FFCAM - Le Club Alpin Français de 1975 à 1994

 

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Un historique du Club Alpin Français - aujourd'hui Fédération Française des Clubs Alpins et de la Montagne - est proposé en plusieurs dossiers :

 

- Les origines du Club Alpin Français

- Le Club Alpin Français de 1874 à 1914

- Le Club Alpin Français de 1915 à 1940

- Le Club Alpin Français de 1941 à 1974

- Le Club Alpin Français de 1975 à 1994

- La Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne de 1995 à nos jours

 

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Le Club Alpin Français de 1975 à 1994

 

Sommaire :

 

1975 - Le Comité de publication de la revue La Montagne & Alpinisme

1975 - La grande bouffe

1975 - Les refuges construits

1975 - Les éléments de sécurité

1975 - L'escalade libre en France

1975 - Le versant sud-ouest du Chomolangma-Everest

1976 - La Chartre des alpages et des glaciers

1976 - Les refuges construits

1977 - La revue La Montagne & Alpinisme

1977 - L'Assemblée générale de Fontainebleau

1977 - La Commission nationale de protection de la montagne

1978 - Le développement de l'escalade rocheuse

1978 - Les refuges construits

1978 - Des mesures pour les refuges

1979 - L'interdiction du ski héliporté

1979 - Le Pilier du K2 et ses conséquences

1979 -  Le bénévolat au Club Alpin

1979 - Le Parc national du Mercantour

1979 à 1980 - Les refuges construits

1980 - La régionalisation au Club Alpin

1981 - Le Centre de documentation Lucien Devies

1981 - L'escalade, une discipline autonome

1982 - La Déclaration de Kathmandu

1983 à 1986 - Les refuges construits

1984 - Des Sections à taille humaine

1985 - Le Club Alpin Français et ses fédérations

1985 - Les compétitions d'escalade

1986 - La FFM et le CAF

1987 - La Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade

1988 - La personnalité juridique des Sections du Club Alpin

1989 à 1993 - Les refuges construits

1993 - Vers une Fédération Française des Clubs Alpins

1994 - La Chartre Montagne

1994 - L'intervention de l'État

1994 - Une fédération multiactivités et multisports

Les présidents du Club Alpin de 1975 à 1994

 

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Des intentions réformistes

 

Depuis 1973, la nouvelle direction du Club Alpin avait été élue avec des intentions réformistes très marquées :

 

<  Vers la Fédération Française de la Montagne, avec comme argument principal la remise en question de son financement. Des propositions très risquées qui provoqueront beaucoup d'effervescence et ne permettront pas d'avancer.

 

<  Pour sa revue La Montagne & Alpinisme, qui sera laissée sans le regard suffisant du Comité directeur.

 

<  Pour une décentralisation en matière d'environnement, qui permettra des initiatives substantielles dans le domaine de la Protection de la Montagne ( voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1941 à 1974 ).

 

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1975 - Le Comité de publication de la revue La Montagne & Alpinisme

 

Un Comité de publication - profondément rajeuni - de la revue La Montagne & Alpinisme est réuni et un nouveau directeur-délégué est désigné, Jean Bocognano signe un premier éditorial : Évolution...

Le rédacteur en chef est Maurice Martin et Andrée Bruant est secrétaire de rédaction.

 

L'idée - qui a circulée un instant parmi certains nouveaux élus - d'abandonner notre revue à la presse commerciale a vite été oubliée, devant la réaction des adhérents et des responsables de nos Sections...

 

Un « Courrier des lecteurs », une « Tribune environnement » et une « Revue des livres » incisive viendront pimenter le sommaire.

 

La plus notable des évolutions éditoriales sera une chronique touchant à la protection de la montagne qui cherchera à faire partager aux lecteurs des idées pour l'avenir de la montagne, en oubliant un peu les actions du Club Alpin depuis le début du siècle...

 

Il y avait une volonté du directeur-délégué de quitter une ligne éditoriale pluridisciplinaire et consensuelle, pour aller vers une tribune agitatrice d'idées...

 

Un article assez provocateur de Michel Ballerini « Le Grand Cirque » servira d'élément déclencheur.

 

Un courrier des lecteurs - partant dans toutes les directions - apportera une agitation épistolaire assez confuse.

 

Le directeur-délégué se risquait à vouloir définir une doctrine en matière d'environnement et de protection de la montagne qui sont normalement le domaine des instances élus...

 

Si les critiques vers la moto verte et les déposes hélicoptères pouvaient facilement trouver un consensus, d'autres touchant directement le Club Alpin auraient mérité une nécessaire concertation...

 

Les pages offertes à la publicité vont s'égarer dans une double page consacrée à une race de prétendus seigneurs d'un mauvais goût achevé, elle provoquera une tempête de protestation et viendra ajouter à la confusion des débats...

 

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Quelques points d'achoppement

 

Voici quelques propositions qui circulaient en ce temps-là :

 

<  Supprimer le balisage des sentiers pour garder la part d'aventure ; sans être conscient des ravages du piétinement et de la dispersion des traces... ; en oubliant qu'avec le balisage l'espace alpin pouvait être mieux protégé, les randonneurs pouvaient être mieux gardés sur des itinéraires signalés...

 

<  Rendre de l'austérité et du spartiate aux refuges ; en oubliant les règles de bonne gestion et la demande des usagers ; en oubliant que les gardiens de refuge devaient pouvoir vivre de leur travail...

 

<  Supprimer les guides itinéraires, pour retrouver l'aventure ; en oubliant la longue démarche des associations pour ouvrir l'information aux excursionnistes et aux alpinistes, pour rendre les adhérents autonomes et responsables.

 

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1975 - La grande bouffe

 

Au printemps 1975, une information stupéfiante est diffusée par le Comité de liaison des Sections de Savoie et Haute-Savoie.

 

Le 23 Juin 1975, une opération promotionnelle, avec le soutien financier d'une marque d'alcool, projetait d'organiser un grand banquet au sommet du Mont-Blanc offert à la promotion sortante de l'école Polytechnique.

 

Mobilier, mets, boissons, serveurs et convives devant bien sûr être transportés à 4807m par une noria d'hélicoptères. Le Maire de Chamonix, Maurice Herzog, apportait son accord et comptait participer à l'opération.

 

L'émotion fut vive et la polémique qui en résulta à la taille de l'énormité de ce projet scandaleux, aussitôt baptisé « La Grande Bouffe » par allusion cinématographique. Une manifestation de protestation est organisée sur le terrain, mais les conditions météorologiques viendront interdire, mieux que toute mesure réglementaire la tenue de la mascarade héliportée projetée.

 

Deux effets bénéfiques

 

Ce projet inconsidéré eut deux effets bénéfiques :

 

<  D'une part de démontrer la nécessité pour le Club Alpin de définir et d'adopter formellement ses principes en matière d'aménagement de la montagne.

 

<  D'autre part d'identifier, grâce à ceux qui avaient réagi à cette occasion, des personnes assez motivées et susceptibles de s'engager dans les opérations de sauvegarde du milieu naturel, un domaine jusque-là géré directement par la cellule dirigeante du Club Alpin...

 

Ce petit groupe va pouvoir proposer une refondation de la « Commission de Protection de la Montagne » qui viendra se substituer à la très fermée structure précédente, immobilisée par le départ de son président démissionnaire...

 

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La préservation des Calanques

 

Depuis longtemps les Associations - dont le Club Alpin - d'abord isolément, puis réunies dans le « Comité de Défense des Sites Naturelles » ( COSINA ) étaient mobilisées pour la préservation des Calanques de Marseille-Cassis.

 

Déjà, l'inscription à l'Inventaire des Sites avait été obtenue, suite à une initiative des Excursionnistes Marseillais, par le décret du 24 novembre 1959, mais malgré cette première sauvegarde de nombreux projets d'équipement existaient...

 

L'action du Comité de Défense conduira au classement le 29 août 1975 de ce « site naturel remarquable dont le caractère appelle, au nom de l'intérêt général, la conservation en l'état et la préservation de toutes atteintes graves ».

 

C'est un nouveau jalon vers le « Parc national des Calanques », mais le chemin sera encore très long...

 

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1975 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

Le refuge du Chambeyron, 2626m

Le refuge des Aiguilles d'Arves, 2260m

Le refuge de Platé, 2032m

Le refuge du Ruitor, 2030m

Le refuge du Grand Bec, 2400m

 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1975 - Les éléments de sécurité

 

Le baudrier

 

Le premier baudrier d'encordement moderne est mis au point en 1970 par Don Whillans, en Grande-Bretagne.

 

La revue La Montagne & Alpinisme de 1975 consacre un article un peu trop technique sur la conception du baudrier, en mettant l'accent sur un point essentiel l'appui pelvien, mais en oubliant de commencer par le début, c'est-à-dire de regarder ce qui est déjà utilisé par les grimpeurs...

Dès 1975, le baudrier Whillans est disponible et les fabricants du continent ne tarderont pas à proposer leurs modèles.

 

C'est la généralisation du baudrier moderne comme moyen de sécurité en escalade. Jusque-là, les grimpeurs s'encordaient à la taille directement avec la corde, sauf dans les escalades artificielles pour lesquelles ils fabriquaient eux-mêmes un baudrier rudimentaire avec des sangles tubulaires américaines, ou dès 1963 en utilisant des harnais réservés à cet effet, proposés par les fabricants...

 

Le baudrier ne tardera pas également à être un élément de sécurité indispensable aux skieurs évoluant sur glacier, pour faciliter l'encordement et l'extraction d'une crevasse...

 

L'outil en forme de huit

 

Ce sont les Écossais qui ont eu les premiers la bonne idée d'améliorer le descendeur Allain en forme de fourche, et dès 1968 l'outil en forme de huit, utilisable par tous était proposé pour les rappels.

 

En fermant la fourche du descendeur Allain, ils obtenaient une bien plus grande sécurité, petite modification, grande conséquence, mais l'instrument se révélera bien plus qu'un descendeur...

 

Il faudra quelques années pour que l'engin traverse la Manche.

 

En 1975, l'outil en forme de huit et le baudrier deviennent les éléments essentiels de la sécurité pour l'assurage et la descente en rappel...

 

Les rappels

 

Le rappel de corde restait une opération délicate et peu agréable avec la technique en S.

 

Très peu d'alpinistes utilisaient le descendeur Allain en forme de fourche, mais l'incorporation d'un frein intermédiaire entre l'homme et la corde était à l'esprit de tous.

 

Pour les descentes techniques, les grimpeurs avertis utilisaient souvent un jeu de mousquetons croisés faisant office de frein et un baudrier de fortune, puis différents intermédiaires mécaniques plus ou moins adaptés existeront...

 

Avec le huit et le baudrier, les alpinistes peuvent envisager les rappels les plus vertigineux...

 

Le rappel - hier nécessitant des précautions techniques - devient un acte ordinaire de descente...

 

L'équipement moderne complet 

 

En 1975, avec l'équipement moderne complet : le baudrier, la corde, les mousquetons modernes et l'assurage au huit ou avec un demi-cabestan, les grimpeurs auront à leur disposition une chaîne de sécurité adaptée.

 

La chute du grimpeur - hier aux effets souvent désastreux - devient une conséquence plus acceptable et le développement de l'escalade sportive à venir la rendra presque banale...

 

Les coinceurs

 

En 1975, l'usage des coinceurs apparus dans les Alpes en 1969 se généralise...

- Voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1941 à 1974 § 1969 - Les coinceurs.

- Voir également le dossier : Le matériel de l'alpiniste.

 

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1975 - L'escalade libre en France

 

Les démarches de Claudio Barbier dans les Ardennes belges depuis 1965, dans le but de propager l'escalade libre, vont arrivées en France...

 

Jean-Claude Droyer - de retour des Iles Britanniques et des États-Unis - a pu constater l'évolution et les avancées réalisées chez nos voisins, il sera l'initiateur en France d'une redéfinition des règles de l'escalade sportive et des habitudes des grimpeurs. Déterminé et extrêmement tenace, il va réussir à ébranler la lourde inertie des habitudes françaises et européennes.

 

Les ancrages ne doivent être utilisés que comme point d'assurage et non plus comme point d'aide... c'est la révolution.

 

Dans les falaises du Baou de Saint-Jeannet, Patrick Berhault ; dans celles de la Montagne Sainte Victoire, Christian Guyomar ; dans celles des Calanques, François Guyot ; dans celles du Verdon, Patrick Berhault, François Guyot et Bernard Gorgeon conduiront les mêmes démarches, mais avec des façons beaucoup moins « abruptes ».

 

Et à leur tour, les auteurs de ces progrès ne tarderont pas à être abasourdis ou « étonnés » par une nouvelle génération de grimpeurs qui viendra bientôt les surpasser...

 

Bientôt les falaises de Buoux et du Verdon deviendront la vitrine d'un nouveau savoir faire qui ce généralisera en France, avec les ancrages artificiels en place...

 

Un long article assez pertinent « L'escalade vers quel avenir » paraît dans la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1979, signé par Jean-Claude Droyer et Michèle Gloden.

 

L'utilisation des ancrages

 

Ces différentes initiatives vont amener à une prise de conscience concernant les trois utilisations possibles d'un ancrage : point d'aide, point de repos et point d'assurage...

 

L'escalade libre impose le refus de tout point d'aide ou de repos, l'éthique devient plus rigoureuse.

 

La recherche d'une façon de faire plus précise sera favorisée par l'utilisation des coinceurs. L'assurage avec ce type de matériel permet une économie très grande de pitons et de pouvoir gérer son exposition.

 

Mais deux types de performances subsistent : l'escalade libre intégrale où il faut placer soi-même les points d'assurage et l'escalade libre sécurisée avec ancrages en place.

 

Au Saussois en 1977, Jean-Claude Droyer réussit en escalade libre - ancrage en place - L'Échelle à poissons, la grande voie classique du massif. L'avancée dans la difficulté est importante. C'est probablement la première fois que le septième degré est constaté en bon style en France...

 

Son acharnement à vouloir supprimer tout point d'aide a conduit Jean-Claude Droyer à travailler les différents mouvements du passage-clef, de façon à réussir ensuite l'enchaînement.

 

L'escalade libre après travail ou escalade à la française était inventée.

 

Persiflage sur cette façon de faire de l'autre coté du Chanel.

 

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1975 - L'escalade des cascades de glace et des goulottes

 

Les progrès du matériel et des techniques venus d'Écosse au début des années 1970 vont transformer complètement les façons de faire des alpinistes.

 

Dès 1975, se développe d'abord sur les cascades du Cirque de Gavarnie en France, l'escalade des rideaux de glace à l'existence éphémère « les cascades de glace ».

 

Et bientôt en haute montagne seront trouvés des cheminements nouveaux par des goulottes glaciaires.

 

Ce sera une heureuse ouverture pour les novateurs qui pourront revisiter les grandes parois nord et constater que la saison hivernale est la plus favorable pour certains itinéraires mixtes et glaciaires...

- Voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1941 à 1974, § 1972 - Les piolets modernes.

- Voir également le dossier : Le matériel de l'alpiniste.

 

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Déménagement du siège central du Club Alpin

 

Les bureaux du second étage du 7, rue La Boétie à Paris sont occupés par la Section de Paris et la FFM.

Les services du siège central du Club Alpin s'installent au troisième étage du même bâtiment à l'adresse du 9, rue La Boétie.

 

Déménagement de l'ENSA

 

L'École Nationale et Ski et d'Alpinisme déménage et s'installe dans de nouveau locaux « dont l'esthétisme peut surprendre » au centre de Chamonix.

 

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1975 - Le versant sud-ouest du Chomolangma-Everest

 

Tracer un itinéraire dans le versant sud-ouest du Chomolangma-Everest a été l'objectif majeur des grosses expéditions très structurées des années 1970.

 

L'obstacle principal était constitué par le Ressaut Rocheux Supérieur, que les premières expéditions tentèrent toutes de forcer par la droite, en vain. Les premiers furent les Japonais en 1969 et 1970, ils échouèrent vers 8000m, puis une équipe internationale en 1971, des équipes allemande et britannique en 1972 et encore japonaise en 1973. Elles abandonneront à leur tour vers 8350m.

 

La solution est apportée par une grosse expédition britannique conduite par Chris Bonington. Elle parvient à trouver un cheminement possible par la gauche du Ressaut Rocheux Supérieur : un véritable « trou de souris » qui donne accès aux pentes supérieures. Ensuite une traversée vers la droite permettra de gagner d'abord le sommet Sud. Quatre camps ont été placés, le dernier vers 8200m au-dessus du Ressaut Rocheux Supérieur.

