L'Enseignement Alpin

 

Cette présentation consacrée à l'Enseignement alpin a été rédigée en collaboration avec Jean-Paul BOUQUIER, longtemps membre de la Commission de l'Enseignement alpin du Club Alpin Français. Instructeur Alpinisme, Délégué Technique Régional Alpinisme, ancien vice-président du CAF et ancien président de la FFM.

 

Sommaire :

 

Le parrainage

Une activité accompagnée

Les caravanes scolaires

Sous la conduite du Guide

L'apparition de l'alpinisme autonome

1919 - Le Groupe de Haute Montagne

L'autonomie en montagne

Des manuels d'apprentissage

1943-1948 - La qualification des Guides

1945-1948 - L'Enseignement alpin

1959 - L'Enseignement bénévole

La qualification de l'encadrement bénévole

Être autonome et responsable

L'Enseignement alpin en 1976

L'escalade sportive

Les composantes de l'Enseignement alpin 

L'Enseignement alpin aujourd'hui

 

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Depuis sa création en 1874, le Club Alpin Français a eu pour objectif de faire partager les connaissances du milieu montagnard et le savoir-faire pour parcourir les montagnes en sécurité.

 

Mais les méthodes et les moyens d'apprentissage ont considérablement évolué au cours de ses 140 années d'existence....

 

Le parrainage

 

Dans les premières années, pour entrer dans les Sections locales du Club Alpin, le nouvel adhérent était parrainé par deux anciens qui l'aideront à se former.

Le parrainage garantissait la qualité des entrants et de leur d'intérêt pour les montagnes, il permettait principalement l'initiation et servait à la transmission d'un rudiment d'Enseignement alpin.

 

Une activité accompagnée

 

Dès 1875, les sorties organisées en « caravanes » d'adultes ou scolaires permettaient au plus grand nombre de s'initier à l'alpinisme, sous la conduite d'un Guide ou d'anciens expérimentés.

 

En dehors des orientations culturelle et scientifique dominantes durant la fin du XIXe siècle, l'association proposera des activités tournées vers l'excursionnisme et un alpinisme modéré toujours sous la conduite d'un Guide connaissant les terrains visités.

 

Jusqu'en 1920 et un peu plus tard, ce sera la bonne pratique prônée par Club Alpin Français.

 

C'est ainsi que quelques éléments de technique alpine pouvaient se transmettre, au travers d'une pratique qui ne favorisait pas l'autonomie des excursionnistes et des ascensionnistes ; et limitera forcement beaucoup l'instauration et la diffusion de l'Enseignement Alpin...

 

Les Caravanes scolaires

 

La volonté des fondateurs du CAF - d'avoir un projet éducatif construit - conduira à la formation des « Caravanes scolaires » sur les modèles depuis longtemps pratiqués en Suisse et en Allemagne et évoqués dans les écrits de Rodolphe Töpffer, ses fameux « Voyages en zigzag ».

 

<  Organiser des sorties collectives à but éducatif visant à développer dans notre jeunesse l'attrait pour les excursions à pied et la connaissance des montagnes.

 

<  Inspirer à ces jeunes adhérents le goût de la montagne...

 

Ce sera pour le Club Alpin une heureuse initiative, décisive pour ce qui concerne sa pérennité ( voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1874 à 1914 ).

 

SOUS LA CONDUITE DU GUIDE

 

D'abord conduire les voyageurs

 

Au XVIIIe siècle, il existe dans les hautes vallées de montagne des chasseurs et des contrebandiers servant occasionnellement de Guides, ils connaissent suffisamment les passages et cols pour permettre aux voyageurs de traverser les montagnes, comme à Bessans et Avérole en Haute Maurienne, pour rejoindre Usseglio en Italie...

 

Ensuite conduire les alpinistes et les touristes

 

Puis arriva l'intérêt de gravir les montagnes...

 

Pour atteindre leur but, il semblera légitime aux cordées souvent britanniques d'alpinistes de recourir aux services de solides montagnards - les Guides - souvent recrutés dans les vallées de l'Oberland, du Valais et autour du Mont Blanc.

 

Ils devaient posséder les qualités physiques requises et avoir une bonne connaissance des montagnes à gravir, au début souvent proches de leurs lieux de vie. Ils assuraient les risques principaux de l'entreprise...

 

En France également, pour envisager s'engager en montagne sur le terrain de l'excursionnisme alpin et par surcroît vers l'alpinisme, la bonne pratique recommandait d'emboîter les pas du Guide...

Les Guides et les Monchu(e)s en 1900

1874 - Il fallait une organisation et un contrôle

 

Jusque-là, les Guides n'étaient pas organisés en dehors d'arrangements locaux... Comme à Cauterets et à Chamonix dès 1821, où les petites compagnies s'administraient elles-mêmes et sans contrôle.

 

La Compagnie des Guides de Chamonix qui bénéficiait depuis longtemps de l'industrie du Mont Blanc avait instauré un tour de rôle et l'obligation de s'entourer de 12 Guides pour l'ascension du culmen des Alpes ; en 1852 on revient à quatre, puis trois en 1864... La compagnie s'était organisée avec des règles particulièrement fermées qui n'évolueront que lentement...

 

En 1874, ailleurs dans les Alpes françaises et les Pyrénées, en dehors des quelques-uns pouvant guider les voyageurs par les passages historiques transfrontaliers, il n'existait ni berger, ni paysan ou chasseur capable de bien conduire les ascensionnistes et les touristes voulant aller vers les cols et les sommets des montagnes, il fallait se structurer comme en Suisse depuis 1864 et en Italie depuis 1871.

 

Les Guides se recruteront parmi les autochtones qui connaissaient la montagne par tradition familiale souvent ; bergers, chasseurs, contrebandiers et autres coureurs de montagne qui connaissaient les meilleurs « passages » et qui voudront exercer cette profession après une formation « sur le tas » comme apprentis, les Porteurs...

