant des informations utiles et en organisant des sorties collectives encadrées, qui permettront ensuite aux adhérents d'aller vers la montagne plus facilement et plus librement...

 

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1920 et 1922 - LA PROTECTION DES SITES


Le Club Alpin se préoccupe déjà de la protection des Sites, mais il est encore très enthousiasmé par les chemins de fer et les routes qui rapprochent des montagnes... et même qui les gravissent...

 

On va échapper au pire avec les projets heureusement inaboutis de franchissement par la route du col Lacroix qui aurait sérieusement modifié l'atmosphère de la haute vallée du Queyras, et de chemin de fer conduisant au sommet du Mont Blanc, une intention portée par le très influant Henri Vallot...

 

1921 - Les Sites de Gavarnie et d'Héas

 

En 1920, les intentions industrielles qui risquaient d'attenter à l'intégrité des Sites de Gavarnie et d'Héas se précisent, malgré les interventions de 1913.

Ces projets qui touchaient des sites célèbres, des richesses naturelles de la France, provoqueront une intense émotion chez nos sociétaires.

 

L'année suivante, intervention auprès de la « Société des Paysages de France » de diverses personnalités, des Sections locales du Club Alpin et des Associations nationales dont le Club Alpin et le Touring Club pour la défense du site exceptionnel.

 

Un arrêté ministériel classera le cirque de Gavarnie en tant que propriété communale.

 

1922 - Un v½u pour des mesures énergiques

 

L'Assemblée générale des Délégués du Club Alpin de 1922 émet le v½u que soient prises par l'État « des mesures énergiques de protection si l'on veut éviter que les montagnes françaises ne soient rapidement dépouillées d'une grande partie de leurs éléments d'intérêt scientifique et d'agrément ».

 

L'assemblée demande des mesures de protection en faveur de la faune et de la flore menacées, la limitation du pacage destructeur des ovins et des caprins, la création de Parcs nationaux gardés... Elle demande également la protection du chamois dans les Alpes françaises qui a été braconné sans limite pendant les années de guerre...

 

André Charles Coppier qui se fait le chantre d'un alpinisme contemplatif écrit dans la revue du Club Alpin « Il convient d'entrevoir l'époque très prochaine où tout le versant savoisien du Mont Blanc deviendra le Parc National Glaciaire de France (...) une nécessité inéluctable dont l'urgence s'imposera, d'ici peu, précisément pour éviter la mainmise par des intérêts particuliers sur une richesse nationale unique, tellement exceptionnelle qu'elle n'a pas son équivalent en Europe. Il vaut mieux songer à l'organiser tout de suite, avant qu'elle ne soit exploitée ».

 

1922 - Le Parc national du Grand Paradis

 

Un Parc national du Grand Paradis est créé dans les Alpes italiennes, ce territoire était dès le milieu du XIXe siècle la réserve de chasse du roi Victor-Emmanuel II...

 

Cette initiative particulièrement éclairée et précoce servira d'exemple en France, mais quarante années plus tard...

 

La protection des Calanques de Cassis-Marseille

 

En 1923, le Club Alpin émet un v½u en faveur de la protection des sites menacés des Calanques de Port Pin et d'En Vau, attaqués par l'exploitation de carrières.

 

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 1922 - La carte au 1/50 000

 

 En 1922, une première feuille de la carte au 1/50 000 en couleur du territoire national est publiée.

 

Les zones de montagnes ont été dressées à l'échelle 1/20 000 par le Service Géographique des Armées, avec la mise à disposition des levés de Paul Helbronner, la collaboration de la Commission des Travaux scientifiques du Club Alpin et de membres de certaines Sections voisines des montagnes pour la toponymie.

 

La carte d'État Major de 1906 et 1922 sera longtemps la carte utilisée par les randonneurs.

 

En 1959, un tiers seulement du territoire sera couvert...

 

1923 - La Commission des Travaux scientifiques


En 1920, le Club Alpin organise un Congrès international d'alpinisme à Monaco dont l'un des objectifs est la relance de sa « Commission de topographie ».

 

L'objet de la Commission est alors redéfini comme s'adressant « à la plupart des études scientifiques qu'on peut avoir à envisager pour la connaissance raisonnée des régions de montagne ». L'idée d'une université de la montagne transparaît tant au niveau de l'organisation que des conclusions des débats.

 

En 1923, le CAF répond positivement avec la création de la « Commission des Travaux scientifiques » qui restera active pendant les quarante prochaines années ( voir le dossier : Le Comite Scientifique du Club Alpin Français ).

 

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1923 - Une première escarmouche


La notoriété acquise par le Groupe de Haute Montagne et l'attitude très élitiste de certains de ses membres provoquent une réaction de délégués de l'Assemblée Générale du Club Alpin de 1923 qui s'inquiètent de « l'existence au sein du Club d'un groupement autonome préjudiciable pour l'unité de l'association ».

 

Le petit groupe avait imprudemment choisi de modifier l'insigne du CAF en ajoutant sa particularité : « Groupe de Haute Montagne », signe de reconnaissance pour les uns, manifestation d'une « différenciation hautaine malvenue » pour d'autres...

 

Après une longue discussion et l'intervention de plusieurs délégués, le président Regaud « après avoir exprimé au GHM la gratitude que lui doit le CAF, qui bénéficie de l'activité des plus entraînés et des plus audacieux de ses membres » demande au Groupe de Haute Montagne de ne pas modifier, même par une surcharge, l'insigne du Club Alpin et de chercher « un insigne spécial s'il croit utile d'en avoir un ».

 

  •  Il y a un petit milieu parisien très entreprenant et talentueux d'un coté, de l'autre des Sections de province éloignées du lieu de pouvoir et souvent agacées par cet activisme parisien, avec dans l'entre-deux un Comité directeur du Club Alpin bien embarrassé...

 

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Les Alpes du Sud à l'automne

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1923 - L'ESSOR DU TOURISME


Le Club Alpin n'oublie pas que sa politique de développement des activités de montagne, tournée vers des pratiques sportive et culturelle, doit aussi favoriser l'essor touristique des zones de montagne...

 

Nous le répétons encore...

 

<  C'est lui le précurseur audacieux de la fin du XIXe siècle qui voulu voir « se diriger vers nos vallées alpines ou pyrénéennes une immigration estivale comparable à celle que reçoivent les régions favorisées de la Suisse » et aussi qui a encouragé « la création pour les familles aisées de nouveaux centres de villégiature ».

<  Le précurseur avisé qui pensait qu'ainsi « pouvaient être conjurées les menaces de dépopulation et de ruine que la décadence de l'industrie pastorale avait fait naître » dans nos régions de montagne...

<  Le précurseur inspiré qui a ensuite accompagné l'essor du tourisme de montagne, qui a contribué au maintient et à la croissance de l'économie montagnarde et à une prospérité des populations - à l'époque très appauvries - des hautes vallées oubliées des montagnes de France.....

 

  • Le Club Alpin a été jusque-là l'artisan principal du développement économique des hautes vallées des montagnes de France.

 

En 1923, avec ses refuges et ses sentiers qui quadrillent l'espace alpin et avec sa promotion pour le ski, il continue de proposer des solutions pérennes de développement touristique des plus hautes vallées...


Même si d'autres organismes viendront peu à peu contribuer de façon prépondérante...

 

<  Comme l'« Union Nationale des Associations de Tourisme » ( UNAT ) qui est chargée de coordonner les efforts des grandes organisations : Club Alpins français, Touring Club de France et Automobile Club.

<  Comme l'« Union des Fédérations des Syndicats d'Initiative » devenu un acteur important dans le développement du tourisme de montagne.

<  Comme les différents syndicats hôteliers de montagne.

 

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D'autres interlocuteurs


Le Club Alpin maintient depuis sa création des collaborations avec les Sociétés savantes, et notamment avec la « Société de Géographie ».

 

<  Depuis longtemps, le club a des liens avec le Ministère de la Guerre qui subventionne l'enseignement et la pratique du ski, dans son intérêt bien compris de retrouver des futurs Chasseurs Alpins déjà aguerris...

 

<  Le club a également d'excellentes relations avec les Compagnies de Chemins de Fer qui apportent une aide efficace, là aussi dans leurs intérêts bien compris de retrouver et d'emmener des clients vers les montagnes...

 

Les Compagnies de Chemins de Fer, notamment la Cie PLM et le Touring Club sont les fidèles alliés de l'association.

 

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1922-1923 - L'ESSOR DU SKI


En 1921, la « Commission des Sports d'hiver du Club Alpin » a regroupé les Clubs affiliés au sein de différentes « Fédérations régionales » où beaucoup ne pensent que compétition. Ces Fédérations régionales sont chargées de sélectionner nos représentants aux Concours Internationaux.

 

Le développement des stations de ski

 

L'Office National du Tourisme encourage « au développement méthodique et progressif des stations de sports d'hiver ». Il réunit les groupements qui s'intéressent à cet aspect du tourisme : Touring Club, Club Alpin, Compagnies de Chemins de fer, Compagnie du tourisme, etc.

 

Les Concours internationaux de ski

 

Après la Grande Guerre et malgré les désorganisations, le Club Alpin tenait à renouer avec la tradition du concours international annuel de ski. Cette manifestation sportive, était prévue à l'origine dans les Vosges en 1920, mais des difficultés d'organisation feront se tourner vers le pied du Mont Blanc.

 

- Du 15 au 17 février 1920, le Concours international est organisé à Chamonix.

- Du 5 au 8 février 1921, le Concours international est organisé à Morez-du-Jura.

- Du 2 au 5 février 1922, le Concours international est organisé à Chamonix.

- Du 2 au 5 février 1923, le Concours international est organisé à Superbagnères.

 

En 1921, au cours d'un Congrès international olympique, il est décidé que le pays en charge de la prochaine olympiade - la France en 1924 - pourra organiser des Concours internationaux de sport d'hiver - ski, patinage, hockey sur glace - à titre expérimental et prélude à de futurs Jeux Olympique d'hiver, mais sans remise de médailles olympiques.

 

Le Club Alpin choisit Chamonix pour cette manifestation.

 

  • En 1922, notre instance pensait encore conserver le pouvoir confédératif du ski en France qui lui appartenait depuis 1907, octroyé par l'organisme d'État qui régissait le sport à ce moment-là...

 

Le développement de la pratique du ski comme sport et loisir est fulgurant et suscite bien des appétits...

 

Les « Sociétés affiliées » - certaines depuis 1908 - sont les éléments de base de l'organisation avec des « Fédérations régionales » qui les réunissent et le pouvoir fédératif national du Club Alpin Français...

 

Beaucoup de ces Sociétés n'ont qu'un objet, la compétition...

 

Un véritable monstre organisationnel

 

  • Le Club Alpin est devant un véritable monstre organisationnel, sa « Commission des Sports d'hiver » gère un effectif de plus huit mille membres dans 71 sociétés affiliées, un nombre presque équivalent à celui de ses propres adhérents...

 

Et beaucoup pensent sortir de la tutelle de notre association pluridisciplinaire qui doit déjà composer avec une Fédération des Sports de Glace qui s'organise avec ses différentes disciplines : patinage et hockey.

 

  • Au Club Alpin et en dehors de la Commission des Sports d'hiver, les avis divergent... Pour certains, avant d'être un sport, le ski est « un moyen d'accès à la montagne en hiver et c'est dans ce sens que l'action du CAF doit être étendue ».

 

Les stations de sports d'hiver

 

Plusieurs centres de villégiature vont connaître un développement considérable avec les sports d'hiver :

 

<   Chamonix, qui possède déjà tous les équipements hôteliers nécessaires, étant déjà un centre touristique connu à cause de son emblématique Mont Blanc.

 Le premier projet pour un téléphérique reliant Chamonix au col du Midi, 3532m et ensuite voulant atteindre l'Aiguille du Midi est proposé dès 1909. Il n'entrera en service qu'en 1927 depuis un départ des Pèlerins sans dépasser la station des Glaciers, 2414m. Il perdurera jusqu'à l'ouverture du téléphérique rejoignant directement l'Aiguille du Midi en 1954.

Le col du Midi ne sera atteint que par un câble et une benne de service, vers 3593m en 1940 et les travaux seront ensuite abandonnés...