 

Le 24 septembre 1975, le sommet sera pour Dougal Haston et Doug Scott, et deux jours plus tard pour Peter Boardman, Pertemba Sherpa et Mick Burke qui disparaît, probablement pendant la descente.

 

C'est un paroxysme pour les expéditions lourdement structurées...

 

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L'Enseignement alpin en 1976

 

L'enseignement des techniques appropriées dans chacune des activités proposées est une intention majeure du Club Alpin, notamment dans les disciplines comportant le plus d'incertitude et de difficulté : l'alpinisme et le ski de montagne.

 

Le but est de rendre les pratiquants autonomes et responsables « dans les composantes nécessaires ou utiles pour aborder la montagne : sur les plans physique et technique, mais aussi connaissance du milieu, bon sens, esprit sportif, goût de l'effort, adaptation aux éléments naturels, mesure du risque, contacts humains et vie du club ».

 

La « Commission Nationale de l'Enseignement Alpin » regroupe les Délégués régionaux dans le souci de favoriser les initiatives des Sections, ce sont elles qui forment leur équipe d'enseignement autour d'un animateur, avec souvent pour les Sections les plus modestes en effectif, des regroupements départementaux ou régionaux.

 

Les stages gradués dans l'autonomie permettent aux apprentis montagnards de progresser :

 

<  Stage d'initiation pour les débutants.

<  Stage de perfectionnement pour la conduite d'une cordée.

<  Stage de chef de cordée pour la conduite d'une course.

<  Stage de préparation à l'encadrement.

<  Stage d'Initiateur, avec brevet fédéral pour la conduite d'activité d'enseignement.

<  Stage d'Instructeur, avec brevet fédéral pour organiser des stages.

 

En 1976, 33 000 journées d'activité sont consacrées aux écoles d'escalade, 52 900 journées d'activité aux courses d'application avec 14 650 journées d'encadrement bénévole et 3 850 d'encadrement professionnel.

 

Les Centres alpins du Mont Blanc, des Écrins, de Haute Tarentaise, de la Vanoise, du Valgaudemar, des Alpes Maritimes et des Pyrénées réunissent les différents stages en montagne.

 

La Section de l'Isère a reçu 294 stagiaires adultes et 210 cadets pendant des séjours de formation allant de une à deux semaines.

 

La Section de Paris a reçu près de 200 stagiaires adultes pendant des séjours de deux semaines...

 

Treize stages pour l'obtention du brevet fédéral d'initiateur d'alpinisme compteront 140 candidat et 81 seront diplômés au titre du Club Alpin et un pour les autres Sociétés adhérentes à la FFM...

 

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1976 - La Chartre des alpages et des glaciers

 

L'Assemblée générale du Club Alpin réunie à Thonon-les-Bains le 11 avril 1976 adopte une « Chartre des Alpages et des Glaciers », élaborée à l'initiative de Pierre Schoendoerfer et de Charles-Noël Berrehouc ; un document de référence qui est présenté par les Sections des Alpes du nord, il guidera les actions à venir.

 

C'est une feuille de route tout à fait claire et partagée par l'Assemblée générale du Club Alpin qui est publiée dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1976...

 

C'est un projet d'action pour la sauvegarde de l'espace montagnard.

 

La chartre rappelle les menaces sur le milieu :

 

L'urbanisation aux différents niveaux d'altitude, les routes, la prolifération des remontées mécaniques, la navigation aérienne à moteur, les engins tout-terrain, les refuges en haute altitude, les comportements des usagers...

 

Elle dénonce les dangers :

 

Menaces sur la vie biologique, menaces d'ordre esthétique et culturel, menaces sur les silences de la haute altitude...

 

Les démarches résultant de la « Chartre des Alpages et des Glaciers » seront conduites par la « Commission de protection de la montagne » remaniée et beaucoup plus collégiale, issue de l'Assemblée générale de Thonon avec Pierre Schoendoerfer, membre du Comité directeur du Club Alpin, Charles-Noël Berrehouc, Claude Eckhart et André Etchelecou.

 

Ce qui était du ressort de quelques responsables avertis devient la préoccupation de tous...

La chaîne de Mont Blanc depuis le Mont de Grange

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1976 - La revue La Montagne & Alpinisme

 

Maurice Martin était secrétaire général du CAF et de la FFM depuis 1955 et également secrétaire de rédaction, puis rédacteur en chef de notre revue... Il lui est demandé de faire valoir ses droits à la retraite, un départ vers un temps choisi qu'il ne saura pas assumer...

 

C'est Michel Schlulman qui est appelé à le remplacer comme rédacteur, Andrée Bruant est la secrétaire de rédaction.

 

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Les Guides itinéraires

 

Dans le climat contestation du moment, une réunion visant les guides itinéraires et le balisage - et peut-être leurs remises en cause - est organisée à La Tronche à l'initiative de l'équipe responsable de la ligne éditoriale de la revue et réunissant des auteurs de guides itinéraires.

 

Mais les débats resteront dans le raisonnable et les résultats consignés - sans proposition lumineuse - dans l'article de la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1976...

 

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Les réunions Inter-Sections

 

En complément des deux échelons statutaires du Club Alpin que sont le Comité directeur et les Sections, un niveau supplémentaire est maintenant acté avec les réunions Inter-Sections.

 

Les Sections possédant des caractères géographiques communs et présentant une communauté d'intérêt et d'action se réunissent chaque automne, d'abord depuis 1927 pour les Sections de l'Est.

 

La pratique se développera à partir de 1950.

 

Le regroupement des Sections par région est achevé et pérennisé en 1965, avec leurs rassemblements annuels de l'automne.

 

En 1976, il est fait état des Inter-Sections de l'Est, du Centre-est, de l'Ouest-Val de Loire, du Sud-est et des Pyrénées...

 

  • C'est souvent durant ces rendez-vous importants - mais non statutaires - que l'orientation sera donnée à la future Assemblée générale du Club Alpin et qu'une complexe alchimie aidera à faire apparaître le nom du futur président du Club Alpin et la composition de son bureau...

 

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Alpinisme au féminin

 

La parole est proposée aux femmes dans différents articles de la revue La Montagne & Alpinisme, mais au-delà des points de vue intéressants de quelques unes, la démonstration la plus convaincante et la plus définitive de l'alpinisme au féminin viendra avec les performances des Simone Badier, Catherine Destivelle et autre Lynn Hill.

 

Leurs engagements et leurs réalisations montreront qu'il n'est plus nécessaire de parler d'alpinisme au féminin...

 

L'occasion aurait pu être saisie de rappeler que le Club Alpin a été une exception notable en s'ouvrant dès son origine aux femmes.

Un club ouvert à tous dès 1874 « sans distinction d'âge, de sexe, d'états de service », se différenciant de la plupart des autres sociétés ou clubs sportifs nationaux et européens qui les excluaient, et les excluront pour certains d'entre eux jusqu'après le milieu du XXe siècle...

 

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Alpinisme hivernal en Écosse

 

Un article de la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1976 d'Alan Rouse vient présenter l'alpinisme hivernal en Écosse et le nouveau matériel pour l'escalade glaciaire évoqué dans nos dossiers précédents.

 

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1976 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

Le refuge du Mont Pourri, 2370m

Le refuge d'Avérole, 2210m

Le refuge de l'Étang d'Araing, 1965m

Le refuge des lacs de Vens, 2380m

Le refuge du Viso, 2460m

 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1977 - La revue La Montagne & Alpinisme

 

L'équipe responsable de la ligne éditoriale souhaitait proposer « matière à réflexion, au besoin contradictoire, à discussion, à débat », en dépassant déjà la Chartre des Alpages et des Glaciers qui aurait pu constituer une feuille de route raisonnable...

 

Le président de la Commission de Protection de la Montagne, étant membre du Comité directeur - et du bureau - du Club Alpin, aurait pu être invité à s'exprimer et à apporter sa pondération...

 

Le décalage qui va apparaître, entre les instances de direction et l'équipe responsable de la ligne éditoriale, montrera que le lien entre les élus et la revue - engageant le Club Alpin et le GHM - était insuffisant...

 

Pour le Comité directeur du Club Alpin, la revue La Montagne & Alpinisme devait être le reflet de toutes les diversités des deux associations, les échanges et les débats devaient rester équilibrés et la concertation devait être la règle pour l'intérêt supérieur du Club Alpin et du GHM...

 

Les réactions étaient vives concernant certaines propositions abruptes des responsables de la ligne éditoriale et conduiront le directeur-délégué et deux autres membres du Comité de rédaction à s'écarter - dès février 1977 - pour fonder une revue indépendante, mieux adaptée aux échanges d'idées novatrices ou provocatrices...

 

Le Club Alpin tirera la leçon qui s'imposait, désormais le directeur-délégué de la revue sera l'invité permanent du Comité directeur du Club Alpin.

 

Une chronique suspendue

 

Pour ajouter aux difficultés, Lucien Devies, rédacteur de la Chronique alpine depuis 1930 décide de ne plus collaborer à la revue La Montagne & Alpinisme...

 

Durant ces dernières années, Lucien Devies a été victime - sans aucun ménagement - de l'ingratitude de quelques "apparatchiks" et un profond désaccord l'opposait au président du moment, concernant les affaires de la montagne.

 

En 1977, il abandonne la rédaction de la Chronique alpine...

 

Une chronique qui sera un moment suspendue...

 

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1977 - L'Assemblée générale de Fontainebleau

 

Au même moment, l'Assemblée générale de Fontainebleau sera l'occasion de nombreux débats conflictuels et ( très ) agités. Ils conduiront le président du Club Alpin - aux arguments incertains - à se retirer de toutes ses responsabilités...

 

Un président de consensus sera élu avec Jean Zilocchi... Il sera chargé de ramener un peu de calme dans les instances et de maintenir le dialogue avec l'Organisme fédéral secoué par les attaques du président démissionnaire...

 

Une  FFM qui a élu un nouveau président Jacques Meynieu.

 

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1977 - La nouvelle Commission de protection de la montagne

 

La « Commission Nationale de Protection de la Montagne » ( CNPM ) recomposée va s'orienter vers une façon de faire très différente de la restreinte et confidentielle organisation précédente, marquée par les actions d'un dirigeant inspiré...

 

Sous l'impulsion des Comités de liaison des Sections de l'Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie, la Commission va s'engager dans la création « de petites structures régionales opérationnelles capables d'étudier sur place les problèmes et les situations. Les responsables locaux, très informés des réalités de leur région, sont le plus capable de mener des concertations avec les élus de façon à faire infléchir dans un sens favorable les décisions à prendre.

En cas d'échec de ces concertations, il reste possible dans certains cas d'envisager des manifestations plus démonstratives ».

 

Là aussi l'apaisement est recherché, après l'agitation des deux dernières années en prenant soin de rester dans les réalités du terrain :

 

« Toute action dans ce domaine doit tenir compte des habitants eux-mêmes. Si les citadins vont en montagne une fois par semaine pour leur plaisir, les habitants y résident, eux, en permanence et leur présence est indispensable à la survie du milieu ».

 

La commission est conduite par Pierre Schoendoerfer, président ; Claude Eckhart, Jacques Escarra, André Etchelecou, vice-présidents ; Jacques Manesse, Samivel et Charles-Noël Berrehouc, secrétaire général ; elle comprend 25 délégués régionaux.

 

Le Club Alpin va accentuer ses efforts dans le secteur qu'il maîtrise entièrement : ses refuges, en prenant la mesure des améliorations nécessaires dans le traitement des détritus et des eaux usées.

 

La Commission va s'engager sur les autres gros dossiers du moment : les déposes par hélicoptères, les motos trial, le Parc du Mercantour et la Réserve naturelle du Néouvielle.

 

Un difficile consensus à trouver

 

L'instance dirigeante du Club Alpin est à la recherche d'un difficile consensus en matière d'environnement :

 

« Pour agir efficacement, il faut être correctement informé et, pour cela, établir et maintenir le contact avec les élus locaux et la population, se tenir au courant de la réglementation, détecter et étudier les projets d'aménagement et pouvoir déterminer, en liaison si possible avec la commission scientifique, leur impact sur l'équilibre de la montagne.

Il faut aussi savoir au bénéfice de qui la montagne doit être protégée.

S'agit-il des nombreux vacanciers qui envahissent sentiers et alpages, des détenteurs de résidence secondaire qui voient d'un mauvais ½il les nouveaux arrivants, des "purs" qui n'admettent que la solitude des bivouacs perdus, des gens des hautes vallées qui vivent ou survivent là-haut tout au long de l'année, des cafistes d'en bas qui montent le samedi et le dimanche en direction des sommets?

En fait la protection de la montagne doit être une ½uvre commune où il convient d'éviter les jugements définitifs et les positions immuables. Pour la mener à bien, il importe de se tenir à l'écoute, de réfléchir, de se concerter et de s'associer, de savoir dans l'action se montrer tantôt tolérant, tantôt ferme, avec le seul souci d'atteindre le but recherché ».

 

Un article « Protection de la montagne » de Charles Avocat dans la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1977 exposera avec pertinence l'étendue du sujet...

 

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1977 - La Directive Montagne

 

Les principes portés par la « Charte des Alpages et Glaciers » seront présentés aux responsables gouvernementaux et viendront s'ajouter aux réclamations des autres Associations de sauvegarde de la nature.

 

Discours à Vallouise de Valery Giscard d'Estaing, président de la République, en août 1977. Il se prononce clairement en faveur d'un développement fondé sur le respect et la protection de la montagne.

 

Le 22 novembre 1977, un décret appelé Directive Montagne concrétise certaines mesures, en introduisant la notion d'Unités Touristiques Nouvelles ( UTN ), en fixant un nombre limité de sites de déposes touristiques en altitude à l'aide d'un hélicoptère ou d'un avion pour les trois ans à venir, avant une interdiction totale.

 

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Depuis les crêtes de la Blanche, les montagnes de l'Ubaye

 

1978 - La revue La Montagne & Alpinisme

 

Le Comité de publication de la revue La Montagne & Alpinisme se restructure, Jacques Malbos est désigné comme directeur délégué et les apaisements nécessaires sont trouvés, après le changement intervenu dans la direction du Club Alpin.

 

Notamment vers Lucien Devies qui signera le retour de la Chronique Alpine et acceptera de « passer le témoin » à Henri Agresti...

 

Une contribution unique

 

Jean-Paul Zuanon a bien souligné la contribution unique de Lucien Devies :

 

« Sous son impulsion, la Chronique alpine ne s'est pas limitée à une simple mémoire.

Elle a contribué à diffuser une certaine image d'un alpinisme pur et propre, riche de certaines valeurs morales auxquelles quelques décennies plus tard nous ne pouvons qu'adhérer et que la revue du Club entend continuer à défendre » ( voir : La Montagne & Alpinisme n°4/2004 - La Chronique Alpine - Un siècle d'informations ).

 

Une difficile succession

 

Henri Agresti assurera un moment, en 1978 et 79, la rédaction de ces pages de chronique. Un temps suffisant pour mettre en exergue quelques observations importantes sur les évolutions du moment.

Concernant l'éthique et le style : « La façon dont une ascension est conduite devient une préoccupation déterminante ».

Au sujet de l'escalade des cascades de glace, « ces rideaux de glace à l'existence éphémère », l'annonce est appropriée : « quelques pyrénéistes ont ces dernières années inauguré en France une forme d'alpinisme ». Une discipline héritée de ce qui se faisait depuis longtemps en Écosse...

 

En 1980, la chronique alpine sera reprise par Claude Deck qui la conservera jusqu'en 2015

 

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Inauguration du Centre alpin du Tour

 

Le Centre alpin du Tour est inauguré la 14 janvier 1978, il s'inscrit dans un programme national qui inclut les installations de la Bérarde, de Gavarnie et de Tignes.

Géré par la Section de Paris du Club Alpin, il offre 76 couchages.

Répondant à la vocation d'enseignement et de formation du Club Alpin, les Centres alpins sont ouverts en priorité aux activités des Sections et des grandes Commissions pour l'ensemble des disciplines de montagne. Ils ont été pensés comme des lieux d'enseignement et d'hébergement des différents stages à organiser...

 

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1978 - L'échelle des difficultés

 

  • En 1966, l'Assemblée générale de l'« Union Internationale des Associations d'Alpinisme » ( UIAA ) propose l'adoption générale du système Welzenbach de classification des difficultés en six degrés pour l'escalade rocheuse, en décidant en plus et malheureusement, que le système a une limite, le VI supérieur.

 

 C'est-à-dire qu'il est fermé, alors que depuis longtemps pour des escalades de blocs existait un système qui, au-dessus du sixième degré, permettait de prendre en compte l'évolution de l'escalade.