 

 Le Club Alpin au niveau national, et la Société des Touristes du Dauphiné au niveau régional, seront les organisateurs et les tuteurs de cette profession et vont longtemps la contrôler et en fixer les règles, avec les chamailleries que l'on imagine liées à la concurrence entre les deux associations et les rudes intérêts économiques des Guides.

 

<  En 1875, la Section de Briançon diplôme les premiers Guides de Vallouise.

 

<  Et l'année suivante, la Section de Tarentaise délivre les premiers livrets-diplômes aux Guides de sa région et crée le bureau des Guides de Pralognan.

 

<  En 1878, à Chamonix où un règlement existait déjà, le Club Alpin intervient auprès des autorités préfectorales pour améliorer les textes qui seront plusieurs fois remaniés, tant les intérêts locaux sont importants dans la principale villégiature de montagne de France.

 

1904 - Un règlement général

 

En 1904, le Club Alpin adopte - en commun avec la Société des Touristes du Dauphiné au niveau régional - un Règlement général sur la reconnaissance de la fonction de Guide en unifiant les divers usages jusqu'alors établis dans les différentes vallées. On se doute que l'instauration de ce genre d'organisation ne va pas sans quelques palabres...

Des Compagnies déjà existantes - tel que le « Syndicat des Guides de Saint-Gervais » - adoptent ce règlement et intègrent le Club Alpin.

 

Après de longues discussions et concertations, cette réglementation nationale de la profession des Guides est publiée et entérinée par les pouvoir publics et le Club Alpin en sera le délégataire jusqu'en 1940 :

 

<  « Les Guides et les Porteurs du CAF sont nommés dans les centres alpins et parmi les habitants de ses centres ».

<  Un brevet de Guide, de Guide de haute montagne ou de Porteur qualifie les titulaires.

<  La publication de la liste des « Guides et Porteurs » brevetés par le Club Alpin « avec le port d'un insigne comme nos gardes champêtres » est une garantie pour éviter l'écueil du guide marron.

<  Un Carnet de Guide est délivré aux ayant droits, où le touriste portait ses appréciations. Il sera souvent la seule garantie de la prestation à venir...

<  En 1905, création de la Caisse de Secours des Guides et Porteurs.

<  Un nouvel accord sera négocié en 1910 avec encore des discussions principalement conditionnées par les intérêts économiques des Guides.

Dans les vallées du massif des Écrins et de Belledonne, la Société des Touristes du Dauphiné maintiendra son influence jusqu'à la seconde guerre mondiale.

 

En dehors des concurrences ou divergences locales animées par le montant des tarifications des ascensions guidées, il faudra attendre 1936 pour que les éléments essentiels et nécessaires pour l'exercice de la profession soient enfin proposés : la formation et l'enseignement. On deviendra alors et enfin Guide non plus par sa naissance, mais par des qualités affirmées et contrôlées... La Loi du 18 février 1948 fixera le cadre du métier.

 

La bonne façon de faire

 

Jusqu'en 1920 et un peu plus tard, la bonne façon de faire prônée par Club Alpin sera - pour l'excursionnisme alpin et l'alpinisme - de marcher sous la conduite de Guides qui étaient censés connaître la montagne, les techniques et les dangers...

 

L'APPARITION DE L'ALPINISME AUTONOME


Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que l'alpinisme autonome apparaît en France d'abord avec les frères Puiseux et puis, à l'orée du XXe siècle, avec les frères Lépiney ( voir le dossier : Un historique de l'Alpinisme de 1492 à 1914 ).

 

  • Mais le Club Alpin mettra encore un bon moment pour encourager l'alpinisme sans guide... et développer l'Enseignement alpin...

 

Un « brevet d'alpinisme » est institué en 1904 et le premier « Manuel d'Alpinisme » est publié en 1905, de bien modestes contributions.

 

 Un début d'information alpine

 

En 1863, John Ball publie un guide itinéraire « Guide to the western Alps », le premier guide suffisamment précis et élaboré des Alpes occidentales.

 

À la fin du XIXe siècle, les seules documentations existantes sont :

 

<  Un premier petit guide pour les alpinistes, « Zermatt Pocket-Book », édité à Londres en 1881 par Martin Conway, avec la collaboration de W. A. B. Coolidge.

 

<  Un premier ouvrage plus complet et vraiment précurseur, le « Guide du Haut Dauphiné », par W. A. B. Coolidge, Henry Duhamel et Félix Perrin, aux éditions Joanne en 1887 et 1890, édition anglaise 1892 et 1905, édition allemande en 1913 et italienne en 1917.

 

<  La série des « Climbers' Guides, éditée à Londres, date de 1891.

 

<  Le « Guide itinéraire de la chaîne du Mont Blanc », par le Suisse Louis Kurz ( 1854-1942 ), publié en 1892, augmenté en 1914 aux éditions Payot. Une troisième édition revue et mise à jour par Marcel Kurz ( 1887-1957 ) paraîtra en 1927, puis une quatrième édition refondue en 1935.


<  Le « Mont Blanc führer », de 1913 en langue allemande, traduit en français par des membres du GHM en 1922....

 

En 1908, le Groupe des Rochassiers

 

Déjà en 1908, un petit groupe de grimpeurs issus du Club Alpin Français fréquente régulièrement les massifs de rochers de Fontainebleau, dans le but de s'initier et de s'entraîner à l'escalade : « le Groupe des Rochassiers » créé par les anciens des Caravanes scolaires de la Section de Paris...

 

Rapidement des projets se concrétisent, des cordées autonomes se constitueront pour les vacances de l'été dans les Alpes... Et dès 1910 de nombreuses courses en autonomie sont entreprises...

 

Issu des Caravanes scolaires, le Groupe des Rochassiers sera le lien fort qui conduira plus tard en 1919, à la création du Groupe de Haute Montagne ( voir le dossier : Le Club Alpin Français de 1874 à 1914 ).

 

Une évolution sensible

 

Pour le Club Alpin, nous sommes bien en pleine évolution vers cette conception « aventureuse et gratuite »... concernant une activité « sans règlement et sans arbitre, fondée sur une éthique non écrite et fluctuante »...