La première section du téléphérique du Brévent jusqu'à Planpraz est en fonctionnement en 1928 et la liaison vers le Brévent en 1930....

 

Megève, que le Club Alpin avait déjà encouragé dès 1914 au développement du ski et des sports d'hiver, par la création de son Syndicat d'Initiative...

En 1922, la famille Rothschild s'engage dans la création d'une station de ski "haut de gamme" pouvant rivaliser avec les stations suisses les plus renommées.

En 1925, de nombreux chalets, hôtels et pensions de famille sont créés.

Le téléphérique de Rochebrune est construit en 1933 et celui du Mont d'Arbois en 1936.

 

Saint Gervais commencera un développement du ski avec l'accès au col de Voza et au Prarion dans les années 1920, par le Tramway du Mont Blanc en service depuis 1909. Ensuite en 1936, le téléphérique du Bettex donnera accès aux pentes du Bettex et de l'Arbois...

 

La station de ski des Estables

 

Pendant ce temps-là, le Club Alpin continue ses actions pour le développement du ski... En 1923 encore, la station de ski des Estables dans le Massif Central est créée de toutes pièces par notre club...

 

Une exposition nationale du ski et des sports d'hiver

 

En 1924, inaugurée par le président de la République, accompagné du directeur de l'Office du National Tourisme et des présidents du Touring Club et du Club Alpin, l'exposition nationale du ski et des sports d'hiver rencontre un succès d'ensemble et montre que la saison touristique hivernale est désormais un enjeu économique ; que nos montagnes peuvent offrir un équivalant aux villégiatures étrangères les plus réputées.

Sont présents les Associations de tourisme, les Clubs sportifs, les militaires, les stations d'hiver, les fabricants de matériel et de vêtements de sports d'hiver et les incontournables grands réseaux de Chemin de fer.

 

1924 - CRÉATION DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SKI


Les Jeux d'hiver de Chamonix sont un succès.

 

Une « Fédération Internationale de Ski » regroupant 17 nations est créée et proclame que dans chaque pays, il peut n'y avoir qu'une seule fédération, ce qui va accélérer les choses...

 

  • Dans notre instance, le ski n'est qu'une des nombreuses activités développées en son sein et n'est représenté que par une simple Commission auprès du Comité de direction...

 

Dans les Sociétés affiliées, tout ce qui entoure et découle des compétitions permet des parcelles de pouvoir et ouvre l'appétit à de futurs dirigeants, organisateurs, entraîneurs, moniteurs, juges, chronométreurs, etc...

 

  • En 1924, sous la pression des Sociétés affiliées, le Club Alpin doit passer la main...

 

La « Fédération Française de Ski » ( FFS ) sera créée, avec le patronage du Club Alpin qui avait été en France le précurseur - dès 1904 - de ce moyen de déplacement venu des pays nordiques et devenu une pratique sportive.

 

Le 9 juillet 1924, le Comité de direction du Club Alpin approuve le principe de la création de la FFS et accepte ses statuts...

 

Le 15 octobre 1924, la FFS est fondée par l'adhésion de trois Fédérations régionales : les Vosges, les Pyrénées et le Jura.

 

L'historique Concours de ski est une dernière fois proposé par le Club Alpin en 1925 au Revard, mais l'absence de neige fera reporter la manifestation à Briançon et au Montgenèvre, les 21 au 24 février 1925.

 

Et rapidement, la Fédération de ski s'émancipera et se tournera entièrement vers la compétition, au grand dam du Club Alpin qui avait mal estimé la situation...

 

Et notre Association perdra rapidement son influence, en 1930 elle décidera de ne plus maintenir sa représentation, tant au Comité de direction qu'aux Assemblées générales de la FFS ( voir le dossier : La Pratique du ski en France ).

 

LA COMMISSION DU SKI ET DE L'ALPINISME HIVERNAL

 

  • En 1924, dans notre instance, la « Commission du Ski et des Sports d'hiver » devient la « Commission du Ski et de l'Alpinisme hivernal ».

 

  • Elle conservera ce qui lie le ski à la pratique de la montagne, en perdant les adhérents plus attirés par la compétition que tournés vers l'esprit montagnard...

 

Certaines Sociétés de sports d'hiver resteront affiliées au Club Alpin...

 

Des groupes de skieurs de montagne sont créés...

 

  • Le ski est un moyen de se déplacer et d'accéder aux montagnes, il concerne donc pleinement le Club Alpin...

 

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1924 - Un projet de Parc national du Pelvoux

 

En 1924, la commune de Pelvoux cède à l'État le pendant sud du massif des Écrins, c'est un nouveau pas vers un « Parc national du Pelvoux » en gestation après l'acquisition de 1914...

 

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1923 à 1925 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1923 - Le refuge du Baerenkopf, 1060m

1923 - Le refuge de Font Turbat, 2194m

1923 - Le refuge de la Noire, 2325m

1923 - Le refuge Vallot, 4362m

1924 - Le refuge d'Entre-les-Aigues, 1615m

1924 - Le refuge Maïris, 2100m

1924 - Le refuge de la Pilatte, 2572m

1924 - Le refuge du Sélé, 2699m

1925 - Le refuge d'Arrémoulit, 2300m

1925 - Le refuge du Carro, 2760m

1925 - Le refuge du Clot - Xavier Blanc, 1399m

1925 - Le refuge d'Espingo, 1960m

1925 - Le refuge du col de l'Iseran, 2770m

 

<  Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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LES FEMMES BIEN PRÉSENTES

 

  • On sait que dès 1914, Alice Damesme a été la première à réaliser ses ascensions en autonomie et le plus souvent en tête de cordée.

 

À la création du Groupe de Haute Montagne en 1919, elle est naturellement l'une des personnalités fondatrices du Groupe.

 

En septembre 1919, après l'ascension du Trident du Tacul, Jacques de Lépiney écrira ne rien avoir fait de plus dur. Alice Damesme qui participait à l'exploit est qualifiée « de rochassière remarquablement adroite, intrépide et endurante »... à une époque où les éloges étaient rares dans les relations écrites des ascensions...

 

Dès les années mil neuf cent vingt, les femmes veulent aussi être autonomes et responsables « d'abord en se montrant aussi habiles que les hommes dans l'art de suivre un guide » ironise Micheline Morin, ensuite en conduisant leur cordée...

 

Miriam O'Brien-Underhill sera celle qui ½uvra le plus pour un ascensionnisme résolument féminin. Allant devant, suivie par son porteur et son guide...

 

  • Dans les années vingt et trente, Miriam O'Brien-Underhill, Micheline Morin et Néa Morin seront souvent les compagnes d'ascension de la talentueuse Alice Damesme... Et elles aussi vont souvent devant en formant des cordées de femmes ou mixtes...

 

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« Rochassière remarquablement adroite, intrépide et endurante » ; au second plan les Aiguilles de Peuterey

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1924 - LE CLUB ALPIN FRANÇAIS A CINQUANTE ANS


Le cinquantenaire du Club Alpin est un événement important marqué par la séance solennelle de la Sorbonne à Paris du 5 avril 1924, en présence du Président de la République...

 

Le Club Alpin compte 15 000 membres répartis en 40 Sections...

 

Le président Francisque Regaud

 

Le président Francisque Regaud ( 1871-1928 ) - héros de la Grande Guerre - saura à l'occasion du cinquantième anniversaire présenter l'½uvre remarquable du Club Alpin...

 

Francisque Regaud est aussi l'un des fondateurs de la Revue Alpine.

 

Il a beaucoup agi pour aider la Haute Maurienne à se sortir de la misère économique et de la dépopulation par l'organisation du tourisme.

 

Il compte parmi les éminents présidents du Club Alpin Français...

 

Le Congrès du Cinquantenaire

 

Le Congrès du Cinquantenaire à Aix-les-Bains réunira les principaux amis et alliées du Club Alpin...

<  L'Alpine Club représenté par le plus illustre de ses membres, héros de la Grande Guerre, Winthrop Young.

<  Le Club Alpin Suisse, le Club Alpin Espagnol, les Excursionniste de Catalogne.

<  Le Touring Club de France et la doyenne Société de Géographie.

<  L'Office National du Tourisme, la Société des Touristes du Dauphiné, les différents clubs alpins et sociétés d'alpinisme.

<  Les associations touristiques et scientifiques.

<  Les Syndicats d'Initiatives, l'Automobile Club de France.

<  La direction des guides Bleus, continuateurs des Guides Joanne édités par des fondateurs.

<  Et aussi les différentes Sociétés des Réseaux des chemins de fer français.

 


LE BILAN AU MOMENT DU CINQUANTENAIRE DU CLUB ALPIN


L'enseignement alpin


<  Concernant l'éducation, les Caravanes scolaires jouent un rôle prépondérant, avec l'approbation et l'appui de l'Administration Universitaire... « Elles jouissent d'une faveur de plus en plus grande dans les milieux universitaires ».

 

<  L'Enseignement alpin - récemment reconnu - a maintenant droit de cité : « Le manuel de l'Alpinisme théoriquement, et le Groupe de Haute Montagne pratiquement permettent aux isolés ou aux individualistes de faire eux-mêmes leur propre éducation ».

 

  • Mais l'instance ne lâche rien concernant la pratique assistée et recommandée de la montagne, avec ses 426 Guides et Porteurs brevetés.

 

L'aménagement de la montagne


<  L'aménagement de la montagne est une ½uvre gigantesque que le Club Alpin continue à développer et à entretenir, il a équipé les montagnes françaises de 54 refuges d'altitude, il a tracé les chemins et sentiers d'accès aux refuges et à de nombreux cols et passages, signalé les itinéraires et jalonné les chemins...


La commission des Travaux scientifiques


<  Depuis ses débuts, notre Association a développé une ½uvre immense et magnifique pour les connaissances scientifiques de la montagne, sa Commission des Travaux scientifiques prolonge cet effort...


Le ski de montagne


<  C'est le Club Alpin qui a implanté en France le ski et développé la pratique hivernale de la montagne.


Le tourisme

 

<  Le Club Alpin a créé et développé le tourisme dans les zones de montagne en aidant à la prospérité des vallées, relayé ensuite par le Touring Club et plus tard par les Syndicats d'initiative...


L'alpinisme sportif


<  En ce qui concerne l'alpinisme sportif et avec le Groupe de Haute Montagne, l'instance peut faire valoir - pour les meilleurs - un niveau de performance équivalant à ceux de nos voisins britanniques, austro-allemands, suisses et italiens...  


Les Arts et les Lettres


<  Le club est présent également dans les Arts et les Lettres, en soutenant la Société des peintres de montagne et en ouvrant les colonnes de sa revue à certaines plumes prestigieuses... ( voir le dossier : Les origines du Club Alpin ).

 

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À CE MOMENT-LÀ


À ce moment-là, le Club Alpin Français tient sa force :

 

<  de son intérêt exclusif pour la montagne,

<  du nombre de ses adhérents,

<  de l'activité sportive de ses adhérents,

<  du nombre et du travail de ses bénévoles,

<  de l'important patrimoine qu'il a su réunir,

<  de la compétence acquise et de son expertise unique en France, concernant la création et la gestion des constructions en montagne...

 

Il est aussi depuis cinquante ans l'interlocuteur des Pouvoirs publics, en ce qui concerne la montagne...

 

Le premier accroc

 

  • Mais avec l'autonomie du ski de compétition et la création de la FFS, c'est un premier accroc dans l'action fédérative du Club Alpin concernant la montagne.

 

  • C'est la fin d'une certaine hégémonie, après tout de même 50 ans de bons et loyaux services...

 

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1925 - LES PREMIERS GUIDES VALLOT

 

C'est au début des années 1920 que Charles Vallot ( 1884-1953 ) imagine de publier une encyclopédie élaborée sous une direction unique, consacrée à la partie française du massif du Mont Blanc. Une description précise, fidèle et complète de ces montagnes « dans quelque ordre d'idées que ce soit géographique humain, historique, littéraire ».

 

On sait que c'est Charles Vallot, Joseph Vallot ( 1854-1925 ) et Jacques de Lépiney ( 1896-1941 ) qui jetèrent les fondations de l'ambitieux ouvrage de connaissance générale consacré au massif du Mont Blanc.