 

En 1978, le Guide Vallot utilise la graduation « Fontainebleau » pour qualifier des passages d'escalade dépassant le sixième degré supérieur dans le massif du Mont Blanc, en utilisant un indice alphabétique pour indiquer des degrés supplémentaires ( VIb, VIc, VId, et jusqu'à VIh pour le bloc ).

 

Le septième degré de difficulté

 

  • En 1978, l'Assemblée générale de l'UIAA décide d'ouvrir le système Welzenbach de classification des difficultés pour l'escalade rocheuse de façon linéaire, après le VI vient le VII et ainsi de suite...

 

Mais le système se révélera trop inflationniste et restera peu employé...

 

Chaque zone d'influence continuera de proposer sa graduation.

 

En France, pour prendre en compte les progrès de l'escalade libre, les grimpeurs imposeront un système différent de l'UIAA, avec une graduation plus exigeante, l'utilisation des chiffres arabes et d'échelons intermédiaires a, b et c pour chaque degré.

 

Pour la haute difficulté, c'est-à-dire au-dessus du sixième degré, le système se trouvant encore trop inflationniste, on décide d'introduire une appréciation particulière entre les échelons intermédiaires. On rencontre donc le 7a limite supérieure, c'est-à-dire 7a+... un langage d'abord réservé aux initiés et aux usagers...

 

Et peu à peu cette cotation deviendra d'un usage général en France et dans certains pays voisins ( voir le dossier : Historique de l'escalade, §1978 - Équivalence des cotations ).

 

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1978 - Le développement de l'escalade rocheuse

 

Les ancrages scellés après un forage de la roche en falaise

 

En 1978, dans l'exploration des parois des Gorges du Verdon, une révolution va bouleverser les façons de faire. Elle propose de tracer un itinéraire en fonction des possibilités de l'escalade, en ne restant plus dépendant du placement des moyens de protection dans les reliefs de la roche.

 

La ligne Dingomaniaque sera la première grande voie équipée avec des ancrages scellés - après un forage de la roche - placés d'une façon réfléchie...

 

En Europe continentale, on assistera peu à peu à l'équipement systématique des falaises par des ancrages placés après forage.

 

Une dimension presque uniquement sportive

 

Auparavant, il existait une forte dimension psychologique dans l'escalade rocheuse due aux incertitudes devant une éventuelle chute.

Avant 1914, il n'y avait aucune protection possible, le grimpeur progressait dans l'inconnue et la chute du premier de cordée était toujours fatale.

Avant 1945, avec les pitons, la corde en chanvre n'apportait aucune sécurité en cas de chute, souvent fatale du premier de cordée.

Après 1945, la corde en polyamide permettait de parer la chute du premier de cordée, mais une grande incertitude concernait la tenue des pitons, la chute restait exceptionnelle et aléatoire et l'obstacle principal demeurait psychologique.

Après 1970, les coinceurs apporteront une nouvelle possibilité d'assurage et de pouvoir gérer son exposition, mais la chute n'était pas une option...

Tout change en 1978, avec les ancrages scellés après un forage de la roche, la chute devient une éventualité acceptable, presque banale, parfois volontairement déclenchée, l'escalade prend une dimension presque uniquement sportive et des progrès gigantesques vont immédiatement suivre.

 

Deux types d'ancrage scellé

 

En falaise pour les sites sécurisés, deux sortes d'ancrage scellé après un forage de la roche vont être régulièrement utilisées :

 

<  Les « Spit » avec un diamètre qui évoluera de 8 mm au début pour atteindre 12 mm, soit une bonne sécurité après la mise en garde d'Henry Sigayret en 1986.

 

<  Les « Rings » forgés qui assurent une certaine pérennité du scellement...

 

Il restera aux équipeurs à tenir compte de la corrosion, en particulier sur les falaises en bordure de mer...

 

L'équipement par le haut en falaise

 

Antérieurement, il ne venait à l'esprit de personne d'équiper une falaise de quelques hauteurs par le haut...

 

Seule en 1965, la courte falaise de Surgy avait vu un équipement général des voies par Guy Richard, avec une implantation réfléchie des points d'ancrage placés en rappel. La technique du rappel encore archaïque, l'absence du baudrier et du descendeur limitaient les initiatives qui auraient provoquées un tollé...

 

Le credo était de partir du bas, de placer ses protections et ensuite d'élaguer... par suppression des points d'aide. La nouvelle génération proposera une façon radicale d'équiper des voies d'escalade.

 

 L'escalade sécurisée

 

Désormais, on assiste à une implantation judicieuse des ancrages scellés après forage. Ce sera une façon de sécuriser l'escalade...

 

Ces escalades sont très souvent équipées depuis le haut en rappel...

 

Bien peu de sites d'escalade en France vont rester non-équipés, pour permettre de grimper en plaçant soi-même ses protections...

 

Avec cette façon de faire réalisée sans réflexion et sans précaution, les falaises de France et d'autres pays voisins seront bientôt couvertes de « Rings » et de « Spits »...

 

Mais face à l'engouement, et sur une roche fragile comme le calcaire, les itinéraires sans équipement fixe ne résisteraient pas à un délabrement dû aux placements et aux enlèvements successifs des coinceurs et des pitons.

 

Si cette façon de faire permet de multiplier à l'infini les possibilités d'escalade, c'est aussi un réducteur d'aventure... et la prolifération des ancrages scellés après forage doit amener les grimpeurs à s'interroger sur l'état du terrain de jeu qui sera légué aux générations futures.

 

Dès lors, on va assister à l'équipement tout azimut à l'aide des perforeuses électriques et à essence...

 

Des itinéraires sans équipement à demeure seront réservés à ce que certains appellent le terrain d'aventure, mais ils devront être choisis avec précaution pour éviter leurs dégradations rapides...

 

Cette nouvelle orientation - l'escalade sportive sécurisée - s'oppose radicalement aux règles des Britanniques et de certaines écoles américaines qui refusent et dénoncent cette méthode et cette assistance.

 

Un équipement qui atteindra les falaises d'altitude 

 

En haute montagne

 

Plus tard, certains errements seront soulignés par la cordée suisse de Michel Piola en 1985. Engagés dans une voie nouvelle et difficile sur la face nord-ouest du Peigne dans le massif du Mont Blanc, les grimpeurs ont la surprise de croiser à peu de distance deux équipeurs en rappel, traçant à l'aide d'une perceuse portative un itinéraire nouveau qui deviendra « Faut-il brûler les prophètes? »

Piola et ses compagnons vont appeler leur itinéraire réussi en bon style « Sombre dimanche », le souvenir d'une mauvaise rencontre peut-être...

 

Déjà le recours aux ancrages artificiels en haute montagne était sérieusement critiqué, et l'équipement des lignes d'escalade par le haut - en dehors des falaises d'altitude - sera jugé inacceptable par pratiquement l'ensemble des alpinistes.

 

Ce sera une prise de conscience générale pour limiter drastiquement les forages de la roche en montagne... et les ancrages suggérés pour la protection resteront les pitons et les coinceurs et bien-sûr les reliefs naturels...

 

Des noms suivant la fantaisie

 

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, en s'inspirant de ce qui se fait en falaise, la désignation en montagne des itinéraires nouveaux par leur localisation géographique, ou par une qualification logique, est souvent abandonnée au profit de noms choisis suivant la fantaisie des premiers ascensionnistes...

 

1978 - Les éléments de sécurité

 

Les coinceurs

 

Comme déjà souligné, après les articles de Patrick Cordier ( LM&A n°2/1974 ) et d'Henri Agresti ( LM&A n°2/1977 ), la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1978 revient sur l'aspect technique d'utilisation des coinceurs avec un article de Jean-Claude Droyer.

 

Un coinceur automatique à cames

 

Une invention importante est proposée par le Nord-américain Ray Jardine, un coinceur automatique et réglable reposant sur l'opposition de deux cames - le friend - qui sera plusieurs fois amélioré, pour arriver aux merveilles de technologie que nous utilisons aujourd'hui...

 

Les dégaines

 

Au début de l'utilisation des pitons, certains se décordaient pour passer la corde dans l'½il de l'anneau, puis la connexion entre l'ancrage et la corde sera un mousqueton dès 1910, souvent avec un anneau de corde pour faciliter la circulation de la corde.

Jusqu'au milieu des années 1970, dans les voies nécessitant plusieurs pitons, les grimpeurs utilisaient des paires de mousquetons et des anneaux de corde pour rendre la liaison plus souple.

En 1978, apparaissent les « dégaines », un assemblage de deux mousquetons reliés par une sangle nouée, qui sera bientôt amélioré et proposé dans le commerce avec une sangle cousue...

 

Les cordes

 

Les améliorations dans la fabrication des cordes ont été constantes depuis 1950, dans la composition de la fibre synthétique, le perfectionnement du gainage, la diminution du poids et du diamètre.

 

Le nombre de chutes acceptables pour une même corde a considérablement augmenté. L'amortissement de la chute - banale à la fin du XXe siècle - accompagne l'élasticité du produit, le diamètre proposé en simple brin ira de 12 mm jusqu'à moins de 9 mm pour les cordes les plus techniques du moment...

 

Les longueurs de corde entre les relais

 

Les longueurs de corde permises entre deux relais ont beaucoup augmenté avec les progrès du matériel, l'amélioration de la technique, les dégaines et surtout avec les ancrages forés qui limitent le frottement par leur positionnement réfléchi et la suppression des angles donnés à la corde.

 

De 15 m à 20 m dans les années mil neuf cent cinquante, les longueurs classiques possibles iront jusqu'à 40 m à la fin du XXe siècle...

 

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1978 - La Fédération Française de la Randonnée Pédestre

 

Le 22 avril 1978 naît la « Fédération Française de la Randonnée Pédestre » ( FFRP ) succédant au CNSGR, plus ambitieuse et plus structurée, elle va continuer de développer un maillage impressionnant de sentiers balisés de « Grande Randonnée » pour des traversées au long cours et de « Petites Randonnées » pour une découverte plus intime des régions...

 

La FFRP assure aujourd'hui l'entretien de ses 180 000 kilomètres de sentiers balisés...

 

D'autres organismes interviennent parallèlement et le plus souvent en coordination avec la FFRP pour le balisage et l'entretien des sentiers, citons les Conseil Généraux des Départements pour le développement du tourisme, les services de l'Office National des Forêts, les initiatives communales...

 

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Une présence française sur l'Everest

 

En automne 1978, une équipe réunie par Pierre Mazeaud se présente pour l'Everest par la voie classique d'ascension par le Népal. « La fascination de l'Everest faisait son ½uvre et il fallait un jour une réponse française » note Lucien Devies.

Sommet pour Jean Afanassieff, Nicolas Jaeger et Pierre Mazeaud, accompagnés de leur camarade autrichien Kurt Diemberger. L'expédition apportait une modeste mais réelle contribution française sur la voie classique népalaise, sur cette montagne boudée par le Comité de l'Himalaya qui n'avait pas eu sa chance en 1954...

 

On fera - ici et là - la fine bouche devant cette ascension classique, mais il faudra attendre dix ans et la banalisation des accès par le Népal et le Tibet pour retrouver d'autres ascensionnistes français sur le Toit du monde...

 

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 1978 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

Le refuge du Carro, 2760m 

 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

Une occasion protocolaire et amicale

 

Chaque inauguration de refuge est l'occasion d'une manifestation protocolaire et amicale.

 

Concernant le refuge de Carro - au coté des responsables du Club Alpin - assistent les autres artisans de la réalisation : Ministère de la Jeunesse et des Sports, Conseil général de Savoie, Parc de la Vanoise, Municipalité de Bonneval-sur-Arc ; et en présence de l'architecte, de l'entrepreneur, d'un représentant de la FFM et d'une délégation du Club Alpin Italien.

 

L'occasion pour François Sénéchal, président de la Section de Lyon du Club Alpin de déclarer :

 

« Que le refuge soit avant tout un lien permanent d'amitié et d'enrichissement mutuel entre les citadins épris de nature sauvage et les habitants de ces beaux villages de montagne que nous ne remercierons jamais assez d'avoir su, par leur courage et leur détermination, conserver à leur cadre de vie, cette beauté naturelle qui prend aujourd'hui une valeur inestimable ».

 

Au service de tous les montagnards

 

Longtemps seulement un point d'appui pour les alpinistes projetant l'ascension de sommets voisins et souhaitant souvent conserver l'austérité des temps anciens, le refuge est devenu aussi un élément important dans la proposition touristique des vallées alpines et pyrénéennes.

 

C'est souvent un objectif pour les promeneurs et un gîte d'étape pour les randonneurs qui réclament des éléments de confort.

 

Le dortoir commun où le ronfleur fait la loi a vécu...

 

Le refuge devient un lieu d'accueil ouvert à tous les amis de la montagne... 

 

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1978 - Des mesures pour les refuges 

 

Certaines remarques fondées vont pousser notre instance à plus d'attention en ce qui concerne ses refuges.  

 

Les refuges sont des points obligés de rencontre des pratiquants de la montagne, ils concentrent de multiples problèmes liés à l'environnement.

 

En ce qui le concerne, le Club Alpin va accentuer ses efforts dans ce secteur qu'il maîtrise entièrement, avec les améliorations nécessaires dans le traitement des détritus et des eaux usées, et la recherche du meilleur procédé d'assainissement en altitude.

 

Des efforts importants sont demandés à la Commission des travaux en montagne, aux gestionnaires des refuges et aux usagers ; une assistance des Services du ministère de l'Environnement sera sollicitée et obtenue...

 

Principales actions :

 

<  Adaptation des refuges aux exigences nouvelles.

<  Distribution de sacs plastiques pour que les usagers redescendent leurs déchets dans les vallées.

<  Recommandations publiées dans la revue à destination des adhérents.

<  Commande d'une affiche de grande diffusion au dessinateur-écrivain Samivel : Gardez-la intacte. Son financement est obtenu grâce au concours d'une agence de l'État.

 

Et ce sera l'occasion pour le Club Alpin de préciser sa politique :

 

<  Pour les équipements existants, adaptation aux normes de sécurité.

<  Pour les projets nouveaux, la nécessité de maintenir en l'état de nature certaines zones montagneuses est réaffirmée, et la question de la capacité écologique d'accueil de nouveaux sites éventuels devra être posée.

 

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1978 - Deux revues commerciales

 

En novembre 1978, parution du premier numéro de deux revues commerciales, avec une parution mensuelle. Elles viendront augmenter l'information alpine et proposer un nouveau vocabulaire et une nouvelle écriture : stars, look, les nombreux superlatifs et les habituelles recettes de la presse commerciale...

 

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1978 - La Commission des sports aériens de montagne


La « Commission des sports aériens de montagne » est une curiosité notable au moment des vives oppositions aux déposes aériennes à but touristique...


Une nouvelle discipline - le vol libre - vient proposer une issue raisonnable à la Commission, le deltaplane et plus tard le parapente.


Ses pratiquants acceptant de « gagner l'indispensable point haut initial de leur propre moyen et en dehors de tout vecteur polluant »... avec les installations existantes bien sûr...


Le deltaplane et le parapente vont entrer dans les activités proposées par le Club Alpin.

 

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1979 - L'interdiction du ski héliporté

 

En avril 1979, Valery Giscard d'Estaing, président de la République, se fait déposer en hélicoptère au sommet du Buet dans le massif du Giffre, face au Mont Blanc, qui n'est pas l'un des points autorisés par le décret de 1977 de la Directive Montagne. Ce sommet est situé dans une Réserve naturelle, où comble de déveine il y croise, peluches aux skis, le président de la Section du Faucigny du Club Alpin.


La Commission chargée de la protection de la montagne du Club Alpin va réussir à soulever un tollé considérable, certes facilité par l'attrait pour les journalistes d'un si beau faux-pas : le président pris en flagrant délit !

 

« Nous avons exploité à fond ( ce faux-pas ) par des lettres ouvertes ce qui conduisit ( le président Giscard d'Estaing ) à donner des consignes très strictes à son ministre : l'interdiction totale devait entrer en vigueur comme prévu et, qu'il ne voulait plus entendre parler de cette question... ».

 

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1979 - Le Pilier du K2 et ses conséquences

 

À la fin des années 1970, et après bien des hésitations, le Comité de l'Himalaya se décide pour un objectif novateur sur le K2, la seconde montagne du monde avec ses 8611 m. L'arête sud-ouest, haute et très redressée, est l'ambition de l'expédition...


C'est une opération mammouth qui est montée, semblable par son gigantisme au modèle des Britanniques de 1975 mis en place dans le versant sud-ouest de l'Everest...