 

Mais pour une petite partie seulement de ses adhérents, et sans l'appui suffisant des dirigeants de l'Association...

 

 1912 - Notre organisation n'était pas prête

 

Au Club Alpin, il y a un fort débat concernant les différentes conceptions de l'alpinisme.

 

Déjà en 1910, Jean Escarra en présentant le rapport annuel de l'Assemblée générale rappelle la ligne politique :

 

« À la montagne nous demandons beaucoup plus, n'y cherchant l'aguerrissement du corps que pour atteindre à l'exaltation des facultés de l'esprit ».

 

Au passage, il égratigne ce qui s'écarte du correctement difficile, « la poursuite obsédante de la quintessence des casse-cou »...


Et si dans le discours du président Gaston Berge de 1910 tout est dit et bien dit, les actes ne suivront pas car de fortes résistances existent :

 

« Pour les modérés, l'alpinisme consiste à faire du tourisme en montagne, monter vers les belvédères réputés, mais aisément accessibles, vagabonder de vallée en vallée à travers des cols faciles, mener la vie libre dans l'immense nature alpestre et, sans surmenage excessif, y acquérir force et santé.

Pour d'autres, je me hâte de dire que c'est le plus petit nombre car il faut des moyens physiques appropriés, la conception de l'alpinisme ajoute - aux avantages que je viens de citer - le charme de la difficulté vaincue.

 

Pour cette élite, pratiquer l'alpinisme, c'est s'opposer aux moyens terribles de défense de certaines cimes que sont les parois de rochers, les cheminées difficiles à escalader, les pentes intimidantes de glace, des moyens d'attaque puisés dans la sagacité, le sang froid, l'endurance et le courage personnel ».

 

La séduction des moyens

 

Le débat apparaît au Club Alpin avec le projet d'un cours ou école d'alpinisme qui prendrait la forme de conférences, de publications et de démonstrations pour aller vers une certaine autonomie des ascensionnistes.

Une éducation pratique et théorique est proposée sur le modèle du Club Alpin Suisse qui l'a adopté dès 1901 pour lutter contre les accidents et ainsi rendre les alpinistes autonomes, c'est-à-dire moins dépendant de leurs Guides...

Mais en 1912 encore, le Club n'est pas prêt à promouvoir un Enseignement alpin, car des objections existent :

« On verra une tendance du club à favoriser les courses sans guides et celles-ci ont une mauvaise presse ».

 

D'autres avis sont diamétralement opposés : 

« Le CAF ne rempli pas son devoir, poussant les gens aux ascensions, puis les abandonnant à eux-mêmes ».

 

En fait, ce sont les réticences envers un alpinisme sportif et un alpinisme autonome qui apparaissent dans certain avis :

« La jeunesse d'aujourd'hui, orientées vers le sport, oublie la noblesse du but pour la séduction des moyens. Le CAF ne doit pas favoriser cette tendance »...

 

Le Club Alpin est déjà une grosse machine que l'on ne peut pas bouger si facilement, au sein du Comité directeur il y aura de tout temps des réactions devant les initiatives novatrices, il y aura de tout temps des traditionalistes pour contester les évolutions.

 

Le débat concernant l'Enseignement alpin, l'alpinisme sportif et l'alpinisme autonome - sans guide - est l'un des plus emblématiques...

 

1913 - L'Enseignement alpin encore

 

La Section de la Cote d'Or et du Morvan insiste encore en faveur l'Enseignement alpin et exprime le v½u « que le Club étudie et applique les moyens les plus propres à faire connaître à encourager par la plume, par la parole et par l'exemple le plus naturel et le plus complet de tous les sports ».

 

La Section des Alpes Maritimes souligne « Si depuis quelques années les ascensions sans guide se sont multipliées, c'est parce que cela répond à un besoin » et aussi « nous pouvons faire plus et mieux, en organisant des cours pratiques de grimpades ».

 

La Commission de technique alpine fera diversion en proposant une démonstration en montagne... avec des Guides...

 

Mais bientôt tout sera mis de coté, face à la tourmente qui s'annonce...

 

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Après la Grande Guerre, la jeunesse que l'âge avait préservée

 

La jeunesse, celle qui a pu revenir sans séquelles de l'enfer ou que l'âge avait préservée, va reprendre son engagement vers de nouvelles façons de faire en montagne, avec beaucoup plus de dynamisme que l'ensemble des populations épuisées par ces cinq années de conflit...

 

Le Club Alpin, dans son rôle historique de fédérateur des institutions de montagne, va être confronté aux évolutions suggérées par ses éléments les plus progressistes ; les tenants d'un alpinisme sportif, d'un alpinisme sans guide et autonome ; les adeptes d'une conception « aventureuse et sportive »... Confronté aussi aux orientations prônées par les partisans du ski de montagne et de compétition...

 

Un club qui doit composer avec ces avant-gardes, mais aussi avec toutes les réserves des tenants d'une pratique modérée et traditionnelle, aux prudentes ambitions d'action...

 

Des mises en garde sur les dangers de la montagne sont lancées vers la jeunesse par des alpinistes notoires comme Jean Escarra et Maurice Paillon, encore sans un regard sur ce qui se révélera être essentiel : l'Enseignement alpin

 

Maurice Paillon, également rédacteur en chef de la revue La Montagne, en ce qui concerne l'alpinisme déclare : « Nous faisons un appel à tous pour qu'on pratique un plus lent apprentissage... avec tous les principes d'une technique précise et...avec des Guides ».


Après la Grande Guerre, les ascensions réalisées entre alpinistes expérimentés se multiplient, mais la formation des nouveaux venus se fait principalement par compagnonnage.

 

Ce sont les publications du Club Alpin nationales ou locales, et surtout les travaux et les écrits du GHM - avec son « Annuaire », sa revue « Alpinisme » et ses « Guides Vallot » - qui vont largement contribuer à étendre la connaissance des sites découverts et des nouveaux itinéraires parcourus.