 

L'½uvre comprend une « Description Générale » savante du massif du Mont Blanc rédigée par des auteurs qualifiés, une « Description de la Moyenne Montagne » par Charles Vallot et une « Description de la Haute Montagne » à l'usage des alpinistes, rédigée par des membres du Groupe de Haute Montagne ( voir le dossier : Les Guides itinéraires alpinisme, et aussi : Les guides Vallot publiés par l'éditeur FISCHBACHER de 1924 à 1946 - Cimes 2007 ).

 

L'information alpine

 

Partant des sources les plus authentiques possibles, la collecte et la diffusion de l'information sur les itinéraires de montagne sera l'élément indispensable au développement d'une pratique autonome de l'alpinisme.

 

La « Chronique alpine » publiée dans les revues est le premier maillon d'une chaîne de renseignements signalant succinctement une ascension, un itinéraire... Viendra ensuite la « Description précise » des itinéraires dans ces mêmes revues avec le compte rendu des auteurs et l'avis éventuel des répétiteurs, pour aboutir au « Guide-itinéraire » exhaustif, réunissant les différentes connaissances consacrées à un massif ou à une chaîne de montagne...

 

Ces manuels complets - accessibles à tous - seront les éléments de base de l'information...

 

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Les cours de Technique alpine


En 1925, le Groupe de Haute Montagne se voit confier par Club Alpin le soin d'organiser des cours de Technique alpine. Ceux-ci font l'objet de deux séries de cinq conférences portant sur la technique du rocher et de la corde, les grandes courses, la technique de la glace et le bivouac, l'alimentation et l'alpinisme hivernal...


Les groupes marginaux


Avec la notoriété du GHM, d'autres groupes alpins apparaissent dès 1925 : Les Campeurs alpinistes, le Groupe de Bleau et le Club Académique Français d'Alpinisme. Ils auront tous des vies extrêmement courtes...

 

1926 - La liberté individuelle


En 1926, au nom de l'intérêt général, le Club Alpin intervient auprès du Conseil d'État pour faire constater l'excès de pouvoir du Maire d'une commune qui voulait réglementer l'accès aux montagnes situées sur son sol...

 

Le Conseil d'État a rendu l'arrêt suivant « Considérant que si, il appartenait au Maire de prescrire certaines précautions pour prévenir les accidents en montagne, il ne pouvait, comme il l'a fait, sans porter atteinte à la liberté individuelle, les obliger pour faire l'ascension des montagnes situées sur le territoire de ladite commune, à se présenter à la mairie, à donner leurs nom et prénom et pays d'origine et à prendre un guide si le maire le jugea opportun ».

 

Les Guides professionnels


En 1926, le Club Alpin améliore le fonds de garantie pour les Guides victimes d'accidents professionnels.

 

En 1929, un brevet de Guide-skieur vient compléter le règlement des Guides et Porteurs...

 

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1926 - L'Annuaire du GHM


En 1926, le Groupe de Haute Montagne décide de créer un « Annuaire » qui doit constituer « un répertoire des informations relatives tant à l'activité du groupe qu'à l'activité de ses membres, et plus généralement encore de tous les renseignements concernant l'alpinisme ».


En réunissant les descriptions des itinéraires nouveaux, ce recueil venait judicieusement compléter les informations de chronique alpine parues dans la revue La Montagne, mais se limitait à des notes techniques pour ne pas empiéter sur les récits d'ascension réservés à la revue mère...

 

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1926 - Une revue de qualité ALPINISME


En 1926, une revue de qualité - réservée exclusivement à l'alpinisme - se présente.

 

Cette publication « Alpinisme » est éditée par le « Club Académique Français d'Alpinisme », c'est un petit club ouvert seulement aux pratiquants d'un alpinisme autonome, au sein duquel les membres du Groupe de Haute Montagne sont majoritaires...

 

Ceux-ci ne tarderont pas à investir le Comité de rédaction d'Alpinisme qui de « Revue du CAFA » devient dès 1927 une « Revue de Haute Montagne », avec Henry de Ségogne - le secrétaire général du GHM - comme rédacteur en chef... Et elle deviendra rapidement la « Revue du GHM ».

 

En 1929, l'entreprenant de Ségogne partage avec Jacques Lagarde, le meilleur alpiniste de cette époque, la direction de la publication où apparaît un secrétaire de rédaction aussi jeune qu'informé Lucien Devies...  

 

  • Avec « Alpinisme », le petit groupe va tenir un formidable outil d'information et de communication ( voir la revue du GHM Cime 2007 : L'½uvre écrit du GHM ).

 

  • Un grand club - le Club Alpin Français - voit sa revue historique « La Montagne » sérieusement concurrencée par l'activisme et le dynamisme d'une de ses filiales, le Groupe de Haute Montagne du Club Alpin Français, qui publie sa propre revue « Alpinisme »...

 

« Alpinisme » est une revue réservée exclusivement à l'alpinisme, elle sera le porte-parole des alpinistes et du GHM, elle n'est accessible que sur abonnement, pour une diffusion de moins de 1000 exemplaires.

 

Et sans précaution, Henry de Ségogne appelle à réserver les récits de courses à ce nouveau support...

 

C'est une concurrence directe avec la revue officielle du Club Alpin...

 

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1927 - Le premier téléphérique vers l'Aiguille du Midi

 

Les deux premiers tronçons d'un téléphérique qui devait à l'origine atteindre l'Aiguille du Midi, via le col du Midi sont en service depuis les Pèlerins, hameau de Chamonix.

L'installation prendra le nom de téléphérique des Glaciers.

 

Les premiers travaux ont débuté en 1909, ils ont connu bien des vicissitudes... Le premier tronçon vers la station de la Para, 1685m est opérationnel en 1924, puis le second jusqu'à la station des Glaciers, 2414m en 1927.

Cette facilité nouvelle sur la voie d'ascension du Mont Blanc fera abandonner le sentier classique de la montagne de la Côte.

 

Le col du Midi sera atteint par un câble et une benne de service vers 3593m en 1940, mais les travaux seront ensuite abandonnés...

 

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1926 à 1928 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1926 - Le refuge du Balaïtous-Ledormeur, 1917m

1926 - Le refuge de Chaillol,1780m

1926 - Le refuge d'En Beys, 1950m

1926 - Le refuge de Labassa

1926 - Le refuge du Requin, 2516m

1927 - Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2079m

1927 - Le refuge du Chambeyron, 2626m

1927 - Le refuge Lombard, 2420m

1927 - Le refuge du Vallon / Temple-Écrin, 2410m

1928 - Le refuge de Crabioules, 2000m

1928 - Le refuge du Mont Monnier, 2741m

1928 - Le refuge-bivouac Paul Chevalier, 3450m

1928 - Le refuge Regaud, 2460m

 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1928 - Pour une collaboration active et loyale


La concurrence directe entre les deux titres « La Montagne » et « Alpinisme » se fait immédiatement sentir...


De nombreux récits de courses sont confiés à « Alpinisme », ce qui provoque un sérieux avertissement du rédacteur en chef de la revue « La Montagne » qui exige « de tous les membres du Club Alpin, une collaboration active et loyale (...). On a créé, avec les meilleures intentions initiales, nous n'en doutons pas, une Revue adventice, qui par une politique ardente, depuis quelques mois, voudrait tarir la source qui alimente "La Montagne" en articles originaux ou en renseignements techniques ».

 

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Un projet de réforme pour LA MONTAGNE 


En 1929, notre revue « La Montagne » paraît sous une nouvelle présentation avec un format légèrement augmenté, après un long débat entre trop ou pas assez d'articles relatant des performances d'alpinisme ; trop ou pas assez de textes littéraires, de textes scientifiques, de descriptions et d'explorations, et aussi l'habituelle réclamation pour des prétendus textes de « haute tenue ».

 

  • « La Montagne » s'ouvre non seulement à l'alpinisme, mais aussi à toutes les activités pratiquées en montagne, au ski, à la randonnée, à la connaissance et à la protection de la montagne, elle s'adresse et se diffuse à tous les membres du Club alpin, avec un tirage à ce moment-là de 20 000 exemplaires.

 

Les récits d'ascensions rédigés par des ascensionnistes autonomes, des Guides et des clients marchant derrière le Guide figurent désormais au sommaire de la revue.

 

Des articles n'hésitent plus à vanter les avantages des écoles d'escalade pour la préparation à l'alpinisme...

 

  • Mais la revue « Alpinisme » interpelle ; son format, ses illustrations, sa présentation, ses articles, ses pages de publicité et son dynamisme provoquent des réactions et rendent la comparaison cruelle...

 

Et dès mars 1930, l'Assemblée des Délégués du Club Alpin ( Assemblée générale aujourd'hui ) décide de supprimer le Comité de rédaction en place et donne mission à la Direction du Club d'étudier une nouvelle organisation pour la revue...

 

En 1930, la « Chronique alpine » à un nouveau correspondant Lucien Devies. Aussitôt les informations se font précises et concises...

 

Il deviendra l'incontournable chroniqueur des faits marquants de l'alpinisme à travers le monde pendant quarante-cinq ans...

 

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1927 et 1929 - Les Refuges et la Commission des Travaux en Montagne

 

En 1927, la « Commission des Travaux en Montagne » est dirigée directement par le président du Club Alpin, soulignant ainsi l'importance de cette instance.

 

La commission doit vigoureusement intervenir auprès des Sections pour plus de discipline financière... Un contrat type avec les gardiens de refuge est rédigé et sera imposé pour éviter les égarements...

 

Il est rudement rappelé que l'équilibre financier dans la gestion des refuges dépend aussi de la subvention de « l'Office National du Tourisme » ( ONT ), c'est à dire de l'État ce qui impose des règles à tous...

 

Les subventions nécessaires à l'entretien des refuges sont accordées par l'ONT, au titre de l'équipement de la montagne et du Service au public...

 

La Commission réorganise aussi les taxes demandées aux utilisateurs des refuges. Une « taxe d'entrée » est perçue auprès des seules hôtes non-membres du Club Alpin et une « taxe d'entretien » est payée par tous, membres et non-membres...


En 1929, il est constaté que les travaux d'entretien du domaine immobilier absorbent la presque totalité des sommes disponibles, rendant nécessaire la recherche de ressources nouvelles et une aide plus régulière de l'État pour ce service au public...

 

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Les écoles d'escalade


La pratique de l'escalade dans les sites-écoles se développe. Les Calanques de Marseille explorées dès 1900 et les rochers de Fontainebleau sont les plus connus de ces sites. D'autres massifs sont fréquentés comme les Dentelles de Montmirail et falaises du dijonnais.
 

Ces écoles servent à l'exercice de l'escalade en vue de la pratique de l'alpinisme... Les espadrilles et les cordes, pour les falaises, sont indispensables.

 

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1928 - Le chalet d'accueil de Chamonix

 

La Section de Chamonix du Club Alpin inaugure le 7 juillet 1928 son siège social, place de la Gare, sur un terrain concédé par la Compagnie des chemins de fer PLM. Un chalet en bois qui servira de lieu d'accueil et de renseignement pour les membres de l'association.

 

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1928 - Un projet de Parc national du Pelvoux

 

À la suite du désastre d'inondation de l'automne 1928 qui a provoqué l'exode total des habitants des hameaux supérieurs du Valgaudemar, l'administration des Eaux et Forêts a racheté ces terrains incultes en vue d'une extension d'un futur Parc national du Pelvoux et venant en complément des acquisitions de 1914 et 1924... avec l'intention de reboiser les vallées, afin d'éteindre les dévastations des torrents du fait des déboisements fautifs...

C'est le prolongement d'un long processus...

 

1928 - La protection des Sites


En 1928, le Club Alpin demande aux responsables gouvernementaux des actions concrètes pour le classement des Sites et Monuments naturels de caractère scientifique...

 

En 1929, le Club Alpin participe à la création d'un « Comité national pour la Protection de la nature », à l'initiative du Directeur du Muséum d'Histoire Naturelle.

 

En 1930, la Loi du 2 mai prolonge et améliore la législation de 1913 concernant la protection des Sites historique, artistique, scientifique ou pittoresque, une loi qui concerne directement nos montagnes...

 

Le développement économique


Le Club Alpin, qui a été l'un des premiers acteurs dans le développement économique des hautes vallées de nos montagnes, continue ses actions de mise en valeur touristique des différents massifs encore oubliés.