 

Pour le financement de l'opération, on s'en remet à un cabinet spécialisé dans la publicité, qui réussira à faire rêver les organisateurs et la commission ad hoc...

 

Le dernier ressaut, donnant accès aux pentes terminales de la montagne, ne pourra être forcé et il faudra déplorer la mort de deux porteurs durant le déroulement de l'opération.


Cet échec, en utilisant des moyens, une tactique et une éthique déjà discutées, va provoquer la remise en question de la méthode française d'organisation et de gestion des expéditions, la responsabilité d'un comité parisien, des équipiers pas assez concernés, des moyens disproportionnés...

 

Après l'échec des hommes, au retour c'est un désastre financier qu'il faudra gérer, car les financements promis n'ont jamais existé et le Comité de l'Himalaya - tenu à l'écart - n'a plus son légendaire trésor de guerre pour assumer ses dépenses...


Le président de la FFM Jacques Meynieu se retrouvera bien seul pour affronter la crise, la petite équipe responsable de l'organisation et de l'expédition s'était évaporée, le Comité n'était plus en mesure de faire face...

 

L'organisme fédéral lui-même, n'a pas la capacité de couvrir les dépenses de l'opération...

 

L'État devra intervenir financièrement pour ne pas voir une de ses fédérations en cessation de paiement...

À gauche le K2, 8611m et le Broad Peak, 8047m depuis Concordia

 

Comptable et responsable


La Fédération Française de la Montagne se trouvait en fait comptable et responsable d'une gestion qu'elle ne maîtrisait pas, elle est priée de mettre un peu d'ordre dans ses affaires.


Une remise en question imposée par le ministère de tutelle pour une saine et bonne gestion...

 

Le président, le trésorier et le secrétaire de la Fédération deviennent membres de droit de la Commission, et ses membres et son président seront désignés par le Comité directeur de la FFM...

 

C'est la fin de l'aventure, le Comité de l'Himalaya ne sera plus organisateur d'expédition, c'est-à-dire d'être juge et partie, il aura dorénavant pour mission de seulement reconnaître et de favoriser les initiatives venus de la vie associative....

 

C'est aussi la fin d'une méthode et d'un style...

 

Mais cette quasi-faillite aura une autre conséquence...


La Fédération Française de la Montagne


De 1948 à 1973, la Fédération Française de la Montagne avait été le domaine réservé du président Lucien Devies, présent à tous les étages de l'institution pour - par son implication personnelle - la contrôler entièrement...

 

En 1979, la Fédération Française de la Montagne, à la suite de la défaillance des organisateurs de l'expédition coûteuse du K2, se retrouvait en grand danger, prise en défaut, n'ayant pas procédé aux contrôles nécessaires et devant être sauvée de la déconfiture par l'État...

 

Cette situation inacceptable aura un effet désastreux au sein du Club Alpin, association très majoritaire dans l'instance fédérale, et va ajouter au courant de doutes qui existait venant de certains cadres concernant la capacité de la Fédération à se gérer, et qui demanderont un rigoureux encadrement de l'organisation fédérale.

 

N'ayant plus Lucien Devies pour l'inspirer et appeler à la cohésion et à la solidarité montagnarde, la Fédération Française de la Montagne va se trouver secouée par deux courants antagonistes, encore d'avantage marqués...

 

D'un coté, ceux qui vont adopter une attitude très critique à l'égard de l'instance fédérale, et de l'autre, ceux qui accentueront leur reproche d'hégémonie du club majoritaire.

 

Au milieu, un Comité directeur du Club Alpin dépositaire - de fait - du pouvoir fédéral qui tentera de trouver un improbable consensus pour une instance confrontée « à des conflits de couverture qui servent le plus souvent à masquer des stratégies qui dépassent largement l'objectif déclaré » selon les mots du président du Club Alpin, en fin connaisseur de la vie associative de cette époque...

 

C'est-à-dire qu'il fallait éviter de faire entrer la politique dans les débats...

 

L'harmonisation des statuts fédéraux demandée par la tutelle sera l'occasion de tenter de trouver un accord avec les propositions suivantes :


<  La représentation du Club Alpin dans les instances fédérales est limitée à 50 %.


<  Compte tenu de l'importance de ses effectifs et de l'affiliation de la totalité de ses membres, le montant global de la contribution du Club Alpin ne pourra dépasser la moitié du produit des cotisations individuelles de la FFM.


Des propositions obtenues avec les réserves de certains responsables du Club Alpin...

 

« S'il est exact qu'elles n'ont pas recueilli une approbation unanime parmi les responsables du Club, elles n'en correspondent pas moins au sentiment de la majorité des présidents des Sections et ont reçu l'accord du comité de direction » indique le président Zilocchi.

 

L'accord sera trouvé avec les autres Clubs affiliés pour un court moment...

 

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1979 - La Fédération Française de la Montagne déménage


Jusque-là, la FFM était hébergée dans les locaux du Club Alpin, l'instance fédérale déménage en traversant la rue, pour s'installer au 20 bis, rue La Boétie à Paris.

 

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1979 - Le bénévolat au Club Alpin

 

Ce qui différencie beaucoup le Club Alpin des autres clubs de montagne est souvent contenu dans l'implication du bénévolat dans son fonctionnement.

 

L'article « Bénévole pourquoi ? » signé par Jacques Malbos est publié dans la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1979.

 

Une façon de montrer ses muscles...

 

« Trop souvent, le critère numérique est utilisé pour différencier le Club Alpin des autres clubs ou associations qui inscrivent la montagne dans leurs objectifs. Ce regard réducteur ouvre la porte aux amalgames de toute nature et ignore une bonne part de ce qui fonde la spécificité du Club Alpin.

 

Nous rappelons brièvement nos principales caractéristiques en essayant de voir les relations qui les unissent :

 

- Le Club Alpin est une association fondée sur la pratique de la montagne; ses adhérents ne sont pas des professionnels, ou ne le sont pas à ce titre.

- Le bénévolat est à la base de notre fonctionnement et de la conduite de nos activités.

 

Notre vocation a toujours été et demeure :

 

- Le développement d'une éthique de la montagne et de sa pratique qui, par la formation, assure la capacité d'entreprendre.

- La connaissance et le respect du milieu naturel qu'elle constitue.

- Une contribution à l'évolution des sports alpins, depuis la simple randonnée en montagne jusqu'aux techniques les plus évoluées de l'alpinisme.

 

Après plus d'un siècle d'existence ces points apparaissent comme des constantes de la vie du Club.

 

Dans ce cadre, le bénévolat prend son sens véritable. Il contribue à instituer des rapports privilégiés entre l'adhérent et les structures de direction du CAF.

 

Le non-professionnalisme, l'historicité de notre association, le principe du bénévolat et l'importance du rôle joué par les bénévoles, sont pour nous-mêmes et nos partenaires autant de facteurs qui favorisent une certaine prise de distance face aux événements et aux intérêts catégoriels ou particuliers.

 

La notion d'appartenance prend alors son sens plein ; le choix n'est pas déterminé par l'opportunité d'une prestation de service ; il se fonde, pour une grande part, sur des valeurs et sur une politique. La stabilité des adhésions constitue à ce propos un critère assez remarquable et qui confirme cette assertion ».

 

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1979 - Le Parc national du Mercantour

 

C'est d'abord en 1947, une « Réserve d'intérêt national du Mercantour » qui voit le jour dans les Alpes-Maritimes pour la préservation de la faune sauvage, avec extension en 1953 et 1959, englobant les hauts terroirs de la Tinée, du Valdeblore, de la Vésubie et de la Roya.

 

Le Club Alpins fera le projet d'un « Parc national du Mercantour », seul moyen de préserver ce magnifique massif.

 

C'est une « Réserve nationale de chasse » qui est décidée en 1974.

 

Mais les réticences des populations locales, trompées par la propagande des promoteurs, vont rendre les discussions difficiles et prolongées.


L'enquête publique est achevée le 28 août 1978.


La Commission de protection de la montagne du Club Alpin va beaucoup s'investir pour conserver au projet sa pertinence : « Un Parc national d'un seul tenant sans risque de la dislocation en plusieurs noyaux séparés ».

 

Un article présentant « Le projet du Parc National du Mercantour », signé par Henri Figielssy est publié dans la revue La Montagne & Alpinisme n°1/1979.


Le décret du 18 août 1979 rendra officiel la création du « Parc national du Mercantour », plaçant ces zones fabuleuses hors de portée des aménageurs, malgré les équivoques « concernant une délimitation en doigts de gant »...


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1979 à 1980 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1979 - Le refuge de l'Olan, 2344m

1980 - Le refuge du Thabor, 2502m

1980 - Le refuge du Pré de la Chaumette, 1805m

 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1979 - La Réserve naturelle du Néouvielle


La première protection du Néouvielle date de 1936, une réserve constituée majoritairement de forêts de pins et de nombreux lacs. Les lacs d'Aubert, d'Aumar, de Cap-de-long, d'Orédon et de l'Oule sont des retenues créées à la fin du XIXe siècle pour alimenter les centrales hydroélectriques de Pragnères et de Saint-Lary-Soulan.


Une « Réserve naturelle » est créée par un arrêté ministériel du 8 mai 1968, elle va connaître des difficultés, car une route entrait dans les projets des autorités locales des Hautes-Pyrénées et devait traverser entièrement la réserve.

 

La Commission de protection de la montagne du Club Alpin va beaucoup intervenir en liaison avec la « Société Nationale de Protection de la Nature ». La CNPM demandait que la route déjà construite jusqu'aux lacs de d'Auber et d'Aumar soit interdite à la circulation et souhaitait une extension de la Réserve naturelle.


Les propositions de la CNPM ne seront pas prises en compte ; finalement il ne sera obtenu que l'arrêt de la route touristique aux lacs de d'Auber et d'Aumar. L'extension demandée sera refusée, mais plus tard le « Parc nationale des Pyrénées » viendra côtoyer la précieuse réserve...


Un dossier documenté est préparé par la CNPM en vue d'introduire un recours juridique devant le tribunal administratif des Hautes-Pyrénées.


Le recours sera abandonné, à l'initiative du président du Club Alpin, pour des raisons de politique générale de l'association qui seront mal comprises par la Commission.

 

Les attaques frontales contre l'Administration ne seront jamais les méthodes favorites du Club Alpin...

 

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1979 - Le Club Alpin Suisse s'ouvre aux femmes


Le « Club Alpin Suisse », jusque-là réservé aux hommes, s'ouvre enfin aux femmes. Antérieurement, elles ne pouvaient s'organiser qu'au sein du « Club Suisse des femmes alpinistes »...

 

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1979 - La Randonnée Alpine


À ce moment-là, les Commissaires de randonnée se recrutaient parmi les participants les plus aguerris.

La Commission de Randonnée Alpine décide d'organiser des stages destinés à la formation de ses cadres.

 

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1980 - Le décès de Lucien Devies

 

La revue La Montagne & Alpinisme rendra un juste hommage à celui qui, après avoir été un alpiniste novateur et audacieux, incarnera pendant quarante ans la Montagne et ses structures...

 

Le Groupe de Haute Montagne, le Club Alpin Français, la Fédération Française de la Montagne et la Société de Transports et Manutentions Industriels réuniront dans la plaquette « Lucien Devies » un ensemble de textes lui rendant hommage et rappelant son ½uvre ; l'alpiniste de haut niveau, l'écrivain de montagne, le dirigeant de l'alpinisme français et le chef d'entreprise industrielle.

 

Parmi les témoignages publiés, ceux d'Yves Letort et de Louis Neltner apporteront de précieuses informations.

 

De sa main, dans un courrier privé des années mil neuf cent cinquante, ces quelques lignes situent l'homme de rigueur et le travailleur acharné au service de la montagne : « ...me voici rivé une fois de plus à ma table de travail... Vous ne pensez pas à ce qu'est actuellement mon existence, le secrétariat de la FFM et du CAF est débordé, les dévouements bénévoles sont rares et insuffisants, mes activités professionnelles sont de plus en plus lourdes et absorbantes... Je dois fournir un effort de travail qui ne pourra plus se prolonger longtemps sans compromettre ma santé... ».

 

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1980 - La régionalisation au Club Alpin

 

Jusque-là, le Club Alpin s'était doté de structures régionales légères, les découpages adoptés avaient été établis en fonction des relations et des affinités entre Sections concrétisées par des activités communes, des bulletins inter-Sections, et les réunions Inter-Sections annuelles.

 

Ce découpage ignorait celui établi par l'Administration, en régions économiques et en académies, voire transgressait les limites des départements. Cela créait diverses confusions.

 

Avec la mise en place d'un programme de régionalisation par l'État, il fallait une adaptation, car les soutiens financiers prendraient désormais le canal des régions et des départements, et les services préfectoraux demandaient une structure et un interlocuteur au niveau du département ou de la région.

 

Si l'ajustement au découpage administratif devenait une nécessité, les relations d'affinité entre les Sections devaient à tout prix être préservées. C'est pourquoi certaines Sections classées par la géographie dans une région administrative, continueront à être invitées aux réunions Inter-Sections d'une autre région.

 

Le Club Alpin modifiera son règlement général intérieur avec la création de « Comités de liaison départementaux et régionaux ».

 

Sept régions seront redessinées :

 

<  Alpes du nord - Auvergne.

<  Alpes du sud - Corse.

<  Sud-ouest - Pyrénées.

<  Ouest.

<  Paris - Nord.

<  Est - Vosges.

<  Centre-est - Jura.

 

« Ainsi sans bruit ni fumée, le CAF se sera adapté à la régionalisation sans rompre aucun des liens que la tradition et la pratique de la montagne ont noués » notera avec satisfaction le secrétaire général Pierre Merlin.

 

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1980 - Un projet de Centre de documentation du Club Alpin


Le projet de transformation de la bibliothèque du Club Alpin en un Centre de documentation plus ouvert était déjà dans les esprits, et l'opportunité apparaîtra en 1980...


Ses missions sont ainsi définies :


<  Recueillir, archiver, gérer et mettre à disposition l'information dans les domaines de la montagne.

<  Constituer la mémoire des vies associatives et sportives montagnardes.

<  Rechercher les informations à l'usage des alpinistes, des chercheurs et des médias.

<  Promouvoir l'image de marque des activités culturelles et sportives de la montagne.

 

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1980 - Réorganisation des bureaux du 7, rue La Boétie

 

Importante réorganisation des bureaux du 7, rue La Boétie, où cohabiteront, la Section de Paris, le Centre de documentation avec sa salle de consultation et la grande salle historique de réunion, avec ses meubles d'époque.


À l'étage supérieur - au n°9 - restent installés les bureaux du siège central du Club Alpin.

 

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1980 - La bonne méthode et le bon style en Himalaya


<  Déjà en 1978, une petite équipe de 4 grimpeurs britanniques avait réalisé l'ascension du Jannu, 7710m en technique alpine, par la voie française de 1962.

 

<  En 1980, une petite équipe nord-américaine de quatre reprend, sans l'aide de l'oxygène et ni sherpas, la voie du pilier ouest du Makalu de l'expédition française de 1971.

 

<  En 1982, la face sud-ouest du Shishapangma est gravie en style alpin par une cordée britannique.

 

Les progrès réalisés par le matériel et les conditions physiques et sportives des hommes permettaient d'avoir recours à ces assauts rapides, légers et déterminés, même pour des itinéraires difficiles sur les plus hautes montagnes.

 

La bonne méthode et le bon style devenaient « de faire plus avec moins », selon les mots d'Alex MacIntyre, l'un de ces précurseurs des années mil neuf cent quatre-vingt.

Le versant SW du Shishapangma, au centre le grand couloir de l'ascension de 1982

 

La technique alpine

 

Cette nouvelle ambition - l'ascension en technique alpine - ne se trouvait que dans la solidarité, l'engagement et la motivation de la cordée ou du petit groupe autonome et responsable. Cette ambition imposait que les acteurs soient, comme dans nos Alpes, les décideurs de leur projet commun d'ascension et des moyens à mettre en ½uvre.

 

La technique alpine consiste à envisager et réussir une ascension en complète autonomie depuis un camp de base situé au pied d'un itinéraire, en opposition aux expéditions classiques, et à l'image de ce qui ce fait dans les Alpes et les montagnes d'Europe.

 

Devenaient obsolètes : la mise en place de l'énorme dispositif des expéditions structurées, l'oxygène, l'occupation systématique et pyramidale des itinéraires par des camps fixes, l'équipement de l'itinéraire par des cordes fixes et aussi les interventions extérieures organisant l'action.