Une cordée du GHM devant le versant Brenva du Mont Blanc

 

LE GROUPE DE HAUTE MONTAGNE


 En 1919, se crée le Groupe de Haute Montagne - au sein du Club Alpin - qui réunit les meilleurs alpinistes du moment. Ouvert plus tard aux alpinistes étrangers, le groupe renforce l'émulation de l'élite.

 

La collecte et la diffusion de l'information

 

Dès sa création, le GHM est porteur d'un alpinisme d'excellence, d'un alpinisme sportif structuré et revendiqué, mais la petite instance soutient également une réclamation concernant la collecte et la diffusion de l'information qui vient aussi bousculer les habitudes. Il va largement ½uvrer pour inciter les plus jeunes à explorer de nouveaux sites de pratique, et à effectuer des ascensions remarquables.

 

Jusque-là, fidèle à sa doctrine d'une pratique modérée et d'un recours aux Guides professionnels pour être conduit en montagne, le Club Alpin n'a jamais ½uvré pour la rédaction d'ouvrages servant de guides-itinéraires en montagne et permettant de trouver sa voie, de devenir autonome... La recherche de l'itinéraire restait encore à ce moment-là dans la confidence des Guides...

La diffusion de l'information par des chroniques et des guides itinéraires sera un élément essentiel pour l'autonomie des ascensionnistes.

 

Le GHM deviendra une association indépendante en 1930 et plus tard et jusqu'au XXIe siècle, quelques uns de ses membres s'impliqueront dans les cycles de perfectionnement des groupes Excellence du Club Alpin.

 

1922 - L'Enseignement alpin

 

L'Enseignement alpin se propose de délivrer l'ensemble les informations nécessaires pour pratiquer la montagne et rendre les ascensionnistes et les excursionnistes autonomes et responsables.

 

L'Enseignement alpin longtemps critiqué est enfin reconnu qui « rendra la montagne accessible à tous ceux qu'elle tente ».

 

La Section grenobloise du Club Alpin sera la première à organiser l'éducation alpine, des conférences sont proposées avec des démonstrations pratiques.

 

Développer et encourager cette éducation n'est pas un simple v½u, mais une déclaration officielle du Club Alpin contenue dans son rapport annuel de 1922.

 

Des cessions présenteront l'équipement et matériel de l'alpiniste, l'usage du piolet et des crampons, les techniques de l'escalade rocheuse, la marche de la cordée et les méthodes d'assurage encore bien archaïques.

La préparation sportive et l'indispensable entraînement physique hors saison commenceront à être suggérés.

 

Les Guides professionnels

 

Le CAF n'oublie pas qu'il est depuis 1904 l'organisateur et le tuteur de la profession des Guides qu'il contrôle et en fixe les règles, il restera le délégataire des pouvoirs publics jusqu'en 1940.

 

En 1920 déjà, le Club Alpin avait créé une Commission des Guides entièrement consacrée, tant les discussions et pourparlers étaient complexes et difficiles, dans chaque vallée entre les Sections, et avec les autres Sociétés alpines locales et les Groupements de Guides...

 

Cela nécessitait d'importants débats et mobilisait beaucoup d'énergie pour obtenir une organisation compatible avec des intérêts souvent divergents... 

 

DES TENDANCES CONTRADICTOIRES

 

À ce moment-là, il apparaît une ambigüité criante entre une pratique de la montagne encadrée par des Guides, prônée par le Club Alpin ; et sa volonté d'aller vers le plus grand nombre, auxquelles s'ajoute la propagande du GHM pour l'alpinisme autonome...

 

Le Club Alpin devra composer avec deux tendances contradictoires - être ou ne pas être dépendant des Guides pour aller en montagne - entre lesquelles l'instance se gardera bien de faire un choix... et sera contrainte de faire le grand écart entre ces modèles de pratique...

 

- En haute montagne :

 

<  Continuer de prôner l'ascensionniste avec l'encadrement de Guides alpins, en gardant ainsi la main sur cette profession que le club contrôle depuis 1904.

 

<  Ou bien encourager une pratique autonome en développant l'Enseignement alpin, en publiant les informations utiles sur les itinéraires et les approches, en situant les difficultés rencontrées et en créant des manuels de formation...

 

- En moyenne montagne :

 

<  Perpétuer les recours aux accompagnateurs-guides locaux pour s'avancer sur les sentiers.

 

<  Ou bien, favoriser une certaine autonomie en développant le balisage des sentiers, en publiant des informations utiles et en organisant des sorties collectives encadrées qui permettront ensuite aux adhérents d'aller vers la montagne plus facilement et plus librement...

 

Les écoles d'escalade


La pratique de l'escalade dans les sites-écoles se développe. Les Calanques de Marseille explorées dès 1900 et les rochers de Fontainebleau sont les plus connus de ces sites. D'autres massifs sont fréquentés comme les Dentelles de Montmirail et falaises du dijonnais.

Ces écoles servent à l'exercice de l'escalade en vue de la pratique de l'alpinisme... Les espadrilles et les cordes, pour les falaises, sont indispensables.

 

L'AUTONOMIE EN MONTAGNE

 

C'est vers 1932 que les instances dirigeantes du Club Alpin - avec la présidence de Jean Escarra - prendront définitivement en compte les valeurs contenues dans la recherche de l'autonomie en montagne, qui aux yeux de beaucoup d'alpinistes représentait la valeur de leur engagement.

 

Ces alpinistes prolongeaient ainsi la proclamation d'Emil Zsigmondy :

 

« Une ascension n'a de sens, de valeur que si le grimpeur la réalise par ses propres moyens... Rien ne doit venir s'interposer entre l'ascensionniste et la montagne... Le but ultime du jeu est de devenir autonome et responsable »...

 

Le Club Alpin se rapproche ainsi en partie de la position sportive du GHM qui depuis sa création en 1919 mettait en valeur l'alpinisme sans guide...

 

Et les remarques sur les « acrobates » disparaissent des articles et commentaires de la revue La Montagne.