 

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1929 - Le camping

 

Dès le milieu du XIXe siècle, ce moyen de bivouac est peu à peu utilisé pour parcourir les montagnes. Pour s'approcher des montagnes à gravir, les ascensionnistes établiront des campements d'approche en les faisant transporter par des porteurs recrutés dans les villages voisins ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1492 à 1914 - L'équipement des alpinistes en 1850 et avant - Le campement sous toile ).

Léon Zwingelstein sera le fervent utilisateur dès 1923 d'une tente qu'il avait lui-même fabriqué, comme son duvet, pour ses séjours en Oisans et surtout plus tard pour ses formidables traversées des Alpes...

Le Touring Club de France sera le premier en 1923 à proposer différents campements dans le massif de la Chartreuse, dans les Alpes et dans les Pyrénées.

Bientôt le poids de la tente sera repensé et plus tard des progrès techniques rendront son utilisation plus pratique...

Et un article « Camping ! » de Jeanne Leclerc proposant ce moyen d'ébergement modernisé viendra en promotion dans notre revue La Montagne de septembre 1929.

Le camping qui se développe en France permettra d'approcher la nature au plus près et de pallier au manque d'hébergement dans les vallées, il autorisera une grande liberté et enfin il est très économique.

 

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1929 - L'invention des crampons avec pointes avant

                       

En 1929, c'est bien Henri Grivel - le forgeron de Courmayeur - qui a inventé les crampons avec pointes avant, en ajoutant deux pointes avant aux crampons Eckenstein qu'il fabriquait depuis 1908. Son fils Laurent Grivel sera seulement le propagandiste et l'utilisateur ( voir le dossier le Matériel de l'alpiniste ).

 

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1930 - Des refuges toujours accessibles

 

C'est à ce moment-là que la Commission de l'Alpinisme hivernal et du Ski du Club Alpin prévoit de construire des abris pour skieurs et de laisser certaines parties des refuges accessibles en hiver avec couvertures, approvisionnement en bois et en pétrole...

Jusque-là, certains refuges étaient toujours ouverts, d'autres ouverts en dehors du gardiennage et enfin d'autres restaient fermés hors gardiennage, avec un système de clés à demander.

Conserver un local ouvert toute l'année va peu à peu être réclamé et se généraliser....

 

Des Chalets et des Gîtes

 

Durant l'Entre-deux-guerres, le Club alpin pour accompagner les activités sportives et touristiques d'été et d'hiver va construire, louer, aménager, valoriser et entretenir certains chalets d'alpages et de villages. Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

Plusieurs de ces gîtes auront une vie plus ou moins éphémère, notamment certains chalets-skieurs ne survivront pas aux événements à venir, au développement du ski de piste et aux remontées mécaniques.

 

1929 à 1937 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1929 - Le refuge du Pas de l'Olan, 2680m

1929 - Le refuge de la Pointe Percée, 2164m

1929 - Le refuge de Tuquerouye, 2666m

1930 - Le refuge de Pombie, 2030m

1932 - Le refuge de l'Aigoual, 1555m

1934 - le refuge de Caillaouas, 2187m

1934 - Le refuge du Val de Bise, 1650 m

1936 - Le refuge de Vens, 2360m

1937 - Le refuge d'Espingo, 1960m

 

<  Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

Les refuges du massif du Mont Blanc de 1930 à 1936

 

Un moment en retard dans l'équipement en refuges permettant l'accès au massif du Mont Blanc, le Club Alpin en bénéficiant de différents legs quadrille désormais convenablement le massif. Les refuges d'Argentière, de Tête Rousse et de Leschaux sont conçus par Paul Chevalier. Il publiera avec Pierre Tézenas du Moncel un travail d'information : « Quelques principes nouveaux concernant la construction des refuges » dans la revue La Montagne de 1935.

 

1930 - Le refuge Albert 1er, 2706m

1930 - Le refuge de Leschaux, 2431m

1930 - Le refuge de Platé, 2032m

1930 - Le refuge de la Tour Rouge, 2822m

1932 - Le refuge du Couvercle, 2687m

1933 - Le refuge d'Argentière, 2771m

1934 - Le refuge de Tête Rousse, 3167m

1935 - Le refuge de la Fourche, 3679m

1935 - Le refuge du Requin, 2516m

1936 - Le refuge Orset de l'Aiguille du Goûter, 3817m

 

<  Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1930 - Un nouveau siège central


Depuis longtemps souhaité, le déménagement du Siège Central du Club Alpin est effectif en 1930 au 121, boulevard Haussmann à Paris.

 

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LE SKI ET L'ALPINISME HIVERNAL

 

Plus de 60 sociétés de ski sont affiliées au Club Alpin.

 

La Commission de l'Alpinisme hivernal et du Ski du Club Alpin publie des carnets sur les itinéraires d'accès aux refuges-skieurs et des cartes itinéraires et encourage le brevet de Guide-skieur qui permet aux Guides d'organiser des sorties hivernales...

 

Les groupes de skieurs des Sections de Lyon et de Paris sont particulièrement actifs...

 

1930 - La prévoyance contre les accidents


Le Club Alpin décide d'abandonner l'assurance collective - obligatoire jusque-là - pour proposer une assurance individuelle concernant la garantie liée aux accidents de montagne.

 

Une assurance garantira les Caravanes de Secours vers les accidentés de la montagne.

 

1920-1939 - Le Secours en montagne

 

Jusqu'à la Seconde guerre mondiale, les interventions de secours étaient assurées par les montagnards eux-mêmes, principalement par les Guides dans leurs vallées de résidence, et par les volontaires bénévoles dans certains centres alpins.

 

Il n'existait aucun dispositif centralisé, le bénévolat était naturel au nom de la solidarité et de l'assistance. Des listes de volontaires étaient constituées, des systèmes d'alerte étaient prévus, « mais ce sont des efforts éparpillés, montés souvent au pied levé ».

 

Les petites structures existantes « les Sauveteurs Volontaires du Salève » et le « Comité de Secours en Montagne du Dauphiné » sont les exemples pour les initiatives à venir.

 

Une Commission des Guides et Secours en Montagne existe dans la Direction Centrale du Club Alpin mais n'amènera pas de proposition probante, se contentant surtout de souligner les dévouements des Guides.

 

En 1928, création d'un « Comité Annécien de Secours en Montagne » mis en place par la Section d'Annecy du Club Alpin, avec pour champ d'action les sommets voisins.

En 1929, une « Société Dauphinoise de Secours en Montagne » remplace la structure de 1910 avec principalement la Section de l'Isère du Club Alpin, la Société des Touristes du Dauphiné et la Fédération Alpine Dauphinoise. Une proposition d'organisation très personnelle est rédigée par Pierre Dalloz, elle a le mérite d'énoncer la situation dans la revue La Montagne de 1929.

En 1933, un « Comité de Secours en Montagne » est créé à Briançon, sous les auspices de la Section locale du Club Alpin, regroupant les volontaires. L'initiative couvrira les zones Lautaret, Izoard et Montgenèvre.

La Manuel d'alpinisme du Club Alpin publié de 1934 consacre un paragraphe aux secours en montagne qui montre surtout le manque d'organisation au niveau national.

En 1935, la « Société Nationale de Sauvetage » surtout spécialisée dans les interventions en mer organise à Chamonix un Congrès de sauvetage en montagne.

La Section d'Annecy du Club Alpin participera à la manifestation au sein du Comité Annécien de Secours en Montagne et présentera un brancard traineau adapté permettant de descendre d'un blessé en terrain accidenté et en paroi. Un modèle déjà utilisé par les Sauveteurs Volontaires du Salève. 

Participent à cette initiative : la Compagnie des Guides de Chamonix, l'École de Haute Montagne, les Guides de l'Oisans, la Société Dauphinoise de Secours en Montagne et le Comité Annécien de Secours en Montagne.

En 1936, une Société de Secours en montagne est fondée à Pau par plusieurs associations sous l'impulsion du Groupe Pyrénéiste de Haute Montagne.

 

Mais durant l'Entre-deux-guerres, rien ne viendra pour aller vers « un savoir faire accepter par tous, une discipline et une méthode ».

 

Les Guides qui assurent naturellement « le devoir de porter assistance » demanderont en 1945 que soit inscrite cette exigence dans le nouveau règlement de leur profession...

 

Ce sont des dévouements et des bonnes volontés qui animent les petites entités existantes « mais ce sont des initiatives dispersées, des méthodes et des techniques disparates, des actions souvent improvisées ». Et aussi des suzerainetés et des petits pouvoirs qu'il faudra convaincre ou encore contourner ( voir l'ouvrage : Lucien Devies - La montagne pour vocation - L'organisation du secours en montagne - Édition l'Harmattan  et le dossier : Un historique du Secours en Montagne ).

 

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1930 - Les Caravanes scolaires et les jeunes


En 1930, la question des Caravanes scolaires est posée, dans certaines Section elles n'apparaissent plus appropriées « aux goûts et à l'état d'esprit de la jeunesse actuelle » attirée vers le scoutisme.

 

D'autres Sections maintiennent une belle activité, mais les chefs de Course se raréfient...

 

La création d'un certificat d'aptitude aux Troupes de montagne, avec l'éventuelle affectation aux groupes d'Éclaireurs-skieurs, permet au Club Alpin de garder une politique de la jeunesse...

 

Une tarification particulièrement attractive de la cotisation est proposée aux mineurs, étudiants, élèves des Grandes Écoles et aux diverses fédérations de Scouts et Éclaireurs pour faciliter l'approche de la montagne à la jeunesse « et constituer pour notre association une féconde pépinière ».

 

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1930 - L'AUTONOMIE DU GHM

 

De 1919 à 1929, Jacques de Lépiney était le président - de fait - du Groupe de Haute Montagne.

 

Vivant éloigné au Maroc, il avait été remplacé au Comité directeur du GHM dès 1926, mais il restait pour tous le père fondateur...

 

En 1929, le Groupe de Haute Montagne modifie ses statuts où apparaît l'élection d'un président, enregistre la démission de Jacques de Lépiney de sa fonction non écrite, et procède à l'élection d'Henry de Ségogne comme président.

 

C'est le prélude de ce qui va suivre et un vrai pied de nez au grand club...

 

Un périmètre étroit


Et pour comprendre la proximité des protagonistes et le périmètre étroit et parisien dans lequel se déroulent ces grandes man½uvres orchestrées par Henry de Ségogne, il faut signaler que ce dernier est élu membre du Comité de Direction du Club Alpin pour l'année 1929 et Jacques Lagarde pour l'année 1930... Précisons enfin que plusieurs membres du Comité Directeur du Club Alpin sont également membres du GHM...

 

Mais les réticences principales viennent des Sections de province...où les initiatives, le parisianisme et le dynamisme du Groupe de Haute Montagne continuent d'agacer fortement...

 

Les réactions du Club Alpin


Avec l'élection d'un président du Groupe de Haute Montagne et la concurrence directe apparue en matière d'édition, les réactions sont vives du côté du Club Alpin, un projet de résolution tendant à supprimer le groupe est présenté à l'instance dirigeante...et précipite les choses...

 

Le conflit entre les tenants d'une excellence en matière d'alpinisme sportif et les défenseurs d'un ordre traditionnel et pluridisciplinaire se révèle sans issue ; et le Groupe de Haute Montagne, demandeur d'une plus grande autonomie, se sépare du Club Alpin qui fédérait - en dehors du ski de compétition - toutes les activités montagnardes du moment...

 

Une élite peu nombreuse


C'est Henry de Ségogne, le leader de l'alpinisme français et président du Groupe de Haute Montagne qui mène l'action...

 

Sa requête du 16 octobre 1930 est signée par les trente et un membres parmi les plus actifs et les membres fondateurs...


« Nous constituons, ou du moins nous visons à constituer une élite peu nombreuse d'alpinistes sélectionnés ; alors que le Club Alpin cherche à recruter dans le grand public...

Nous entendons nous occuper exclusivement de haute montagne, alors qu'elle ne peut être qu'une très petite portion du champ d'activité du Club Alpin ».

 

Et le 4 novembre 1930, une Assemblée générale du Groupe de Haute Montagne approuve la création et les statuts de la nouvelle structure indépendante...