 

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1980 - Les salles d'escalade


Précurseurs en la matière, comme dans beaucoup d'applications se rapportant à l'alpinisme et à l'escalade, les Britanniques ont développé depuis les années 1960 des salles d'escalade permettant un entraînement par tous les temps... Plusieurs universités se sont dotées de murs en briques.

 

En France déjà en 1978, la Section Montagne de la FSGT préconise l'utilisation du mur artificiel, pour rendre l'escalade plus populaire.


Un article « Le mur d'escalade » délicieusement suranné paraîtra dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1980 signé par Claude Egon.

 

La Commission d'Enseignement alpin et celle des équipements du Club Alpin vont publier une étude sur le sujet en 1982.

 

Grimper sur des structures artificielles se révélera une méthode décisive d'entraînement à l'escalade annonçant les progrès sportifs à venir...

 

En France, les premières enceintes consacrées datent de 1982, d'abord dans le gymnase du Lycée de Corbeil, puis dans le milieu associatif.

 

La première salle d'escalade moderne est ouverte au public en 1987 en Belgique et en 1992 en France.

 

L'ancienne approche - préconisant un long apprentissage, pour devenir d'abord un montagnard, puis plus tard un alpiniste - est rangée dans les placards de l'histoire...

 

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1981 - La Fédération Française de la Montagne

 

Il n'est pas faux de dire - à ce moment-là - que l'irresponsabilité de certains acteurs fédéraux qui ont conduits la FFM à la quasi-faillite en 1980, sauvée par l'intervention de l'État, a provoqué une certaine prudence parmi les gestionnaires responsables de nos institutions...

 

Une saine gestion qui est réclamée et surveillée par les services de l'État, le trésorier fédéral retrouvant des prérogatives qui n'auraient jamais dû lui être confisquées...

 

Mais l'organisation fédérale a du mal à vivre sereinement, l'élection en 1980 du président sortant du Club Alpin à la tête de la Fédération, contre l'opposition des autres Associations, n'était pas pour arranger les choses et va être l'occasion d'un incident supplémentaire.

 

Jacques Malbos, nouveau président du Club Alpin depuis 1980, devra gérer une situation difficile et beaucoup intervenir et expliquer :

 

« Le Club Alpin est attaché au fait fédéral. Il ne prétend pas exprimer ou représenter à lui tout seul le monde de la montagne. Il attend, en contrepartie de ses partenaires, une reconnaissance loyale de son importance et du fait majoritaire créé ».

 

En 1981, il y a un Club Alpin de 90 000 membres représenté dans l'organisation fédérale par ses bénévoles et de l'autre coté des clubs aux effectifs beaucoup plus réduits - au total 25 000 membres - représentés pour la plupart par les Sections montagne de grandes structures pluridisciplinaires qui mandatent leurs permanents.

 

Ce seul exposé de la situation montre déjà une partie du problème, si ce n'est pas la solidarité du monde de la montagne qui est privilégiée...

 

Un témoin direct de cette période peut affirmer que - comme en 1942 - l'atteinte à la cohésion du Club Alpin et l'éparpillement du domaine bâti étaient dans l'esprit de certains...

 

Depuis les années mil neuf cent soixante dix, la réclamation d'une augmentation de la cotisation pour les membres du Club Alpin était portée comme un emblème par quelques-uns et servait leurs ambitions électorales au niveau de leurs propres associations.

 

Redisons-le, ce que les contradicteurs du Club Alpin ne savaient pas, c'est que leurs réclamations donnaient corps aux réticences internes bien présentes au Club Alpin concernant l'adhésion fédérale.
Les réticences de ceux qui n'ont aucune raison d'être licenciés à la FFM... Les randonneurs, les skieurs, les amoureux de la nature partisans d'une montagne paisible éloignée des ambitions sportives et les adeptes des activités douces de loisirs en montagne, ceux tournés vers les activités scientifiques et culturelles du Club Alpin...

 

Une conciliation amènera à l'élection d'un nouveau président Philippe Traynard et un Comité directeur entièrement renouvelé...

 

Mais la volonté de quelques responsables fédéraux de vouloir que « le Club Alpin et les autres Associations fonctionnent sur un pied d'égalité » se révèlera une utopie, avec certaines organisations nationales importantes ne cotisant que pour quelques licenciés, et un Club Alpin assurant la moitié des cotisations de la Fédération...

 

  • Le peu d'investissement personnel de plusieurs acteurs fédéraux est notable, avec un seul argument bien commode : tout ce que nous ne sommes pas capables de faire, c'est à cause du Club Alpin...

 

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1981 - Le Comité de l'Himalaya

 

Le Comité de l'Himalaya est entièrement renouvelé avec un nouveau président Maurice Barrard et quatre membres de droit représentant la direction de la FFM...

 

Sa mission sera de reconnaître et de favoriser les initiatives des individus ou des groupes issus de la vie associative, en proposant des aides financières et techniques aux projets novateurs.

 

Il est dit que « si la fédération était amenée à être organisatrice d'une expédition, elle le ferait par la création d'une structure adaptée, c'est à dire une instance indépendante ».

 

Le Comité de l'Himalaya sortait de l'épreuve - la calamiteuse gestion de l'expédition du K2 - très diminué, il n'assurera plus que les affaires courantes, sans retrouver les moyens, ni les initiatives d'une politique affirmée...

 

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1981 - Le Centre de documentation Lucien Devies


Le Centre national de documentation ( CND ) est officiellement créé en janvier 1981. Sa vocation sera d'être un organisme technique du Club alpin, ouvert à l'ensemble de la communauté montagnarde pour la conservation du patrimoine et l'intérêt documentaire.

 

Notre organisation prendra le nom de « Centre national de documentation Lucien Devies » en hommage à l'éminente personnalité qui a conduit le Club alpin et le monde de la Montagne pendant plus de quarante ans...

 

Pour tenir compte des facilités de proximité offertes aux parisiens, le financement du Centre de documentation sera partagé entre le Siège central et - pour un temps - la Section de Paris.

Les promoteurs du projet ayant en tête les progrès à venir des moyens de communication pour un accès commode depuis les Sections de province.


Au fil du temps, en tenant compte des moyens octroyés, un important travail de classement et d'informatisation sera conduit et achevé...

 

Mais d'autres contingences et le manque d'un engagement bénévole suffisant viendront réduire son rayonnement...

 

L'intérêt souvent limité de beaucoup de nos compatriotes pour l'histoire et la documentation sera toujours une source d'étonnement chez nos collègues britanniques et nord-américains...

 

La revue La Montagne & Alpinisme dans ces années 1980-1985

 

Le Comité de publication est animé par Pierre Minvielle, directeur délégué.

 

La cellule de rédaction comprend Andrée Bruant, Michel Schulman, Annie Bertholet chargée de la documentation et Françoise Marmann chargée de la publicité.

 

Peu à peu les pages de la revue adoptent la couleur. La quadrichromie avait fait son apparition pour la première page et exceptionnellement en 1974 pour le numéro du centenaire, puis régulièrement en 1977. Un procédé encore onéreux, une page couleur de publicité devait permettre une page couleur de rédactionnel...

 

Dans les années mil neuf cent quatre-vingt, les pages couleurs coloniseront peu à peu le sommaire et la revue est définitivement passée à l'impression couleur à la fin de la décennie.

 

Lire dans le dossier : Les revues du Club Alpin Français, les chroniques régulières de ces moments-là.

 

Le rapport du Comité de direction de Club Alpin présenté à l'Assemblée générale annuelle disparaît de la revue en 1984, pour la première fois depuis la création de l'institution en 1874....

 

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1981 - Les chaussons résinés

 

En 1981, apparition sur le marché de chaussons d'escalade de fabrication espagnole avec un caoutchouc très tendre et comportant en additif de la résine. Cet équipement va permettre de nouvelles avancées.


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1981 - L'escalade, une discipline autonome

 

L'escalade sportive tend de plus en plus à constituer une discipline à part entière, souvent pratiquée comme une fin en soi... Elle devient institutionnellement une spécialité reconnue avec la création d'une Commission consacrée à la Fédération Française de la Montagne.


Elle est depuis longtemps déjà une préparation physique aux courses de montagne ; mais aussi pour certains, une activité spécifique sans jamais de préoccupation pour les montagnes et l'alpinisme ( Voir le dossier : Un historique de l'escalade ).

 

Un colloque est organisé en juin 1981 par le Groupe de Haute Montagne et la revue La Montagne & Alpinisme pour accompagner un engouement certain...

 

Deux courants différents - proclamant se distinguer de l'alpinisme - apparaissent, même si tout n'est pas clairement exprimé :

 

<  Le premier regroupe le plus grand nombre d'adeptes, il s'intéresse à l'escalade en tant que sport autonome, mais la performance continue de dépendre du libre choix de l'objectif par le grimpeur lui-même, suivant sa propre éthique, sa propre valeur esthétique, sa seule décision. Ces grimpeurs cherchent aussi à se démarquer des incertitudes, des dangers et des difficultés liés à la haute montagne pour une discipline orientée vers le geste sportif.

 

<  Le second courant entraîne vers la compétition pure et dure; il s'écarte délibérément des motivations habituellement invoquées par les grimpeurs de haut niveau. Le seul but devient le dépassement du voisin, avec règles précises et arbitres.

 

Là, le grimpeur n'est plus maître de son terrain de jeux, il s'agit de compétitions organisées par un élément extérieur et de performances contrôlées par un environnement « officiel » et réglementé.

 

Remarquons qu'aucun des défenseurs du sport de compétition - avec arbitres, chronomètres et spectateurs - présents au colloque de Chamonix, n'invoque d'innocents jeux d'amateurs.

 

 Ce qui conduit leurs démarches est essentiellement la recherche d'une échappatoire aux contraintes économiques pour se consacrer complètement à leur sport, en louant leurs talents au sport-spectacle.

 

Dès ce moment, les ambitions des futurs compétiteurs et surtout des futurs organisateurs vont provoquer une effervescence sensible...

 

La Commission escalade de la FFM

 

Au sein de la Commission escalade fédérale, la compétition et la création d'un monitorat d'escalade sont mises en avant.

 

<  La compétition était une orientation séduisante pour la FFM permettant d'affirmer un pouvoir à l'image des autres structures sportives... Mais réduire l'escalade à une simple activité consistant à se mesurer avec les autres pouvait interpeller...

 

<  La création du diplôme de Moniteur d'escalade rencontrait l'opposition frontale des Guides de montagne et la réserve - pour bien d'autres raisons - de la part des responsables associatifs de l'Enseignement alpin...

 

Évidemment il y avait des débats, car embarquer une jeunesse vers des objectifs professionnels incertains pouvait provoquer et poser quelques scrupules...

 

Mais avec la perspective de création d'emploi - objectif prioritaire des autorités de l'État du moment - on était assuré de trouver des appuis solides.

 

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1982 - Une éthique claire dans l'escalade sportive


Plusieurs façons de faire sont maintenant clairement identifiées dans l'escalade sportive et acceptées par la majorité des grimpeurs :

 

<  L'escalade libre intégrale


C'est la technique la plus exigeante des façons de grimper au niveau de l'éthique. Les points d'assurage sont à placer par le grimpeur durant sa progression, et l'utilisation des moyens artificiels comme les pitons ne sont pas admis. Les seuls points d'assurage acceptés sont les ancrages naturels et les coinceurs ; la paroi doit rester vierge de toute trace après le passage des grimpeurs. C'est la meilleure façon de faire et le meilleur style possible, mais la pose de points d'assurage limite forcément beaucoup la recherche de la plus grande difficulté possible.
C'est souvent la seule technique acceptée dans certaines falaises des Iles Britanniques et dans certaines régions des USA.

Mais on arrive rapidement à des limites excessives d'engagements, lorsque la chute a des conséquences graves ou définitives...


<  L'escalade libre à vue


Cette méthode permet une avancée plus grande dans la recherche de la difficulté, les points d'assurage sont en place et le grimpeur doit franchir le passage d'escalade sans travail, ni étude préparatoire.

La chute n'atteint normalement pas à l'intégrité physique du grimpeur.

S'il tombe, il doit repartir du bas de la longueur d'escalade pour réussir éventuellement une escalade après tentative...


<  L'escalade flash


Le grimpeur doit franchir le passage d'escalade sans travail préparatoire, mais il a les informations de ce qu'il l'attend...


<  L'escalade après travail


La voie peut être travaillée pas après pas, le grimpeur pouvant être assuré par le haut s'il le faut, pour ensuite enchaîner l'escalade en bon style. Cette méthode permet la recherche de la plus haute difficulté possible.

Cette technique est régulièrement utilisée en France et en Europe continentale. C'est l'escalade libre après travail ou l'escalade à la française.

 

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1982 - La Déclaration de Kathmandu


Dès 1978, Claude Eckhart est le délégué français de la « Commission protection de la montagne » de l'Union Internationale des Associations d'Alpinisme ( UIAA ), son expérience au niveau régional et national et sa connaissance de l'allemand et de l'anglais seront précieuses.


Il sera proposé « L'étude de dossiers d'intérêt global et pouvant déboucher soit sur une action concertée auprès des gouvernants des divers pays de montagne, soit sur des recommandations à tous les alpinistes, par le canal de leurs fédérations nationales ».


Un travail d'assez longue haleine aboutira à un dossier et, à partir de celui-ci, à la « Déclaration solennelle de Kathmandu » portant sur les activités de montagne, lors de l'Assemblée générale de l'UIAA du 13 octobre 1982.

La proclamation dans sa version française est publiée dans la revue La Montagne & Alpinisme n°4/1982.

 

La Déclaration, sous la forme de dix articles, « présente la caractéristique remarquable d'avoir été élaborée et adoptée par les représentants de vingt-six pays ».

 

Elle souligne l'intention des pays organisateurs d'expéditions « de ne plus exporter "la bonne façon de faire", pour rechercher en commun, à partir de l'expérience du terrain, une façon de faire appropriée ».

 

La proclamation porte notamment sur :

 

<  La protection de l'environnement et des paysages des régions de montagne.

<  La protection de la flore, de la faune et des ressources naturelles.

<  L'affirmation que l'héritage culturel et la dignité des populations locales sont inviolables.

<  L'encouragement aux contacts entre montagnards de régions et de pays différents.

<  Le souci de la conservation de l'environnement du point de vue de l'écologie.

 

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1982 - La vie au bout des doigts


Pour les besoins d'un film de Jean-Paul Janssen : « La vie au bout des doigts », Patrick Edlinger réalise en solitaire quatre escalades notables à Buoux. C'est au niveau des médias le « scoop » absolu qui va littéralement mordre dans l'opinion publique.

 

À partir de ce film, l'escalade devient une activité porteuse pour la publicité.


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Le routage 206


Le Club Alpin va être confronté à une application particulièrement rigoureuse des règles concernant le routage de ses publications vers ses adhérents - notamment La Montagne & Alpinisme - qui débouchera sur la séparation stricte entre l'abonnement à la revue et la cotisation du club.

 

Une application draconienne qui aurait été mieux comprise, si elle avait été d'application générale...

 

Elle mettra un moment en danger l'équilibre économique de la revue...

 

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1982 - Le syndicat des gardiens de refuges et de gîtes d'étape

 

Le Syndicat des gardiens de refuges et de gîtes d'étapes ( SNGRGE ) était créé en 1974 réunissant les gérants des installations d'altitude, il est réactivé en 1982... Plusieurs réunions d'information seront nécessaires pour rétablir des relations constructives...

 

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Le Club Alpin en 1983


La main passe au Comité directeur du Club Alpin...


Claude Chassot est élu à la présidence, et une évolution sensible peut être perçue, avec le déplacement du centre de gravité de notre organisation vers les Sections de montagne.

 

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1983 - Le Conseil Supérieur des Sports de Montagne


Le 24 février 1983, création du « Conseil Supérieur des Sports de Montagne », organisme consultatif compétant pour l'ensemble des activités et des disciplines ayant trait à la montagne, c'est-à-dire dans des domaines aussi variés que le ski, l'alpinisme, le tourisme et les loisirs.

 

Le Club Alpin Français sera un membre de droit du fait de son audience nationale et internationale, dans des activités sportives et culturelles, allant de l'alpinisme à la protection de la nature, en passant par l'aménagement de la montagne, le ski alpin, le ski de randonnée, le ski de fond, la randonnée pédestre, le vol libre, la spéléologie et les sports aériens de montagne.

 

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1983 - La loi montagne en gestation

 

Une loi montagne est en gestation, le Club Alpin a voulu apporter une contribution aux discutions préparatoires, sous la forme d'un dossier diffusé à tous ceux qui interviennent dans le débat parlementaire, un document rédigé par Jacques Manesse et approuvé par l'instance dirigeante du Club Alpin, dont les éléments les plus marquants sont présentés dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1983.