 

Mais si la marche dans les pas du Guide continue à être préconisée pour ceux qui n'ont pas les moyens physiques, techniques ou psychologiques, l'autonomie est maintenant une valeur reconnue. En contrepartie, l'instance va beaucoup insister sur la sécurité...


DES MANUELS D'APPRENTISSAGE

 

En 1934, une nouvelle édition du « Manuel d'Alpinisme » du Club Alpin met à jour la présentation des principales techniques utilisées en alpinisme.

 

En 1943, un nouveau manuel est proposé « La Technique de l'Alpinisme » par Édouard Frendo et Marcel Pourchier, il paraît chez l'éditeur Arthaud sous le parrainage de la FFM, pour faire « connaître les méthodes de la technique la plus moderne » à tous ces jeunes que l'on veut « entraîner en montagne ».

 

Les pitons qui ont permis depuis quelques années la réalisation d'escalades rocheuses estimées impossibles auparavant, sont décrits et mis en avant.

 

Avec les réserves de Louis Neltner qui signalera que « l'objet des pitons est d'accroître les possibilités des meilleurs et non pas de faciliter les courses réalisables sans leur aide ».

 

Les rédacteurs du manuel « estiment qu'il est préférable de bien connaître dans chaque cas un mouvement simple plutôt que d'en connaître plusieurs, mais mal ».

 

Avec la publication de « L'Art de l'Alpinisme » en 1956, Pierre Allain mettra en cause cette pédagogie réductrice et innove en accompagnant ses conseils « d'explications de nature à faire comprendre comment s'appliquent certains principes mécaniques ». On y trouvera la première présentation de l'effet poulie et du facteur de chute.

 

 C'est cet état d'esprit, « comprendre pour apprendre », qui prévaut encore aujourd'hui dans les formations du Club Alpin...

 

1936-1943 - LA QUALIFICATION DES GUIDES

 

En été 1936, première formation des Guides de Chamonix à l'initiative d'Armand Charlet et Roger Frison-Roche. On va peu à peu devenir Guide, non plus par sa naissance, mais par des qualités affirmées et contrôlées...

 

Jusque-là, aucune réglementation légale ne venait contrôler la profession de Guide de montagne qui était seulement organisée et réglementée par le CAF, à côté du particularisme du Syndicat des Guides de Chamonix.

 

La Loi de 1943 vient combler cette lacune : nul ne peut servir de Guide sans être titulaire d'une autorisation des Commissariats aux Sports et au Tourisme.

 

Une réglementation s'inspirant des textes mis en place par le CAF qui avait su organiser et gérer cette profession depuis 1904 et jusqu'à la guerre de 39-40.

 

Une École Nationale d'Alpinisme est créée en 1943 à La Grave, sous la direction technique d'Édouard Frendo, et Armand Charlet en est le moniteur-chef...

 

Elle est chargée d'organiser et de valider les stages de formation de plusieurs semaines, nécessaire pour obtenir le diplôme de Guide.

 

La formation des Moniteurs bénévoles d'alpinisme

 

En complément des formations professionnelles, et principalement mise en application par la Section de Paris du Club Alpin, une formation des Moniteurs bénévoles d'alpinisme est reconnue, elle est destinée dans le cadre de l'association à former des chefs de Cordée et à procurer une autonomie aux pratiquants.

 

Une pratique populaire

 

Jusque-là, les loisirs en montagne étaient réservés à un milieu très restreint, disposant de temps libre et des moyens d'existences appropriés, si l'on excepte les riverains des montagnes...

 

Le repos hebdomadaire ne date que de 1906...

 

Les loisirs populaires viendront avec l'instauration des congés annuels en 1936, les Pouvoirs publics voulaient encourager pour tous la pratique du ski et de la montagne... et rendre possible le développement des activités de pleine nature en montagne...

 

Mais, il n'existait que peu de moyens d'hébergement adaptés dans les vallées, hormis en altitude les refuges du CAF, de la STD et dans les vallées les chalets et les hébergements du Touring Club de France.

 

C'est le camping - en développement depuis les années mil neuf cent trente - qui va offrir un accès plus facile, moins élitiste vers les montagnes, il va permettre à beaucoup d'aller en montagne...

 

Les années d'occupation ne permirent pas d'avancer.

 

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Les années de l'immédiat après-guerre

 

Dès 1945 et les années de l'immédiat après-guerre et malgré les privations de toutes sortes, un engouement important viendra soutenir des pratiques populaires.

 

Ce sera le début d'un formidable mouvement d'intérêt pour la montagne.

 

Mais en dehors des congés annuels, limités souvent à deux semaines, l'accès aux montagnes restera encore réservé à la catégorie aisée de la population.

 

Seules les Sections du Club Alpin proches des zones alpines pouvaient organiser des sorties régulières de fin de semaine en montagne.

 

Pour les Parisiens, les vallons et forêts de l'Ile de France permettaient de s'échapper. Les gares desservant les rochers d'escalade et les sentiers de randonnée de la forêt de Fontainebleau connaissaient une fréquentation importante...

 

Les Lyonnais, les Grenoblois et les Niçois avaient les Préalpes et les Alpes relativement proches, les Marseillais avaient les collines provençales et les Calanques, enfin Bordeaux pouvaient regarder vers les Pyrénées...

 

Le train était le moyen essentiel d'approche...

La Meije depuis le col du Chardonnet

 

 

1945-1948 - L'ENSEIGNEMENT ALPIN

 

Déjà en 1936, les Pouvoirs publics voulurent un moment encourager en montagne une pratique populaire du ski et de l'alpinisme et souhaitaient proposer un Enseignement alpin populaire. Les années d'occupation ne permirent pas d'avancer significativement.

 

Dans l'immédiat après-guerre, l'Enseignement alpin est organisé par la FFM et le CAF...

 

C'est un changement fondamental, car avant guerre et malgré la propagande du GHM pour l'alpinisme autonome, le modèle du recours aux Guides pour aller en montagne, estompait encore l'indispensable formation par l'Enseignement alpin...