 

Les mésententes entre certains dirigeants des deux entités semblent un moment sans solution, et pourtant...

 

Des incompréhensions passagères


Des incompréhensions finalement très passagères, car deux mois plus tard, dès le 6 janvier 1931 une réunion des représentants des directions du CAF et du GHM aboutit à la signature d'un protocole :

 

<  Le CAF reconnaît la constitution du GHM comme entité indépendante.

 

<  Le GHM s'engage à participer activement à la revue « La Montagne ».

 

<  Les deux associations collaboreront étroitement pour la rédaction d'un « Manuel d'Alpinisme »...

 

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1931 - Une réaction salutaire

 

  • C'est le second accroc dans l'hégémonie du Club Alpin sur le monde de la montagne, après sa perte d'exclusivité sur le ski. Mais avec des conséquences beaucoup plus mesurées cette fois-ci, car la plupart des membres du Groupe de Haute Montagne resteront membres du Club Alpin.

 

Ce second accroc va provoquer une réaction salutaire d'un Comité de direction du Club Alpin, auquel beaucoup reprochaient son immobilisme et sa léthargie depuis le cinquantenaire...

 

Des membres de ce Comité étaient déjà en place avant la Grande Guerre, dès 1905 pour certains...

 

<  Francisque Regaud décède en 1928.

<  Francisque Gabet ( 1846-1930 ), déjà président du Club de 1919 à 1921, est réélu en 1929 à l'âge de 83 ans...

<  Et il décède l'année suivante...

 

L'immobilisme et le manque de renouvellement du Comité de direction sont aveuglants...

 

  • En 1931, un plus jeune et dynamique président - Jean Escarra - va faire bouger les choses...

 

Le président Jean Escarra comptera parmi les remarquables dirigeants du Club Alpin Français...

 

Un Programme d'action


Un programme d'action est proposé et adopté :

 

<  Renouvellement régulier du Comité de direction après six ans de mandat. Les membres du comité devront respecter une année sabbatique avant de se représenter.

 

<  Reprise en main du domaine immobilier, parfois mal géré par certaines Sections.

 

<  Amélioration de la propagande, en conservant le parrainage.

 

<  Actions vers la jeunesse, les étudiants et les Grandes Écoles.

 

<  Accentuer des actions pour le ski et l'alpinisme hivernal.

 

<  Reprendre la place perdue dans l'Office National du Tourisme.

 

<  Poursuivre une politique de modernisation des refuges.

 

<  Retrouver une présence dans les centres et stations de Montagne...

 

1931 - Des v½ux très pertinents


L'Assemblée générale du 26 avril 1931 avait émis une série de v½ux en direction de l'État, dont on peut aujourd'hui mesurer la pertinence :

 

<  Protection du Chamois et de l'Isard.

<  Interdiction des carabines à répétition dans les actes de chasse.

<  Interdiction de la destruction des Vautours et des Gypaètes.

<  Protection du Grand Coq de Bruyère, du Lagopède, du Bouquetin.

<  Interdiction de fouissage des Marmottes.

<  Maintien et conservation des parties boisées du Parc du Pelvoux.

<  Protection des salmonidés dans les eaux de montagne.

<  Classement de la réserve terrienne de la Camargue, de l'étang de Vaccarès et de l'ile de Port Cros.

 

1932 - Une forte réaction d'un Comité de Direction rajeuni


Sur la proposition de l'instance dirigeante, l'Assemblée générale du 10 avril 1932 vote une résolution pour réclamer les subventions annuelles de l'Office National du Tourisme « qui ne sont plus versées depuis 1930 », l'Assemblée constate que « le Club Alpin Français doyenne des Associations de Tourisme en France n'est pas représenté au sein du Conseil d'Administration de l'Office depuis 1925 » et demande instamment sa réinsertion...

 

  • Une forte réaction de l'Association, après des années de flottement...

 

L'arrêté ministériel du 7 décembre de la même année nomme Jean Escarra, membre du Conseil d'administration de l'ONT...

 

L'aide de l'État

 

Cette année-là, l'aide de l'État est enfin rétablie pour soutenir l'½uvre d'intérêt général accomplie par le Club Alpin. Elle couvrira, dans les meilleurs années, le quart de la dotation de la Commission des Travaux en Montagne, la moitié vient de la Caisse Centrale, c'est-à-dire des cotisations, le dernier quart provient des donations et des recettes...

 

Mais on notera que déjà en 1935, l'allocation fournie par le siège centrale du Club Alpin à la Commission des travaux en montagne s'élevait à 185 000 francs, à comparer avec la subvention de l'Office National du tourisme, c'est-à-dire l'État, de seulement 45 000 francs...

 

LA POLITIQUE DU CLUB ALPIN


Dans ces années de la grande récession, le Comité de direction et son président doivent battre le rappel pour la prospérité numérique du Club, qui assurera la poursuite de l'½uvre historique du Club Alpin :

 

<  Aménagement et entretien des refuges.

<  Aménagement des sentiers.

<  Protection de la nature.

<  Publications.

<  ¼uvres de vulgarisation.

<  Propagande.

<  Politique vers la jeunesse.

<  Développement du tourisme.

 

Les remarques qui apparaissent dans les interventions du président Escarra sont :

 

<  Les trop faibles engagements des Sections dans le fulgurant développement du ski.

<  L'importance « que prend le ski en France au détriment de l'alpinisme proprement dit ».

<  Et aussi le manque dans les Sections d'une politique active vers la jeunesse.

 

Dans ces années-là, le ski est porteur de l'engouement populaire, car très facilement accessible au plus grand nombre, les groupes skieurs des Sections de Grenoble, Lyon et Paris montrent une importante activité...

 

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L'AUTONOMIE EN MONTAGNE


C'est à cette période que les instances dirigeantes du Club Alpin - avec la présidence de Jean Escarra - prendront en compte les valeurs contenues dans la recherche de l'autonomie en montagne, qui aux yeux de beaucoup d'alpinistes était le sens de leur engagement.

 

Ces alpinistes prolongeaient ainsi la proclamation d'Emil Zsigmondy : « Une ascension n'a de sens, de valeur que si le grimpeur la réalise par ses propres moyens... Rien ne doit venir s'interposer entre l'ascensionniste et la montagne... Le but ultime du jeu est de devenir autonome et responsable ».

 

Le Club Alpin se rapproche ainsi en partie de la position sportive du Groupe de Haute Montagne qui depuis sa création en 1919 mettait en valeur l'alpinisme autonome...

 

Et les remarques sur les « acrobates » disparaissent des articles et commentaires de la revue « La Montagne ».

 

Et si la marche « dans les pas du guide » continue à être préconisée pour ceux qui n'ont pas les moyens physiques, techniques ou psychologiques, l'autonomie est maintenant une valeur reconnue.

 

En contrepartie l'instance va beaucoup insister sur la sécurité...

 

La sécurité en Montagne


Le développement des sports de montagne s'accompagne de nombreux accidents, le Club Alpin développe une propagande pour la sécurité en Montagne : des affiches, des insertions dans la revue du Club et la production de son « Manuel d'Alpinisme » en collaboration avec le Groupe de Haute Montagne.

 

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1932 - UNE UNION INTERNATIONALE


Le troisième congrès international d'Alpinisme est organisé par le CAF à Chamonix en août 1932, après ceux de Zakopane et Budapest...

 

Il est décidé la création d'un organisme permanent, « l'Union Internationale des Associations d'Alpinisme » ( UIAA ). Elle va fédérer peu à peu l'ensemble des Sociétés d'Alpinisme de montagne dans le monde.

 

  • Le Club Alpin Français est l'une des sociétés fondatrices.

 

Les différentes Commissions seront des lieux de concertation concernant la science, l'alpinisme, le ski, la santé, les transports, l'aménagement et la protection de la montagne et enfin l'art dans la montagne... Un copier-coller des préoccupations du club à notre niveau national...

 

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1933 - Le Ski-Club Alpin Parisien et le Groupe de Skieurs Lyonnais


Dans la Section de Paris du Club Alpin, l'activité ski est développée à l'initiative de son nouveau président Henry de Ségogne. Le « Ski-Club Alpin Parisien » qui vient d'être créé - dont Jacques Klein sera une des figures tutélaires - va connaître un développement important avec ses sorties collectives regroupant plus de 800 skieurs aux occasions des fêtes de Noël et de Pâques.

 

Au sein du « Groupe de Skieurs Lyonnais », c'est le même enthousiasme...

 

Chaque fin de semaine d'hiver, de nombreux skieurs se dirigent depuis Paris et Lyon vers les stations de skis accessibles, pour ces courtes périodes, à la grande satisfaction des Sociétés de Chemin de Fer...

 

Ils peuvent ainsi rejoindre les nombreux adeptes des Sections proches des montagnes, qui ont un accès privilégié aux activités de neige et qui forment le principal des pratiquants...

 

Léon Zwingelstein, le skieur solitaire

 

Déjà alpiniste confirmé et novateur Léon Zwingelstein sera un prodigieux précurseur du ski de montagne par deux périples exceptionnels qu'il réalisera en solitaire...

 

<  En 1933, un « Grand Raid » depuis Grenoble le 1er février, pour une première boucle jusqu'à Nice, puis une remontée vers Chamonix pour une seconde boucle par Zermatt, Saint Moritz, jusqu'à Galtür dans le Tyrol en Autriche, retour par l'Oberland jusqu'à Chamonix le 1er mai.

 

<  Et en 1934, une « Croisière Blanche » depuis Chamonix le 30 mars pour une boucle passant par différents sommets du Valais et de l'Oberland, retour le 7 juin à Chamonix pour l'ascension du Mont Blanc.

 

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En 1933 - Le Groupe Pyrénéiste de Haute Montagne

 

En 1933, sur le modèle du Groupe de Haute Montagne, il est fondé le Groupe Pyrénéiste de Haute Montagne ( GPHM ) par François Cazalet, Henri Lamathe, Henry Le Breton, Robert Ollivier et Jean Senmartin, l'association a pour but le développement du pyrénéisme sportif.

 

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1933 - Un nouveau siège central


Un nouveau siège central plus spacieux est trouvé, les locaux regrouperont également la Section de Paris au 7, rue La Boétie à Paris...

 

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1933 - Le titre La Montagne se réorganise


Réorganisation de « La Montagne », le nouveau rédacteur en chef Pierre Dalloz insiste sur la diversité des sujets intéressant la revue du Club Alpin « son titre même définira notre programme », c'est à dire une montagne sous toutes ses formes et dans toutes ses activités.

 

La collaboration entre les deux revues « La Montagne » et « Alpinisme » est totale, le monopole du second titre pour l'information alpine est patent « nous avons emprunté une partie de ces informations à la revue "Alpinisme" »...

 

La magistrale présentation par Jacques Lagarde du livre d'Eugène Guido Lammer « Fontaine de Jouvence » paraît ainsi dans les deux revues...

 

Les deux titres

 

Durant les « légendaires années trente », marquées par l'activité exceptionnelle des alpinistes, les deux titres continueront leur diffusion chacune dans sa spécialité.

 

« La Montagne » est une publication généraliste et pluridisciplinaire ouverte à toutes les activités de montagne.

 

« Alpinisme » est la revue spécialisée du Groupe de Haute montagne, au rayonnement unique dans le monde de l'alpinisme international...

 

En 1929, la rédaction d'Alpinisme est déclarée au propre domicile d'Henry de Ségogne, le rédacteur en chef depuis 1926...

 

De 1929 à 1934, les rédacteurs en chef sont Henry de Ségogne et Jacques Lagarde, le secrétaire de rédaction est Lucien Devies.

 

En 1936, la rédaction est déclarée au domicile de Lucien Devies, qui devient rédacteur en chef avec Ségogne.

 

Une petite expédition au Caucase


En 1933, une petite expédition de quatre, à l'initiative du GHM et de la Section de Paris, se rend dans les montagnes du Caucase. Elle connaîtra des fortunes diverses et une météo incertaine, elle pourra toutefois gravir quelques sommets secondaires et sera la première expédition française vers les montagnes éloignées.

 

L'alpinisme des années trente


C'est encore « l'École de Munich » qui mène le jeu...