 

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1983 - Le Parc de la Vanoise a 20 ans


La revue La Montagne & Alpinisme publie un article rappelant la création, il y a vingt ans du Parc national de la Vanoise.

Elle omet curieusement de citer l'initiative capitale et précurseur de nos collègues de la Section lyonnaise du Club Alpin, ils ont été des acteurs essentiels à l'origine de cette aventure...

 

C'est l'occasion de revenir sur les circonstances :

 

« En 1956, le Club Alpin estimant que la protection du bouquetin ainsi que des autres spécimens de la faune alpine entre bien dans le rôle qu'il s'est assigné, décide de constituer un Comité d'études pour la création d'un Parc national de Savoie.»

En 1956, le Comité d'étude pour la création du Parc est créé.

Il est animé par Georges Descours - président de Club Alpin de 1951 à 1954 - qui a été le promoteur du projet, dans la prolongation de l'implication de la Section lyonnaise du Club Alpin pour la Haute Maurienne. Le comité est constitué avec la participation de l'Association des Chasseurs de Montagne, de la Société d'Histoire Naturelle de Savoie et de plusieurs personnalités compétentes...

Un article de référence paraît dans La Montagne & Alpinisme de juin 1956 « La protection de Bouquetin dans le parc national de Savoie » sous la plume de Marcel Couturier, l'éminent spécialiste et chasseur assidu...

 

Ce n'est que sept ans plus tard que le courant d'opinion entretenu par le Club Alpin et la prise de conscience des autorités conduiront - le nom du parc ayant évolué - à la création du « Parc national de la Vanoise », le 6 juillet 1963 Voir le dossier : Le Club Alpin de 1940 à 1974 ).


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1983 - Le Touring Club de France disparaît


Le Touring Club de France a eu un rôle majeur dans le développement du tourisme au cours du XXe siècle en France, mais l'organisation s'engagera dans les années 1970 dans une évolution hasardeuse qui se révélera sans issue et la liquidation de ses biens est prononcée le 23 octobre 1983 en présence de responsables du Club Alpin - membre fondateur en 1890 - convoqués pour cette triste disparition.

 

Certains gîtes et refuges seront éparpillés et d'autre refuges repris par nos associations de montagne, notamment le Chalet de la Maline dans les gorges du Verdon et le refuge du Marcadau dans les Pyrénées par le Club Alpin...

 

Les dates marquantes qui ont jalonnées cette institution disparue seront publiées dans la revue La Montagne & Alpinisme n°3/1990.

 

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1983 - La Montagne Sainte-Victoire protégée

 

Bien tardivement, la Montagne Sainte-Victoire, rendue célèbre par les ½uvres de Paul Cézanne, obtient un classement par l'État au titre de « Site naturel protégé » par le décret du 15 septembre 1983.

Une zone de protection insuffisante de la Montagne Sainte-Victoire existait depuis 1966.

 

La pression du marché foncier rendait la décision urgente, les vives oppositions des propriétaires et des maires des Communes concernées avaient longtemps retardé la mise hors d'atteinte des aménageurs de ce joyau provençal...

 

Le périmètre intéresse les versants nord et sud de la montagne, le plateau du Cengle et l'épaulement ouest jusqu'à Bibemus...

 

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1983 à 1986 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

Le club Alpin continue ses implantations...

 

1983 - Le refuge du Sélé, 2511m

1983 - Le chalet-refuge du Chauffaud, 1100m

1984 - Le refuge des Bouillouses, 2005m

1984 - Le refuge du Pigeonnier, 2423m agrandi

1984 - Le Chalet de la Maline, 900m

1984 - Le chalet-refuge du Sancy, 1270m

1984 - Le refuge des Trois Fours, 1200m

1984 - Le chalet-refuge du Ratou, 1200m

1986 - Le chalet-refuge de Bonneval, 1810m

1986 - Le refuge d'Ambin, 2270m

 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1984 - La loi sur les activités physiques et sportive

 

La nouvelle Loi du 16 juillet 1984, relative aux activités physiques et sportives obligera à une mise en conformité les statuts des fédérations. Ce sera encore l'occasion de quelques nouvelles chamailleries entre les organisations de la montagne...

 

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1984 - Des Sections à taille humaine

 

S'appuyant sur le modèle d'organisation des Sections de Haute Savoie et de Savoie, le président Claude Chassot appelle à la création « de sections à taille humaine » dans son éditorial : « Si l'aventure vous tente » paru dans La Montagne & Alpinisme n°4/1984 où deux propositions sont énoncées :

 

« Le premier objectif de cette orientation est de mieux responsabiliser chacun à la vie de l'association. Il est évident qu'un petit groupe où chacun se connaît et s'apprécie motive beaucoup plus les membres qui le composent. La participation aux activités, les prises de responsabilité se font plus naturellement qu'à l'intérieur d'une grande structure où l'on risque de n'être connu que par son numéro d'adhérent. Les contraintes de la vie actuelle ont suffisamment tendance à dépersonnaliser l'individu pour que notre association offre des lieux où puissent se conjuguer la qualité des relations humaines propres aux groupes restreints et l'efficacité d'une solide organisation nationale.

 

Le second objectif visé est de proposer une participation au développement du CAF à ceux qui, à l'intérieur du Club, se sentent une âme de créateur parfois freinée ; comme à ceux qui, dans des lieux souvent dépourvus de l'aide précieuse d'une association, souhaitent démarrer quelque chose ».

 

Cette nouvelle politique du Comité directeur ne va pas sans provoquer des éternuements dans les grandes sections craignant d'être concurrencées ou démantelées.

 

Certaines grandes sections, en place depuis plus d'un siècle, estimaient représenter le département et n'étaient pas partageuses...

 

Ce projet très novateur bouscule les habitudes et les féodalités « dans les villes importantes, pourquoi exclure l'opportunité de créer des sections à motivations ou conceptions particulières : universités, entreprises, quartiers, maisons de jeunes ».

 

Devant les enjeux et les résistances, « il faudra que ceux qui se révéleront se manifestent en écrivant personnellement » au président Chassot...

 

C'est une évolution considérable pour le développement de l'institution.

 

À l'examen de la carte de la répartition géographique des Sections du Club Alpin, parue dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1981, les particularités d'implantation étaient bien repérables. Dans certains départements, des Sections bien réparties dans la zone administrative ; dans d'autres, une seule Section dans le chef-lieu, se considérant souvent comme la représentante unique de l'instance dans le département. Un vrai frein pour l'avenir du Club...

 

Aussitôt un certain nombre de sous-sections demanderont leur émancipation et des initiatives apparaîtront...

 

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1984 - Le rassemblement international d'alpinisme

 

Le rassemblement amical des meilleurs alpinistes étrangers et français est organisé depuis 1947, régulièrement tous les quatre ans, à Chamonix dans les locaux de l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme.

  

Cette année-là, la FFM, le CAF et l'ENSA ont voulu donner une dimension mondiale à l'événement convivial avec l'invitation de trente-cinq nations, et notamment vers une délégation chinoise qui répondra à cette suggestion...

 

La France dispose d'un équipement exceptionnel à Chamonix avec l'ENSA, dans l'un des plus beaux massifs de montagne du monde. Il permet d'organiser cette manifestation de prestige très favorablement accueillie par nos collègues étrangers...

 

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L'escalade sportive

 

Deux des plus actifs adeptes de l'escalade sportive David Chambre et Jean Baptiste Tribout interviennent dans la revue La Montagne & Alpinisme pour faire le point sur l'évolution de cette discipline à Fontainebleau, en falaise, en montagne et à l'étranger...

 

Le chausson moderne

 

Les chaussons d'escalade proposés aux grimpeurs ont subi de grandes améliorations techniques. Avec le blocage du talon, les semelles adhérentes et la grande précision du chausson, le grimpeur gagne un degré entier dans l'échelle des difficultés avec ce nouvel équipement.

 

1985 - Buoux, haut lieu de l'escalade sportive

 

Dans l'évolution apparue en 1978, proposant de tracer un itinéraire en fonction des possibilités de l'escalade, et non plus en fonction des obligations de l'assurage, le site de Buoux va connaître un développement important et acquérir une renommée internationale, mal anticipée par les ouvreurs avec une fréquentation désordonnée et sans gêne ; irrespectueuse des autochtones et de l'environnement...

 

Devant l'émotion considérable provoquée, le maire du village décide d'interdire le site le 1er avril 1984.

 

Les responsables de la FFM devront engager des discussions serrées avec les édiles et les propriétaires ; l'intervention d'André Origny, président de la Section d'Avignon du Club Alpin et personnalité locale reconnue, sera déterminante... 

 

Au printemps 1985, l'escalade est de nouveau autorisée dans la partie est de la falaise, avec une série de recommandations contraignantes empêchant dorénavant le camping sauvage et le piétinement des truffières du plateau dominant la falaise de l'Aiguebrun...

 

1985 - Un manuel pour l'équipement des falaises

 

Le COSIROC édite un petit opuscule technique destiné à l'équipement des falaises pour l'escalade sécurisée...

 

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1985 - Le Club Alpin Français et ses fédérations 

 

Le Club Alpin reste confronté aux difficultés rencontrées dans l'administration de la Fédération Française de la Montagne.

 

La liberté de vote des délégués du Club Alpin dans les instances fédérales et l'élection réclamée d'un nouveau président Guy Heuzé - non issu du CAF - n'apaiseront pas l'opposition de certaines  associations...

 

C'est à ce moment-là l'intégrité du Club Alpin qui est visée...

 

Le président Chassot est explicite dans son éditorial paru dans revue La Montagne & Alpinisme n°3/1985 « Le CAF et ses fédérations » :

 

« Le Club Alpin se propose de continuer son action en toute indépendance, refusant toute ingérence dans son fonctionnement et dans ses structures internes. Il n'y a qu'une seule façon d'influencer l'évolution du CAF : en faire partie et y prendre des responsabilités...

 

Il n'est pas superflu de préciser [les] domaines particuliers qui resteront de la compétence du CAF :

 

- L'assurance des membres du CAF restera indépendante.

- Les refuges resteront du domaine des associations qui les ont construits et entretenus à grand frais, grâce au dévouement et au travail de leurs bénévoles.

- Compte tenu de son importance, de son poids historique, de son action passée et présente, le CAF continuera de participer directement, et indépendamment de la FFM, aux organismes nationaux et internationaux auxquels il est régulièrement affilié et plus particulièrement à ceux qu'il a contribué à fonder. Cependant, chaque fois que cela s'avérera souhaitable et possible, une coordination de la représentation de la FFM et du CAF devra être recherchée ».

 

Avec la nouvelle Loi du 16 juillet 1984, relative à l'organisation et la promotion des activités physiques et sportives, et ses décrets d'application, il apparaissait que le lien moral qui contraignait le Club Alpin d'être le principal contributeur de la FFM depuis sa création en 1942 appartenait au passé...

 

Claude Chassot insiste :

 

« Les grands atouts du CAF, dans une perspective d'avenir /.../ résidera certainement dans la possibilité qu'il offrira à ses adhérents de pratiquer tous les sports de montagne sans affiliation obligatoire à une ou plusieurs fédérations. Ceci implique que le Club, en tant que tel, entretienne des relations avec toutes les fédérations recouvrant les disciplines qui se pratiquent en montagne ( Fédération de la montagne, Fédération de ski, Fédération de randonnée pédestre, Fédération de spéléologie, Fédération de vol libre ), fédérations au rang desquelles la FFM occupe aujourd'hui pour lui une place privilégiée ».

 

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1985 - La loi montagne

 

Après de nombreux travaux préparatoires et de nombreuses discussions, la Loi du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne, dite « loi Montagne » est votée encadrant la gestion des territoires de montagne.

 

Les finalités de la politique de la montagne sont évoquées dans son premier article concernant « la protection des équilibres biologiques et écologiques, la préservation des sites et paysages, la réhabilitation du bâti existant et la promotion du patrimoine culturel ».

 

Des « Comités de massifs » constituent, avec un « Conseil national », les institutions spécifiques à la montagne. A côté d'une majorité d'élus des collectivités territoriales, y siégeront des représentants des établissements consulaires, des Parcs nationaux et régionaux, des organisations socioprofessionnelles et des « associations concernées par le développement, l'aménagement et la protection du massif »...

 

Est inscrite dans la loi, l'interdiction des déposes en montagne par aéronefs à des fins de loisir.

 

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1985 - Les compétitions d'escalade

 

Les grandes man½uvres pour l'instauration de compétitions d'escalade se mettent en place...

 

Malgré la mise en garde de nos collègues britannique du British Mountaineering Concil ( BMC), la Fédération Britannique de la Montagne :

 

« Les informations selon lesquelles la Fédération française de la montagne aurait l'intention d'organiser une compétition nationale d'escalade en 1985 ont été accueillies avec consternation en Grande-Bretagne à cause principalement des liens étroits noués depuis plusieurs années entre les grimpeurs français et britanniques ... En Grande Bretagne actuellement les grimpeurs sont unanimement opposés à de telles compétitions et le BMC est formellement opposé au développement des compétitions ».

 

Malgré les déclarations vertueuses des meilleurs escaladeurs français du moment qui signeront « le Manifeste des 19 » s'opposant à la compétition, mais qui ne résisteront pas longtemps à la tentation...

 

Les événements se précipitent :

 

<  Démission de membres de la Commission escalade fédérale pour agir hors des structures.

<  Appui du monde de l'éducation sportive pour qui la compétition en général est une des raisons d'être.

<  Opportunité saisie immédiatement par la ville de Chamonix et sa puissante organisation, son Club des sports et son Office du tourisme. Les organisateurs sont décidés à aller vite en matière de compétition, avec spectacle et show business, et de prendre tout le monde de vitesse. Le Club des sports avec ses principaux sponsors mettra sur pied des « Internationaux de France d'escalade » du 20 au 23 juin 1985... On attend trois mille spectateurs et la télévision sans laquelle on est rien....

 

Aussitôt tout le monde se précipite vers la félicité...

 

Une seconde compétition d'escalade a lieu en Italie à Bardonecchia, le 7 juillet 1985, avec performance de vitesse, difficulté et style.

Des compétitions existent déjà depuis 1947 en U.R.S.S., basées sur la vitesse avec les concurrents assurés depuis le haut.

 

En France, les tenants des compétitions s'activent, il y a un pouvoir réel important à conquérir avec l'encadrement des compétitions et la manne financière importante qui en découle, avec les licences et l'assurance obligatoires pour les compétiteurs, et aussi les retombées publicitaires escomptées. C'est sur ce modèle que fonctionnent les fédérations sportives...

 

Une éphémère fédération de l'escalade se constitue.

 

Il ne restait aux structures organisées FFM et CAF, qui voulaient prendre le temps de la réflexion avant de se prononcer, que seulement inciter à la prudence :

 

<  Le monde associatif doit-il continuer dans cette marche forcée qui lui est imposée de l'extérieur ?

<  Devant des intérêts si divergents : chronomètre contre éthique, compétition contre aventure, stade contre nature, exploit public contre recherche sportive et, comme pour le ski de piste en son temps, la scission n'est-elle pas inévitable entre les Clubs de compétition et les Associations de montagne et de pleine nature ?

<  Les organisateurs de compétitions auront-ils les moyens de faire construire les stades et les murs verticaux nécessaires, sans se rabattre sur les sites naturels ?

<  L'organisation des compétitions dans les lieux grimpables naturels privés, publics ou classés ne pose-t-elle pas de graves problèmes pour l'environnement ?

<  Les règles de respect des sites d'escalade résisteront-ils longtemps aux aménagements que réclament les compétitions d'escalade ouverts à un public le plus vaste possible ?

<  On peut enfin penser que les propriétaires des lieux grimpables ne resteront pas sans réaction devant une organisation commerciale de l'escalade.

 

La Fédération Française de l'Escalade est créée le 18 novembre 1985.

 

Une compétition indoor est organisée à Vaulx-en-Velin en mars 1986 et à Troubat en extérieur sur les falaises du site en septembre 1986.

 

Un nouvel événement est organisé sur les falaises de Biot en Haute Savoie en juin 1987. Mais les adaptations imposées pour les besoins de la manifestation et par les publicitaires vont montrer les limites du genre, prises taillées, arbres détruits, piétinement de zones sensibles ; et les trombes d'eau qui s'inviteront, n'arrangeront pas les choses...

 

Il apparaissait que l'avenir de ce genre de pratique - ouverte au public - n'avait pas sa place en falaise, où seuls des événements confidentiels pouvaient éventuellement être envisagés...