 

Maintenant, c'est une nécessité et une évidence incontournables pour aller vers l'autonomie des pratiquants......

 

Les bases de la préparation seront l'école d'escalade durant l'intersaison, et les camps d'été en montagne. La conjugaison de ces deux moyens sera le socle de l'Éducation alpine.

 

La volonté des autorités de tutelle et des Organisations travaillistes est de former et diplômer des Moniteurs bénévoles, pour transmettre l'Enseignement alpin vers les Clubs et les Collectivités...

 

Mais la FFM se montrera un moment réticente sur la question du brevet d'Instructeur bénévole - pour ne pas gêner ses pourparlers avec les professionnels - avant de s'engager de façon décisive...

 

Les stages d'été sont particulièrement mis en exergue et se révèleront de grande qualité avec l'engagement des structures FFM - CAF et GHM.

 

Les camps-écoles organisés en 1947 et en 1948 réuniront dans les Alpes et les Pyrénées plus de cinq cents jeunes hommes et femmes, repartis en trente cinq groupes et entourés par une centaine de moniteurs.

 

L'encadrement se fait avec des Moniteurs bénévoles et aussi par les Instructeurs spécialisés de l'École des Praz.

 

La formation de chef de Cordée, pour ceux qui ont les qualités requises, est mise en avant...

 

Un règlement fédéral définit les compétences nécessaires respectives du chef de Cordée et de celles du chef de Course...

 

Les formations aux métiers de la montagne

 

En 1945, avec l'appui de la Direction des Sports au niveau de l'État, un Comité de direction de l'Enseignement est chargé d'unifier les enseignements aux métiers de la montagne et d'organiser l'arrivée de plusieurs Organismes travaillistes nouvellement venus aux sports de montagne, tels la FSGT, l'UCPA et l'UFOLEP.

 

Les différentes formations aux métiers de la montagne vont s'installer à l'École des Praz de Chamonix

 

L'École nationale formera les Guides et les Moniteurs des stations de ski...

                                                                                       

Le Collègue national consacrera les Instructeurs destinés aux collectivités...

 

La formation des Instructeurs de collectivités répond non seulement à la demande des Sociétés travaillistes et des Clubs, mais aussi à celle des groupements structurés comme l'École militaire de Haute Montagne.

 

Pour contourner les corporatismes, les Instructeurs de collectivités auront la même formation que les Guides ou que les Moniteurs de ski, mais ne pourront pas exercer auprès de la clientèle privée...

 

Cette organisation très byzantine devra être plusieurs fois réaménagée pour trouver le raisonnable...

En 1948, après quelques chamailleries, c'est la fusion entre les deux institutions

 

L'École Nationale de Ski et d'Alpinisme ( ENSA ) regroupera les différentes formations vers les métiers de la montagne.

 

Des stages de perfectionnement seront réservés chaque année aux membres affiliés à la FFM, pour la formation des futurs chefs de Cordée et de celle des chefs de Course...

 

Pour aller en montagne

 

Dans ces années d'après-guerre, il y a maintenant plusieurs manières - approuvées par les structures - d'aller en montagne :

 

<  En autonomie, après avoir reçu un Enseignement alpin pour la formation de cordées indépendantes,

<  Durant un stage, encadré par les Instructeurs ou des Guides,

<  En ayant recours à un Guide professionnel pour ceux qui n'ont pas les moyens physiques ou psychologiques, pour ceux qui n'ont pas la possibilité ou la volonté de suivre un Enseignement alpin,

<  En formation avec un Guide professionnel qui accepte de transmettre l'Enseignement alpin...

 

  • Après des débats commencés avant la Grande Guerre 1914-1918, on arrive enfin à un consensus, le but de l'Enseignement alpin est bien de rendre les alpinistes autonomes et responsables...

 

Le métier de Guide

 

Dès 1944, Lucien Devies s'était attaqué à la question du statut et de la formation des Guides de montagne, car l'application des intentions de la Loi de 1943 devait encore être précisée et aménagée...

 

Les travaux porteront sur la rédaction des textes réglementaires, le statut et la formation des Guides et la transposition des brevets attribués de 1904 à 1940 par le CAF.

 

À l'initiative de la « Commission des Guides de la FFM », en liaison avec la Compagnie des Guides de Chamonix, un projet de réglementation de la profession est proposé à la Direction Générale des sports.

 

Trois niveaux de compétence sont retenus : Guide de Montagne, Guide de Haute Montagne et Aspirant Guide, avec port de l'insigne fédéral FFM des Guides agréé par le Direction générale des Sports.

 

C'est la FFM qui assurera le secrétariat de l'organisme pour faciliter la régulation des anciens diplômes décernés, il y a quelques temps encore par le Club Alpin.

 

Ce n'est qu'en 1958 que l'ENSA prendra le relais...

 

Par la Loi du 18 février 1948, le cadre juridique est donné au métier de Guide, les brevets d'Aspirant-guide et de Guides sont créés, seuls leurs titulaires peuvent emmener des clients en montagne contre rétribution...

 

Les nouveaux brevets seront délivrés après un stage de formation à l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme.

 

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1949 - La technique française de cramponnage

 

La méthode de cramponnage imposée par Armand Charlet et définie en France par l'ENSA comme la technique française sera fossilisée par l'article « Techniques actuelles de la neige et de la glace » d'André Contamine paru dans la revue Alpinisme de 1949.

 

C'est en fait une adaptation de la technique Eckenstein définie dès 1908, avec des crampons modernes à dix pointes fabriqués chez le forgeron Henri Grivel à Courmayeur, rebaptisée curieusement technique français de cramponnage...

 

Une méthode adaptée aux pentes classiques mais beaucoup moins aux pentes plus importantes et aux progrès à venir.

 

Les meilleurs glaciairistes austro-allemands utilisaient déjà avant la seconde guerre mondiale les crampons douze pointes - inventés par Henri Grivel dès 1929 - et le cramponnage frontal notamment durant la première ascension de l'Eigerwand en 1938 ( voir le dossier : Le matériel de l'Alpiniste ).