 

  • De 1925 à 1933, le Bavarois Willy Welzenbach va marquer l'histoire de l'alpinisme en entreprenant une série époustouflante de voies nouvelles dans les faces glaciaires de l'Oberland et du Valais.

 

En 1930, l'arête sud de l'Aiguille de Peuterey est gravie ; en 1931, la face nord du Cervin ; en 1935 l'éperon central de la pointe Croz des Grandes Jorasses...

 

L'enthousiasme provoqué par les performances des grimpeurs germaniques multiplie les initiatives, les Suisses, les Italiens et les Français apparaissent désormais dans les ascensions notoires...

 

Citons en 1930, le versant nord-est des Droites ; en 1931, la pointe Gnifetti du Mont Rose et la face nord du Triolet ; en 1932, le versant nord-est de l'Eiger ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme 1919-1939 ).

 

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1933 - VERS LES PLUS HAUTS SOMMETS DU MONDE

 

L'intérêt des alpinistes français pour les plus hautes montagnes du monde a été très tardif, ils ont été « étrangement absents des grandes explorations et ascensions du premier tiers du siècle », il fallait « qu'ils s'organisent pour combler un retard de vingt ans ».

 

Au début du XXe siècle, les rares français ayant approché les montagnes de l'Himalaya ou des Andes sont quelques Guides accompagnant des explorateurs britanniques, tels Pierre Blanc dit le Pape de Bonneval-sur-Arc, François Devouassoud et Michel Payot de Chamonix.

 

L'idée d'organiser une expédition vers les montagnes de l'Himalaya est venue dans les années 1930 de la petite équipe qui animait le Groupe de Haute Montagne.

 

La première initiative date de l'été 1933, elle est conduite par Jean Escarra, président du Club Alpin et par Henry de Ségogne, membre du Comité directeur du Club Alpin et leader de l'alpinisme français de l'époque qui préside le Groupe de Haute Montagne...

 

Il est convenu que le projet d'expédition se construira au sein d'une structure indépendante du type loi de 1901, patronnée par le Club Alpin et par le Groupe de Haute Montagne, sur le modèle du « Comité de l'Everest » de 1919 des Britanniques...

 

Une étude complète préparée par Lucien Devies et Henri Salin décrira l'ensemble des objectifs possibles...

 

  • Au sein du Groupe de Haute Montagne et de son Comité directeur deux conceptions s'affrontent : « L'une est la nécessité, pour une première incursion, d'obtenir un succès même sur un sommet secondaire, l'autre est de s'attaquer à l'un des quatorze 8000, même si les chances de réussite sont plus douteuses. Un sommet possédant une notoriété, pour susciter l'intérêt, et faire surgir les appuis matériels et moraux nécessaires ».

 

Jusqu'aux années 1970, l'organisation de pareilles expéditions nécessitera des compétences techniques, financières et diplomatiques très éloignées du savoir-faire des alpinistes...

 

Seul un comité d'organisation pouvait conduire un pareil projet...

 

D'abord un jeu diplomatique

 

Il faut bien comprendre qu'à cette époque, la préparation d'une initiative vers les montagnes lointaines - certaines jamais approchées - ne pouvait pas être envisagée sans l'accompagnement d'un effort diplomatique de grande ampleur au niveau des ministères et des ambassades d'un pays et en premier lieu pas de n'importe quel pays, la Grande Bretagne...

 

Ce sera le « Grand Jeu » pour obtenir l'accès aux plus hautes montagnes...

 

Les Britanniques qui conduisent pourtant une diplomatie particulièrement offensive dans la région de l'Himalaya se verront empêchés d'approcher l'Everest en 1909. Après la Grande Guerre un important effort diplomatique est fait et aboutit en 1920.

 

Ils auront l'exclusivité de tenter l'Everest pendant vingt ans...

 

Reprocher aujourd'hui - au XXIe siècle - ces structures nécessairement nationales de l'époque, comme il a été écrit ailleurs, est un anachronisme regrettable.

 

Une doctrine

 

Une doctrine est adoptée : « Tirer le principal de ses ressources d'une souscription initiale, une caisse serait constituée sur laquelle seraient prélevées les dépenses de la première expédition, les produits de celle-ci ( film, livres, articles, photographies conférence ) auraient partiellement comblé la mise de fond initiale, ce qui eut permis l'organisation d'une seconde expédition, ainsi de suite ».

 

Le Comité pensait mettre en place, non pas une initiative isolée, mais bien une méthode permettant d'organiser rationnellement « pour plusieurs années » l'ascensionnisme français sur les plus hautes montagnes de la terre...

 

C'est à un groupe d'experts indiscutables qu'il revient de créer une dynamique vers les plus hautes montagnes du monde, d'inventer un objectif, de trouver le financement, de préparer l'opération, de choisir le chef d'expédition, de sélectionner l'équipe et de gérer les conséquences de l'exploit, notamment les conséquences financières...

 

En 1934, une Commission d'étude est réunie sous la direction de Jean Escarra, président du Club Alpin.

 

Le Comité de direction du Club Alpin met à la disposition de la Commission d'étude les moyens financiers pour les premiers travaux.

 

Il prévoit de recourir à une souscription pour couvrir l'opération, avec l'appui d'un Comité de patronage ( voir le dossier : Un historique des Expéditions françaises lointaines ).

 

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1934 - LA MEIJE EN DANGER


Le Club Alpin proteste avec véhémence auprès des Pouvoirs Publics contre un projet de construction d'un téléphérique vers le sommet de la Meije et établit un communiqué de Presse, avec diffusion sur les ondes radios :


« Le Comité de Direction du Club Alpin Français apprend avec indignation le projet d'établissement d'un téléphérique de la Grave au sommet de la Meije, projet comportant l'arasement de la pointe terminale pour faciliter la construction d'une gare et d'un restaurant.


Devant la menace de cet acte de vandalisme, qui déshonorerait l'une des cimes les plus célèbres des Alpes et l'un des plus beaux paysages de montagne du monde entier, le Club Alpin a le devoir de faire entendre sa protestation la plus véhémente et fait appel à l'opinion publique pour qu'elle s'oppose de toutes ses forces à la réalisation du projet ».

 

C'est le début d'une longue histoire, qui connaîtra une issue acceptable...

 

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Assurances individuelles


Une police d'assurance est proposée par le Club Alpin aux skieurs et aux alpinistes à titre individuel et séparant les deux disciplines.

 

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Les révélateurs des nouveaux matériels

 

Jusque-là, l'utilisation des nouveaux matériels facilitant beaucoup les ascensions était restée dans la confidence des initiés...

 

<  En 1932, un article d'Alain Leray paraît dans la revue La Montagne, l'auteur présente pour la première fois en France une information sur l'utilisation des pitons et des mousquetons en escalade.

 

<  En 1933, Raymond Gaché toujours dans la revue La Montagne note « Ce fut d'abord l'invention des crampons, qui sont devenus aussi indispensables que le piolet ou la corde. En ce moment nous assistons à l'introduction en France des méthodes dolomitiques avec leur arsenal d'étriers, de pitons à rocher et à glace, de mousquetons, de marteaux ».

 

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1934 - Le manuel d'alpinisme du Club Alpin

 

En 1934, le Club Alpin Français publie avec la collaboration du Groupe de Haute Montagne un « Manuel d'alpinisme ».

 

Sont décrits les pitons, les mousquetons maintenant d'usage courant, les différentes techniques de rappel et les crampons avec pointes avant.

 

<  Concernant la technique de la descente à l'aide de la corde, le rappel en S est mis en avant, il apporte une bonne sécurité et sera d'utilisation générale jusque dans les années mil neuf cent soixante-dix. Le rappel en S développé par Hans Dulfer avant 1914, la « dülfersitz » venait remplacer la « kletterschluss » et autre méthode genevoise très dangereuses dans leurs utilisations...

 

<  Les crampons - avec pointes avant - y sont proposés, sans beaucoup enthousiasme. Ils vont pourtant bouleverser la technique de l'escalade glaciaire... Sauf en France où les chevilles particulièrement souples du meilleur glaciairiste français du moment vont contraindre la plupart des grimpeurs à un exercice de style appelé « technique française de cramponnage » ( simple aménagement de la méthode de cramponnage Eckenstein ), adapté aux pentes classiques mais beaucoup moins aux pentes plus importantes et aux progrès à venir...

 

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1934 - Des parois rocheuses jugées inaccessibles...


Les pitons vont permettre de s'aventurer dans les parois rocheuses jugées inaccessibles...

 

<  En 1934, la paroi nord-ouest de l'Olan dans les Alpes occidentales est gravie par Lucien Devies et Giusto Gervasutti.


<  En 1935, l'ascension de la face nord des Drus est l'un des plus beaux exploits réussis par les grimpeurs français. Pierre Allain et Raymond Leininger pouvaient montrer le savoir-faire de l'école de Fontainebleau.

 

Pendant l'ascension, Pierre Allain franchit avec quatre pitons le passage clé, la célèbre fissure Allain qui va demeurer longtemps le plus difficile passage d'escalade dans les Alpes occidentales...

 

<  En 1937, Charles Authenac avec Fernand Tournier inaugurent l'éperon nord-est des Droites ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme 1919-1939 ).

 

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1934 - Création d'une Commission Camping


Le camping qui se développe en France permet d'approcher la nature au plus près et de pallier au manque d'hébergement dans les vallées, il autorise une grande liberté et enfin est très économique.

 

Le Club Alpin s'intéresse à ce moyen de bivouac ou de séjour pour approcher les montagnes, par la création en 1934 d'une Commission camping qui réunit les meilleurs alpinistes du moment...

 

  • Le camping facilitera beaucoup l'accès et les séjours à la montagne. Il sera un important vecteur de développement des sports d'altitude, alpinisme et randonnée alpine. La tente sera surtout le camp de base dans la vallée, et le refuge le point d'appui pour aller vers les ascensions...

 

1934 - Invention du remonte-pente

 

C'est le Zurichois Ernst Gustav Constam qui le premier a mis au point le remonte-pente pour les skieurs en s'inspirant du câble tracteur des funiculaires.

 

Ce premier téléski est mis en service à Davos en Suisse.

 

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1934 - Les Caravanes scolaires et les jeunes


Avec une direction renouvelée, les Caravanes scolaires sont réactivées et encouragées.

 

 « Elles ont continué à fonctionner avec beaucoup d'activité dans les Sections où elles existent, sous la paternelle direction de ceux qui s'attachent à enseigner, aussi bien l'été que l'hiver la pratique de la montagne à nos écoliers des deux sexes ».

 

La création de Groupes d'étudiants et d'élèves des Grandes Écoles vient renforcer ces initiatives...

 

Mais les Caravanes scolaires ne survivront pas aux années de guerre à venir...

 

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1935 - Une échelle des difficultés

 

En 1935, Lucien Devies propose un système de cotation des difficultés en escalade rocheuse, séparant l'évaluation d'un passage d'escalade libre en six degré directement inspiré du système Welzenbach, et l'évaluation de l'ensemble d'une ascension allant du « facile » à « l'extrêmement difficile » en six degrés également ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme 1919-1939 ).

Une façon de « passer du vague au défini ».

Aussitôt une belle polémique, animée par Etienne Bruhl, va enflammer le milieu alpin pendant quelques temps...

Un peu plus tard, une évaluation de la difficulté de l'escalade artificielle en quatre degré ( de A1 à A4 ) est proposée... Le tri commence à être fait entre escalade libre et artificielle...

 

1935 - La semelle sculptée en caoutchouc

 

En 1935, mise au point par Vitale Bramani d'une semelle sculptée en caoutchouc qui trois années plus tard deviendra le modèle de semelle Vibram que l'on connaît aujourd'hui ( voir le dossier : Le matériel de l'alpiniste ).

 

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1935 - Propagande pour Valloire

 

Le Club Alpin a déjà beaucoup ½uvré pour le développement du ski en France. En 1908, la station de ski du Lioran dans le Massif Central était créée, et dès cette année-là, le Club Alpin mobilisait pour un tourisme hivernal. En 1923, c'était la station de ski des Estables dans le Massif Central qui était inaugurée par notre association...

 

En 1935, la station de Valloire est mise en avant par le Club Alpin, avec son accès facile par le Chemin de Fer.