 

Les organisateurs de ces compétitions s'orienteront vers un environnement plus maîtrisable, les structures artificielles.

 

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1986 - La Fédération Française de la Montagne 

 

Devant la création d'une Fédération Française de l'Escalade avec le concours de plusieurs clubs affiliés à la FFM, les réactions seront vives au Comité de direction fédéral.

 

Durant l'Assemblée générale du 11 janvier 1986, « constatant une crise de confiance lors du vote sur le rapport moral et sous l'effet de nombreuses pressions, le président Heuzé acceptait de se retirer ».

 

C'est à Jean-Paul Bouquier qu'échoira la mission impossible de réunifier des opinions divergentes...

 

1986 - Le Club Alpin

 

La main passe au Comité directeur du Club Alpin.

 

En peine tourmente fédérale, François Henrion est élu à la présidence.

 

Il devra tenter d'aider à retrouver une certaine cohésion du monde de la montagne face aux remous fédéraux et de faire avancer la question du statut juridique des Sections et de son patrimoine :

 

<  L'essaimage des Sections se poursuivra « malgré des particularismes et des réticences locales ».

<  La personnalité morale des Sections du Club Alpin « se trouve posée ainsi que le mode de gestion de son patrimoine ».

<  L'acquisition d'un siège social national « devient nécessaire du fait des incertitudes concernant l'actuel contrat de location des bureaux de la rue La Boétie ».

<  Création d'une Commission escalade sportive qui est la prise en compte de l'engouement du moment pour cette discipline à la fois nouvelle et très ancienne...

 

1986 - La revue La Montagne & Alpinisme dans ces années-là

 

En 1986, le Comité de publication est animé par Claude Deck, directeur délégué. La cellule de rédaction comprend Andrée Bruant, secrétaire de rédaction ; Annie Bertholet et Chantal Tamba assistantes de rédaction, Georges Mouly pour la relecture et Françoise Marmann- Montagne, chargée de la publicité.

 

Lire dans le dossier : Les revues du Club Alpin Français, les chroniques régulières de ces moments-là.

 

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1986 - Le bicentenaire de l'ascension du Mont Blanc

 

Le 8 août 1786 est la date de la première ascension du Mont Blanc par les deux Savoyards, le médecin Michel Gabriel Paccard et le cristallier Jacques Balmat. On s'accorde à admettre que cette première ascension de Mont Blanc marque la naissance de l'alpinisme...

 

C'est à Chamonix que l'événement est principalement rappelé, c'est depuis Chamonix que les deux audacieux sont partis pour leur ascension historique.

 

À ce moment-là, la Savoie et le Mont Blanc sont attachés au royaume de Sardaigne et au Duché de Savoie... La Savoie ne devenant française qu'après le traité de Turin et le plébiscite de 1860.

 

La revue La Montagne & Alpinisme consacre une édition spéciale à l'événement.

 

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1986 - Les ancrages correctement dimensionnés pour l'escalade rocheuse

 

Mise en garde d'Henry Sigayret pour l'utilisation d'ancrages correctement dimensionnés pour l'escalade rocheuse, de type « Spit » de 12 mm et « Rings » forgés dans la revue La Montagne & Alpinisme n°3/1986.

 

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1986 - La nouvelle façon de faire en Himalaya

 

En 1986, deux performances ruinaient définitivement une méthode et un savoir faire concernant les ascensions himalayennes novatrices :

 

<  Une équipe polonaise dans une conception moderne et engagée réalise l'ascension du K2, 8611m par le pilier sud-ouest.

 

<  Une cordée suisse - en moins de trois jours - gravit l'Everest par le versant nord « sans tente, ni corde, les deux Suisses n'avaient rien ajouté, rien laissé, ni rien pris à la montagne ».

 

Nos collègues français ne tarderont pas à suivre ces exemples.

 

<  En 1988, Marc Batard escalade le pilier ouest du Makalu et redescend par le versant nord...

 

<  L'année suivante Pierre Béghin réussit l'ascension par le versant sud du Makalu, en revenant par le versant nord...

 

L'ouverture des pays d'accueil, les nouveaux moyens techniques, des accès et des transports facilités avaient déjà modifiés les choses...

 

La nouvelle façon de faire et un état d'esprit novateur avaient définitivement changé la donne...

 

Les projets d'ascension ne nécessiteront - pour beaucoup - plus qu'une organisation presque banale, quasiment au niveau d'un projet alpin...

 

Mais avec l'approche, l'éloignement, l'engagement et l'altitude en plus...

 

Évidement quelques objectifs resteront hors de portée des simples cordées, comme la face nord du Jannu, la face nord directe de l'Everest ou la face sud du Lhotse...

 

Mais pour combien de temps encore...

 

1986 - L'année terrible sur le K2

 

En 1986, c'est une année terrible pour les ascensionnistes sur le K2, 8611 ; le bilan sera de 13 morts, la descente de ce sommet est souvent un piège mortel pour les cordées en difficulté.

 

Les expéditions légères paient le prix élevé de leur faible autonomie.

 

Parmi eux, nos camarades Liliane et Maurice Barrard qui sont de très actifs himalayens.

 

Maurice Barrard était aussi le président du Comité de l'Himalaya et depuis longtemps très engagé au Club Alpin notamment dans l'Enseignement alpin.

 

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1987 - La Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade

 

Ce sont surtout les autorités de tutelle qui vont réagir pour contraindre la FFM et la naissante Fédération de l'Escalade de rechercher un rapprochement.

 

La « Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade » naîtra le 13 septembre 1987, à la suite au retrait de l'éphémère Fédération de l'Escalade...

 

C'est Jean Ruedin qui sera élu à la présidence de la FFME.

 

Ce changement d'objet montre que la montagne n'est plus la seule préoccupation de la FFME, et que comme les autres structures fédérales, elle va être détentrice du pouvoir qui manquait à la FFM, l'organisation des compétitions d'escalade génératrice de licences et d'adhésions...

 

La Fédération cherchera un certain consensus sur des bases électives nouvelles permettant d'écarter le reproche d'hégémonie fait au Club Alpin et rendant la cohabitation plus envisageable...

 

<  Création de Comités sportifs par discipline : alpinisme, randonnée, ski-alpinisme, expéditions lointaines et escalade.

 

<  Assemblée générale constituée sur la base élective des délégués des Comités départementaux, qui désignera une direction et un président.

 

De son coté, le Club Alpin « a pris sa part à la mise en place de la FFME notamment en appuyant la création de Comités sportifs par discipline et la composition de son Assemblée générale sur la base des délégués des Comités départementaux ».

 

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1987 à 1989 - Des stages de haut niveau

 

Très préoccupé par une désaffection de l'alpinisme au bénéfice de l'escalade sécurisée, le GHM organise en 1987 un stage de haut niveau dirigé par Luc Jourjon, dans le massif des Écrins.

 

Un stage organisé dans la lignée des stages fédéraux des années 1963 et 1964 dans les Dolomites.

 

En 1988, nouveau stage organisé par le GHM, avec le concours du CAF et de la FFME dans le massif des Écrins, dirigé par Luc Jourjon et Jean-Jacques Rolland.

 

En 1989, deux orientations sont proposées dans le massif du Mont Blanc, un stage pour le développement de l'alpinisme de haut niveau, dirigé par Jean-Jacques Rolland et un rassemblement de haut niveau organisé par Éric Escoffier.

 

Mais le mission alpinisme de haut niveau - la trop bonne idée du GHM - suscite quelques convoitises et va être reprise sans précaution par la FFME...

 

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1987 - Création de Mountain Wilderness

 

Création d'une société internationale ayant pour objectif la sauvegarde de la montagne sous tous ses aspects.

 

La Section française de « Mountain Wilderness » viendra heureusement renforcer les actions des structures existantes, dont celles de la Commission de protection de la montagne du Club Alpin.

 

1988 - Un Signe des temps

 

L'annonceur principal de la revue La Montagne & Alpinisme « Au Vieux Campeur » modifie son célèbre logo. La figurine du vieux montagnard perd - signe des temps - sa pipe, pour un peu plus tard se retrouver avec une fleur à la bouche.

Un simple croquis, « mieux qu'un long discours »... Les premiers encarts concernant la célèbre firme de matériel de montagne dans la revue La Montagne datent du début de l'Après-guerre en 1945...

 

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Un engouement certain pour l'escalade

 

L'engouement pour l'escalade - accompagné par une presse spécialisée uniquement centrée sur cette pratique - devient très perceptible au sein des clubs, au détriment des valeurs beaucoup plus contraignantes de l'alpinisme.

 

Malgré les efforts des associations pour démocratiser la discipline, l'alpinisme restera une activité élitiste « sans justification valable ».

 

L'escalade propose une pratique sportive beaucoup plus accessible et plus simplifiée, un classement identifiable et des résultats immédiats.

 

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1988 - La personnalité juridique des Sections du Club Alpin

 

Le Club Alpin doit s'avancer vers une transformation considérable, rendue obligatoire par la décentralisation opérée dans le mouvement sportif et dans l'organisation administrative de notre pays.

 

Il fallait pouvoir donner la personnalité juridique aux Sections pour qu'elles puissent être les interlocuteurs des Pouvoirs publics à l'échelon départemental, désormais source des aides financières.

 

C'est une modification profonde qui pouvait atteindre à l'unité du Club Alpin, certain pensaient que l'Association « pouvait y perdre son âme »...

 

L'Assemblée générale votera la modification de ses statuts entérinant cette profonde évolution...

 

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1989 - Des perspectives

 

L'Assemblée générale du Club Alpin des 28 et 29 janvier 1989 désigne Louis Volle comme président.

 

L'Assemblée générale de la FFME réunissant les délégués des 66 Comités départementaux, s'est déroulée le 14 janvier 1989 et a procédé à l'élection du Comité directeur et ratifié l'élection de François Henrion, président.

 

Les Comités de direction du Club Alpin ( Paris, le 10 juin 1989 ) et de la Fédération française de la montagne et de l'escalade ( Avignon, le 18 juin 1989 ) ont défini des perspectives :

 

« Les sections du Club alpin français resteront membres des Comités départementaux, mais l'autonomie juridique leur laissera la responsabilité de se donner le poids qu'elles entendent avoir au sein des instances fédérales, départementales, régionales et par là nationales.

 

À partir de l'année 1991, l'adhérent du Club Alpin serait libre de choisir sa fédération lors du renouvellement de sa cotisation CAF. Chaque Section deviendrait association affiliée à son Comité départemental fédéral. Elle affilierait les membres qui le souhaiteraient.

 

L'indépendance totale des deux instances deviendrait alors incontestable. Il serait de la responsabilité de la FFME et du CAF de se repositionner dans le mouvement sportif et dans le monde de la montagne ».

 

Une césure

 

Les adhérents de nos différentes organisations de montagne vont se trouver partagées en deux courants distincts :

 

Ceux qui souhaitent mettre en valeur l'esprit de compétition gage d'un développement, d'un rayonnement et d'une reconnaissance assurée, mais s'écartant nettement des valeurs de la montagne.

 

D'autres qui voudront privilégier les pratiques sportives traditionnels ou celles plus novatrices de pleine nature et s'écartant des concurrences individuelles : l'alpinisme, le ski alpin, la randonnée alpine, la spéléologie, le vol libre...

 

Ceux qui recherchent une montagne paisible éloignée des ambitions sportives, les adeptes des activités douces de loisirs en montagne avec en exergue l'amour de la montagne et ceux tournés vers les activités scientifiques et culturelles...

 

1989 - La vallée de la Clarée

 

La vallée de la Clarée étant menacée par un projet de route à grand trafic, un collectif de défense de la vallée est créé, un classement de la vallée de la Clarée et de la vallée Étroite est soutenu par les autorités préfectorales et les maires des communes de la haute vallée.

 

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1989 - Le Vélo Tout Terrain

 

Dans les années cinquante, il n'y avait que quelques-uns qui osaient s'accompagner partout de leur peu adapté vélo classique ; avec des portages homériques comme la traversée de la montagne Sainte Victoire par exemple et ensuite en 1981 pour un tour du Mont Blanc classique.

Le sommet du Mont Blanc est atteint 1984, mais déjà en Vélo Tout Terrain ( VTT ), né aux USA en 1979...

 

Le progrès technique proposé par l'engin moderne permet une pratique populaire qui se répandra dans beaucoup de Sections du Club Alpin, lequel adoptera un code de bonne conduite préconisé aux pratiquants.

 

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1990 - Une formation Jeunes Haut niveau

 

Sur proposition de la Commission d'alpinisme du Club Alpin dirigée, par Pierre Vidaillhet, du GHM et de son président Frésafond, une formation alpinisme de haut niveau technique et sportif est créée, avec un encadrement de qualité mis sur pied par Luc Jourjon pour permettre aux jeunes alpinistes d'accéder à une pratique d'exception... Une initiation qui déclarait s'adresser aux jeunes alpinistes voulant donner une suite non professionnelle à leur pratique sportive...

 

C'est un programme qui se déroulera en trois ans avec des cessions progressives.

 

La première année, les meilleurs alpinistes de la pépinière du Club Alpin - âge minimum 16 ans - suivront des stages d'accession au haut niveau. La seconde année des cessions plus exigeantes seront proposées aux stagiaires de l'année précédente ; et enfin un stage-expédition dans un massif lointain, sur un objectif novateur viendra clore la formation.

 

La première cession est organisée dans le massif du Mont Blanc en été 1991 ( Pilier du Frêney, directe américaine des Drus, face sud du Fou... ) et la seconde dès l'hiver 91-92 dans des massifs choisis en fonction des projets des participants.

 

Enfin le programme se conclura en juillet et août 1993 par une expédition dans les montagnes du Pamir où de belles performances seront réussies...

 

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1990 - Les moniteurs d'escalade

 

La limite de compétence des moniteurs d'escalade passe de 800 à 1500m pour un accès aux falaises d'altitude, grogne chez les Guides...

 

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1990 - Structuration professionnelle de la FFME

 

La FFME est soutenue par une structure professionnelle de sept cadres techniques détachés du ministère de la Jeunesse et des Sports.

 

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1990 - Le Siège social du Club Alpin

 

Rendue nécessaire, l'acquisition d'un siège social national est réalisée, venant ajouter à la solidité foncière de l'institution.

 

En avril 1990, le Club Alpin installe ses bureaux au 24, avenue de Laumière dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, l'éditorial sans nuance accompagnant l'annonce du déménagement dans la revue La Montagne & Alpinisme va provoquer quelques fortes vagues chez les anciens...

 

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1990 - La Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade

 

En application des accords résultant du rapprochement entre les Fédération de la Montagne et de l'Escalade entériné par le Club Alpin, la FFME décide de ne proposer qu'une licence à prix unique pour tous ses membres.

 

Le CAF laisse le choix à ses adhérents de souscrire ou non une licence, mais toutes les Sections ayant la personnalité juridique doivent adhérer à la FFME.

 

Pour 1991, le Club Alpin garantit une participation financière permettant le fonctionnement de la Fédération.

 

En 1991, le nombre des adhérents du Club Alpin licenciés FFME tombe de quelques 90 000 à 3 800...

 

En 1992, le Club Alpin laisse ses adhérents et ses anciennement Sections libres d'adhérer ou non à la FFME.

 

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Un instant critique

 

Le Club Alpin avec ses quelques 90 000 membres risque à ce moment-là de perdre sa représentativité réelle aux niveaux départemental, régional et national ; ce qui le conduira à redessiner son véritable statut...

 

Il sera à la recherche d'une clarification nécessaire vis-à-vis de ses fédérations... Et sera à la recherche d'un renforcement de son unité, en tenant-compte de la personnalité juridique qu'il a donnée à ses Sections.

 

L'association va réclamer aux pouvoirs publics sa reconnaissance comme fédération multisports à part entière... Ce qui était déjà pour beaucoup - dans les faits - une réalité depuis 1874...

 

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1990 - Les refuges du Club Alpin

 

La revue La Montagne & Alpinisme consacre une édition spéciale aux refuges du Club Alpin.

 

L'éditorial du président met en garde sur les diverses tentatives d'appropriation visant le domaine bâti du Club Alpin... encore et encore... comme en 1942...

 

Dénigrés par les uns pour leurs vétustés, vilipendés par d'autres pour les améliorations visant le confort, les refuges sont l'objet de bien des critiques et de bien des avis tranchés et opposés, et de quelques appétences extérieures.

 

En cette année 1990, le Club Alpin propose et entretien 84 refuges d'altitude répartis en 22 départements et 46 sections, et aussi 41 chalets d'activités de plus basse montagne, 5 chalets skieurs et deux centres alpins.