 

Mais en France personne n'osera contrarier les certitudes et les chevilles particulièrement souples du meilleur glaciairiste français du moment et directeur technique de l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme...

 

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1952 - L'Enseignement alpin préoccupation majeure

 

En 1952, le président du CAF Georges Descourt insistera sur l'importance de l'Enseignement alpin, c'est désormais une préoccupation majeure pour l'initiation des jeunes à la montagne.

 

Les nouveaux adhérents doivent trouver dans leur Section, les formations indispensables pour tous les types et tous les niveaux de pratique de la montagne, ainsi qu'une sensibilisation à la nature et à la nécessité de la préserver.

 

1952 - L'Enseignement Alpin et l'ENSA

 

Une équipe de Guides-instructeurs est constituée pour encadrer les camps d'été organisés par les Clubs affiliés à la FFM.

Des stages d'Enseignement alpin rassemblent plus de 600 participants.

 

L'École Nationale de Ski et d'Alpinisme quitte les installations de l'École des Praz pour l'ancien hôtel des Allobroges à Chamonix.

 

L'École, en plus de la formation des Guides et Moniteurs de ski, organisera des stages de perfectionnement pour la formation des Instructeurs professionnels et bénévoles ; et accueillera un rassemblement des meilleurs alpinistes étrangers et français...

 

1959 - L'ENSEIGNEMENT BÉNÉVOLE

 

À la demande de plusieurs Clubs affiliés et des Pouvoirs publics, la FFM a créé, au titre de l'Enseignement bénévole, des brevets fédéraux d'Initiateur et d'Instructeur d'alpinisme. 

 

Mais il a fallu tenir compte de l'état d'esprit des Guides extrêmement craintifs sur le sujet, en écartant « toute parité sur le plan technique pour la délivrance des brevets ».

 

<  Le brevet d'« Initiateur d'alpinisme » permettra de conduire une cordée dans une caravane constitué de plusieurs cordées.

<  Le brevet d'« Instructeur d'alpinisme » autorisera la conduite d'une caravane.

 

L'Enseignement alpin devient un objectif prioritaire pour le Club Alpin et la FFM.

 

1965 - L'Enseignement alpin

 

L'organisation de l'Enseignement alpin se fait au niveau des Sections par des collectives d'escalade, des stages et camps d'été et au niveau national pour la formation des cadres initiateurs et instructeurs.

 

Ces brevets ne doivent pas « devenir des tests ou des satisfecit personnels » mais « des instruments au service d'une collectivité et non pas d'intérêts égoïstes »....

 

1967-1973 - Les brevets de chefs de Caravane et de Course bénévoles

 

En 1967, la FFM créée un brevet de chef de Caravane bénévole de ski de haute montagne pour l'encadrement de son Enseignement alpin.

 

Et en 1973, la FFM créée un brevet de chef de Course bénévole de ski de haute montagne.

 

Stages et collectives en 1969

 

Le Club Alpin propose cette année-là trois centres-écoles principalement destinés à recevoir les stages d'alpinisme à la Bérarde, à Chamonix et à Bonneval-sur-Arc.

 

Principaux séjours de formations :

 

<  Stages d'initiation et de perfectionnement à l'alpinisme,

<  Stages pour adolescents,

<  Stages de formation d'Initiateurs bénévoles d'alpinisme,

<  Stages de formation d'Instructeurs bénévoles d'alpinisme,

<  Circuits de randonnées et ascensions faciles sur le thème de la connaissance de Parc de la Vanoise,

<  Circuits de randonnées et ascensions faciles sur le thème de la connaissance de la chaîne du Mont Blanc.

 

Il est rappelé que les brevetés initiateurs et instructeurs sont bénévoles et ne doivent pas être rémunérés.

 

Dans les discutions entre les Associations et les Guides participant à la Commission consultative des métiers de la montagne, le statut d'un brevet d'Accompagnateur de moyenne montagne commence à être proposé.

Les Aiguilles de Chamonix

 

LA QUALIFICATION DE L'ENCADREMENT BÉNÉVOLE

 

Dans les années 1960, la croissance des Sections situées dans les grandes agglomérations et dans les villes moyennes des vallées alpines, amène nos instances à structurer davantage la formation des nouveaux adhérents.

 

Ainsi se mettront en place des cycles de formation sur toute l'année en préparation des stages d'été en montagne. L'encadrement bénévole est souvent renforcé en faisant appel aux professionnels.

 

C'est à partir des années 70 qu'apparaît la nécessité de mettre en place un dispositif de qualification de l'encadrement bénévole plus approprié. Les brevets d'initiateur et d'instructeur sont redéfinis par la FFM et des stages de formation sont mis en place.


ÊTRE AUTONOME ET RESPONSABLE

 

Sous l'impulsion de Pierre de Galbert, l'accent est mis sur l'apprentissage de l'autonomie et de la responsabilité individuelle, aussi bien dans les formations de cadres, qu'ensuite lorsque les initiateurs sont en charge des formations de base dans les clubs.

 

Le cadre n'est plus en position de chef de caravane ou de premier de cordée. Dès que les techniques de base sont acquises, les alpinistes doivent les mettre en ½uvre par une pratique où ils choisissent leur course, sans toutefois chercher à brûler les étapes sur le niveau de difficulté affronté. Ils recherchent l'itinéraire et mettent en place leurs protections.

 

L'initiateur a un rôle d'enseignant qui laisse aux stagiaires l'initiative dans la conduite des courses. L'initiateur conseille, corrige et éventuellement vient en aide en cas de blocage...

 

  • Ce modèle a fait rapidement ses preuves et il reste complètement d'actualité malgré le fort engagement des cadres qu'il sous-entend.

 

L'Enseignement alpin en 1976

 

L'enseignement des techniques appropriées pour chacune des activités proposées est une intention majeure du Club Alpin, notamment dans les disciplines comportant le plus d'incertitude et de difficulté : l'alpinisme et le ski de montagne.