 

La pratique du ski à Chamonix

 

En 1936, la station de Chamonix propose un équipement moderne pour la pratique du ski de descente qui commence à s'imposer.

Des pistes de descente balisées depuis 2500m, desservies par la station du téléphérique des Glaciers, l'une par le Plan de l'Aiguille et les alpages de Blaitiére, une seconde tracée vers la station intermédiaire de la Para.

Des pistes de descente balisées desservies par le téléphérique Brévent, 2525m jusqu'à la station de Planpraz et les Houches.

En 1938, le financement par des fonds publics du tronçon prolongeant le téléphérique des Glaciers vers le col du Midi est obtenu.

 

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DES FEMMES AUTONOMES ET RESPONSABLES


On a dit auparavant que Miriam O'Brien-Underhill sera celle qui ½uvra le plus pour un ascensionnisme résolument féminin...

 

Redisons que cette dernière avec Micheline Morin et Néa Morin seront souvent les compagnes d'ascension d'Alice Damesme... Et elles aussi vont souvent devant, en formant des cordées de femmes ou mixtes...

 

Comme en 1929, pour la traversée du Grépon, créditée par Mummery de « course la plus difficile des Alpes » en 1895 et destinée - toujours au dire du célèbre grimpeur - à devenir avec le temps « une course facile pour dames ». Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que cela fut réellement une course facile pour ces très fortes grimpeuses Alice Damesme et Miriam O'Brien-Underhill...

 

Il faut encore citer Loulou Boulaz qui dès 1932 entreprend régulièrement des ascensions, encordée avec des compagnes, en dehors de ses ascensions en cordées mixtes, où elle prend régulièrement la tête de la course, comme durant la première répétition de la face nord des Grandes Jorasses en 1935...

 

  • Bien-sûr, il y a eu de nombreuses collègues femmes de ces époques-là qui réaliseront de belles carrières d'alpinistes avec ou sans guide, mais sans avoir les qualités requises pour aller devant, pour conduire la cordée, même si leur assistance et leur attitude venaient souvent renforcer le potentiel de la cordée...

 

En 1936, Alice Damesme et Micheline Morin escaladent la voie Preuss du Campanile Basso dans les Dolomites. C'est encore une grande performance pour la cordée du Groupe de Haute Montagne.

 

  • En 1938, Alice Damesme pourra donner des conférences très suivies sur ses ascensions dans le massif du Mont Blanc et dans les Dolomites...

 

Et on retrouvera Alice Damesme en 1943, avec Mme Y. Vacher pour une traversée en autonomie du Petit au Grand Dru ... et en 1945 emmenant sa cordée dans la voie Carmichael de l'Aiguille des Pèlerins.

 

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1936 - L'HIDDEN PEAK TENTÉ JUSQU'À 7000m

 

Un cadre juridique

 

Le 16 mai 1935, un cadre juridique est donné au projet d'expédition vers l'Himalaya avec la création du « Comité français de l'Himalaya ». C'est une entité indépendante du type loi de 1901...

 

Le comité se compose de Jean Arlaud, Etienne Bruhl, Lucien Devies, Jean Escarra, Jean A. Morin, Henri Salin, Henry de Ségogne et Louis Wibratte ; et c'est Jean Escarra - ancien président de CAF - qui préside le petit cercle.

 

On tente d'obtenir une autorisation des autorités népalaises, le Maharadjah paraît fort bien disposé vis-à-vis d'un projet français d'expédition, mais doit refuser l'autorisation sollicitée « la population népalaise attribuant, aux expéditions britanniques à l'Everest, les calamités qui par une fâcheuse coïncidence, avaient frappé le pays peu après les tentatives sur la grande montagne ».

 

Jean Escarra est à titre professionnel Conseiller du Gouvernement chinois et grâce à son action, une autorisation de tenter le Makalu par le Tibet est obtenue...

 

Les Français pourront suivre la route habituelle des expéditions vers l'Everest..., mais les difficultés de l'approche et de l'itinéraire envisagé, puis la promesse non tenue des Tibétains, feront renoncer... ( voir le dossier : Un historique des Expéditions lointaines, et aussi les Annales 2000 du GHM : Les grandes heures du Comité de l'Himalaya et des expéditions 1950-1980, avec le rectificatif de la revue du GHM - Cimes 2006, page 123 ).

 

L'Hidden Peak, 8068m

 

Finalement, c'est l'Hidden Peak 8068m - aujourd'hui Gasherbrum 1 - qui sera choisi, situé dans les montagnes du Karakoram et le massif du Baltoro Mustagh.

 

En 1936, c'est la première expédition française vers l'Himalaya et le Karakoram... Conduite par Henry de Ségogne, elle n'aboutira pas, l'Hidden Peak sera tenté jusque vers 7000m.

 

Les résultats financiers de l'opération sont très décevants et le système de l'autofinancement des futures opérations, prévu dans la doctrine de départ, ne pouvait pas être amorcé.

 

Tout restait à refaire...

 

Le Gasherbrum 1 ou Hidden peak et ses 8068 mètres

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La fin de l'Office National du Tourisme

 

L'État dans ces temps difficiles remplace l'Office National du Tourisme par un Centre National d'Expansion où le Club Alpin siégera comme membre adhérant. C'est un maillon essentiel pour l'obtention des aides de l'État, encore modestes, au titre du service public concernant les travaux en montagne et principalement les refuges.

 

1936 - Les congés annuels

 

La Loi ouvrant aux congés annuels est promulguée le 20 juin 1936, cette législation sociale est liée à l'avènement du Front populaire.

Pour accompagner cette mesure, le gouvernement souhaite développer les loisirs pour tous. Le président du Club Alpin Marius Sarraz-Bournet rencontre le ministre Léon Lagrange, sous-secrétaire d'État aux sports et aux loisirs, pour un entretien portant sur un développement populaire de l'alpinisme et du ski.

Si le développement du ski et de l'excursionnisme permet l'avancée sociale réclamée, on s'apercevra vite que l'alpinisme aura beaucoup de mal à s'ouvrir au plus grand nombre.

 

Le Club Alpin répondra par le développement du camping qui permet l'ouverture populaire souhaitée.

Des aménagements d'emplacements de camping sont installés dans les Alpes et les Pyrénées, notamment aux abords du refuge Albert 1er vers 2700m et au plan du Carrelet au-dessus de la Bérarde.

 

 Une pratique populaire

 

Jusque-là, les loisirs en montagne étaient réservés à un milieu très restreint, disposant de temps libre et des moyens d'existences appropriés, si l'on excepte les riverains des montagnes....

Le repos hebdomadaire ne date que de 1906...

Les loisirs populaires viendront avec l'instauration des congés annuels, les Pouvoirs publics voulaient rendre possible le développement des activités de pleine nature en montagne...

Mais, il n'existait que peu de moyens d'hébergement adaptés dans les vallées, hormis en altitude les refuges du Club Alpin, de la STD ; et dans les vallées, les chalets et les hébergements du Touring Club de France.

C'est le camping, en développement depuis les années 1930, qui va offrir un accès plus facile vers les montagnes, il va permettre à beaucoup d'aller en montagne... 

Ce sera le vecteur principal d'un développement populaire des activités de montagne...

 

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L'engouement pour le ski


Pour l'hiver 1936/1937, la revue La Montagne consacre une place importante aux informations et aux activités liées au ski :

 

<  Sorties collectives à skis, manifestations, rassemblements et concours, représentations aux championnats et compétitions organisés par la FFS, liste des téléphériques et des remonte-pentes en station.

 

À ce moment là, les stations pourvues d'un téléphérique sont : Agos-Pibeste, Artouste, Chamonix (Brévent et Glaciers), Houches, Megève (Arbois et Rochebrune), Mont Dore, Morzine, Revard, Salève, Saint Gervais (Arbois), Valberg, Veyrier.

Les Tramways du Mont Blanc (St Gervais) et de Superbagnères complètent les moyens de transport vers la neige auxquels s'ajoutent les remonte-pentes.

La station de Val d'Isère parti de rien, entreprend la construction du téléphérique de Solaise qui sera inauguré en 1942. En 1936, le bourg offre un remonte pente et 160 chambres ; en 1939, déjà 600 chambres...

 

<  Les Sections du Club Alpin se montrent très concernées par cette activité à la mode...

 

<  Le ski de fond est délaissé au profit du slalom et de la descente.

 

  • Le Club Alpin ne se laissera pas duper par « cette ère de prospérité correspondant à l'enthousiasme croissant pour le ski »... et au développement des remontées mécaniques...

 

Les remarques sont vives vers ceux « qui ne cherchent qu'à refaire le même virage sur la même bosse », sur ceux « qui n'utilisent que les quarante mètres de la largeur de la piste et rien au-delà ».

 

  • Pour le Club Alpin et sa « Commission du Ski et de l'Alpinisme hivernal », le ski est un moyen de se déplacer et d'accéder aux montagnes... 

 

Mais nous sommes loin de ce qui lie le ski à la pratique de la montagne et à l'esprit montagnard, la prospérité numérique à un prix...

 

Devant l'engouement pour la compétition, le Club Alpin organisera des challenges intersections qui seront très suivis...

 

L'Annuaire de poche du CAF est le document indispensable pour suivre les offres d'activité.
Les assurances aux skieurs, les réductions sur les transports et la mise en place de trains spéciaux complètent la proposition...

 

Le Ski-Club Alpin de Paris organise des écoles de ski à Morzine, Lognan et Trélatête.

 

Les stations de Megève, St Gervais, les Houches et Chamonix s'entendent dans le Groupement du Mont Blanc pour proposer des abonnements aux skieurs.

 

La FFS émet le projet de créer une École Française de Ski qui engloberait toutes les écoles et unifierait l'enseignement de ski, le Club Alpin accompagne cette proposition.

 

1937 - L'École de ski français

 

Dans ces années 1930, la pratique du ski dans les Alpes est maintenant tournée vers la descente et le slalom, au détriment du ski de fond.

 

La technique première d'enseignement - le Telemark - est abandonnée pour des méthodes venues de Suisse et d'Autriche.

 

Depuis cinq ou six ans, l'enseignement du ski en France s'inspirait de la méthode autrichienne dite de l'« Arlberg », la technique du « Stem ». Cette méthode comportait plusieurs versions et dans chaque station de ski des Moniteurs proposaient leur méthode particulière d'apprentissage. Une unification de l'enseignement était souhaitée.

 

Après les succès d'Émile Allais dans les compétitions internationales, une méthode française d'enseignement est définie avec la parution en 1937 d'un livre : Ski Français, accompagné par un film homonyme prônant la technique du « Christiania ».

 

Le monde du ski se divisera en deux clans hostiles au sujet de cet enseignement novateur...

 

L'École Française du ski est créée en octobre 1937 dans le but d'unifier l'enseignement et un premier rassemblement des Moniteurs a lieu au Col de Voza, suivi par celui de mai 1938 à Val d'Isère... Le nombre de Moniteurs ne dépasse pas 50 et l'intention est de proposer un enseignement homogène...

 

Une école de formation des Moniteurs est créée à Val d'Isère

 

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Des informations pour pratiquer la montagne


Les guides itinéraires et les cartes géographiques sont maintenant à la disposition des montagnards et des alpinistes. Les informations nécessaires à une pratique émancipée et responsable est maintenant disponible...

 

Les guides itinéraires Vallot et les guides Gaillard sont d'usage courant pour ceux qui évoluent en cordées autonomes...

 

Un stage de formation des Guides


En été 1936, première formation des Guides à l'initiative d'Armand Charlet et de Roger Frison-Roche.

 

On va peu à peu devenir Guide non plus par sa naissance, mais par des qualités affirmées et contrôlées...

 

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Entre 1936 et 1938 - LES DERNIERS PROBLÈMES DES ALPES

 

Au prix de nombreux accidents mortels, une implacable compétition s'engage pour gravir les dernières grandes parois nord encore inviolées des Alpes...

 

<  En 1936, c'est l'exploit de la cordée Lucien Devies et Giusto Gervasutti qui force la muraille nord-ouest de l'Ailefroide occidentale...

 

<  En 1937, la face nord-est du Piz Badile est gravie par Ricardo Cassin et ses compagnons.