 

Un plan-programme de 5 ans conduit la rénovation du domaine bâti...

 

Nos gardiens de refuges

 

Dans les différents débats entourant les refuges de montagnes, les gardiens réunis dans un syndicat montrent des avis divergents.

Une chartre de qualité sera introduite dans le contrat de mandat de gardiennage.

 

Redisons que les gardiens de refuges sont les garants d'un accueil de qualité et leur engagement professionnel doit être considéré avec la plus grande attention par notre association.

Le gardien - soumis à une vie rude, essentiellement due à l'absence de confort, à la promiscuité, aux horaires de travail incontrôlables et à l'absence de vie personnelle en période d'affluence - est lié au Club Alpin par un contrat de mandat de gardiennage, qui deviendra avec la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne un contrat de mandat d'intérêt commun.

Par sa fonction d'accueil, le gardien de refuge permet la fréquentation de la haute et moyenne montagne à bon nombre d'excursionnistes, de randonneurs et de promeneurs.

 

1991 - La Commission des refuges

 

Déjà le 9 novembre 1990, un Colloque national sur les refuges avait réuni près de 150 spécialistes pour débattre de la situation des abris de montagne répartis sur le territoire national, le CAF est gestionnaire de 40% de l'ensemble et couvre les 2/3 du coût de ses propres installations qui assurent un véritable service public.

 

Du fait de l'autonomie juridique de ses Sections, le Club Alpin se réorganise, les Commission des travaux en montagne et de la gestion des refuges sont rassemblées dans la « Commission des refuges » qui est chargée de construire, de rénover et de gérer le patrimoine de l'Association, c'est un élément structurant essentiel à ce moment crucial touchant l'avenir du Club Alpin...

 

Cette Commission unifiée « possède une puissance de persuasion certaine auprès des partenaires, elle est un atout pour la politique que le Club Alpin mène concernant son domaine construit et sa rénovation »...

 

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1989 à 1993 - LES REFUGES CONSTRUITS

 

1989 - Le refuge de l'Alpe de Villar d'Arène, 2079m

1989 - Le refuge Durier, 3349m

1991 - L'annexe du refuge de l'Aiguille du Goûter, 3835m

1991 - Le refuge des Cosmiques reconstruit, 3613m

1992 - Le refuge des Conscrits, 2580m

1992 - Le refuge de la Croix-du-Bonhomme, 2443m

1992 - Le refuge de Larribet, 2072m

1993 - Le chalet-refuge du Marcadau, 1865m

 

Voir un historique plus détaillé dans le dossier : L'Aménagement de la montagne et les Refuges.

 

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1991 - La revue La Montagne & Alpinisme

 

Le Comité de publication de la revue La Montagne & Alpinisme est animé par Jean-Paul Zuanon, directeur délégué. La cellule de rédaction comprend Chantal Tamba secrétaire de rédaction, Annie Bertholet chargée de la gestion et de la coordination. La relecture est confiée à Pierre Gauly et à Georges Mouly.

 

1991 - Le bulletin Montagnes Infos

 

Destiné à améliorer la communication interne, un bulletin d'information Montagnes Infos sera diffusé de tous les adhérents.

 

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1991 - Pour un Parc international du Mont Blanc

 

Afin d'assurer la sauvegarde du massif du Mont Blanc, les Sociétés de protection de la Montagne et le Club Alpin par sa Commission compétente se sont regroupés au sein d'une structure représentative, le « Comité International des Associations pour la Protection du Mont Blanc » ( CIAPM ) qui a engagé une démarche en vue de l'établissement d'un « Parc international du Mont Blanc ».

 

Les responsables gouvernementaux chargés de l'environnement se sont réunis le 25 octobre 1991, avec des vues encore très différentes sur la future entité...

 

1991 - La Réserve naturelle de Carlaveyron

 

La « Réserve naturelle de Carlaveyron » sur la commune des Houches est créée par le décret le 5 mars 1991, un long combat des Sociétés de sauvegarde et du Club Alpin par sa Commission de Protection de la Montagne. Un classement obtenu en compensation d'un équipement en vallée de Chamonix...

 

1991 - La Réserve naturelle des hauts de Villaroger

 

La « Réserve naturelle des hauts de Villaroger » est créée par le décret 2 février 1991.

 

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1992 - Le Mont Aiguille, 2087m

 

A l'occasion du 500e anniversaire de la première ascension du Mont Aiguille qui passait pour inaccessible, la revue La Montagne & Alpinisme n°1991/4 consacre une édition spéciale à cette montagne et à la première ascension avérée...

 

Les prémices de l'alpinisme peuvent être recherchées dans cette ascension dont il est conservé une relation de l'exploit.

 

Les textes sont précis : pas un ordre mais une invitation du Roi de France Charles VIII « à faire essayer si l'on pouvait monter sur cette montagne que l'on disait inaccessible ».

 

En l'année 1492, l'équipe d'alpinistes d'occasion emmenée par Antoine de Ville va réussir une réelle performance acrobatique et audacieuse grâce au savoir faire d'un « escalleur » du Roi, spécialiste des échelles pour l'assaut des places fortes. Une performance réalisée sous le contrôle et le témoignage écrit d'un huissier pour obtenir la récompense promise...


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1993 - Vers une Fédération Française des Club Alpins

 

Après différentes négociations, le ministère de la Jeunesse et des Sports décide de reconnaître le Club Alpin Français comme une fédération multisports à part entière, en référence à sa représentativité et sa compétence.

 

Le 30 janvier 1993, l'Assemblée générale du Club alpin français, réunie à Albertville, adopte de nouveaux statuts en devenant une Fédération multisports, réunissant les anciennes Sections devenues des Clubs Alpins locaux, en ayant acquis la personnalité juridique.

 

Les membres de la future « Fédération des Club Alpins » se reconnaissent « comme des amateurs polyvalents, assumant économiquement et politiquement une grande part des charges d'aménagement et de protection de la montagne ».

 

Une Fédération « qui offre des formations de base dans toutes les disciplines, qui assure une représentation internationale de la France et une permanence de la culture alpine de langue française ».

 

Les éléments remarquables

 

Il est possible de souligner les trois éléments remarquables qui ont orienté le Club Alpin à ce moment-là :

 

<  Les réclamations des skieurs, des randonneurs, des amoureux de la nature partisans d'une montagne paisible éloignée des ambitions sportives, les adeptes des activités douces de loisirs en montagne, ceux tournés vers les activités scientifiques et culturelles pour que l'association préserve sa ligne d'action tournée vers la multiactivité.

 

<  Un déplacement du centre de gravité du club vers les Sections de montagne, auparavant situé depuis toujours à Paris.

 

<  La création de nombreuses Sections locales très actives dans les départements alpins.

 

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1993 - Une loi sur la préservation et la mise en valeur des paysages

 

Une loi portant sur la préservation et la mise en valeur des paysages est publié le 9 janvier 1993 :

 

« Les paysages français constituent un patrimoine commun, dont la dégradation est perçue par chacun comme une perte d'identité culturelle, comme une atteinte à son environnement immédiat, et qu'il est de la responsabilité de l'État, des communes et de l'ensemble des collectivités territoriales de participer à la protection et à la mise en valeur des paysages ».

 

La loi permet tout d'abord à l'État, sur des territoires ordinaires, c'est-à-dire non protégés par des dispositions spécifiques ( réserve naturelle, site classé ou inscrit, périmètre de protection d'un monument historique... ), mais remarquables par leur intérêt paysager et délimités en concertation avec les collectivités territoriales « de définir des directives de protection et de mise en valeur des paysages qui déterminent les orientations et les principes fondamentaux de protection applicables à ces territoires ».

 

1993 - Les Parcs nationaux

 

Rappelons que le Club Alpin Français a été à l'origine de la création des Parcs nationaux de France...

 

En l'année anniversaire marquant les trente ans de la création en France du premier Parc national - celui de la Vanoise - un bilan portant sur les différentes réserves de nature existantes est proposé dans la revue La Montagne & Alpinisme n°3/1993.

 

Un acquis étendu aux Parc régionaux et aux Réserves naturelles. ( Voir le paragraphe : 1983 - Le parc de la Vanoise a 20 ans ; et le dossier : La Protection du milieu naturel et de la Montagne ).

 

 

1994 - La Chartre Montagne

 

En 1976, l'Assemblée générale du Club Alpin réunie à Thonon-les-Bains avait adopté une « Chartre des Alpages et des Glaciers », un projet d'action pour la sauvegarde de l'espace montagnard.

 

Presque vingt ans plus tard notre Association juge utile une réactualisation de notre engagement dans une « Chartre montagne, pour un développement respectant l'environnement » adoptée par l'Assemblée générale réunie à Lille les 29 et 30 janvier 1994 et publiée dans la revue La Montagne & Alpinisme n°2/1994.

 

En plaçant en exergue les menaces sur le milieu, les dangers d'un développement non maîtrisé pour la diversité biologique, pour la beauté des paysages montagnards et pour une forme spécifique de civilisation, la Chartre avance une série de propositions pour une démarche cohérente qui servira de ligne d'action...

 

En voici le résumé :

 

<  La montagne constitue une richesse naturelle et rare, qu'il convient de protéger.

<  Conservons-lui son statut d'espace de liberté, ce milieu est fragile, ne laissons pas toutes sortes d'aménagements touristiques le dégrader, ne transformons pas la montagne en parc d'attractions artificielles.

<  Respectons aussi le cadre de vie des populations enracinées depuis longtemps et des nouveaux habitants qui ont choisi de s'y investir.

<  Ayons une vision à long terme et conservons pour les générations futures des sites capables de cristalliser les rêves et les émerveillements des hommes. Un développement non maîtrisé met la montagne en danger.

<  Respecter le milieu, c'est aussi protéger la culture et l'architecture traditionnelle.

<  L'environnement montagnard est particulièrement sensible aux pollutions. Seul le transfert sur rail du transport transmassif des marchandises évitera la transformation des vallées en couloirs pour poids lourds.

<  En-dehors des voies ouvertes à la circulation, aucun véhicule à moteur n'a sa place dans les espaces naturels.

<  Le refuge favorise l'accès à la montagne, la maîtrise de sa fréquentation et de son impact sur le milieu naturel. Ce n'est pas un hôtel.

<  La haute montagne doit rester un terrain d'aventures où les pratiques sportives s'appuient sur la formation à l'autonomie responsable et non sur un suréquipement systématique.

<  Protéger le milieu montagnard, c'est aussi respecter le principe de la liberté d'accès aux montagnes de manière responsable.

Les alpages de la Clarée

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La représentation française au sein de l'UIAA

 

À l'automne 1993, le Club Alpin qui est membre fondateur de l'UIAA, l'organisme fédérant les associations d'Alpinisme, demande à retrouver un siège jusque-là laissé à la FFM et souhaite récupérer le droit de vote comme représentant de la France dans l'instance internationale.

 

Les statuts de l'UIAA attribuent, en cas d'existence de plusieurs organisations membres d'un même pays et si un accord n'est pas intervenu, la voix délibérative à la plus ancienne.

 

En application de cette règle le Club Alpin obtient ce droit de vote.

 

Ce qui provoque une nouvelle difficulté avec la FFME et n'est pas la meilleur façon de rechercher un consensus avec le voisin fédéral...

 

« Déjà la transformation en fédération de notre grand club de près de 90 000 membres avait inquiété la FFME qui y percevait une menace. Suscitant des interprétations diverses, certains écrits du club alimentaient le doute : le CAF revendique-t-il un statut de fédération multisports ou recherche-t-il une délégation dans le champ de compétences de la FFME ? ».

 

Les relations entre les deux instances se trouvaient fortement dégradées.

 

L'intervention de l'État

 

En juin 1994, une délégation du Club Alpin conduite par le président Louis Volle est reçue au ministère de la Jeunesse et des Sports.

 

Elle y apprend qu'un préalable est posé avant toute étude de la demande d'agrément des statuts du Club Alpin : le droit de vote de la France dans les instances de l'UIAA doit être assuré par la FFME qui, dans le cadre de la législation française, est seule représentative.

 

Plutôt que maintenir une attitude rigide et conflictuelle, la majorité du Comité directeur du Club Alpin fera le choix de ne pas bloquer l'évolution statutaire décidée à l'Assemblée générale d'Albertville.

 

En séance le 1er octobre 1994, le Comité directeur approuve un texte qui fait de la FFME la représentante et détentrice de la voix de la France à l'UIAA.

 

En contrepartie, la FFME accepte que le président du Club Alpin ( ou son représentant ) accompagne obligatoirement le président de la FFME ( ou son représentant ) dans la délégation française.

 

Cette décision permettait la reprise du processus d'agrément des statuts du Club Alpin par les autorités de l'État.

 

Ne pouvant assumer l'application de cette décision, le président Louis Volle remet sa démission au Comité directeur.

 

Conformément aux statuts, le Comité désigne son successeur parmi les quatre vice-présidents. André Vittoz, vice-président chargé des refuges est élu pour assurer la présidence jusqu'à la prochaine Assemblée générale de Nîmes en février 1995...

 

Avec le souhait des instances dirigeantes du Club Alpin que le futur président qui sera élu à Nîmes puisse être celui de la réconciliation avec la FFME.

 

« Souhaitons-le pour le plus grand profit de l'adhérent de base, qu'il soit membre de la FFME ou cafiste, adepte d'une pratique de loisir ou compétiteur acharné, et dont le principal souci est de pouvoir pratiquer son activité favorite comme il l'entend et en toute harmonie avec les autres ».

 

Et désormais, le Club Alpin Français pourra continuer son chemin - entamé en 1874 - sans les inconvénients d'une cohabitation ingérable et mal acceptée de l'extérieur comme à l'intérieur de l'institution...

 

1874-1994 - Une fédération multiactivités et multisports

 

Un nécessaire rappel...

 

En 1874, fondation du Club Alpin Français et pendant plus de cinquante ans, l'association aura une action fédérative indiscutée...

Le ski de compétition et le GHM prendront ensuite leurs indépendances.

En 1942, la Fédération Française de la Montagne était créée, par les autorités de Vichy, qui contraignirent le Club Alpin à faire licencier l'ensemble de ses membres, randonneurs, alpinistes, skieurs, scientifiques et autres amis de la montagne.

De 1948 à 1973, Lucien Devies parviendra à faire admettre un consensus au nom de la solidarité montagnarde, pour que le Club Alpin soit l'ancrage financier de la fédération avec une adhésion collective.

Beaucoup au Club Alpin, qui n'avaient rien à voir - ou bien peu - avec l'objet de la Fédération Française de la Montagne : les randonneurs, les skieurs, les amoureux de la nature partisans d'une montagne paisible éloignée des ambitions sportives et les adeptes des activités douces de loisirs en montagne, ceux tournés vers les activités scientifiques et culturelles, n'ont jamais compris pourquoi ils devaient obligatoirement souscrire une licence FFM, alors qu'ils restaient libres d'acquérir - ou pas - une licence Ski ou Randonnée.

En 1965, presque 20 000 de nos adhérents avaient une licence de la Fédération Française de Ski...

Dès 1967, certaines réclamations au sujet la cotisation du Club Alpin vont provoquer des conflits larvés au sein de l'instance fédérale.

En 1973, le consensus était définitivement rompu.

L'augmentation de la cotisation du Club Alpin sera un argument porté comme un emblème par certains représentants d'associations adhérentes à la FFM et servira les ambitions électives de quelques-uns.

Ce que les contradicteurs du Club Alpin ne savaient pas, c'est que leurs réclamations donnaient corps aux réticences internes bien présentes au Club Alpin concernant l'adhésion fédérale.

Un long conflit indémêlable qui perdurera encore vingt ans pour aboutir au raisonnable, le Club Alpin devient ce qu'il était déjà - de fait - depuis 1874, une fédération multisports.

 

  • Le Club Alpin Français devenait une fédération multiactivités et multisports : « La Fédération Française des Clubs Alpins » qui plus tard prendra le nom de « Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne ».

 

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Les présidents du Club Alpin Français de 1975 à 1994

 

1977          Zilocchi Jean
1980          Malbos Jacques
1983          Chassot Claude
1986          Henrion François
1989           Volle Louis

 

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Une suite de l'historique du Club Alpin Français, aujourd'hui Fédération Française des Clubs Alpins et de la Montagne est proposée dans le dossier suivant :

- La Fédération Française des Clubs Alpins et de la Montagne de 1995 à aujourd'hui.

 

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CONSULTATION

 

L'ensemble des textes concernant l'histoire de la FFCAM et des autres dossiers proposés sont consultables au Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

Consultation de l'ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.
 

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