 

Le but est de rendre les pratiquants autonomes et responsables « dans les composantes nécessaires ou utiles pour aborder la montagne : sur les plans physique et technique, mais aussi connaissance du milieu, bon sens, esprit sportif, goût de l'effort, adaptation aux éléments naturels, mesure du risque, contacts humains et vie du club ».

 

La « Commission Nationale de l'Enseignement Alpin » regroupe les Délégués régionaux dans le souci de favoriser les initiatives des Sections, ce sont elles qui forment leur équipe d'enseignement autour d'un animateur, avec souvent pour les Sections les plus modestes en effectif, des regroupements départementaux ou régionaux.

 

Les stages gradués dans l'autonomie permettent aux apprentis montagnards de progresser :

 

<  Stage d'Initiation pour les débutants.

<  Stage de perfectionnement pour la conduite d'une cordée.

<  Stage de chef de cordée pour la conduite d'une course.

<  Stage de préparation à l'encadrement.

<  Stage d'Initiateur, brevet fédéral pour la conduite d'activité d'enseignement.

<  Stage d'Instructeur, brevet fédéral pour organiser des stages.

 

En 1976, 33 000 journées d'activité sont consacrées aux écoles d'escalade, 52 900 journées d'activité aux courses d'application avec 14 650 journées d'encadrement bénévole et 3 850 d'encadrement professionnel.

 

Les Centres alpins du Mont Blanc, des Écrins, de Haute Tarentaise, de la Vanoise, du Valgaudemar, des Alpes Maritimes et des Pyrénées réunissent les différents stages en montagne.

 

La Section de l'Isère a reçu 294 stagiaires adultes et 210 cadets pendant des séjours de formation allant de une à deux semaines.

 

La Section de Paris a reçu près de 200 stagiaires adultes pendant des séjours de deux semaines...

 

Treize stages pour l'obtention du brevet fédéral d'initiateur d'alpinisme compteront 140 candidat et 81 seront diplômés au titre du Club Alpin et un pour les autres Sociétés adhérentes à la FFM...

 

L'ESCALADE SPORTIVE


Dans les années 1980, on assiste à l'éclosion de l'escalade sportive. Les filières de formation des grimpeurs se distinguent progressivement de celles de l'alpinisme.


La FFM définit un brevet d'initiateur d'escalade.

 

Ensuite les attentes des grimpeurs de haut niveau conduisent à la création de la Féfération Française de la Montagne et de l'Escalade ( FFME ), ainsi qu'à l'élaboration des règles de la compétition de difficulté...

 

Le développement des Structures Artificielles d'Escalade consacre la séparation des deux disciplines et des cursus de formation qui sont proposés.

 

LES COMPOSANTES DE L'ENSEIGNEMENT ALPIN 


Les différentes composantes de l'« Enseignement alpin » se spécialisent dans chacune des disciplines : alpinisme, escalade, randonnée, ski-alpinisme.


Des cursus de formation et des brevets spécifiques sont mis en place.


À la fin des années 90, la FFCAM définit ses propres brevets et organise ses formations de cadres, indépendamment de la FFME.


En 1998,  la FFCAM produit une série de nouveaux guides techniques qui sont réunis sous la forme du Manuel de la Montagne, édité par Le Seuil.


Par ailleurs le Club Alpin a mis en place une formation commune à tous les candidats au brevet d'initiateur qui comprend cinq thèmes généraux en plus de la cartographie et de l'orientation : historique des fédérations, les responsabilités des cadres et des participants, aspects physiques et médicaux, protection de la montagne, organisation des activités.

 

Cette formation est exigée pour les encadrants, ainsi que celle sur les premiers secours délivrée par les centres de secours, la Croix Rouge...

 

L'ENSEIGNEMENT ALPIN AUJOURD'HUI

 

  • Durant ces dernières années, la FFCAM a mis en place un ensemble très complet d'actions de formation s'adressant à toutes les catégories d'intéressés.

 

En voici quelques réalisations en 2013 :


<  vers les très jeunes : écoles d'aventure, d'escalade et de ski, dans les clubs.


<  vers les jeunes : groupes Espoir à l'échelon départemental ( 17 groupes en alpinisme, 120 jeunes, et 80 en escalade ), groupes Excellence au niveau fédéral.


<  pour les adultes débutants : les Grands Parcours ( 5 en alpinisme ), en quelque sorte des week-ends portes-ouvertes pour découvrir l'alpinisme ou réviser ses connaissances de base dans différents massifs.


<  pour les adultes en recherche d'autonomie : les unités de formation commune ou spécialisée dans une discipline ( 2500 participants ).


<  pour les futurs cadres : les stages initiateur, moniteur, instructeur ( 800 participants ).

 

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CONSULTATION

 

L'ensemble des textes concernant l'histoire de la FFCAM et des autres dossiers proposés sont consultables au Centre national de documentation de la FFCAM - 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.

Notamment :

- Bulletins du CAF, de 1876 à 1904.
- Annuaires du CAF, de 1875 à 1904.
- La Montagne, de 1905 à 1954.
- Alpinisme, de 1925 à 1954.
- La Montagne & Alpinisme, depuis 1955.
- Les Annales du GHM de 1955 à 2001 et Cimes de 2002 à aujourd'hui.

 

Consultation de l'ensemble des livres constituant la bibliothèque de la FFCAM ; tous référencés.

 

CONSULTATION EN LIGNE


Vous pouvez consulter en ligne le catalogue du CND avec un accès aux références pour l'ensemble des articles des revues et pour les livres.

Il suffit de saisir un mot caractéristique ou un des mots-clés d'un ouvrage recherché, dans l'un des champs appropriés ( auteur, titre, sujet, année d'édition ) et vous aurez accès aux références de votre recherche.

Consultation en ligne de la revue Alpinisme numérisée sur le site du GHM.

Consultation des revues de la FFCAM numérisées en préparation, certains ouvrages sont déjà accessibles sur des sites extérieurs.