 

<  En 1938, c'est l'Eigerwand qui résistera le plus et sera le plus coûteux en vies humaines, la paroi est forcée par Heinrich Harrer, Anderl Heckmair, Fritz Kasparek et Ludwig V½rg.

 

<  En conclusion de cet « âge d'or » de l'alpinisme, l'ascension la même année de l'éperon nord de la pointe Walker des Grandes Jorasses est réussie par Ricardo Cassin et ses compagnons. Une ligne particulièrement élégante conduisant directement au sommet de la paroi la plus exceptionnelle des Alpes ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme 1919-1939 ).

 

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1937 - Une césure

 

En 1937, renouvellement de la présidence du Club Alpin, le discret Léon Olivier est préféré à l'omniprésent Henry de Ségogne, vice-président du Club Alpin, ancien président de la Section de Paris, la plus importante en nombre d'adhérents, l'un des meilleurs alpinistes des années 30, chef de l'expédition française, président du GHM...

 

Un personnage brillant, « parisien » et influant qui a probablement inquiété la province.

 

La césure entre les tenants d'une excellence en matière d'alpinisme sportif et les défenseurs d'un ordre traditionnel et pluridisciplinaire se rouvre pour des questions de personnes...

 

La gouvernance du Club Alpin

 

Mais pas seulement des questions de personnes, car la gouvernance du Club Alpin est un délicat équilibre entre les différentes appréciations des représentants de ses Sections les plus actives réparties sur le territoire :

Alpes du Nord, Alpes du Sud, Pyrénées, Vosges, Nice, Marseille et particulièrement Grenoble et Lyon, et évidemment la Section de Paris située loin des montagnes, mais forte d'un nombre important d'adhérents...

 

  • Et ce qui se dit ou se fait à Paris n'est pas toujours ce qui se dit ou se fait de l'autre côté du Rhône ou de la Garonne...

 

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1937 - L'observatoire Vallot


L'observatoire Vallot, 4358m voisin immédiat du refuge homonyme devient une dépendance de l'Observatoire de Paris.

 

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Le matériel moderne

 

Un article dans la revue Alpinisme de 1938 présente le matériel moderne d'escalade, fabriqué maintenant en France par les établissements Simon, jusque-là spécialisés dans la fabrication des piolets... sauf les mousquetons en acier qui doivent encore être importés...

 

Les inventions de Pierre Allain

 

Dans le seconde partie des années trente, Pierre Allain a ouvert rue des Ciseaux à Paris un premier magasin consacré à l'alpinisme et au ski, qu'il déménagera rue St Sulpice en 1938. Il achève le développement de diverses améliorations :

 

<  Les chaussons modernes d'escalade - les fameux chaussons PA - une mise au point commencée en 1935, utilisés d'abord pour l'escalade des blocs de Fontainebleau, commercialisés en 1948 et appelés à un grand avenir...

<  Le mousqueton léger en alliage d'aluminium ( Duralumin ) commençait à être proposé aux grimpeurs par Pierre Allain. Il doit être utilisé avec prudence, essentiellement pour l'escalade artificielle, car il ne résiste pas à une chute même modeste.

<  Le « descendeur Allain » pour les rappels, mais son dispositif ouvert est d'une utilisation si délicate que sa diffusion restera confidentielle.

<  Le matériel de bivouac individuel, mais cette proposition se révélera peu judicieuse, la poche de bivouac dite tente Zdarsky permettant à deux ou trois grimpeurs de ce protéger - physiquement et moralement - restera supérieure de beaucoup...

 

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1938 - L'opposition aux refuges-bivouacs

 

En 1938, lorsque les refuges-bivouacs placés sur l'arête de Peuterey et sur l'arête de l'lnnominata allaient être construits dans le versant italien du Mont Blanc, Lucien Devies va beaucoup se manifester par des courriers argumentés auprès des responsables italiens contre les refuges-bivouacs « réducteurs d'aventure » implantés sur les itinéraires de montagne. Un long combat sera livré et perdu...

 

Au fil des guides Vallot le reproche sera sans cesse réitéré...

 

Le refuge-bivouac des Dames Anglaises « enlève de son envergure à cette course sans égale dans les Alpes qu'est l'arête de Peuterey au Mont Blanc ».

Le refuge-bivouac Eccles « humanise un lieu d'une sauvagerie unique dans les Alpes, ce qui est tout à fait regrettable ».

 

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1938 - Un congrès des papiers gras


Un congrès pour la lutte contre les papiers gras est organisé à l'initiative du TCF avec la participation du CAF...


« Les associations de tourisme doivent s'engager à mener une active campagne auprès de leurs membres pour éduquer ceux-ci, si besoin est, ou pour en faire d'actifs propagandistes de l'½uvre entreprise ».

 

La montagne, la campagne, les forêts françaises sont à cette époque souvent souillées par les déchets et détritus de toutes sortes abandonnés par les passants et pas seulement...

 

Le Club Alpin intervient en adressant dans une circulaire aux Guides et Porteurs de montagne, aux tenanciers de refuges, aux alpinistes, aux campeurs...

 

Il est déclaré ceci :

 

« Un véritable fléau envahit nos montagnes ... avec l'accumulation de détritus de toutes sortes... les cimes elles-mêmes sont atteintes par cette lèpre, les alentours de bien des refuges présentent un amoncellement honteux d'immondices ».

 

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Le développement du Camping


Le Club Alpin adhère à l'Union Française des Associations de Camping.

Une prise en compte du fort développement de ce moyen d'hébergement en montagne...

Une licence de camping et l'inscription à une assurance en responsabilité sont exigées et quelques règles édictées...

Le camping devient bientôt, comme nous l'avons déjà fait remarquer, un moyen de séjour qui va énormément contribuer au développement des sports de montagne et notamment de l'alpinisme en offrant un accès plus facile, moins élitiste, vers les montagnes, au moment des Lois sociales sur les congés annuels...

 

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1938 et 1939 - Les refuges construits

 

1938 - Le refuge de Rieu Blanc

1938 - Le refuge Vallot, 4362m

1939 - Le refuge d'Ambin, 2270m

1939 - Le refuge de Baysselance, 2651m

1939 - Le refuge de la Dent d'Oche, 2150m

 

<  Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1939 - Une histoire de l'Alpinisme

 

En 1939, Lucien Devies fait paraître dans la revue Alpinisme l'article « Alpinisme et nationalité » et dans la revue La Montagne le texte « Eiger et Walker ». L'analyse du rédacteur est particulièrement éclairée à un moment de grande tension avec les pays alpins de l'Axe :

 

« Il convient de marquer la place qui revient aux deux grandes victoires allemande et italienne de cette année, et d'en montrer la portée exacte et la signification. Elles viennent, à mon sens, marquer le plein développement de la période de l'histoire alpine commencée en 1930 par la victoire technique de l'arête sud de l'Aiguille Noire de Peuterey, et en 1931 par la victoire psychologique de la face nord du Cervin. Ces deux succès avaient marqué un sérieux pas en avant dans les Alpes Occidentales ».

 

Des contributions à l'histoire de l'alpinisme...

 

Certains - plus tard - tenteront d'en détourner les propos à des fins d'édition...

 

La polémique de l'Eiger

 

En 1946, le débat porte sur ce qui a fait réussir les germano-autrichiens en 1938.

 

Des collègues suisses avaient imprudemment avancé que l'ascension de la face nord de l'Eiger n'était pas de l'alpinisme, pour réussir une escalade aussi folle, il fallait des "surhommes" nazis, c'est à dire que sans Hitler la cordée de 1938 ne se serait pas attaquée à cette entreprise. Par contre l'ascension des frères Schmid de la face nord du Cervin se situant avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler ne se voyait pas, en suivant cette thèse, également disqualifiée.

 

Pour Lucien Devies, qui avait été un des acteurs de l'exploration des dernières grandes faces nord des Alpes, l'ascension de la face nord de l'Eiger était de l'alpinisme, l'hitlérisme n'était pas la raison de l'assaut et du succès de 1938, mais la témérité traditionnelle des alpinistes allemands, la même que celle d'un Guido Lammer ou des frères Schmid.

 

Lucien Devies insiste : « Il faut remarquer qu'Heckmair et les Schmid sont de la même génération. Et j'ai suffisamment rencontré de Munichois en montagne pour n'avoir aucune illusion à leur sujet : ils étaient presque tous, si non tous, nazis. Aucune différence sérieuse entre les Schmid et Heckmair. Pas de césure entre la face Nord du Cervin et la face Nord de l'Eiger quant à la conception et la réalisation. La différence n'existe que dans la présentation après coup ; parce qu'entre les deux courses les nazis avaient pris le pouvoir. Aussi, la "propagande" a-t-elle pu exploiter l'Eiger à sa manière, bien sûr affreuse. C'est là que gît la différence, mais pas entre les protagonistes ».

 

Et quand en 1947, une cordée suisse reprend l'itinéraire décrié, Lucien Devies demande aux Suisses leur opinion sur cette nouvelle performance : « Voit-on dans cette réussite un beau succès, un grand exploit, ou une course horrible et condamnable comme celle de 1938 ? »

 

Les Suisses par l'intermédiaire de la revue du Club Alpin Suisse vont laisser entendre perfidement que Lucien Devies approuvait la conception alpine des nazis.

 

Sa lettre du 10 mars 1948, au rédacteur en chef de la revue Les Alpes, demandant un droit de réponse, apporte une mise au point cinglante ( avec le souligné de l'auteur ) :

 

« Je ne puis accepter, comme vous l'avez fait entendre, que j'approuve l'esprit d'orgueil nationaliste, de supériorité raciale, de compétition mesquine et inhumaine qu'en somme j'ai de la sympathie pour ce qu'était le nazisme, alors que tout cela me fait naturellement horreur. Je réprouve au moins autant que vous les horreurs nationalistes visées plus haut.

Non aucun de mes écrits n'autorise de pareilles conclusions, et me prêter des sentiments semblables c'est vraiment déformer ma pensée et le mot déformer est bien faible ».

 

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La mobilisation de l'été 1939


La mobilisation générale de l'été 1939 envoie une partie des forces vives de l'association sous les drapeaux. Ceux qui resteront à l'écart de la mobilisation s'efforceront de maintenir l'activité du club dans ses deux objets essentiels : « L'entretien des refuges limité aux réparations indispensables et la publication de la revue qui servira d'agent de liaison ».

 

À ce moment-là en 1939

 

  • À ce moment-là, le Club compte près de 30 000 membres répartis en 53 Sections. Il possède quelques 70 refuges dans les Alpes, 20 dans les Pyrénées, d'autres disséminés dans les Cévennes, le Jura et les Vosges...


Mais avec l'occupation du territoire national, des jours difficiles s'annoncent, des représentants dans les zones occupées et non-occupées sont désignés pour permettre la survie de l'association...

 

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Les présidents du Club Alpin Français de 1915 à 1940

 

1919        Gabet Francisque (1846-1930)
1922        Regaud Francisque (1871-1928)
1929        Gabet Francisque (1846-1930)
1931        Escarra Jean ( 1885- 1955 )
1934        Sarraz-Bournet Marius
1937        Olivier Léon

 

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Une suite de l'historique du Club Alpin Français, aujourd'hui Fédération Française des Clubs Alpins et de la Montagne est proposée dans les dossiers suivants.

- Le Club Alpin Français de 1941 à 1974

- Le Club Alpin Français de 1975 à 1994.

- La Française des Clubs Alpins et de la Montagne de 1995 à aujourd'hui...

 

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CONSULTATION

 

L'ensemble des textes concernant l'histoire de la FFCAM et des autres dossiers proposés sont consultables au Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

Consultation de l'ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.
 

CONSULTATION EN LIGNE


Vous pouvez consulter en ligne le catalogue du CND avec un accès aux références pour l'ensemble des articles des revues et pour les livres.

Il suffit de saisir un mot caractéristique ou un des mots-clés d'un ouvrage recherché, dans l'un des champs appropriés ( auteur, titre, sujet, année d'édition ) et vous aurez accès aux références de votre recherche.

Consultation en ligne de la revue Alpinisme numérisée sur le site du GHM.

Consultation des revues de la FFCAM numérisées en préparation, certains ouvrages sont déjà accessibles sur des sites extérieurs.